Emma Clairenbeaud a 21 ans et son sujet de master porte sur Albert Camus. Étudiante en lettres et linguistique, elle habite à Paris, dans le dix-huitième arrondissement. 

Elle envie les intellectuels du XXe siècle « parce qu’ils étaient tout à la fois critiques, écrivains, intellectuels engagés, journalistes ». Cette liberté-là l’inspire, elle voudrait l’imiter, mais avec les moyens d’aujourd’hui : les réseaux sociaux.

Elle s’est inventé un format sur mesure qui convient à sa personnalité, ouverte, spontanée, désinvolte, précise et juste presque par accident. Je la soupçonne d’être esthète par nature.

Faire de la vulgarisation et aller à l’essentiel, garder la fraîcheur des premiers moments et ne pas devenir « un joujou commercial » : cela fait partie de ses soucis du moment.

Emma est un jeune esprit bouillonnant d’énergie et d’idées pas encore tout à fait nettes. 

Elle a tenté de faire une revue, Carmen, et c’était beaucoup trop compliqué. C’est sur Gleeph, Instagramet TikTok que cela se passe, maintenant. Tout reste à inventer.

Elle a longtemps rêvé de travailler à France Culture mais elle a « plus d’ambition », elle voudrait pouvoir dire un jour, un peu comme Frank Sinatra, ou bien comme Sid Vicious : « I did it my way. »

Elle aime Michel Legrand, en particulier la bande originale des Demoiselles de Rochefort. En ce moment dans son casque : BBL et Theodora en mode repeat. 

Elle aime la Méditerranée mais attention, pas n’importe laquelle, celle de Camus : une Méditerranée lucide. Elle préfère le Marquis de Sade à Voltaire ; Les Liaisons dangereuses de Laclos la subjuguent.

Elle déteste quand la morale et la littérature s’emmêlent. Elle pense que les personnes qui aiment les auteurs russes devraient se faire diagnostiquer. Elle est allergique à Céline et ne supporte pas Jean-Jacques Rousseau.

Elle porte des hoodies [sweat-shirts à capuche – ndlr] Thrasher, du nom du célèbre magazine de skateboard, et souvent des chemises quatre fois trop grandes pour elle. Elle est drôle. Jolie. Elle s’exprime bien. Elle a un net penchant pour la littérature française du XVIIIe siècle. Je crois que l’on peut dire qu’Emma est une jeune fille chic.

Elle aime aussi Kant. Camus la rassure. Dickinson la fascine. 

En clair, Emma préfère les vérités impossibles aux illusions tranquilles, les franches incongruités aux certitudes suspectes. 

Elle attend d’un livre qu’il lui laisse une impression qui dure.

Elle a un vrai problème avec l’autofiction – l’exception Gustave Flaubert confirmant sa règle.

Elle a commencé son petit trafic, aujourd’hui suivi par 18 000 personnes sur Instagram, auxquelles il faut additionner 43 000 autres sur TikTok, en publiant un mémo vidéo capté à l’origine pour elle-même pour réviser sa philo. Le mémo a fait 40 000 vues. Surprise, Emma ne comprend pas, mais continue. 

Camusienne conséquente, elle ne croit pas au destin. Elle se méfie des éditeurs, qu’elle soupçonne parfois de cynisme ou de mépris. Vous l’aurez compris : Emma n’est pas vraiment bête.

Contrairement à la plupart des auteurs, qui se mettent à écrire après avoir beaucoup lu, Emma s’est mise à beaucoup lire après avoir un peu écrit.

Elle est hypersensible ; c’est bien pour cette raison que l’absurde lui sied comme un gant philosophique. Ses saillies sont souvent brillantes mais elle ne s’en rend pas encore tout à fait compte. C’est aussi cela, le charme d’@unecamusienne. 

Entretien

Notre pari est de dire qu’il faut prendre votre activité au sérieux, parce que c’est une nouvelle manière d’être et de faire critique, et de mener vers la lecture. 

Je trouve innovant d’assumer ce point de vue. Quand cela est dit par des éditeurs, j’ai souventl’impression que c’est quelque peu faux-cul… parce que je sais que je peux leur servir mais n’ai pas pour autant l’impression d’être « bien vue ». J’ai plutôt l’impression de juste faire partie du marché à leurs yeux : « Ah, il faut passer par les influenceurs parce que ce sont eux qui vont faire vendre ».

Il y a peut-être aussi un conflit générationnel. Cela a toujours été comme ça : les générations plus âgées ont toujours toisé les plus jeunes générations, et vice versa.

Oui, je pense.

Quel serait votre métier idéal après vos études ?

