Je suis bouleversé par la disparition d’Ágnes Heller. Souvenirs de son intelligence et de sa bonté. Elle était le meilleur de la Hongrie. Elle incarnait l’opposition à l’autoritarisme et à Viktor Orban. Si l’Europe avait un visage, ce serait le sien – ardent, colérique et tendre, grevé des douleurs du continent.
Ágnes Heller c’était Lukacs et Arendt. La fête de l’esprit et la mémoire de la Shoah. L’Europe au cœur et la détestation du nationalisme. La politique comme champ d’étude et la philosophie comme champ de bataille. De nous tous, face à Macron, ce jour-là, 21 mai 2019, elle était la plus déterminée – et la plus jeune.