14 h 40. Dans quelques secondes Ahmadinejad ouvrira les débats. Il a du retard. L’ambiance est électrique. Le silence pesant des diplomates rompt avec la cohue désinvolte du matin. Je passe devant les sièges français et aborde François Zimeray. Il m’annonce qu’au premier débordement d’Ahmadinejad les Français quitteront la salle. Au premier rang face au pupitre, les banquettes de l’Allemagne sont inoccupées. L’Allemagne ne participe pas aux débats. Mais je dois renoncer à m’y asseoir à moins d’attirer inévitablement l’attention. Soudain un miracle se produit. Un cameraman de l’ONU s’y installe, sans doute pour être au plus près du pupitre pendant l’allocution du chef d’État iranien. Je me dirige vers ces sièges et me place juste derrière lui, me faisant passer pour son assistant.

14 h 42. Ahmadinejad fait son entrée, suivi d’une importante délégation. J’aperçois soudain dans son cortège Pierre-Emmanuel M. Il a été le plus hardi d’entre nous. Il est entré dans la salle avec la délégation iranienne, se faisant passer pour un membre de celle-ci. Ahmadinejad marche lentement, souriant çà et là, ménageant un effet théâtral évident. Une partie de la salle redouble d’énergie pour applaudir. C’est déjà trop. Cette acclamation me sidère. Le voilà accueilli comme un héros. Tous les représentants du monde l’observent. « Alors c’est ce petit homme fluet la plus grande menace de l’équilibre géopolitique mondiale ! », me dis-je, troublé. L’homme salue en levant les deux mains. Je devine dans ses yeux la jubilation. Un sentiment de révolte s’empare de moi : « Aux yeux du monde, cet homme vit sa plus grande heure de gloire. » Quoi ? Me voilà obligé de supporter en silence cette mise en scène horrible ? Ses paroles de haine, ses phrases d’exhortation à la destruction me reviennent immédiatement en mémoire. Ahmadinejad va s’asseoir quelques instants. L’anxiété me saisit. Et si j’avais mal compris ? S’il intervenait plus tard dans la journée ? Un instant, je me sens fléchir. Le président de séance appelle de nouveau « Son Excellence le président de la République islamique d’Iran » au podium. La salle retient son souffle. Il passe juste devant moi. Je bous. Les mains dans les poches, je sens le plastique glissant des nez rouges d’un côté et les mèches de ma perruque de l’autre. J’enrage. Il monte sur l’estrade. S’approche du pupitre et démarre son discours. La peur me tiraille le ventre, tandis que la colère et l’indignation m’exhortent au courage. J’inspire une grande bouffée d’air, et en un instant enfile une perruque, me lève, m’approche de la tribune toute proche et hurle : « This conference is a mascarade ! A racist could not fight against racism ! » Dans la panique, je lui lance un nez rouge. « Racist ! Racist ! » Son visage se crispe. Dans ses yeux, frayeur et surprise. Il marque un temps d’arrêt. Rit jaune. Puis reprend son discours. Déjà des gardes se précipitent vers moi, m’encadrent fermement. Je tente de résister en continuant à crier : « Racist ! Racist ! » Je suis sorti manu militari de la salle. À quelques mètres de la sortie, j’entends les applaudissements et la salle gronder : « Racist ! Racist ! » En sortant je lève les yeux et vois sur le balcon Jonathan H. une perruque sur la tête, enfoncer son nez rouge et crier à son tour : « Racist ! Racist ! » Les flashs des photographes crépitent. Nous avons réussi. Devant tous les pays du monde nous avons dénoncé le grotesque de ce Sommet et ridiculisé le despote.

Les policiers nous retirent nos badges et nous évacuent. L’un d’entre eux me félicite. « Vous auriez dû lui envoyer de la peinture !», me dit un autre, discrètement. Une fois raccompagné à la sortie principale, j’apprendrai que les États européens emmenés par la France ont quitté la salle quelques minutes après nous, alors qu’Ahmadinejad démarrait une tirade démonisant une fois de plus Israël. Certains, comme la République tchèque ne retourneront plus à la conférence.

