En 1957 personne n’est sorti
pour nous accueillir
[précisément au quai
sur la quarante-deuxième rue]
avec une pluie de confettis
nous six poètes européens ;
d’Italo Calvino à Günter Grass
de Robbe-Grillet à Hugo Clauss
grâce à la Fondation Ford.
Nous ne voulions pas devenir
Transcendants
satrapes (σατράπης),
adaptés de l’iranien xšaθrapā,
comme Jacques Prévert, Boris Vian,
Juan Miro, Umberto Eco,
Man Ray ou Roland Topor.
Le Corps-des-Satrapes
est présidé par un
Modérateur Amovible
sans aucun pouvoir
« il ne se permet même pas de réclamer le silence ».
Le Corps-des-Satrapes
se recrute
par cooptation ;
Il n’est pas permis en 1957
ni cinquante-neuf ans plus tard
de traverser le mur qui sépare
l’éclat du poète
s’insurgeant dans le défi
pour les siècles des siècles…

« Pseudo-arrabalesques » pour Melilla
« …la perfection simplette et précise et même absconse »
« …les mouettes de Melilla crient en do bémol ? »
« …si Nieto y Nieto pouvait frapper au dos du hasard, celui-ci lui répondrait : “Enrique !” »
« …le fanatisme n’est pas aveugle »
« …comme tous les êtres humains je ne vois de moi que mon reflet »
« …mon privilège : je ne m’identifie à personne »
« …pour cacher sa honte, il montre celle des autres »
« …j’essaie de ne pas penser ; parfois je réussis malgré le danger »
« …mon temps : l’éternité »
Collège de ’Pataphysique



