C’est ainsi que nous vous appelions en ces temps d’irrévérence qui étaient ceux, en septembre 1967, de mon entrée en Khâgne, au Lycée Louis-le-Grand, à Paris.

Nous disions juste «Deprun».

Jamais «Monsieur Deprun» comme Camus disait «Monsieur Germain» au vieil instituteur dont le «cœur généreux» et la «main affectueuse» l’accompagnèrent jusqu’à la fin et dont, au soir du Nobel encore, il se sentait le «reconnaissant élève».

Nous disions «Deprun» comme si vous étiez notre camarade. Nous disions «Deprun» avec une insolence surjouée qui était la marque de l’époque et qui nous autorisait, certains jours, à vous écarter sans ménagement du tableau noir et à improviser, à votre place, une communication sur l’offensive du Thêt au Nord-Vietnam, les performances des savants rouges en Chine ou la dernière déclaration du plus proche compagnon d’armes, Lin Biao, du Grand Timonier de Pékin. Nous disions «Deprun», au fond, comme si vous étiez l’un des nôtres, l’égal de ses étudiants, leur semblable…

Or Dieu sait si vous ne l’étiez pas !

Et je dois vous dire aujourd’hui ceci.

Même si j’ai pu donner le sentiment, sur le moment, de faire lâchement chorus avec le groupe de mes camarades, rien ne m’était plus douloureux à voir que votre air d’oiseau effarouché lorsque vous sentiez monter, dans la classe, ce vent de contestation que vous ne condamniez, certes, pas dans son principe mais dont je voyais bien, dans vos yeux, dans vos mimiques ou dans votre geste de demander grâce, que vous pensiez : «encore une heure de perdue pour l’œuvre de transmission ! encore une demi page de moins, peut-être une page, pour mon commentaire des Confessions de Rousseau, ou de la Justine de Sade, ou du Rêve de D’Alembert de Diderot ! or il est si court, le temps imparti aux jeunes gens pour lire, vraiment lire, comme s’ils étaient, pour le coup, des contemporains ou des amis, les grands auteurs du passé !».

Car vous saviez tout, cher Deprun. Vous aviez tout lu et saviez tout. Vous étiez un puits de science ou, comme disait le grand Thalès, un puits de philosophie (mais où vous ne tombiez pas !). Et il y avait une vraie grandeur tragique dans la façon dont vous luttiez, vous, si timide, si effacé et si dénué des signes apparents de l’autorité, contre la haine de la pensée que vous sentiez monter chez les plus radicaux de vos khâgneux.

Les livres sont les sources et racines du malheur, grondaient, en cette veille de Mai 68, les premiers maoïstes. La littérature, la philosophie, l’art, ne sont pas, disaient-ils, contrairement à ce que croyaient Michelet, ou Hugo, ou Chateaubriand, la vengeance des peuples mais leur tombeau, une punition qui leur est infligée, leur perte. Brûler les livres alors, oublier leurs savantes leçons, se faire pauvres en esprit en une ascèse digne de celle des premiers chrétiens, tel était leur credo d’anciens lettrés devenus gardes rouges par imitation et persuadés que cette littérature, cette science, cet amour de la beauté et des mots, étaient des ruses de la bourgeoisie assurant son empire sur les consciences. Face à quoi, l’«horrible travailleur» (Nietzsche) que vous étiez, refusait toute espèce de compromis avec notre désastreuse passion. Et j’entends encore votre voix fluette, stridente ou, parfois, presque inaudible, mais qui finissait toujours, étrangement, par couvrir celle des grandes gueules. Vous teniez la ligne. Vous étiez un héros de la connaissance. Je me rappelle vos cours comme autant d’actes de résistance à une barbarie sophistiquée qui gagnait jusqu’aux meilleurs esprits. C’était très important. Et très beau.

***

Je vous écris donc, cher Deprun. Mais je ne sais pas, à vrai dire, si vous êtes encore de ce monde et serez là pour me lire.

Vous aviez l’âge de mon père. Exactement son âge. Donc peut-être vivez-vous toujours, presque centenaire, il paraît que c’est de plus en plus fréquent. Ou peut-être non – peut-être, comme lui, mon père, avez-vous été appelé par «le devancement de la mort» qui vous a empêché de devenir, vous aussi, «assez vieux pour vos victoires».

