1912 : Freud débarquant aux Etats-Unis dit à Jung : « Ils ignorent que nous leur apportons la peste. »
1966 : Une nouvelle peste, elle aussi venue d’Europe, s’apprête à envahir les campus américains.
Emmené par Jacques Derrida, chantre à Paris de la Déconstruction, un colloque inaugural s’ouvre à l’université de Baltimore sur le thème : La langue de la critique et les sciences humaines. Il y a là, excepté Foucault, la fine fleur du structuralisme français, qui tient alors le haut du pavé à Paris. Quelques intellectuels contestataires américains qui ont eu vent de la chose aimeraient recueillir les lumières des intéressés. Invités : Roland Barthes, Todorov, Jean-Pierre Vernant, Jean Hyppolite et Derrida, qui frappe un grand coup. Une brèche s’ouvre, qui ne va plus se refermer. Le terrain devenu propice, Deleuze, Guattari et Lyotard feront le voyage en Amérique neuf ans plus tard, invités à Columbia, par la revue Semiotext(e). L’avant-garde new-yorkaise – John Cage, William Burroughs, Arthur Danto – est là. Thème : la Schizo culture. Trois jours de débats passionnés, que clôture une Party délirante, acide et substances en prime.
Le tropisme américain des intellectuels français va durer vingt ans. Derrida enseignera chaque année la déconstruction à Yale ; Baudrillard se lance dans un road trip sans fin au pays-roi du simulacre post-moderne ; Deleuze et Guattari rencontrent les Blacks Panthers à Watts ; Foucault expérimente les backrooms gays à San Francisco ainsi qu’un trip sous LSD dans le désert ; Lacan exerce sa régence sur les psys new-yorkais sans bouger de Paris ; Edgar Morin vaticine sur la complexité depuis la West Coast.
Année après année, la French Theory va faire florès sur les campus américains et nourrir la contre-culture de la Beat Generation et, au-delà, les luttes emblématiques des minorités ethniques, sexuelles, genrées, partout où la greffe marxiste et la lutte des classes n’avaient jamais fait souche.
Attaquée aujourd’hui de toutes parts par les trumpistes en mal de revanche, en France par les libéraux qui en dénoncent la radicalité, vilipendée par les néo-pétainistes, ces peine-à-jouir qui se croient de nouveau dans le vent de l’Histoire, la culture woke est le lointain produit de cette effervescence intellectuelle franco-américaine vieille de plus d’un demi-siècle.
Quasi-légendaire, ce passé transatlantique fait l’objet d’une BD de haut vol, intitulée French Theory, fruit de la rencontre d’un philosophe deleuzien, François Cusset, et d’un dessinateur de talent, Thomas d’Aquin, qui, entre deux mises en scène du structuralisme et de l’antipsychiatrie, s’autorisent quelques à-côtés psychédéliques, intellectuels et graphiques, bienvenus.
L’album retrace fidèlement les concepts foucaldiens et deleuziens. Contre l’intériorisation de la norme qui exclut l’anormal ; contre le biopouvoir – concept forgé par Foucault –, qui loin d’être une instance extérieure, passe par chacun d’entre nous, dresse les esprits et domptent les corps plus surement que la contrainte sociale ; contre les assignations identitaires de toutes sortes : il faut y opposer des lieux de résistance, à la marge, dans les interstices de la société normale, faire place aux déviances, à la schize, aux mille et unes hétérotopies nomades, penser en archipel. Il faut non moins en finir avec le freudisme et sa domestication des pulsions : L’Anti–Œdipe de Deleuze et Guattari sonne la charge en 1972. Ni pulsion ni expression d’un quelconque manque à être, le Désir est révolutionnaire, le corps est de part en part une machine désirante, un agencement de flux, de coupures, de captures. Le succès théorique est au rendez-vous.
A l’orée des années Mitterrand, changement de cap. La France, énonce le storyboard de la BD, s’apprête à « écouter prêcher les nouveaux philosophes ». Représenté assis dans un fauteuil, Bernard-Henri Lévy déplore que « le Désir soit devenu la religion des temps modernes ». Lui et sa cohorte d’ex-marxistes althussériens lancent contre le Deleuze bergsonien de l’énergie vitale que le nazisme fut ô combien une machine désirante, lui aussi. Trahison des clercs ! tonnent aussitôt les tenants de la révolution.