Je récupère le badge d’un militant et retourne dans l’enceinte de l’ONU. Pour l’instant, je suis incognito. De nombreux représentants de la société civile ont spontanément recouvert leur nez de rouge à lèvres. Sur le passage du leader iranien, tous crient : « Mascarade ! » Un slogan est lancé.

Devant la salle où Ahmadinejad tient une conférence de presse, l’adrénaline redescend. J’ai les muscles raidis. Incroyable coïncidence, en revenant dans l’ONU je suis tombé nez à nez avec lui, au détour d’un escalier. Il m’a reconnu, j’en suis certain. Dans les quelques minutes qui ont précédé notre action je craignais surtout de me faire remarquer. Maintenant, je réalise le risque encouru.

Le policier qui m’a expulsé m’aperçoit. Estomaqué par mon audace, il m’éconduit de nouveau. Déjà, les SMS de félicitations affluent sur mon portable. Lors du dîner, Jonas Karpantschof, le président de l’Union européenne des étudiants juifs, s’approche : « You made all of us so proud. » Je suis sincèrement ému par ce témoignage d’amitié. Par notre geste, tous les démocrates blessés par des années d’offenses et de provocations d’Ahmadinejad ont retrouvé un peu de dignité.

J’apprends que des étudiants juifs américains ont planifié pour le lendemain une manifestation, accoutrés en clown devant le siège new-yorkais des Nations unies. Le soir, en rentrant à l’hôtel, je consulte les sites d’informations et allume un téléviseur. La photo des trois histrions apparaît sur toutes les chaînes. Sur YouTube, notre exploit a déjà été visionné des centaines de milliers de fois. Mohamed Sifaoui m’appelle. Heureux, l’infatigable opposant à l’isla­misme m’apprend que la chaîne Al-Arabiya a réalisé un clip de ces quelques secondes de jaillissement bouffon. Je me souviens alors qu’Ahmadinejad n’inquiète pas seulement Israël et l’Europe mais aussi le monde arabe.

Les soixante-dix militants de l’UEJF arrivent en car le lendemain matin. Ils sont déjà grimés. Et nous félicitent. Dans la nuit, nous avons décidé du programme du lendemain. Nous tenterons de nous réintroduire dans l’ONU pour distribuer des nez rouges aux participants de la conférence. Des organisations amies tentent de nous dissuader : « Vous allez jeter le discrédit sur toutes les associations juives présentes. » Je ne suis pas de cet avis. Si ce n’est toi c’est donc ton frère ! Je leur rétorque que si l’ONU veut rejouer la fable du Loup et l’Agneau, je n’en suis pas responsable. L’ONU n’a pas encore décidé de retirer l’UEJF de la liste des organisations accréditées. Une fois de plus, nous parvenons à entrer dans le Palais des Nations avec cette fois un millier de nez rouges. Le passage par les portiques de sécurité a été ce jour-là l’occasion de scènes désopilantes. Élie P. est trahi par le jaune fluo du déguisement qu’il a enfilé sous son pantalon, et qui au dernier moment dépasse de son ourlet. Il est intercepté avec plusieurs dizaines de nez cachés dans la doublure de sa veste. Yoann Sportouch, président de l’UEJF Lyon, est bloqué à l’entrée. Yoann est l’un des trois clowns de la veille. « You are too famous », lui dit goguenard un garde de l’ONU en lui tendant un quotidien suisse sur lequel sa silhouette emperruquée figure en Une. Étonnamment, les gardes nous laissent presque tous entrer.

Les halls du palais sont aussi clairsemés que la veille. Les conférences, désaffectées. La distribution de nez rouges tournera court. Dès les premiers postiches sortis des poches, une horde de policiers de l’ONU surgissent. Nous sommes cernés. Soixante-dix clowns cavalent, hurlant « Durban 2, mascarade !» sous l’œil de congressistes ébahis. Il faut près d’une heure aux agents pour arrêter tout le monde et nous reconduire poliment à l’entrée. La distribution d’appendices nasaux se terminera aux sorties principales de l’ONU. Certains les acceptent, beaucoup nous ignorent ou s’éloignent en nous insultant copieusement dans des langues étrangères. En une heure nous faisons le tour du monde des injures.

