La déclaration du ministères des affaires étrangères iranien annonçant la suspension de l’exécution par lapidation de Sakineh et le réexamen du verdict est  forcement une bonne nouvelle. C’est surtout la preuve que la mobilisation  en France et ailleurs n’est pas vaine et que les autorités iraniennes sont contraintes d’en tenir compte.
On peut néanmoins émettre des doutes sur le sérieux de la portée de cette déclaration et sur l’aptitude des autorités iraniennes à semer la confusion.
C’est la thèse de Javid Houtan Kian, l’avocat de Sakineh, qui nous invite à la plus grande prudence dans l’interprétation de cette déclaration et à qui nous donnons ici la parole.
Javid Houtan Kian a été  joint par téléphone depuis la ville de Tabriz (Nord-Ouest de l’Iran). Propos recueillis par Armin Arefi. La Rédaction

Javid Houtan Kian, nous venons d’apprendre par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien la suspension de la sentence de mort par lapidation contre votre cliente Sakineh Mohammadi Ashtiani. Quel est votre sentiment?

Je n’ai à ce jour reçu aucun document officiel écrit indiquant la suspension de la peine de ma cliente. Je n’ai été informé de rien. Et, de toute façon, le ministère iranien des affaires étrangères, et donc le gouvernement iranien, qui représente l’Éxécutif, n’a pas le pouvoir de suspendre cette peine qui concerne le Judiciaire. Seules deux personnes en Iran peuvent le faire: le Chef du Pouvoir judiciaire, M. Larijani, ainsi que le chef de la branche n°9 du Conseil suprême du pays, M. Davoudi Mazandarani. Et puis, en tant qu’avocat de Mme Ashtiani, j’aurais dû être la première personne mise au courant de la décision, ce qui n’a pas été le cas. Si la suspension avait été prononcée par le pouvoir judiciaire, on me l’aurait présentée et je l’aurais tout de suite confirmée. J’ai moi-même effectué cette demande de suspension à dix reprises, sans jamais obtenir aucune réponse. Ces propos ne sont que de belles paroles, face à la pression internationale. Elles n’ont pour but que de calmer l’Occident, pour arrêter les manifestations de soutien.

Selon l’agence semi-gouvernementale Fars qui a interviewé Sakineh, l’Iranienne aurait démenti les informations selon lesquelles elle avait été récemment fouettée. Qu’en pensez-vous?

Ma question aux journalistes de Fars est la suivante: pourquoi avez-vous effectué cette interview sans la présence de son avocat, c’est à dire la mienne? Ainsi, j’aurais eu tout le loisir de confirmer. Et puis nous savons que Fars est une agence de presse gouvernementale…

Affirmez-vous donc que Fars a contraint Sakineh à faire ces déclarations?

Je ne dispose pas d’éléments pour affirmer cela. Tout ce que je peux dire, c’est que je ne peux accepter une interview de ma cliente sans être à ses côtés.

Ramin Mehmanparast, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a annoncé hier que Sakineh Mohammadi Ashtiani, en plus d’être coupable d’adultère, était aussi coupable de meurtre…

C’est totalement faux. Tout d’abord, le dossier du meurtre du mari de Sakineh est clos, et Sakineh a été innocentée. Si Sakineh avait eu la plus petite complicité dans le meurtre de son mari, elle aurait été condamnée à la pendaison, ce qui n’est pas le cas. D’autre part, concernant l’autre dossier, celui de la lapidation, les autorités iraniennes ne sont parvenues à prouver la moindre « relation illégale » entre Sakineh Mohammadi Ashtiani et Issa Tahéri, l’assassin de son mari. Et c’est normal puisqu’il n’y en jamais eu aucune. Ces deux dossiers n’ont aucun lien entre eux, et reposent dans deux branches différentes du tribunal de province. Les lier tous les deux est tout bonnement illégal. Les autorités ont joint les deux dossiers pour créer une opinion négative au sujet de Sakineh. Pour tuer sa réputation. Ils souhaitent simplement noircir son cas pour justifier sa lapidation. Ils sont en train de tromper le monde entier.

Sakineh Mohammadi Ashtiani risque-t-elle donc toujours d’être lapidée?

Tant qu’il ne figure sur le dossier de lapidation de ma cliente aucun document officiel indiquant la suspension de sa peine, celle-ci peut-être exécutée à tout moment. Et avec la fin du mois sacré du Ramadan vendredi (mois durant lequel les autorités iraniennes n’exécutent pas de prisonnier), mon inquiétude quant au sort de Sakineh va être décuplée.