De qui, d’ailleurs, est la formule ? De Nietzsche, justement ? De Heidegger ? De Nietzsche cité et commenté par Heidegger ? C’est vous qui, à l’époque, la citiez. Et j’aimerais tant pouvoir vous poser la question, à l’ancienne, comme quand j’avais un doute sur un mot de D’Alembert, une référence à Sade, ou la question de savoir (car tel était votre grand sujet !) ce qui, au XVIIIe siècle, l’emportait du sentiment de l’inquiétude ou du goût et de l’art du plaisir ! J’aimerais tant, là, tout à coup, retrouver le temps béni où les plus scrupuleux d’entre nous sollicitaient votre science, mais discrètement, comme en fraude, en feignant de montrer patte blanche aux enragés et de ne s’intéresser, en réalité, qu’au séjour à la Bastille du Marquis devenu robespierriste, à la différence entre les Lumières radicales et les Lumières tout court ou au premier matérialisme, ancêtre de celui de Marx et Engels, prôné par La Mettrie – vous répondiez toujours, vous aviez réponse à tout…

Mais comment savoir ? Comment décider, non pas si la théorie du devancement de la mort qui empêche d’être assez vieux pour ses victoires (ou ses défaites) est de Nietzsche ou de Heidegger, mais si vous, Jean Deprun, êtes encore, ou non, de ce monde ?

Votre œuvre infime et immense, votre volonté de transmettre et de léguer, votre résistance acharnée à la haine de la pensée et à ses possédés, votre sacerdoce, tout cela a laissé si peu de traces dans ce pseudo savoir absolu qu’est l’Internet !

Il y a, dans la nouvelle Grande Bibliothèque Universelle qui, en principe, retient tout, archive tout et ne laisse, dit-on, aucune chance à l’oubli, si peu de place pour les hommes comme vous, les passeurs, les intercesseurs, les Lucien Herr sans Jaurès ou Blum pour leur prêter un peu de leur lumière rétrospective, les Groethuysen sans Malraux, les Jaques Rivière sans Artaud, les Kojève sans conjuration – quelques livres rares… un ou deux articles de revue… une vague notice Wikipedia – mais j’ai appris, avec le temps, à n’avoir qu’une confiance très limitée en Wikipedia… et c’est à peu près tout !

C’est à vous, cher Deprun, que je dois l’essentiel.

C’est à votre entêtement à penser et à enseigner, c’est à votre acharnement à toujours, absolument toujours, reprendre la parole, vous pourtant si timide, quand un jeune lion vous bousculait, vous écartait et venait, sur l’estrade, faire lecture d’un communiqué de l’Agence Chine Nouvelle sur telle victoire de la pensée Mao Tsé-Toung sur la science impérialiste, c’est à votre doctrine presque secrète tant elle avait à vaincre de résistances et à couvrir de clameurs pour parvenir à s’imposer, c’est à tout cela que je dois de n’avoir jamais cédé sur le désir et la volonté de savoir.

C’est encore vous qui m’avez appris, à l’heure où tant de vents contraires auraient pu m’en éloigner, que seul l’amour de la vérité me permettrait, un jour, dans le reste de ma vie, de persister, non à changer, mais à réparer le monde.

Or, de ce « vous » à qui j’écris, je ne sais pas s’il est vivant ou non. Comme c’est étrange ! Je confie donc cette lettre à Rob Riemen et à Nexus qui sauront, eux, j’espère, où vous trouver. Je n’ai, pour être franc, pas trouvé de meilleur moyen de me réadresser, un demi-siècle après, au maître qui m’a formé.

***

Vous avez compris, n’est-ce pas, cher Monsieur Deprun, pourquoi j’ai évoqué mon père ?

C’était notre secret à tous les trois.

Et c’est, si vous êtes encore de ce monde, le secret que nous partageons désormais vous et moi.

Mais le temps a tellement passé… Il y a, je crois, prescription et nul ne m’en voudra, pas même vous, de vous rappeler, ici, la scène…

Je sors de votre premier cours.

Je ne suis pas très bon philosophe en ce temps-là.

J’ai fait trop de mathématiques et pas assez de philosophie et j’ai, en la matière, des lacunes que mon précédent professeur, François Châtelet, celui qui officiait en Hypokhâgne en alternance avec René Schérer, ne m’avait pas permis de combler.

Mais je sors, dis-je, de votre premier cours. Je rentre à la maison. Et je raconte à mes parents mon extraordinaire rencontre avec un certain Jean Deprun qui lit Helvétius et D’Holbach à livre ouvert, qui connaît la loi du passage de Descartes au romantisme et qui a l’air extrêmement renseigné sur les mystères de l’union de l’âme et du corps selon Malebranche, Bergson et Maine de Biran.

«Deprun, reprend mon père, soudain rêveur… Tu as bien dit Deprun ? Un petit homme ? Très chauve ? Très myope, avec de très grosses lunettes ? Un vieux garçon plutôt laid, aux gestes maladroits et à la timidité pathologique ? Et homosexuel ? Ce professeur dont tu parles est-il un homosexuel revendiqué ?».

Eh oui ! C’était bien ça ! Vous aviez, vingt-cinq ans plus tôt, bel et bien connu mon père.