Nous rejoignons l’esplanade centrale qui fait face à l’ONU. Sur cette place est érigé un monument. Il s’agit d’une immense chaise en bois, dont l’un des pieds est brisé. « C’est destiné à rappeler l’horreur des mines antipersonnel », m’expliquera un passant. Face à nous, j’observe deux longues rangées de drapeaux. L’ONU est décidément un lieu bizarre. On y dresse furieusement un édifice pour dénoncer les agissements des despotes, mais on les laisse cracher leur haine des hommes à la tribune des nations.

Nous joignons une manifestation en opposition aux crimes de masse commis au Darfour. De jeunes Darfouris brandissent des étoffes chamarrées. Ils nous font entrer dans une ronde et dansent follement. Les slogans sont répétés comme des mantras. Je repense au titre du livre d’Élie Wiesel, Un désir fou de danser. J’interprète ce ballet comme le sursaut de dignité de ces quelques rescapés, leur unique manière de rester homme est d’échapper à la souffrance qui à chaque instant menace de les engloutir. Là encore, je réalise combien Durban 2 a dévoyé les droits de l’homme. En avril 2009, un mandat d’arrêt vient d’être délivré à l’encontre d’Omar el-Béchir, le Président soudanais condamné par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. En conséquence, tous les États ont la responsabilité de le faire arrêter. Mais l’homme sillonne sereinement l’Afrique et le Moyen-Orient. Un sommet mondial contre le racisme aurait pu, aurait dû, être l’occasion de définir un protocole commun lorsque les nations du monde sont confrontées à ce genre de situation. Mais dans une arène où les valeurs sont inversées, cette éventualité n’a pas un seul instant été envisagée. Au moment où j’écris ces lignes, l’Union africaine réunie en Libye vient d’adopter une résolution annonçant qu’elle ne coopérerait pas avec la CPI. Pour l’Union africaine, le Président soudanais vaut plus que ses quatre cent mille victimes et ses quatre millions de déplacés.

Quelques heures plus tard, nous retournons sur cette place. Dans la journée où l’ONU a mis à l’honneur celui qui nie l’Holocauste, nous commémorons la Shoah, face au Palais des Nations. Nous nous souvenons du martyre de six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale et célébrons la bravoure de ceux qui, à Varsovie, à Sobibor, à Birkenau et ailleurs, ont au sacrifice de leur vie résisté à l’horreur nazie. Chacun s’installe silencieusement. La place est bondée. Organiser une telle cérémonie quelques heures à peine après le discours d’Ahmadinejad est pourtant déboussolant. Élie Wiesel, bousculé plus tôt dans l’enceinte de l’ONU et traité de « Zio-Nazi » par des porte-flingues d’Ahmadinejad, panse les blessures de son auditoire : « On pourrait se demander à quoi bon témoigner de l’horreur dont l’homme est capable lorsque l’on entend dire des choses si offensantes dans l’enceinte de l’ONU. Mais malgré tout, il faut se battre. […] Même dans les ténèbres on chante et on prie. […] Comme disait Camus, comme il n’y a pas d’espoir, il faut l’inventer. » Bernard-Henri Lévy surenchérit : « Il faut commémorer la Shoah parce que, loin de nous rendre aveugles aux souffrances du moment, c’est le seul moyen au contraire de les rendre intolérables et visibles. […] Je rêve d’un Durban 2 qui se serait ouvert sur le témoignage d’un Indien dalit, d’un survivant du Darfour ou d’un rescapé du génocide du Rwanda. […] Ce rêve, il devra bien finir par devenir réalité. […] Devant vous qui êtes par vocation les avocats naturels de tous ces damnés modernes, j’appelle à une autre conférence vraiment antiraciste, vraiment fidèle aux idéaux des Nations unies car scellant la grande alliance des ébranlés d’hier et d’aujourd’hui. Oublions Durban 2, préparons Genève 3. »

L’audience est émue. Au moment où des bougies sont allumées, des larmes coulent sur quelques visages. C’est à la mémoire de toutes ces victimes gazées, brûlées, effacées que nous nous battons. Malgré les menaces d’Ahmadinejad, nous continuerons de défendre nos convictions.

