Après avoir menacé d’envoyer l’Iran à l’âge de pierre et de mettre fin à la civilisation iranienne, Donald Trump aura finalement abouti à un cessez-le-feu. L’occasion de se pencher avec un peu de distance sur les enseignements de ces dernières semaines de guerre. 

La première leçon à tirer de ce conflit est, sans conteste, la capacité de résistance de la République islamique. Le régime était, d’après la plupart des experts, au bout de ses forces et dans une situation de grande vulnérabilité. Dès le mois de décembre 2025, la population iranienne s’était une nouvelle fois soulevée pour réclamer un changement. Dans ce contexte, le massacre des 9 et 10 janvier 2026, qui a abouti à plus de 40 000 morts dans le pays, laissait imaginer que les mollahs n’avaient plus d’autre pouvoir que leur capacité à réprimer pour tenter de se maintenir. Cette situation de vulnérabilité supposée du régime faisait espérer qu’une intervention extérieure, menée par une puissance mondiale comme les Etats-Unis, pourrait venir à bout de ce système. L’assassinat, hautement symbolique, de l’ayatollah Khamenei au début du conflit avait provoqué, on s’en souvient, un fort élan d’enthousiasme dans la population iranienne. Elle laissait penser à une guerre lancée de façon efficace, qui irait dans le bon sens en éliminant les principales têtes pensantes du système. Oui, rappelons-nous ces scènes de joie et d’euphorie d’Iraniens célébrant dans la rue la mort du dictateur, et repensons à ces images de danse et de chant, où les Iraniens semblaient enfin heureux. 

Et puis, au fur et à mesure des jours, la désillusion. Cette bonne vieille désillusion, à laquelle les Iraniens se sont habitués depuis tant d’années, a refait surface. Le bombardement de l’école Minab, située à proximité d’un site militaire, a heurté les esprits. Les destructions engendrées, les menaces de Donald Trump sur les infrastructures civiles, la crainte que la population soit sacrifiée en trop grand nombre, que les victimes collatérales s’accumulent, a fini par accroître l’hostilité à l’égard de cette intervention. L’Iran allait-il finir complètement ravagé pour rien ? Perspective redoutée, tandis que le régime restait en place, beaucoup plus résistant que prévu. A peine l’ayatollah Khamenei était mort que son fils l’avait remplacé, sans que la disparition du guide suprême tant haï ne bouleverse l’ordre établi. La pieuvre dont on cherchait à abattre la tête était en réalité hydre, créature mythologique difficilement destructible. 

La seconde leçon concerne sans doute les fissures qui ne cessent de s’élargir et d’éloigner les Iraniens. Entre d’un côté, ceux de l’intérieur, qui vivent au cœur de la République islamique et subissent ses horreurs au quotidien, et ont subi les effets de cette guerre dans leur chair. Qui ont craint les bombardements, la destruction des immeubles, les victimes civiles, la fin des infrastructures, la mort de leur civilisation. Qui ont eu peur pour leur vie et celle de leurs enfants. Et de l’autre côté, les Iraniens de la diaspora, ceux qui manifestent, qui se réunissent, débattent, s’inquiètent, partagent des vidéos, lisent et discutent sur des plateaux, postent des storys et prennent des nouvelles. Mais qui demeurent à l’abri, dans des démocraties protégées, où leur vie est sauve. Sentiment d’injustice chez les premiers, exposés aux aléas du conflit et à la violence militaire. Culpabilité des seconds, qui ont la chance d’avoir quitté ce pays dont ils se revendiquent encore les enfants.

Fissures, encore, entre les monarchistes, partisans de Reza Pahlavi, et ses opposants, qui désirent un autre modèle de gouvernement si le régime vient à tomber un jour. Fissures, toujours, entre ceux qui ont perçu l’intervention des Etats-Unis comme une chance, affirmé que les Iraniens devaient affronter la guerre et aller au bout, quoi qu’il en coûte, quoi qu’il arrive, car l’issue en vaudrait forcément la peine. Et ceux qui refusaient ce conflit, convaincus que ni les Etats-Unis ni Israël ne souhaitaient aider les Iraniens, mais simplement étendre leur propre influence et tirer profit de cette occasion dans leurs propres intérêts, loin de se préoccuper du sort des habitants d’un autre pays. 

