Pourquoi les vieux services secrets totalitaires bulgares viennent-ils d’inventer des «archives» contre Julia Kristeva qui les a vigoureusement démentis ? Pourquoi les journaux réputés sérieux comme Le Monde et L’Obs ont-ils relayé ces fausses informations ? Une telle crédulité a sûrement des origines méconnues. Il suffit de lire la page 3 du Monde présentant «l’affaire Kristeva» sous l’affaire Skripal, et plus récemment l’article incroyable paru dans L’Obs, écrit par une journaliste bulgare basée à Sofia, pour être stupéfait de la crédulité de ces publications en France, d’ailleurs dénoncées immédiatement par des prises de position courageuses de démocrates en Bulgarie. Si vous ajoutez, dans L’Obs, l’encadré demandé à un débile mental comme Fabrice Pliskin, romancier raté, et petit-fils d’un ancien soviétologue, vous obtenez un festival d’un caractère populiste fasciste, qui vise Julia Kristeva, et d’une façon sexuellement niaise, moi-même en tant qu’écrivain. Mettons les choses au point, avec cette publication de la revue Tel Quel en juin 1971, où l’on voit Mao tirer sur L’Obs et son employé mal rétribué. Quelle prescience chez ce grand criminel révolutionnaire ! Quel plaisir de constater que ce serait, en 1971, que Julia Kristeva aurait été soi-disant recrutée par la police soviétique, laquelle est toujours en activité, comme le prouvent les 15 assassinats récents du KGB reconverti en la personne du tout-puissant Vladimir Poutine.

Dès 1971, donc, les choses étaient très claires, pour la police russe, c’est-à-dire bulgare, c’est-à-dire française. La crédulité de la gauche française, par rapport aux «archives» de la police poutinienne donne le vertige, tant elle prouve l’ignorance ambiante. On me parle sans cesse, à propos de tout cela, de la «guerre froide» et de John le Carré, c’est-à-dire d’un vieux cinéma en noir et blanc, alors que l’intoxication française est plus flagrante que jamais à propos de ce qui se sera déclaré «communiste». Notre époque est visiblement consternante dans son ignorance abrutie, principalement à gauche.

Vive le Mouvement de juin 1971 !

Philippe Sollers
Venise, dimanche 8 avril 2018, 18h34, avant une messe en hommage à Jean-Paul II, raté en 1981 par des tueurs bulgaro-turco-soviétiques, et canonisé depuis par l’Église catholique.

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