Mercredi matin. Nous nous rendons à un side event, l’une de ces conférences alternatives à Durban 2. Sur invitation du CRIF, des bus affluent vers Genève en provenance de toutes les régions de France. Le bruit s’est répandu. Tous viennent féliciter les militants de l’UEJF qu’ils rencontrent. Une conférence débute. Dans un discours endiablé, Bernard-Henri Lévy lève régulièrement sa main. Un nez rouge est attaché à son poignet.

Ce jour-là, l’ONU déclare que la déclaration finale de Durban 2 a été adoptée de manière anticipée et par acclamation. Les organisateurs ont pressé l’allure pour éviter le discrédit. Notre périple genevois s’arrêtera là. Retour à Paris, mercredi 22 avril, 23 heures.

Le lendemain, Ruppert Colville, porte-parole de l’ONU, annonce que l’UEJF est officiellement expulsée. Cette décision, alors que nous sommes déjà rentrés à Paris, illustre de manière caricaturale le décalage de l’institution avec la réalité, même dans ces annonces les plus mineures. L’ONU a eu l’élégance de nous renvoyer en même temps qu’une organisation négationniste iranienne. Je goûte la délicatesse : les Juifs et les négationnistes dehors ! Cette sentence me rend toutefois amer. En écartant les antiracistes et en honorant les racistes à sa tribune, l’ONU clôt sa logique de retournement des valeurs. En France, le CRIF, SOS Racisme, la Licra et le CRAN fustigent cette décision. Le Quai d’Orsay reste silencieux, probablement trop occupé à prétendre que le choix de se rendre à Durban 2 a payé. Le vendredi 24 avril, la conférence se termine officiellement. Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l’homme, dresse le bilan de Durban 2 : « Cette conférence est un succès, malgré les provocations d’Ahmadinejad, et les efforts orchestrés de l’UEJF pour la disqualifier. » Les Juifs et les négationnistes dehors, disais-je…

J’ai eu depuis à défendre à maintes reprises la radicalité de notre action sur cette conférence. À ceux qui ont choisi de se tenir à l’écart de cette conférence, et à ceux, diplomates européens ou membres d’ONG que j’ai rencontrés dans les couloirs onusiens et qui ont espéré par la négociation faire avancer nos idéaux dans cette enceinte, voici ma réponse.

Notre débat ressuscite l’antique opposition entre Pharisiens, Esséniens et Zélotes. Au iie siècle de notre ère, en Palestine alors sous occupation romaine, les Juifs s’opposent violemment sur l’attitude à adopter. Comment préserver notre foi ? Pour les Pharisiens, les plus nombreux, il faut discuter avec les Romains. Négocier point par point. User de diplomatie, en somme. Ce n’est qu’à ce prix qu’il sera possible de préserver l’essentiel de sa foi. Pour les Esséniens en revanche, il faut se retirer, éviter tout contact avec la puissance dominante et réorganiser sa vie ailleurs. Ils s’installeront sur les bords de la mer Morte. Pour les Zélotes enfin, il faut combattre l’envahisseur. Radicalement.

Au retour de Durban 2, quelques organisations m’ont dit, à l’instar des Esséniens, qu’« il ne fallait pas aller à Genève, tout est foutu à l’ONU ! ». Les Pharisiens modernes, présents en nombre dans les couloirs matelassés du Palais des Nations du 20 au 24 avril 2009, nous reprocherons violemment le fait d’avoir par nos actions jeté le discrédit sur notre valeureux combat. Encore quelques jours, et ils m’accusaient de provoquer de l’antisémitisme ! À leur sens, ce n’est qu’en allant négocier au sein de cette enclave que nous aurions pu faire avancer nos idéaux.