J’ai toujours été un peu envieuse des intellectuels de gauche parce qu’ils ne se limitaient pas : ils étaient journalistes, écrivains, dramaturges, etc. Sur les réseaux, on peut faire beaucoup de métiers à la fois. A 16 ans, je me suis dit que je voulais travailler à France Culture, mais j’ai l’impression aujourd’hui que les réseaux sociaux offrent plus de possibilités. Par exemple, si je veux y faire des podcasts, je peux en faire.

Votre format et votre mise en scène théâtralisée sont efficaces.

Merci. J’ai cherché pendant longtemps. N’étant pas particulièrement douée pour engager sur les réseaux sociaux, j’observais les créateurs de contenus autour de moi qui y parvenaient. Leur passion pour la littérature demeurait un peu cachée, amoindrie par le format, étouffée par ce qu’il fallait faire afin que ça marche. J’avais déjà une petite communauté et me suis dit : il faut que je trouve un format qui soit intéressant pour les personnes qui regardent et qui me passionne. Un format où je puisse être sincère et spontanée et qui ne soit pas fâché avec l’algorithme. Et je l’ai trouvé.

Vous êtes une jeune disciple d’Albert Camus…

J’étais en première lorsque j’ai lu L’Étranger d’Albert Camus, somme toute assez tard, et il devenu mon écrivain préféré – non pas tant parce qu’il écrit mieux que les autres, mais parce que j’ai une relation sentimentale avec l’écrivain. 

Avez- vous avez d’autres écrivains favoris ?

Je réponds souvent à cette question par ceux que j’ai lus récemment. Donc Aragon, Racine, Sade….

Est-ce que vous écrivez ? Vous aimeriez ?

J’écris énormément mais j’ai un peu de mal à dire que j’écris. Tant qu’on n’a pas publié, je crois qu’on ne peut pas dire qu’on écrit. J’essaie de me battre avec moi-même pour écrire un livre… Mais ce n’est pas évident en ce moment car je déteste l’autofiction et j’ai l’impression qu’on est obligé d’en passer par là… Cela dit, Faubert, que j’aime, en faisait déjà…

Chez Flaubert, le style surpasse le « moi », alors que l’écriture de l’autofiction est souvent très pauvre : les auteurs se contentent de déballer leur vie.

Absolument. Certains livres contemporains, malgré une intrigue réussie, peuvent ne pas me retenir : ce qui m’importe avant tout, c’est le style.

Avez-vous des modèles ou des influences (écrivains ou autres) dont l’œuvre, la pensée ou le style vous inspirent ?

Je n’en ai pas en continu ; mais plutôt à des moments donnés. Il en est de même pour l’écriture. Mais disons Félicia Viti, une scénariste qui a écrit un très bon premier roman en 2024 chez Gallimard, La Fille verticale. Il est resté sur ma table pendant des semaines, tant il m’a inspirée.

Est-ce que vous pourriez expliquer à nos lecteurs ce que vous faites ?

Je fais des clips sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et TikTok, dans lesquels j’essaie de donner envie de lire à des personnes qui généralement ne lisent pas. J’essaie ainsi de vulgariser la littérature afin de donner envie de lire. Je travaille toujours dans le même format vidéo : quelqu’un me pose une question – par exemple, « Je sors d’une rupture et veux m’en remettre, que me recommandes-tu ? » – et je réponds spontanément avec un livre.

Qu’espérez-vous d’un livre quand vous l’ouvrez, et que n’en espérez-vous absolument pas ?

Une belle écriture, et qu’il m’en reste un soupir, un ressenti physique et des images – mais des images qui proviennent de ce soupir. J’attends, au fond, de m’en souvenir. C’est, je crois, le but de la littérature : marquer, transformer, enchanter. C’est pour cela que j’aime Sade.

À quelle fréquence lisez-vous ?

Je lis tous les jours deux heures le matin et systématiquement dans le métro. Mais cette semaine je n’ai pas pu lire, et j’en suis malheureuse.

À quel genre êtes-vous la plus sensible et quel genre vous laisse indifférente ?

Cela peut paraître snob, mais j’ai toujours eu du mal avec la science-fiction… Je suis résolue à essayer bientôt…  

Vous seriez surprise de la qualité de certains polars, je crois.

Je sais, mais ça me fait peur. Non pas que je pense que ce sera forcément mauvais, mais parce que j’ai une phobie du sang et de la mort. C’est pareil avec la science-fiction, les robots…

Vous êtes hypersensible.

Oui. Et c’est un enfer.

J’ai vu que Laclos vous avait énormément plu.

Je ne sais si j’aime Laclos dans l’absolu, mais j’ai adoré Les Liaisons dangereuses. En ce moment, les seuls livres à m’intéresser sont les libertins. 

Le XVIIIe siècle français, on ne peut presque pas faire mieux.

