En 2014, au théâtre de l’Atelier, je reçus de plein fouet les imprécations de Jacques Weber, qui jouait alors la pièce de Bernard-Henri Lévy, Hôtel Europe.
Les sombres prémonitions sur une Europe qui avait perdu son âme, et qui, à Sarajevo où elle avait brillé par sa lâcheté, abandonnait sa vocation d’ombre et de lumière, certes, mais d’abord et surtout d’esprit, m’avaient glacée.
Très vite, dans les jours qui suivirent mon passage à l’Atelier, un désir germa en moi. Il fallait que cette pièce se joue à Londres, il fallait que l’auteur dise sa pièce lui-même, et en anglais. C’est de ce moment que date ma certitude de Britannique d’adoption : «L’Europe va s’effondrer. Ce collapse partira de Londres.» C’est un bouleversement dans mon esprit. Cette pièce comme un cri d’alerte. Le Brexit, deux années plus tard, venait confirmer mon intuition et mes intentions. Il fallait dire à Londres ce qu’était cette Europe qu’il quittait.
Et une certitude s’impose : le Brexit est la conséquence d’une faillite intellectuelle de l’Angleterre. De mauvais gag en drame (le meurtre abominable de Jo Cox), puis de déroutes en soupes à la grimace, les arguments brexitaires (le plombier polonais, l’exception anti-culturelle anglaise), les vieux réflexes insulaires sans folie churchillienne, la petite xénophobie bonne pour les buveuses de thé de Fortnum and Mason, tout cela est la vérification la plus navrante des prédictions de Bernard-Henri Lévy.

Aujourd’hui, Hexagon Society, le think & actions tank que j’ai fondé, s’apprête à réaliser le geste qui, en somme, l’a fondé : Bernard-Henri Lévy viendra au mythique Cadogan Hall, un théâtre de 950 places, dire son fait, dans une adaptation spéciale d’Hôtel Europe : Last exit before Brexit.
Ce cadeau qu’il nous fait, peut être aura-t-il pour effet d’éveiller les consciences insulaires, de susciter un sursaut révolutionnaire ? La diplomatie culturelle n’est-elle pas une exception culturelle française ?

Last exit before Brexit est une œuvre artistique inédite, inouïe, qu’offre l’un des plus éminents philosophes français à ses amis anglais. Je n’ai pas entendu, sur cette question, de prise de parole plus large et plus englobante que celle de Bernard-Henri Lévy. C’est pourquoi sa visite, sa folle générosité, me donnent plus que de l’espoir : le sentiment d’une justice que l’on doit à l’une des plus belles idées qui, de Vienne à Rome et de Paris à Londres, ait nourri les grands hommes dont nous sommes tous, ici ou là, les endeuillés.

Ecrite en 2014, cette pièce prend a posteriori tout son sens dans ce contexte de Brexit.
Ce sentiment très intense que cela s’imposait comme un devoir, comme une évidence.
Le pari est certes audacieux : un français qui vient porter à Londres un message, un cri d’alarme au peuple anglais. Le pari est un peu fou. N’est pas Jonas qui veut. Bernard-Henri Lévy peut.


Last exit before Brexit
Une pièce de Bernard-Henri Lévy interprété par l’auteur
Le lundi 4 juin 2018 à 20h
Au Cadogan Hall
Cadogan Hall, 5 Sloane Terrace,
London SW1X 9DQ
Pour réserver : https://www.cadoganhall.com/event/last-exit-before-brexit-180604/

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