La disparition de Toni Morrison, à l’heure exacte où le racisme tue par rafales dans les rues d’El Paso, est un chagrin autant qu’un hasard objectif.
Périt avec elle un inépuisable antidote au Trumpisme : la littérature comme plan de bataille poétique ; l’art du roman comme un interminable face à face avec la part maudite de l’âme américaine.
Comment combattre le racisme, se demande-t-on après les fusillades de ces derniers jours ? Eh bien comme le faisait Toni Morrison. L’intelligence des émotions et des personnages. Des réponses grandioses à Mark Twain ou William Faulkner. Et un long travail souterrain de façonnement de l’âme américaine qui donna, un jour, un Président noir.
Toni Morrison a bataillé et écrit contre le racisme et l’héritage de l’esclavage aux États Unis. Mais elle a aussi, comme les plus grands écrivains, su reconfigurer les coordonnées poétiques et métaphysiques de sa nation.
Donald Trump sera président quatre ou huit ans : les bibliothèques, elles, ne se videront jamais de «Beloved».

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