L’histoire de la Russie implique que le changement politique passe nécessairement par la révolution. Dans la Russie d’aujourd’hui, une révolution subséquente devient inévitable. Le régime actuel s’enfonce de plus en plus dans la répression, poussé par la volonté de se maintenir au pouvoir coûte-que-coûte. Un régime qui a œuvré pour faire de l’idée de la révolution un épouvantail, mais qui sème des conséquences inattendues : beaucoup de personnes voient dans la révolution la meilleure sortie pour une crise qui ne cesse de croître. 

La révolution est un prix élevé – mais inévitable – que la société paie à l’histoire quand les lois existantes rendent la vie impossible tout en empêchant un quelconque changement. C’est là qu’apparaît la vision de la révolution comme un mal nécessaire. La révolution en Russie, ce n’est qu’une question de « où » et « quand » (et, dans une certaine mesure, de « comment »). Cependant, le mouvement démocratique doit faire de son possible pour éviter que la révolution devienne une fin en soi. 

Une révolution est un prix trop cher à payer par une société pour qu’elle soit utilisée en instrument de règlement des comptes ou de prise de contrôle des ressources. Bien que l’on puisse admirer les révolutions dans d’autres pays post-soviétiques, il ne faut pas oublier que leurs résultats à moyen terme étaient bien en-deçà des attentes qu’ont pu avoir leurs inspirateurs et ceux qui les ont menées à bien. 

Il n’est pas possible de mettre fin au despotisme et à la violence avec plus de despotisme et de violence. Il ne faut pas non plus oublier l’objectif principal d’une révolution, qui est de rendre la société plus humaine, plus tolérante et plus libre. Ce doit être le travail de tous ceux qui, après être passés par la case révolution, se sont purifiés moralement et se sont libérés, et c’est le seul type de révolution qui, malgré son prix, sera bénéfique pour la société.