Oui, j’ai d’ailleurs failli dire La Princesse de Clèves, mais me suis retenue. C’est la langue que j’aime. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet : j’ai passé le bac de français en pleine pandémie de Covid, en 2021. Nous avions des aménagements et, à l’oral, nous avions le droit de choisir entre deux textes. Et je suis tombée sur un poème de Baudelaire, pour lequel j’avais eu 18 au bac. Le deuxième était un texte de Madame de Lafayette, un extrait qu’on n’avait pas du tout étudié en cours. J’ai tout de même choisi Lafayette parce que je me suis dit : quitte à lire et à passer un bon moment, autant lire Madame de Lafayette.

Pourquoi avez-vous décidé de créer du contenu sur les réseaux autour des livres ?

J’étais sur TikTok, et j’ai commencé à y vulgariser la philosophie parce que je m’ennuyais pendant les vacances d’été entre ma première et ma terminale. Je me suis fait un programme avec un fascicule du Monde. Lorsque j’ai découvert « Je pense donc je suis » de Descartes, je me suis dit : « Il faudrait que je m’en souvienne, je vais donc m’enregistrer en train d’expliquer pourquoi je dois m’en souvenir. » Je me suis alors fait la remarque que la vidéo qui en est sortie pourrait éventuellement aider d’autres élèves qui, tout comme moi, allaient passer en terminale. Lorsqu’elle a été mise sur les réseaux, elle a récolté 40 000 vues. Ce qui était énorme pour une personne qui n’avait jamais rien posté, surtout en 2021. J’ai continué de vulgariser la philosophie dans cet espace, toujours dans le but d’aider mon apprentissage. Progressivement, j’ai pris goût à la transmission ; j’adorais qu’on m’envoie des messages pour me demander des conseils, j’adorais y répondre, expliquer. 

Quels sont les livres qui attendent en ce moment d’être lus par vous ?

Madame Adonis et Monsieur Vénus de Rachilde. C’est sur ma table. J’ai acheté Les Larmes d’Éros de Georges Bataille et suis persuadée que cela va me plaire. Et Demian de Hermann Hesse.

Faites attention au phénomène de fascination avec Bataille, il en a emporté plus d’un…

Je suis déjà emportée. Je songe même à renommer mon compte « une batailleuse » [rires].

Considérez-vous que vous faites aussi de la critique littéraire ?

C’est difficile d’être objectif sur soi-même. J’ai l’impression que les créateurs littéraires, d’une manière globale, sont des critiques ; mais il s’agit d’une forme de critique diverse, non celle de Radio France, mais une autre culture de l’information, totalement nouvelle.

Selon vous, qu’est-ce qui différencie la critique sur les réseaux de la critique classique ? 

Disons qu’on sort du carcan universitaire, et ce n’est pas forcément pour le pire. L’Université peut être peu réjouissante, mais l’émotion est, je crois, le premier vecteur avec la littérature. Remettre l’émotion et la sensibilité au premier plan plutôt que l’analyse peut parfois manquer de rigueur mais aussi encourager la lecture. 

J’ai l’impression que vous ne vous identifiez pas aux autres influenceurs…

J’ai l’impression d’être un bébé influenceur parce que l’aspect commercial m’est étranger. Les bons créateurs de contenu, ceux pour qui ça marche, sont d’excellents commerciaux. Et il le faut pour négocier les partenariats, mettre en place des tendances, de manière assidue et disciplinée. J’ai rencontré beaucoup d’influenceurs littéraires, et les premiers sujets de conversation qu’on avait portaient plutôt sur les statistiques des livres. Or, les statistiques ne m’intéressent que très moyennement… Nous sommes tous des passionnés de livres contraints de parler statistiques. Je me sens quelque peu à l’écart. 

Les créateurs de contenu littéraire ne sont pas une catégorie homogène. Pouvez-vous partager avec nous votre regard sur le phénomène ?

En plus d’une grande variété de visages et de styles, le personnage, la personne derrière les critiques change de critique en critique. 

Je sais que certains abonnés m’apprécient, et me regardent à dessein. Mais il faut également relever un rapport parasocial qui se crée. Je peux être regardée non pour mon contenu, mais pour la relation créée.

Ce dont je suis fière, c’est que je garde ma passion intacte. Quand je cherchais un directeur de mémoire, mes professeurs me répétaient : « Ne faites pas ce dont vous êtes passionnée, ce qui compte, c’est que ça marche. » Mais pourquoi ne pourrais-je pas travailler avec passion ? Cette passion, je veux la conserver toute ma vie.

Interprétez-vous votre critique comme une actrice Répétez-vous un texte ? Ou improvisez-vous ? 