Ces camps-là ne parviennent plus à se parler. Chacun s’exprime via ses propres canaux, accuse ceux d’en face de sectarisme. Chacun brasse à lui des courants politiques, en France, dont le positionnement international vient nourrir un narratif utile à sa grille de lecture nationale. Si l’on se permet une vision schématique, l’on se trouve face à une gauche anti-impérialiste, très hostile à l’initiative américano-israélienne, perçue comme une invasion illégitime de l’Occident. Et face à une droite plus favorable à l’intervention, au nom de la lutte nécessaire contre l’Islam politique incarné par le régime iranien, qu’il serait indispensable d’éliminer. 

Mais quelles que soient la suite des négociations, qui se dérouleront avec le régime en place, ce sont les Iraniens qui subissent l’absence d’issue favorable de l’opération Epic Fury lancée par Trump le 28 février 2026, alors que le monde retenait son souffle. 

3 Commentaires

  1. Chichi en pire a remercié les autorités panarabes pour l’extradition d’un shoatiseur palestiniste dont l’imprescriptible monstruosité a traumatisé une France consciente de ce que ce monstre avait réellement fait, comme les Israéliens savent parfaitement ce à quoi les expose la myriade de reufrés d’épouvante que couvre ou couve le Destructeur auquel on demande de faire un geste, en signe de bonne volonté, en vue d’une reprise à la hâte des pourparlers de paix dans la gare de Montoire-sur-le-Loire, fin de double mandat oblige…
    L’Europe moghérinesque a muselé les consciences que la raison et le cœur bien accroché des hommes de bonne constitution auraient enjointes de renoncer à normaliser leurs relations avec un Hamas qui, nous le promettait-elle, s’était rangé des voitures. Résultat des courses : carambolages en série.
    Le Hamas et sa branche armée ne font qu’un.
    Le Fatah et la sienne, idem, quand bien même sa rouerie lui aurait conseillé d’acronymiser son vrai visage pour mieux s’en dissocier, quand cela arrangerait les affaires de ses protecteurs et par là même complices du G7 au CS.
    Le projet Palestine n’a jamais eu qu’un but que les attaques du 7 octobre 2023 cessèrent d’enfouir sous le tapis écarlate des Nations unies contre elles mêmes. Ce but, c’est le parachèvement de la Solution finale, un grandiloquent dessein que partagent, inconsciemment sans doute, si cela nous tranquillise, les obsessifs totémiseurs de la dite « solution à deux États ».
    Tous ceux qui, de près ou de loin, participèrent au 11-Septembre au cube du 7-Octobre avant de rallier à la cause antisioniste une opinion occidentale ayant pris la sale habitude de trouver la paix de l’esprit par le truchement de la passion humanitaire, doivent assumer leur responsabilité dans l’évolution décisive des relations entre l’État juif et la piraterie d’Empire qu’ils s’acharnent à draper dans un mythe national fait de bric et de broc pour mieux légitimer sa quête d’indépendance et autres canulars ou foutaises du même genre.
    Nous ne serons jamais en marche vers le neuvième cercle des affaires d’État dont on attend qu’un sujet de l’Ancien Régime, de la Jeune Garde ou de la Nouvelle France disculpe leurs instigateurs. Les criminels devront payer, à commencer par ceux dont le cerveau psychopathétique maquille en acte de résistance une attaque terroriste, puis se délecte de requalifier en génocide la riposte légitime, calibrée au nanomètre, existentielle, de surcroît, d’un État souverain à une guerre de conquête aux visées fondamentalement exterminatrices.