Mais négocier quoi ? L’idée d’une opposition Occident versus Orient sur les droits de l’homme n’est pas pertinente. Pour rappel, tous ces États qui pendent leurs homosexuels en place publique et torturent leurs dissidents ont signé la Déclaration universelle des droits de l’homme il y a cinquante ans. Alors, il n’y a pas de compromis possible avec ceux qui, non contents de pouvoir poursuivre leurs forfaits, voudraient en plus nous expliquer que là est l’attitude adéquate. Dans ces cas extrêmes, la seule position tenable est celle du Zélote. Il fallait faire exploser symboliquement une réunion au nom des droits de l’homme organisée par les pires criminels.

J’ai eu dès le départ la conviction que ceux qui iraient à Genève pour négocier en reviendraient nécessairement les yeux obscurcis. Peut-être ai-je eu tort. Mais je constate que ceux qui s’y sont essayés se sont finalement pris les pieds dans le tapis. Ainsi, Bernard Kouchner s’est, dès l’adoption de la déclaration finale, félicité : « C’est le début d’un succès, dans ce texte figure tout ce que nous souhaitions. » C’est faux. Au regard des lignes rouges définies par l’Europe, ceci est un mensonge. D’abord parce que le texte final réaffirme dès son premier article la validité de la déclaration de 2001. Ce qui revient à réaffirmer qu’Israël est un État raciste. Où est le refus de stigmatisation d’un État ? Le deuxième article mentionne l’islamophobie et la christianophobie comme nouveaux visages du racisme. Est-ce si différent que l’interdiction de critiquer les religions ?

De manière avérée, toutes les lignes rouges telles que définies par l’Europe ont été franchies. La France a perdu. Otage de la négociation qu’elle a cru bon d’entamer, elle n’a finalement pas respecté ses propres critères pour décider de quitter la conférence. Et que penser de l’absence une fois de plus dans tout ce texte des discriminations liées à l’orientation sexuelle et de celles faites aux femmes ? Les Libyens peuvent rentrer chez eux sereins. Durban 2 leur permet de continuer à lapider leurs femmes violées et leurs homosexuels. En s’engageant dans le processus de Durban 2 pour défendre ses convictions, la France a surtout goûté au poison des despotes et en est revenue groggy.

Pour autant, il est vrai que l’ONU est une instance trop importante pour être désertée.

Alors que pouvons-nous faire maintenant ?

Karl Marx, dans un pamphlet politique rédigé en 1852, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, débute son ouvrage par ces propos prophétiques : « Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l’Histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » Ces quelques États qui ont fait voler en éclats la Déclaration universelle des droits de l’homme en 2001 ont voulu en 2009 s’en prétendre les grossiers garants. Dans un déferlement inattendu, Durban 1 aura été une tragédie ; Durban 2, une farce. Mais Marx ne précise rien de la troisième fois. Et il y a aura un Durban 3.

Depuis, je reçois chaque jour plusieurs messages de félicitations en provenance du monde entier. Il y a quelques semaines à peine, durant l’unique débat télévisé entre candidats aux pseudo-élections présidentielles iraniennes, Moussavi a rappelé ce souvenir cuisant à Ahmadinejad : « Par votre faute, l’Iran est la risée du monde. À l’ONU, un clown vous a ridiculisé et le monde entier a ri. » Président de l’UEJF, j’ai eu le sentiment de faire ce qui m’incombait. Militant de la jeune génération, j’ai cru bon d’être intransigeant devant la perversion de quelques tyrans. Rappelons à tous ces États autocratiques qu’ils ont signé la même déclaration que nous il y a cinquante ans, et que nous sommes tous égaux devant les droits de l’homme. Battons-nous aujourd’hui pour réformer la gouvernance de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Plaidons pour que n’y siègent que les États respectant un certain nombre de fondamentaux. Souvenons-nous enfin que les droits de l’homme ne se défendent pas uniquement dans les instances internationales. En allant hier à la rencontre des rescapés du génocide tutsi, en nous mobilisant aujourd’hui pour soutenir la rue iranienne, en nous solidarisant avec le pacifique combat des Tibétains, en relayant la tragédie des victimes darfouries afin qu’elle cesse, en manifestant pour la libération d’un Prix Nobel de la paix birman, nous semons les germes d’un monde réparé des folies de quelques despotes cyniques.

