
Sakineh Mohammadi Ashtiani
L’affaire Sakineh a connu cette semaine un nouveau rebondissement. En effet ce dimanche, Malek Ajdar Sharifi, chef de la justice de la province iranienne de l’Azerbaïdjan orientale où Sakineh est détenue, laissait entendre qu’elle restait passible de la peine de mort non plus par lapidation mais… par pendaison. Propos que M. Malek Ajdar Sharifi devait formellement démentir quelques jours plus tard (hier mercredi), affirmant que ses déclarations avaient été tronquées. Il n’en reste pas moins que
Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette iranienne de 43 ans suspectée d’adultère et de complicité de meurtre, encours vraisemblablement la peine capitale pour un crime qu’elle n’a pas commis.
On a beau savoir que lois et pratiques iniques sont encore d’application dans maintes régions de la planète, c’est à chaque fois comme si l’horreur, et l’horreur à l’état pur, nous frappait à coups de massue. Quels qu’aient été les raisons qui ont valu l’inculpation de Sakineh Mohammadi Ashtiani, le châtiment qu’elle a déjà subit (99 coups de fouet), son séjour en prison (depuis sept ans) et la condamnation qu’elle encourt (après une menace de mort par lapidation maintenant il est question d’une mort par pendaison), ne peuvent que nous soulever le cœur d’horreur, d’effroi, d’indignation.
Cette iranienne, mère de deux enfants, attend son heure depuis près de six ans. Accusée d’adultère et de complicité du meurtre de son mari, elle fut d’abord condamnée à 10 ans d’emprisonnement puis à la peine capitale par lapidation. Dès l’annonce de cette condamnation, la Communauté internationale toute entière se mobilise (la pétition lancée ici par la Règle du Jeu recueille pas moins de 170 000 signatures !). Pression internationale telle que son jugement est suspendu en juillet 2010.
Mais à quel prix ? Adultère, homicide supposée, on apprendra que ses “aveux” furent extirpés sous la torture. La presse iranienne ne se risquera pas à ébruiter l’affaire. L’avocat de Sakineh, Mohammad Mostafaei, est inquiété, à tel point qu’il se voit contraint de demander l’asile politique en Norvège. (Notez que Sakineh n’eut droit à un avocat qu’à la fin de la procédure d’appel).
En juin 2010, l’exécution de Sakineh est imminente. Grâce aux efforts de ses deux enfants, soutenus par une mobilisation internationale, des manifestations importantes en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, des organisations des droits de l’homme, des personnalités et intellectuels de renom, l’exécution moyenâgeuse est suspendue en attendant la révision du procès. Ce qui ne signifie nullement qu’elle soit, de fait, acquittée.
Les tyrans de Téhéran cherchent juste une autre manière, peut-être moins spectaculaire, de l’exécuter.
Le 1er août 2010, Lula, alors président de la république brésilienne, offre l’asile à Mme Ashtiani. La requête est rejetée deux jours plus tard par les autorités de Téhéran.
Des manifestations ont lieu dans 100 villes à travers le monde.
Le 2 novembre 2010, un ordre d’exécution aurait été donné par la Cour suprême de Téhéran à la prison de Tabriz. Un appel au rassemblement est lancé par le Comité International contre la Lapidation pour le 3 novembre. On apprend également que le fils de Sakineh, Sajjad, ainsi que son second avocat pourraient avoir été torturés en prison, après avoir été arrêtés avec deux journalistes allemands. Des contacts entre Comités, médias et responsables politiques se font pour obtenir un sursis.
Enfin ce dimanche, Malek Ajdar Sharifi, chef de la justice de la province iranienne de l’Azerbaïdjan orientale où Sakineh est détenue, laissait entendre qu’elle restait passible de la peine de mort par pendaison. Insinuation qu’il se fit fort, hier mercredi, de nier en bloc, arguant que les médias… l’avaient mal cité ! “Ce dossier suit son cours normal conformément à la loi. Ces derniers jours, des informations me citant sur le dossier notamment (…) sur la manière d’appliquer la peine de Sakineh Ashtiani ont été publiées. Celles-ci sont tronquées et sont une interprétation incorrecte”. La pression internationale commencerait-elle à avoir quelque effet ? M. Malek Ajdar Sharifi redouterait-il devoir porter seul la responsabilité de cette ignominie ? Ou tout cela relève-t-il “tout simplement” d’une sinistre et cynique hypocrisie ?
Quoi qu’il en soit : ne pas baisser la garde. Pas un seul instant. L’affaire étant par trop tragique. Plus que jamais, il faut appeler à la libération immédiate de Sakineh, femme de chair et d’os, qui est aussi un symbole, un symbole pour toutes les femmes et tous les hommes dont la vie demeure, aujourd’hui encore, aux mains de la barbarie et de l’arbitraire.
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Jeudi 29 décembre 2011 à 12:03.
…des commentaires, …oui bien sûr mais qui peut-mettre en route une pétition.c’est urgent !