Finalement, donc, l’Allemagne ne gagnera pas sa 4e Coupe du Monde et, au final, tant mieux pour l’Italie qui, avec 4 coupes, reste la plus grande nation du foot européen.

Et, finalement, donc, l’Uruguay ne gagnera pas sa 3e coupe du monde, et ne surpassera pas l’Argentine, et ne rejoindra pas l’Allemagne.

Et donc, finalement, Klose, l’attaquant de ma Mannschaft, ne rejoindra pas Ronaldo à 15 buts en coupe du monde, pour finir.

L’Europe passera donc, finalement, pour finir, à 10 coupes du Monde contre 9 pour l’Amérique du Sud.

En sachant que, pour finir, au final, pour l’instant, 2 continents sur 5 ont remporté les 19 coupes du monde.

Finalement, ça ne sera pas le remake de l’historique finale de 74 entre la Hollande et la RFA. Il faut donc faire le deuil de ce fantasme, même si, finalement, c’est une belle excuse pour parler de Johan Cruijff.

Finalement, donc ça sera une finale Espagne-Pays-Bas.

Si les Pays-Bas venaient à gagner cette finale, ils pourraient l’offrir à Johan Cruijff qui, avec son style de jeu, a obligé les défenseurs adverses à enrichir leur capacité à défendre. Peu de joueurs ont à ce point changé le football. On peut les citer : Platini, Zidane, Maradona, Sivori, Maldini, Savićević, Garrincha, Socrates, Tardelli, Van Basten, Gullit, Zico, Messi, Pirlo, Ronado et Ronaldinho, Di Stefano, Muller, Beckenbauer. Et peu d’autres.

Sans Cruijff, finalement, pas de Robben, pas de Sneijder, au final.

On dit que Cruijff a inventé, ou provoqué, un « football total », avec l’Ajax et avec le Barça, en tant que joueur d’abord et entraîneur. Arsenal, aujourd’hui, est une équipe qui joue comme si ses 11 joueurs étaient des Cruijff(s) ; ce qui explique et le beau jeu et l’absence de titre. Cruijff nous a fait comprendre que même un joueur moyen, s’il ne ralentit pas le jeu, devient une pièce maîtresse. Cruijff a inventé la vitesse dans le football. Et c’est Zidane et Pirlo qui sont venus, quelques années plus tard, remettre un peu de lenteur, dans cette habitude cruijffienne de vitesse.

Bref, au final, si je continue, je vais faire finalement un article sur Cruijff et me faire engueuler par mes amis Brésiliens.

Retour à la finale, finalement, donc, l’équipe qui gagnera sera la 8ème nation à inscrire son nom dans cette histoire. Et la coupe du monde restera en Europe pour 4 ans, avant de la remettre en jeu sur les terres même du football, en 2014, au Brésil.

Revenons sur Uruguay-Pays-Bas, étrangement, en France, tout le monde, à peu près, avait pris le parti de l’Uruguay, comme si les Français voulaient se consoler. Quand on pense que la France a fait Match nul contre l’Uruguay, ce n’est pas si mal, finalement.

J’ai vu le Match au Mama Shelter, entièrement dessiné par Philip Starck, sans le son, ce qui vaut mieux en mangeant un sorbet à la fraise et une compotée de rhubarbe recouverte d’un crumble assez parfait. C’était un match agréable, avec les deux équipes les plus rusées du tournoi. L’absence de Suarez a pesée sur Forlan, qui a essayé de tout prendre en main. 3-2, c’est un joli score, certes, avec deux équipes qui font beaucoup de fautes et marquent de jolis buts.

Et finalement, l’équipe de l’Uruguay, plus battante, s’est inclinée devant le réalisme viril des Pays-Bas.

Quant au match Espagne-Allemagne, c’est le plus étrange du tournoi. L’Allemagne, que j’avais qualifiée d’instable dans mon dernier texte Rdj-présent, a voulu me faire plaisir. Toute la première mi-temps, j’ai cru que l’Allemagne, tactiquement, tentait l’économie, avant de s’apercevoir que cette économie, ils la subissaient et ne l’avaient aucunement décidée. L’absence de Muller, cette fois, leur a été fatale. Et l’Espagne, avec leur défaut habituel et leur qualité unique, ont joué à la baballe assez dangereusement, avec un Villa un peu en-dessous. Il a fallu la tête d’un nain au milieu des géants de la Mannschaft, pour en finir avec ce match crispé, intense, comme je les aime.

Si Vincente Del Bosque m’écoute, j’aimerais lui soumettre une idée ou deux : il peut laisser Pedro sur le banc et sermonner Xabi Alonso pour qu’il joue un peu moins bien au football et récupère plus de ballon en phase défensive. David Silva sera plus efficace que Pedro, bien plus efficace, et beaucoup plus complice avec David Villa, avec qui il joue depuis des années à Valence.

Ensuite, si son équipe continue à jouer à la baballe, elle n’échappera pas au réalisme des Oranje qui sont physiquement bien affûtés.

Et finalement, paradoxe pour paradoxe, c’est en jouant un peu moins bien au football que l’Espagne gagnera la coupe du Monde, même si au final, tout ment…

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