L’influence de la French Theory, telle une boîte à outils théorique et pratique, s’étendra partout dans le monde, nourrira, relayée du Brésil à l’Inde, de l’Italie au Japon par les intellectuels locaux, les luttes pour la libération – sous toutes ses formes – du capitalisme mondialisé, déterritorialisé.
Nul n’étant prophète dans son pays, en France, il en ira différemment. Présidé par le ministre de l’éducation d’alors, un colloque s’ouvre en janvier 2022 à la Sorbonne, sur le thème : « Que reconstruire après la déconstruction ? » Le dit-ministre s’exclame : « La France ayant inoculé le virus de la déconstruction, c’est à elle que reviendrait de découvrir le vaccin. »
Déterrons donc les morts à l’usage nécrophagique du ministre épidémiologue : Foucault meurt du sida en 1984 ; Guattari disparait en 1992 ; Deleuze se suicide en 1995 ; Derrida meurt en 2004 ; Baudrillard en 2007.
Question à cent sous : de qui, du ministre éradicateur ou des penseurs de la French Theory, se souviendra-t-on dans dix ans ?

Le Guide suprême ne se laisse pas toucher ni aborder par ses inhomologues. Qu’on ne s’y trompe pas, en tant qu’il assume être l’incarnation d’un système politicoreligieux, Ali Khamenei n’est pas un saint, mais bel et bien un assassin, et l’un des plus pervers et des plus meurtriers de notre temps. Une sorte d’Oussama ben Laden en moins ahuri, car il faut l’être un peu pour se lancer dans une entreprise visant à revigorer par l’épée l’islamité d’un royaume dont la liaison compromettante qu’il entretient avec le Grand Satan ne fait que mieux consolider son assise et accroître, par surcroît, son rayonnement cuisant. Quant au président démocratiquement élu de la République islamique d’Iran, c’est l’entourloupe qui tue, la face démocratoriale onusocompatible d’un État anti-internationaliste, crapuleux par essence, globaliste au sens oumméen, potentiellement totalitaire par le feu nucléaire.
Le « juif Mandel », comme ses confrères de l’Assemblée se complaisaient à le déchoir de la citoyenneté, alerta son pays sur le risque mortel que constituait, pour une Europe encore convalescente, le réarmement de l’Allemagne revancharde. « Alarmisme judéocentré ! » selon les sympathisants nazis. Si les railleries condescendantes qu’il s’attira alors n’allaient pas porter chance à l’ancien chef de cabinet de Georges Clémenceau, l’alliance de la Milice et de la Gestapo s’illustrerait toutefois par un tableau de chasse que le plus roué de nos bourreaux d’État échouerait à faire tenir dans la judéocentrifugeuse nationale.
Bien entendu, l’Iran répondra toujours par le respect à la p… de menace respectueuse au prisme de laquelle nous aurons éprouvé la vanité d’appréhender son paradigme de la sainte-cruauté. Ainsi remontée à bloc dans l’estime subclaquante des dévoyeurs occidentaux du droit international, sa matrice terroriste ne tolérera aucune forme de violence à l’encontre de ce NÉoANTique projet millénariste d’islamisation consentie ou forcée de toute l’humanité. Son régime archéofuturiste s’appliquera à grignoter autant qu’il le pourra nos trop fragiles espaces de liberté, recourant s’il le faut à l’hypnose afin de pénétrer l’esprit des Lumières clignotantes d’une civilisation de fêtards fatigués, savoir en s’adaptant à un rapport de force pétrifiant qui n’a jamais cessé de contraindre les cryogéniteurs de l’holocauste nucléaire à déplacer leurs pions en faisant mine de rien.
L’organisation terroriste Gardiens de la révolution islamique ne mérite pas le respect d’un porte-flambeau des libertés comme peut l’être cette Amérique qu’on voudrait éternelle, celle de nos rêves de surmontement créatif, d’expiation réconciliatrice, un rêve simultanéiste qui est Nôtre et rechigne à s’éteindre.
Nous n’aurons pas l’arrogance de nous prétendre aptes à libérer la Perse à sa place ; nous pouvons néanmoins aider les héros naïvement désarmés de sa très noble Résistance à reforger le destin de leur peuple ainsi qu’à en déverser la véracité historique et civilisatrice dans l’impolluable fleuve de l’humanisme.
