À quel moment de la journée, de la semaine, de l’année, de la vie lisez-vous le plus volontiers ?
Entre mes dix et mes trente ans, très certainement : malgré la radio, la télé, internet, j’ai eu la chance de lire beaucoup pendant les années 1990 et 2000. De lire parfois des journées entières : je ne sais pas si je le referai jamais, mais le souvenir de l’avoir fait me hante. Je n’ai pas de théorie de lecture, ou plutôt : je trouve ça miraculeux.
Y a-t-il des livres dont vous puissiez dire qu’ils ont changé votre vie ? Dans ce cas, pourquoi ?
La grande rencontre aura sans doute été, à dix-sept ans, celle de Proust, dans la maison de ma grand-mère – mon Combray personnel. L’idée qu’une vie, cela pouvait être un livre : cela a été la grande découverte de la fin de mon adolescence. L’idée que l’écriture, quelque part, était la seule chose qui importait, avec l’enfance : cela a été le grand sortilège. C’est un livre que j’ai lu et relu plusieurs fois : une sorte d’annexe de ma vie – alors que c’est la vie d’un autre. Cela tenait sans doute à une certaine identité de substance, plutôt que de fait, entre certains états que j’avais connus, et qui me semblaient spécialement solliciter la littérature, et leur transposition dans la gelée proustienne.
Y a-t-il un grand classique – ou plusieurs – dans lequel vous n’avez jamais eu le goût d’entrer ?
Je n’ai jamais lu Joyce, sans raisons particulières.
Vous est-il arrivé d’aimer des mauvais livres ? Si oui, pourquoi ?
Le Club des Cinq, découvert à sept ans, possède toujours une partie non négligeable de mon imaginaire : je suis encore incapable d’écrire un roman sans y percer, à un moment ou un autre, un passage souterrain. J’ai aussi lu, avec passion, à peu près tous les Bob Morane, aux éditions Marabout, avec leurs tranches cassantes et leurs aventures improbables : qu’est-ce que j’ai aimé ça, et comme je regrette de les avoir finalement jetés !
Comment lisez-vous, Aurélien Bellanger ?
par Aurélien Bellanger
6 novembre 2026
L’écrivain Aurélien Bellanger répond à notre enquête sur la littérature.
À quel moment de la journée, de la semaine, de l’année, de la vie lisez-vous le plus volontiers ?
Entre mes dix et mes trente ans, très certainement : malgré la radio, la télé, internet, j’ai eu la chance de lire beaucoup pendant les années 1990 et 2000. De lire parfois des journées entières : je ne sais pas si je le referai jamais, mais le souvenir de l’avoir fait me hante. Je n’ai pas de théorie de lecture, ou plutôt : je trouve ça miraculeux.
Y a-t-il des livres dont vous puissiez dire qu’ils ont changé votre vie ? Dans ce cas, pourquoi ?
La grande rencontre aura sans doute été, à dix-sept ans, celle de Proust, dans la maison de ma grand-mère – mon Combray personnel. L’idée qu’une vie, cela pouvait être un livre : cela a été la grande découverte de la fin de mon adolescence. L’idée que l’écriture, quelque part, était la seule chose qui importait, avec l’enfance : cela a été le grand sortilège. C’est un livre que j’ai lu et relu plusieurs fois : une sorte d’annexe de ma vie – alors que c’est la vie d’un autre. Cela tenait sans doute à une certaine identité de substance, plutôt que de fait, entre certains états que j’avais connus, et qui me semblaient spécialement solliciter la littérature, et leur transposition dans la gelée proustienne.
Y a-t-il un grand classique – ou plusieurs – dans lequel vous n’avez jamais eu le goût d’entrer ?
Je n’ai jamais lu Joyce, sans raisons particulières.
Vous est-il arrivé d’aimer des mauvais livres ? Si oui, pourquoi ?
Le Club des Cinq, découvert à sept ans, possède toujours une partie non négligeable de mon imaginaire : je suis encore incapable d’écrire un roman sans y percer, à un moment ou un autre, un passage souterrain. J’ai aussi lu, avec passion, à peu près tous les Bob Morane, aux éditions Marabout, avec leurs tranches cassantes et leurs aventures improbables : qu’est-ce que j’ai aimé ça, et comme je regrette de les avoir finalement jetés !