J’improvise… je ne connais pas les questions à l’avance ! Ce n’est pas moi qui les formule, autrement je m’ennuierais. De plus, je serais une très mauvaise comédienne. L’idée étant que je m’amuse à jouer les libraires pendant six minutes. À une question qui m’est posée, je conseille ce qui me plaît en piochant dans ma bibliothèque. Et en la contemplant, je réfléchis à toute vitesse : « Voilà ce que je pourrais conseiller ! » 

J’accepte les partenariats uniquement quand j’aime le livre et peux sincèrement le recommander. Mais là aussi, j’improvise tout. Je ne pourrais pas préparer un texte, j’aurais l’impression de réaliser un exposé.

Interpréter un rôle, incarner les mots des autres, est un tout autre métier. Moi, je tiens à ce que ce soient mes mots. Mais il y a sans doute là une question d’éthos, où « une camusienne » [le nom de son compte sur les réseaux, NDLR] n’est pas moi et moi je ne suis pas « une camusienne » – une camusienne est née de moi, mais cela reste un personnage.

Est-ce que vous croyez à une mort possible de la littérature ?

Ce sont les critiques des années 2000 qui soutenaient cela. Il y a eu un courant après le structuralisme, au début des années 2000, qui prétendait que la littérature était morte. Elle ne l’est pas et elle ne le sera jamais.

Il faut faire confiance aux générations nouvelles et futures. Faisons confiance à la littérature. Elle existe depuis des millénaires. Pourquoi disparaîtrait-elle ? Parce que désormais nous avons des téléphones ? Il y a eu tant d’autres choses avant… 

Pensez-vous que lire est l’exact contraire de consommer des contenus digitaux ? Qu’est-ce qu’on perd en ne lisant plus de livres ? 

Dans un cas, on est passif, et dans l’autre, actif. Lire, c’est un verbe, une action, tandis que quand nous scrollons, on a bien une action du bout du doigt, mais en fait on est un réceptacle : notre pensée reçoit, souvent du vide d’ailleurs, mais ne produit rien et participe de façon minimale, en réagissant avec des likes et des commentaires, plutôt qu’en agissant par l’imagination, la réflexion, ou la méditation. On est entouré de mots, on lit à longueur de journée sur les réseaux sociaux, mais cela n’a absolument pas le même impact. Sans lire des livres, on se retrouve sans autre compagnie que sa propre pensée. Certes, la lecture demande de la concentration, c’est un effort… Mais quand on lit, on a l’impression d’accomplir et de vivre quelque chose ; ce qui n’est pas le cas quand on scrolle. Lire, c’est mille fois plus satisfaisant que scroller. Avoir une bibliothèque remplie de livres lus, c’est valorisant.

Qu’est-ce qu’on perd, selon vous, à ne plus lire de livres ?

J’ai l’impression que les gens qui ne lisent pas perdent en capacité de vision. Je pense que Trump, par exemple, n’a jamais lu de livre. Lire apporte un regard et une connaissance sur le monde. Et on comprend tellement mieux les gens quand on lit, parce que les auteurs font un travail à notre place pour comprendre les humains, l’humanité, les gens, les mœurs, les émotions, tout est tellement décrit.

C’est l’antidote à cette sacro-sainte obsession de soi qui est apparemment la grande favorite des arcanes algorithmiques…

Oui, c’est un regard sur le monde différent. Quand j’ai commencé à lire, j’ai vraiment senti mon attention et ma manière de percevoir devenir différentes, juste quand je marchais dans la rue, les choses étaient tellement différentes… en fait, le monde s’est mis à me parler autrement.

Parmi les écrivains, avec qui aimeriez-vous avoir une conversation, et qu’est-ce que vous lui diriez ?

Les conversations qui me seraient les plus utiles, ce seraient celles avec des écrivaines contemporaines, parce que, d’un point de vue très égoïste, cela m’aiderait pour l’écriture. J’ai prochainement rendez-vous avec l’écrivaine Diana Filippova. J’avais adoré ses livres (NDLR : Technopouvoir. Dépolitiser pour mieux régner, Les Liens Qui Libèrent, 2019 ; De linconvénient d’être russe, Albin Michel, 2023 ; Rien n’est plus grand que la mère des hommes, Albin Michel, 2025 ; entre autres titres). C’est de l’autofiction, mais avant la vague autofictionnelle. Je suis sûre que ça va être très enrichissant pour moi. Éventuellement avec Sade, mon auteur préféré du moment. Et surtout : Emily Dickinson !

Que lui diriez-vous ?

Elle est un génie, donc je l’écouterais surtout parler et savourerais chaque instant. 

Parmi les écrivains, qui pourrait être votre meilleur ami, et pourquoi ?

Je ne peux pas dire autre chose que Camus. Ma conception de l’humanité, des choses du monde, vient de Camus. Je pense comme lui.

C’est l’ami qui vous veut du bien en vous disant la vérité qui fait mal.

Oui, mais nous serions très amoureux, alors cela se passerait bien.

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