Les mollahs nous titillent sur la notion de tolérance. On leur conseille de jeter l’éponge s’ils s’imaginent pouvoir nous inciter à régresser au tribalisme, ou au féodalisme, en extirpant ici de son bûcher le guru fanatique des Templiers, ou là, en ressoudant les circuits imprimés du Saint-Office en sorte que son petit salaud d’inquisiteur général puisse tenter de réinsuffler à la QUINTessence du Saint-Empire romain germanique l’horrifiante achitectonique de la Shoah.
Un qui désire, qui jouit et qui nous le montre tous les jours, qu’on le veuille ou non, c’est Trump.
Tandis que les wokistes sont devenus les grenouilles de bénitiers de notre époque.
C’est comme ça: l’histoire, y compris celle des idées, est faite de retournements.
Si ce n’est par la nécessité de défendre les six bases militaires dont dispose, dans l’oriental western, cette Amérique avunculaire qui, qu’on s’en désole ou s’y console, n’a jamais cessé d’être le leader du monde libre, le déploiement de la Trump Armada en zone de guerre mondialisée se justifie d’autant plus que la guerre des 12 jours ne ferait que poursuivre l’horrible quête d’un 7-Octobre pour la tourte cannibale duquel nous savons que la République islamique aryenne avait mis la main à la pâte.
L’État islamique n° 1 n’est pas le régime usé, vieillissant, obsolète qu’en cas de paponite infectieuse, le diplomatosaure aura tendance à vulnérabiliser auprès de l’opiniâtre opinion opinante ; n’ayant nul besoin que ses proxies soient en état de marche pour jouer son rôle dans le cadre d’une guerre froidement paradoxale au sens où son hibernation demeurera gestative, Matriochka Mollah résiste à ce qui lui résiste, et d’abord à cette graine aberrante, identitairement déchéante et dont la surexposition va lui permettre de procéder à un sanglant, rassérénant et aveuglant assainissement interne.
Les Gardiens de la révolution ultime semblent sujets à une forme d’hystérie que l’on qualifiera d’esthérie antibiblique. Voyez comme ils bâfrent leur plat de lentilles sans pour autant démordre du même statut suprême qu’ils ont spolié à cette salope de favorite du Laïos perse ! Tel est l’Iran millénariste, élu non par son peuple, mais par le Créateur aux deux Personnes pour servir de modèle monolâtrique à Homo et son Double : un atterrant colosse que l’on donna pour embourbé dès la première semaine de manifs monstres ; une entité à l’identité floue, se disant prête à négocier d’égale à égale avec cette fascinante première puissance mondiale dont le leader téléréalisé hésite, on le comprend, à s’enliser dans une guerre d’Irak (bis) que les médias s’obstinent à requalifier a posteriori en crime de guerre.
Oublieraient-ils, nos esprits délités, que le vrai crime de guerre ç’avait été, pour les raviveurs des Lumières, de ne pas s’ériger en ligne rouge suite au gazage des Kurdes, ou le fait que, face à une tyrannie expansionniste potentiellement récidiviste empêchant qu’on inspecte son arsenal militaire à la recherche d’une potentielle arme de destruction massive, la communauté internationale, obscènement revigorée contre le nouvel ordre mondial par l’onde de choc du 11-Septembre, eût poussé la Defense Intelligence Agency à lui présenter des images trafiquées en vue d’obtenir son feu vert pour une opération de maintien de la paix visant à débarrasser la planète de l’un des régimes les plus inhumains qui fussent.
La république théocratique à l’iranienne en est un autre, lequel fieffé régime se vante déjà de reconstruire ses installations nucléaires stratégiques à une profondeur dont les succès incontestables de l’armée américaine lui ont permis de mesurer le degré d’impénétrabilité au millimètre près, lequel enflé régime, dis-je, n’aurait de cesse que de nous affirmer qu’il respectait l’accord de Vienne comme il jurera crachera qu’il se conforme aux termes bétonnés du prochain deal, ce qui aura pour conséquence de renforcer le Quatrième Reich en l’exhibant au monde comme un modèle de nazisme modéré.
Il serait tout de même un peu Bêta qu’après moult épopées, obsédé par le désir de rafler à son prédécesseur le Nobel de la paix, Donald laisse à l’histoire décivilisactrice l’odieux spectacle d’un Obama en pire.