Ce lundi 14 janvier 2013, au réveil

Est-il bon ? Est-il méchant ? demandait Diderot. Même chose pour la manif papa-maman d’hier après-midi. Des méchants, qui refusent aux autres leurs droits ? ou des enfants du Bon Dieu, à qui donner le paradis sans confession ? Mon Dieu, Philippe de Villiers ! Le malheureux ! Pour illustrer les vertus de la famille composée une fois pour toutes ! Et l’Eglise qui pousse en avant Frigide Barjot, la vieille toupie ! Mais comme c’est amusant ! Que demande le peuple ? On lui donne. On n’est pas bégueule, au Vatican. On n’a pas froid aux yeux. On n’est pas petit-bourgeois. On est Prince. Comment Berlusconi a-t-il tenu si longtemps, sinon parce que la Chiesa était derrière lui ? Ou au-dessus. Le bunga-bunga ? Nobody’s perfect ! De Gasperi se tenait mieux, sans doute, mais quoi ? Que faire d’autre que vivre avec son temps quand on a l’Eternité devant soi ? Plus branché que l’Eglise, tu meurs. Donc, on tweete, on fait les pitres, on marche au son de Gangnam Style. Mais par en dessous, pour ceux qui savent, hors d’Aristote point de salut. Pauvre Lacan ! Qui s’est battu comme un perdu pour que Freud ne soit pas résorbé dans Aristote. Mais rien à faire, c’est increvable, il le savait. Il lisait Maritain, Le Paysan de la Garonne, si, si, je l’ai vu. Et il en a parlé au séminaire. Aristote potentialisé par le génial saint Thomas, il l’aura, il l’aura, notre peau à tous ! Le sujet barré, je vous demande un peu. A côté du De anima, c’est d’un fragile. Une élucubration, quoi ! De ton palea, Thomas, tu auras ensemencé tous les champs de la pensée. Il les sert et les contente tous, même les Juifs. Le Grand Rabbin en redemande, du saint Thomas. Ça manque aux Juifs, saint Thomas. Un peu d’ordre et de juste mesure. Car chez les Juifs, c’est rabbin contre rabbin, en général. On se met sur la tronche pour un oui pour un non. C’est l’esprit du Talmud, en somme. Le contraire de la Somme. Dormir de la Somme du juste milieu, ça repose. Mais ce Grand Rabbin-là, on dirait qu’il se prend pour le pape des rabbins. Voyons combien de temps les collègues le laisseront faire. Que le saint Père l’encense ne va pas lui faire que des amis, dans le milieu, je parie. Sans rien y connaître, mais ce serait logique. Il faut aller très loin à l’est pour sortir de l’Aquinate. La Chine, l’Inde, le Japon. Cette symphise entre le Lycée et la Bible, quoi de plus baroque, déjà ? Et quoi de plus solide pourtant, de plus cohérent. C’est irréfutable. Et tout terrain. Le thomisme ne se laissera surprendre par rien, et sera avec nous jusqu’au Jugement  dernier. Hegel, à côté, mais c’est une baraque ouverte à tous les vents ! A l’un, la Nature, à l’autre l’anti-Nature. Quand je suis arrivé à Louis-le-Grand en classe de philo – c’était Philo 1 – le prof était thomiste. Tout était vu sous cet angle. Au bout d’une semaine, je n’en pouvais plus, je suffoquais, j’ai convaincu le surgé – comment ? je ne sais plus – de me faire passer en Philo 2, où officiait le cousin de Maurice Merleau-Ponty, Jacques, épistémologue et historien de la cosmologie. Comme disait Hercule, ai-je fait le bon choix ?

Pour signer l’appel contre l’instrumentalisation de la psychanalyse.

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