13 Commentaires

  1. SAKINEH, je pense à vous tous les jours, je ne comprends pas le pourquoi ???? ils vous ont obligé ???? Pourquoi???? Sous la torture, honte à eux, vous savez SAKINEH, nous savons que vous n’êtes pas coupable, eux vos juges sont coupables de crimes, tous les jours ils ont du sang sur leurs mains. DIEU EST AMOUR, DIEU n’est pas un barbare, lui seul a le droit de juger, lui seul, et non l’homme, vos juges sont des barbares, ils vivent au temps du moyen âge, ils n’ont aucune réflexion, aucun jugement, ils sont primitifs, SAKINEH le monde connait votre situation, nous sommes tous là autour de vous et pour défendre votre cause, défendre les droits de l’homme et de la femme, vous défendre, pour que vous puissiez retrouver l’amour de vos enfants.Mon coeur bat pour vous chaque jour je souhaite que vous sortiez de votre cachot, oui un grand mouvement est là pour vous défendre. Oui j’espère que notre Président de la République Française, puisse vous libérer de cet enfer ainsi que vos enfants et nous tous aussi et le monde entier….OUI SAKINEH COURAGE ET ESPOIR ….Claire Chalimand Abderrahmine

  2. Je ne suis un ETRE HUMAIN,une Femme comme vous ,comme Sakineh ;comment des etres qui se disent humains peuvent ils se montrer aussi dégradants?,des mots ,toujours des mots pour dénoncer l’inacceptable,ceci montre aussi aux Femmes qu’il faut etre vigilantes pour etre respectées dans le monde entier.

  3. pouvez vous m’informer si des manifestations de soutien sont prevues en province? habitant Quimper cela n’est pas évident d’etre a Paris en meme temps!

    • Ce n’est pas Dieu qui permet de telles horreurs. Ce sont des hommes qui ont fait des choix de vie et de fonctionnement social datant de quand ? Remontant à quand ? Je ne peux m’empêcher de penser à la Préhistoire, à l’Antiquité, au Moyen Âge. Ce sont des hommes qui, sans s’en rendre compte, ont recours à des méthodes primitives et barbares.
      Il y a des hommes et des sociétés qui tentent de se rapprocher de Dieu et continuent de se battre pour s’éloigner de leur animalité primitive, et il y en a d’autres qui font le choix d’une spectaculaire régression, terrorisant des peuples pour mieux les soumettre, certes, mais aussi les protéger d’épreuves vécues encore inscrites dans les mémoires. Lorsque ces peuples connaîtront à nouveau la bienveillance et une vie meilleure, rassurés et raffermis, ils choisiront de sortir de cette régression et d’évoluer vers un meilleur devenir. L’histoire de l’humanité le prouve amplement.
      Toutes les religions, toutes les philosophies, de tous temps et partout, ont vénéré et vénèrent un (parfois plusieurs) Dieu qui est La Créature Supérieure censée guider chaque homme, chaque femme, pour une meilleure évolution, un meilleur cheminement dans la vie, tendre à la perfection, et apporter un message d’espoir, de tolérance, de mieux être, de mieux vivre, suggérant ainsi à l’homme, la femme, pris dans les tourmentes, les souffrances, les épreuves de la vie, qu’ils ne sont pas aussi seuls qu’ils seraient tentés de le croire.
      Naturellement, il n’y a pas un Dieu différent sur chaque continent, c’est la même puissance, la même entité, qui gouverne l’humanité toute entière. C’est le regard de l’homme qui change, en fonction de son histoire, de son chemin de vie, de la civilisation qui l’a construit, qui fait que le regard qu’il porte sur ce Dieu est façonné par ce triple prisme.
      Et Dieu, seul, ne peut intervenir, il ne peut intervenir que porté par l’humanité. Et pour cela, la solution a été trouvée dès l’aube de cette humanité : la prière. Peu importe la manière de prier, peu importe les mots employés, parlez comme vous parlez, en toute simplicité, employez les mots que vous utilisez depuis toujours, simplement, mais adressez vous à Dieu, une prière qui lui est adressée avec bonté, intégrité, humilité, en proposant votre peine, votre temps, vos efforts consentis, ceci fait par plusieurs milliers d’individus, tous les jours et autant que nécessaire, plusieurs fois par jour, ne sera pas ignorée. Obligatoirement, il y aura des conséquences.
      Les mots peuvent arrêter les pierres, car ce sont les mots de milliers, voire de millions d’individus. Mais les mots peuvent aussi monter jusqu’au plus niveau de la Vie et de la Création de la Vie, ce qui inclue le mystère originel et sa conception scientifique.
      Que toutes nos volontés réunies sauvent Sakineh et affaiblissent ses bourreaux. Et que ceux qui condamnent à ces terribles sanctions soient face à leurs propres juges. Un système judiciaire est le résultat d’un choix de procédures. Cela peut et doit être modifié.