Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.

Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.

Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.

Liste des premiers signataires

Eliette Abécassis, Laure Adler, François-Xavier Albouy, Myriam Anissimov, Hubert Antoine, Yann Apperry, Metin Arditi, Claude Arnaud, Claude Askolovitch, Michka Assayas, Véronique Aubouy, Lila Azam Zanganeh, Elisabeth Barillé, Jean-Luc Barré, Frédéric Beigbeder, Anne Berest, Jean-Marc Berthon, Adam Biles, Laurent Binet, Maïtena Biraben, Evelyne Bloch-Dano, François Blot, Guy Boley, Adelaïde Bon, Dominique Bona, Julie Bonnie, Hugo Boris, Joseph Boussion, Jean-François Braunstein, Pierre Briançon, Geneviève Brisac, Elvire de Brissac, Gérald Bronner, Pascal Bruckner, Doan Bui, Rosa Bursztein, Anna Cabana, Eduardo Castillo, Claire Castillon, Catel, Sorj Chalandon, Laurent Chalumeau, Marie, Charvet, Georges-Olivier Châteaureynaud, Louis Chevaillier, Anne Cibron, Grégory Cingal, Jérôme Clément, Adelaïde de Clermont-Tonnerre, François de Closets, Annick Cojean, Laetitia Colombani, Thierry Consigny, Oscar Coop-Phane, Philippe Costamagna, Delphine Coulin, Charles Coustille, Stéphane Crémer, Nadia Daam, Jean-Michel Décugis, Pauline Delassus, Nicolas Deleau, Julien Delmaire, Patrick Denys, Pierre Deram, Virginie Despentes, Nathan Devers, Ananda Devi, François Dosse, Pauline Dreyfus, Alexandre Duval-Stalla, Salma El Moumni, Camille Emmanuelle, Jean-Paul Enthoven, Dalie Farah, Stéphane Faure, Valentine Faure, Gaël Fay, Annie Ferret, Michèle Fitoussi, Balla Fofana, Dominique Fortier, Caroline Fourest, Patrice Franceschi, Dan Franck, Thierry Frémaux, Dalibor Frioux, Romuald Gadegbeku, Fabrice Gaignault, Raphaël Gaillard, Victoria Gairin, Anne F. Garétta, Alain Genestar, Florent Georgesco, Hélène Gestern, Catherine Girard, Anne Goscinny, Elizabeth Gouslan, Valérie Grall, Xavier Gramont, Philippe Grimbert, Romain Gubert, Pauline Guéna, Olivier Guez, Cécile Guilbert, Nicolas Guilbert, Émilie Guillaumin, Maïram Guissé, Adrien Gygax, Jean-Baptiste Harang, David Haziza, Françoise Henry, Félicité Herzog, Florence Heymann, Emmanuel Hoog, Delphine Horvilleur, Judith Housez-Aubry, Maïa Hruska, Claudie Huntzinger, Gilles Jacob, Vincent Jaury, Philippe Joanny, Oriane Jeancourt Galignani, Laurent Joffrin, Laurent Joly, Manon Jouniaux, Jul, Nelly Kaprièlian, Gaspard Koenig, Mériam Korichi, Andreï Kozovoï, Isabelle Lacoue-Labarthe, Dany Laferrière, Philippe Lafitte, Alexandra Laignel-Lavastine, Kev Lambert, Emilie Lanez, La Règle du jeu (revue), Maria Larrea, Viktor Lazlo, Marie Le Gall, Élise Lépine, Marc Leplongeon, Bernard-Henri Lévy, Annette Levy Willard, Simon Liberati, Laure Limongi, Gilles Lipovetsky, Bruno Lus, Johanna Luyssen, Joy Majdalani, Richard Malka, Stephanie Malphettes, Laure Marchand, Andrea Marcolongo, Bruno Meyerfeld, Pierre Milovanoff, Patrick Mimouni, Alain Minc, Tania de Montaigne, Aquillo Morelle, Julie Neveux, Laurence Nobécourt, Gaëlle Nohant, Véronique Olmi, Christophe Ono-dit-Biot, Christine Orban, Jean-Noël Orengo, Simon Parcot, Anthony Passeron, Bruno Patino, Yann Perreau, Guillaume Perrier, Judith Perrignon, Michelle Perrot, Yann Plougastel, Séphora Pondi, Didier Pourquery, Michael Prazan, Paul Preciado, Hubert Prolongeau, Charlotte Pudlowski, Stenka Quillet, Sonia Rachline, Patrick Rambaud, Léonor de Recondo, Rudy Reichstadt, Patricia Reznikov, Jennifer Richard, Patrick Roegiers, Anne Rosencher, Adèle Rosenfeld, Baptiste Rossi, Patrick Rotman, Gilles Rozier, Eric Sadin, Jean de Saint-Cheron, Mathilde Saliou, Thomas Sandoz, Colombe Schneck, Maren Sell, Antoine Sénanque, Abnousse Shalmani, Laure Sibony, Anne Sibran, Anne Sinclair, Nathalie Skowronek, Stephen Smith, Seynabou Sonko, Vanessa Springora, Sylvie Tanette, Aude Terray, Alexandre Tharaud, Sandrine Treiner, Martin Untersinger, Joëlle Varenne, Fiammetta Venner, Thierry Vila, Cédric Villani, Elsa Walter, Marc Weitzman, Laurent de Wilde, Yseult Williams, Carole Zalberg.