Vous aviez, vous si gauche, et si peu fait pour les grandeurs militaires, été dans la même école de Cherchell, en Algérie, qui formait des officiers pour l’Armée d’Afrique ; puis, apparemment, dans le même bataillon qui, parti de Libye, parviendra, en Italie, jusqu’à Monte Cassino où lui, mon père, s’illustrera ; et il se souvient, maintenant que je vous dépeins à lui, du singulier compagnon d’armes que vous étiez…

Français libre, donc, vous aussi.

Engagé volontaire, comme lui aussi, dans la plus noble armée du monde.

Mais avec un côté gentil bidasse, trop petit dans son uniforme trop grand et éternellement mal fagoté, sorte de jean-jean ou de piou-piou de café-concert que l’on imaginait incapable de se servir d’une arme (jusqu’au jour où on le vit, je ne sais plus trop en quelle circonstance, peut-être aux abords de Rome, se conduire avec professionnalisme et bravoure). Et, de ce fait, moqué, brocardé, affecté d’office aux corvées de chiottes et de patates, moqué encore, méprisé, souffre-douleur du bataillon, trop gay sans doute, ou trop laid, ou, déjà, trop lettré.

A une exception près, toutefois. Lui. Mon père. Il vous a, me raconte-t-il, tout de suite pris en amitié. Il s’est, je le comprends, insurgé contre ce statut de paria, version Jeannot Lapin, avec grain d’homophobie, que vos autres camarades vous avaient assigné. Et, peut-être par principe et esprit chevaleresque, peut-être parce qu’il a reconnu le grand homme qui se cachait derrière le bougre au teint cireux dont vous donniez l’apparence ou peut-être, tout simplement, parce qu’il vous aimait vraiment bien, il est celui qui, pendant vos deux années de fraternité d’armes, a tenté, chaque fois qu’il le pouvait, de se mettre en travers de ceux qui prenaient plaisir à vous humilier.

Quelle extraordinaire coïncidence, n’est-ce pas ?

Et comment ne pas voir un signe des dieux dans le fait que le même homme a pu être, à un quart de siècle de distance, le protégé du père et le maître du fils ?

Alors, deux jours plus tard, le cœur battant, convaincu qu’entre mon père et vous et, donc, par procuration, entre vous et moi, un lien a été noué qui est un lien de vie et de mort, j’attends la fin du cours.

C’est l’heure où mes camarades se ruent, les uns vers la cour de récréation où ils vont pouvoir échanger leurs impressions de lecture des premiers livres de Roland Barthes ou de Jacques Lacan et les autres vers la rue Saint Jacques et, sur le trottoir d’en face, la Sorbonne où nous savons que nous attendent «les faffs» du Lycée Saint Louis et que nous avons très exactement huit minutes, pas une de plus ni une de moins, pour, jusqu’à la sonnerie de fin de récréation, les rosser, et nous faire rosser par eux, à coups de barres de fer et de bâtons que nous avons laissés et planqués, la veille, dans les couloirs.

Et je m’approche timidement de votre bureau.

«Me voici, suis-je sur le point de vous dire, le cœur serré par l’émotion. Je suis si heureux d’être là. Mon père s’appelle André Lévy. Il était, dans le 22ème Bataillon de Marche nord-africain commandé par le Général Diego Brosset, votre ange gardien, votre ami, le seul à avoir compris le grand personnage que vous étiez. Vous souvenez-vous, à Tobrouk, puis à Takrouna, en Tunisie et, avant cela, à Cherchell, des coups qu’il a rendus et, parfois, reçus pour vous ? de ceux que son autorité naturelle suffisait, j’en suis sûr, à intimider et décourager ? vous souvenez-vous de ce preux faisant rempart de lui-même face à la meute des petits mâles, bêtes et méchants, qui ne trouvaient rien de plus drôle à faire que de bizuter, entre deux opérations, histoire de passer le temps, le piou piou que vous étiez ?».

Mais oui… Vous me voyez venir… Je vois bien que vous me voyez… Et vous semblez, à en juger par le regard étrangement intense que vous me portez, très bien vous souvenir en effet. Sauf que vous avez, à cet instant, la réaction la plus étrange et la plus inattendue qui soit.

Vous devriez m’accueillir avec faveur et reconnaissance.

Vous ne pouvez que vous attendrir de ce signe du destin que vous avez peut-être – qui sait ? je ressemblais tant à mon père ! – déjà reconnu et déchiffré, avant moi, dès le jour de la rentrée, au moment de l’appel alphabétique des noms des nouveaux khâgneux.

Si, contrairement à ce que je suppose, vous ne vous doutez encore de rien, vous allez vous montrer, au minimum, bienveillant et courtois envers un élève qui vient à vous et a quelque chose d’important à vous confier.

Or c’est tout l’inverse.

