Eric Zemmour est passé, depuis déjà un certain nombre d’années, de son statut de journaliste à celui de militant de la haine, du racisme, du révisionnisme et de la réhabilitation de Pétain.

On connaissait ses dérapages racistes sur les Arabes et les Noirs. On connaissait sa haine de l’autre, de l’étranger, du métèque, de l’homosexuel, de la femme… Voilà un dérapage abject de plus.

C’était ce mardi 29 septembre sur le plateau de CNews face à Christine Kelly. « Ces jeunes [les mineurs isolés], a-t-il déclaré, comme le reste de l’immigration (…) ils n’ont rien à faire ici (…) ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont. »

Lui, qui a sans doute oublié depuis longtemps cette phrase du Deutéronome : « tu aimeras l’étranger, car tu as été étranger dans le pays d’Egypte », a rejoint depuis la publication en 2014 de son livre « Le Suicide français », le camp des pétainistes, des pires racistes de l’ultra droite, des tenants de la « France éternelle » qui n’ont jamais été en retard d’une rafle ou d’une ratonnade…

Quand, en plus, on se souvient qu’en octobre 2014, Zemmour, comme pour excuser la rafle des 4115 enfants juifs du Vel d’Hiv, ose dire qu’ils « étaient juifs étrangers » et que « leurs parents étaient étrangers », on ne peut que constater que sa pseudo-leçon d’histoire a basculé depuis longtemps dans la perversité, le sordide, l’ignominieux.
Zemmour n’hésite en effet plus à resservir de plateau télé en plateau télé, d’interview en interview, que Pétain aurait sauvé des Juifs en France en sacrifiant « les Juifs étrangers ».

Concomitamment à la publication du « Suicide français », Zemmour avait jugé en octobre 2014, dans une interview au journal italien Corriere della Sera, que l’hypothèse de la déportation des cinq millions de musulmans français, bien qu’« irréaliste », peut se comparer aux « cinq ou six millions d’Allemands qui ont dû quitter l’Europe centrale après la guerre » ou à l’expulsion d’« un million de pieds noirs » d’Afrique du Nord dans les années 60 : « L’histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 que, vingt ans après, un million de pieds noirs allaient devoir quitter l’Algérie pour rentrer en France ? ». Des propos qui laissent sans voix… Et pourtant on a laissé faire, on a laissé Zemmour exprimer sa haine.

Depuis sa séquence « Suicide français », Zemmour est allé d’outrance en outrance d’ignominie en ignominie… jusqu’à devenir le porte-voix des racistes de tous bords. Avec un point d’orgue : sa participation le 28 septembre 2019 à la « Convention de la droite » de Marion Maréchal ex-Le Pen à travers un discours violemment antimusulman de 32 minutes où, dans un faux questionnement rhétorique, il lance : « La question qui se pose à nous est la suivante : les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? (…) Mais comment se battre ? Les mots laïcité, valeurs républicaines (…) ont été dévoyés, vidés de leur sens ».

Le 21 octobre 2019 face à Bernard-Henri Lévy, toujours sur CNews, dans l’émission « Face à l’info » de Christine Kelly, il rend de nouveau hommage à Pétain et à son régime collaborationniste en expliquant qu’il avait « sauvé les juifs français » et le 23 octobre il assimile l’islam et l’islamisme, avant d’évoquer la guerre d’Algérie en se disant, en tant que Français, « du côté » du général Bugeaud qui, lorsqu’il « arrive en Algérie, […] commence à massacrer les musulmans et même certains juifs ».

Et il avait suffi à quelques-uns, à l’époque, de critiquer publiquement cette dérive ultra de Zemmour pour en voir d’autres utiliser un discours violemment raciste et antisémite en guise de soutien à ses thèses. Zemmour a ainsi libéré la parole raciste, la parole ultra-identitaire, mais aussi la parole antisémite.

Zemmour est devenu le bon ami juif des racistes et des antisémites…

Jusqu’à quand pourra-t-il déverser sa haine raciste dans l’émission « Face à l’Info » de Christine Kelly sans que la direction de CNews n’y trouve rien à redire ?


Par Frédéric Haziza, chef du service politique de Radio J, animateur du « Forum Radio J » et des « Enfants de la République ».