4 Commentaires

  1. Belle décision, çà sent plus le mot d’ordre que la réflexion personnelle! Courageuse, à mon sens, ils doivent penser que 200 signatures devraient leur éviter d’aller jusqu’au bout… Quant à nécessaire, l’éradication des médias de service public de gauche est nécessaire, et pas le sabordage de Grasset, du seul fait des humeurs d’un directeur d’édition qui aurait ses vapeurs… Ce monsieur pourrait contrevenir au rachat, en se mouillant. financièrement, en implorant un de ces philanthropes de gauche tellement plus souhaitables que Bolloré, ou en organisant une tontine avec son cheptel d’auteurs de gauche… Oui, mais non,, eux sont là pour déverser leur sinistre grandeur (la grandeur de la gauche, pour les. étymologistes peu doués), pas pour risquer leurs billes, çà, c’est bon pour des Bolloré… On a là encore une fois, des gens de gauche qui se sont squatté un petit royaume de l’édition pour leurs seules petites personnes, et des avantages sans trop de risque, de toute façon, ils seront suivis par le corpus médiaticus également de gauche, vous savez, ceux qui se remettent mal qu’on se soit permis de regarder dans leurs assiettes!…
    Je. propose une idée: des auteurs de gauche veulent limiter l’accès à leur pré carré aux seuls auteurs de gauche. Ils mouillent leurs liquettes, et créent leur maison d’édition, laquelle sera réservée aux « sensibilités de gauche ». L’inconvénient, c’est que le jeu de l’offre et de la demande risque de voir. leur projet impacté par leur pauvreté en talent, et peut-être racheté par un ignoble droitard… Peut-être faudrait-il instiller dans l’affaire un quota d’argent public, histoire que la manne publique les renfloue en cas de tempête? Oh, je crois que je tiens-là une idée…

  2. Tu parles d’une décision! Si quelqu’un a déclaré qu’il était maître chez lui, ce n’est pas Bolloré, mais justement Olivier Nora, qui au terme de 36 ans de conduite, a fini par se croire l’âme des lieux. Il est avéré qu’il n’en est rien. Et que c’est lui qui est parti, plein d’idées préconçues sur la dérive à venir de la maison…
    Ensuite, Bolloré n’est qu’une cheville ouvrière à cette mainmise sur Grasset, il est loin d’être le seul en cause et il n’est qu’assez piètrement étonnant que seul son nom, même pas au bas des contrats d’édition, ait mis en branle ce panel d’auteurs dont la crainte serait donc.de voir leur liberté éditoriale remise en cause par un propriétaire de droite.
    Remettons les choses en perspective. Grasset semblerait donc avoir nourri en son sein tout un florilège d’auteurs de gauche suffisamment idéologisés pour que le fait que le nom figurant (ne fût-ce qu’en filigrane…) sur leur contrat d’édition n’étant plus également de gauche, ils en conçoivent stupeur et tremblements…. Exactement comme devrait, dans leur pauvre imagination fondée uniquement sur leur vision du monde, certainement trembler un auteur de droite dont la maison d’édition viendrait à glisser à gauche (quoique, justement, la grandeur d’âme d’une gauche triomphante d’une OPA serait-elle si héroïque?)…
    On voit donc que seule apparaît dans l’affaire le besoin d’entresoi de gens de gauche soucieux que rien de droite ne vienne ombrer le tableau de leurs habitudes, dont la moindre serait le fait qu’aucun écrivassier de droite ne puisse prendre bouche dans leur petit sérail…Imaginez-les devoir côtoyer Houellebecq, la honte…
    Ces gens de gauche ont donc choisi de rompre leurs contrats avec Grasset, qu’il en soit ainsi, c’est leur choix. Souhaitons-leur qu’une telle clause de dédit ait existé, parce que mis devant. le fait accompli d’une telle bronca, je ne suis pas sur que moi, je n’userais pas des petites lignes pour astreindre ces faquins, les clauses morales de la gauche me passant copieusement…!
    Imaginez les contribuables de tout bord qui prendraient de la même façon le choix de rester ou non les financeurs d’un service public partisan, mais de droite??