  2. Les chefs de fil à couper le leurre du post-plus-jamais-ça nourrissent tous le même rêve… celui de décrocher le Nobel de la paix. Outre l’aspect légèrement narcissique du projet, leur obsession aurait plutôt tendance à crisper les réalités qu’ils se condamnent à esquiver afin de donner une chance à leur couronnement d’épopée égotique.
    L’Irrépublique aryenne conditionne un hypothétique accord de paix américano-nazi à la reddition immédiate de l’État juif en Hezbollistan lorsque, de son côté, le vassal libanais montre patte blanche à Washington sans jamais envisager une sortie de crise qui ne débouche sur d’autres impasses.
    Il n’y a qu’une seule façon, pour des mouvements politico-religieux de type Hezbollah, de renoncer à la lutte armée : se dissoudre.
    Tant que l’Iran persistera à refuser d’entamer un processus de désislamisation des pouvoirs terrestres, son délirant désir d’étendre au reste de la planète le syndrome du Verus Israël nous obligera à prévenir cette cata sanitaire et insane en accélérant la confection de camisoles de force dans l’expectative d’une pandémie décérébrante.
    La dénazification de la RII n’est pas au programme, ce qui semble régler la question. Le serait-elle, nous ne saurions nous en féliciter qu’à partir du moment où nous dirigerions nous-mêmes ce plan décivilisationnel sur la base duquel nous pourrions espérer reciviliser les Perses, non pas en vue d’une régression à l’ère préislamique, mais dans le pur respect des droits fondamentaux.
    Il nous faut admettre l’idée que l’on ne parvient pas à dénazifier un Reich aryen sans occuper d’une manière ou d’une autre durablement son territoire, ce qui n’équivaut pas à y asseoir notre souveraineté, quelques précédents historiques le démontrent. Et ça tombe bien, car nous avons assez de grands problèmes de société à surmonter pour ne pas englober les turbulences d’autrui.
    Ce qui importe, c’est de neutraliser une horrible cause qui représente peut-être, pour ceux-là mêmes et cela même qu’elle prend pour cibles, le danger le plus mortel auquel on puisse être exposé, une idéologie de ce genre ne pouvant qu’être appréhendée comme une menace persistante avant que l’on ne se fût donné la peine de la déraciner.

  3. Le président de la République terroriste d’Iran estimerait dénués de sens des pourparlers avec Uncle Satan alors même qu’Israël serait contraint de poursuivre une riposte salutaire contre sa piraterie d’Empire et ce jusqu’au triple cœur d’un régime acéphale dont cette dernière noyaute les corps inconstituables. Nous le lui confirmons, il serait absurde, mais encore plus obscène de vouloir éviter l’écueil cuisant du JCPoA en actant l’impuissance de la première puissance mondiale face au camp des fascismes en odeur de sainteté, le tout s’accomplissant sous l’adivine protection de la bombe nucléaire islamique.
    L’instauration d’un péage au détroit d’Ormuz est une nouvelle preuve, s’il en était besoin, qu’il n’existe qu’une façon d’épargner au monde libre la canonnade fatale : renverser la situation des droits fondamentaux partout où la racaille déglobalisatrice, dressée sur ses ergots, commandite de concert l’assassinat de Voltaire.
    Nous comprenons aujourd’hui que ce tout beau, tout nouveau monde que nous vendirent, il y a neuf ans, les actuels promoteurs du voilement des fillottes de BB, n’était autre qu’un désir pour partie inconscient de faire basculer notre précieuse République laïque dans la fosse commune des Anciens Régimes.
    L’Empire des droits de l’homme ne doit plus hésiter à porter le fer jusqu’à la racine du même mal radical que l’on inflige à cette Terre et à ses ciels qui, en est-il conscient, l’englobent. Les derniers éclairés ont une responsabilité à l’égard des générations futures que leur lâcheté condamnerait à périr, à pourrir et sans doute à bien pire, aux gémonies d’Apelle, trompe-l’œil et trompe-l’esprit contre lequel la colombe du Déluge n’aurait pu que se fracasser le bec.