A peine ai-je ouvert la bouche et, il me semble, prononcé le nom de mon père, que vous paraissez épouvanté. Vous regardez à droite et à gauche, très vite, tel un petit animal pris au piège ou un criminel, pris sur le fait, qui chercherait désespérément une issue par où s’échapper. Et comme si vous aviez vu, non le fils d’un ange, mais le diable, vous détournez les yeux, rassemblez vos livres et vos notes, fourrez le tout, très vite, dans un gros cartable d’étudiant et, sans un mot ni un regard au jeune homme qui se tient là pour vous rappeler un pacte sacré, vous quittez précipitamment la classe.

Le même manège se produira à la fin du cours suivant. Puis du suivant. Puis, encore, quelques mois plus tard, au début du deuxième trimestre. Jusqu’à ce que je me rende à l’évidence.

Je brûle de partager cette histoire avec vous. J’ai hâte de la raconter, après vous, à ceux de mes camarades qui, tels ceux de mon père autrefois, sont à mille lieux d’imaginer qu’avec votre tête de lutin sans malice, avec votre peau trop rose de vieux poupon boudeur et que rien ne parvient à habiller, avec votre silhouette épaissie par le gros gilet molletonné que vous portez été comme hiver, vous êtes ce que respectent le plus au monde tous ces jeunes maoïstes qui se rêvent en «nouveaux partisans» et entendent inventer une «nouvelle résistance populaire» : un ancien de la France libre ; un vrai ; un qui s’est battu à armes réelles contre des nazis non moins réels ; et un pour qui l’antifascisme ne se limitait pas à lancer des pavés sur des CRS grotesquement qualifiés de nouveaux SS.

Mais vous ne voulez, vous, rien en savoir. Et vous êtes décidé, je dois m’y résoudre, à faire comme si rien de tout cela n’avait été.

Est-ce le témoin qui vous gêne ? Le passé qui ne passe pas ? Le souvenir des humiliations qui serait resté trop cuisant et que vous souhaiteriez, à tout prix, exorciser et refroidir ? Est-ce, simplement, trop compliqué d’avoir à porter et assumer cette image bizarre de grand Français sans panache, l’âme de Cavaillès dans le corps de Quasimodo, l’étoffe d’un héros sans en avoir l’allure ? Auriez-vous, plus simplement encore, été secrètement épris du père et vous serait-il insoutenable, en pure logique amoureuse, de vous trouver soudain confronté au fils ?

Le mystère, un demi-siècle après mon arrivée en khâgne, demeure entier.

Mais le fait, cher Deprun, est là.

Vous êtes mon professeur. Vous corrigez mes copies. Vous allez faire que j’entre, dès ma première tentative, dans cette prestigieuse Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où tant de choses, pour moi, vont se jouer. Vous êtes, au passage, ce merveilleux dix-huitièmiste qui, à l’âge où les visions du monde prennent forme et commencent de se figer, avez injecté une dose vitale de légèreté dans le plomb des idéologies de la mort de l’homme et, encore une fois, de la haine de la pensée qui dominaient en ce temps-là et où j’ai bien failli m’abîmer. Mais nous ne nous sommes jamais parlés. Vous ne m’avez jamais interrogé ni fait venir au tableau noir. Et vous vous êtes arrangé pour n’avoir jamais, au grand jamais, en aucune occasion de cette longue année scolaire, à m’appeler par mon nom.

Je vais dire la chose autrement. Vous êtes, de tous mes maîtres, l’un de ceux dont le rôle a été le plus décisif. Vous avez, dans le tour pris, non seulement par ma pensée, mais, presque plus important, par mon style, autant pesé qu’Althusser, Levinas, Sartre et Foucault réunis. Et je vous dois, je le répète, de n’avoir jamais cédé, quelles que fussent les séductions adverses, sur mon désir de chercher le vrai. Or je ne vous ai, je m’en aperçois, jamais parlé face à face. Et je n’ai, je m’en avise aussi, jamais même croisé votre regard.

Il y a là un défi à toutes les lois connues de la gravitation des idées. Et nous sommes, vous et moi, le vivant démenti à tout ce que j’ai pu dire et écrire, ailleurs, des vertus de la parole vive et de la confrontation des visages dans l’œuvre de transmission. Alors, est-il encore temps ? Possible d’y revenir, de tout reprendre et de dissiper le malentendu ? Mais oui. D’une manière ou d’une autre, tout est, là comme ailleurs, toujours possible. A bientôt, donc. Merci Nexus.

Un commentaire

  1. Emouvante page sur Jean Deprun.

    Il avait été mon professeur à Aix en 1977 et je me souviens avoir commenté devant lui la profession de foi du vicaire savoyard…

    Je n’ai appris que récemment qu’il était mort depuis une dizaine d’années, en lisant, à l’occasion d’une recherche, l’article ci-dessous, qui évoque aussi son désarroi devant ses élèves parisiens
    https://www.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2007-1-page-251.htm