24 Commentaires

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    Cheers

  2. Propaganda quand tu nous tiens, ou de l’éloge des porte-flingues de la « Hasbara » sioniste en France . Ce « Forgeron » de la parole mérite une médaille du Crif.

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  5. Merci pour ce recit qui nous permet de decouvrir les coulisses de cet acte de resistance a ces nouveaux obscurantistes.
    Vous pouvez etre fiers d’avoir choisi l’action lorsque l’ONU et le Quai d Orsay adoptent la politique -il est vrai moins polemique- de l’autruche.
    Belle image des Etudiants Juifs de France.

  6. Mon Cher Raphaël,

    Merci de ce beau texte, très bien écrit, qui nous permet de revivre avec un des moments militants les plus forts de ces dernières années !

    Entre courage et pure folie, sans réelle prise en compte des conséquences en terme de sécurité physique pour toi et tes amis, tu nous fais ici partager tes doutes, et finalement la réussite éclatante de ce coup médiatique incroyable !

    Je te souhaite de conserver longtemps cette vigikance et cette capacité à réagir, à convaincre et à mener notre jeunesse vers des combats justes et indispensables.

    Bien à toi
    Denis Ktorza
    Président de Connec-Siom

  7. BRA – VO!!!

    Bravo pour ton courage!
    Bravo pour ta décision de tourner cette pseudo-conférence en mascarade!
    Bravo pour ta brillante présidence de l’UEJF!

    Et BRAVO pour cet article!!!

    Le monde manque de gens comme toi, engagés, fiers de défendre leurs valeurs, et qui ne laissent pas les fous agir impunément!

  8. Encore bravo raphael ! Belle réaction a l’encontre d’un « pays » qui ne vaut meme pas la peine qu’on parle autan de lui!
    Bonne idée de clown c’était génial …

  9. Article globalement intéressant.
    Votre action a le mérite de faire réfléchir.
    Dommage en revanche que vous fassiez, comme beaucoup de représentants d’acssociations juives, l’assimilation (plus subtile qu’ailleurs, mais quand même…) entre les Juifs et Israël. Le troisième paragraphe est à ce titre désolant de fausseté, quand vous dites que la fustigation d’Israël vise à montrer que les Juifs sont capables des pires horreurs… Non, les Juifs ne soutiennent pas tous les politiques d’Israël. On peut critiquer des politiques d’Israël, et même accuser certaines de racisme, sans être un ennemie du peuple juif…
    Je conseille à ce titre la lecture de ce manifeste, qui constitue une excellente occasion d’ouvrir son esprit :
    (lien non valide)
    En tant que représentant des Etudiant Juifs, ne représentez-vous pas aussi les membres de la communauté juive qui sont contre la politique d’Israël ? Ou peut-être confondez-vous vous-même la défense des Juifs et celle d’Israël…

  10. Félicitation à Raphael Haddad et à l’UEJF pour avoir revetu l’habit du clown pour montrer à quelle point la conférence fut une mascarade.
    Malheureusement les problème sont toujours là, rien n’a changé au bout du compte.

    Très bon compte rendu en tout cas, très interessant.

  11. Salut Raphael,

    tres interessant point de vue, bien ecrit et raconte.
    La seule question qui m’habite maintenant est la suivante : what’s next?
    Comment faire la difference entre un coup d’eclat, un coup de genie, un coup mediatique, et un coup d’epee dans l’eau ?
    Bon courage, et a bientot.
    R.

  12. Excellent article! Bravo pour votre action! Votre cause, notre cause, est juste. Et les effort, paieront un jour.
    Hazak!

  13. Article très bien écrit. Merci de nous faire partager ton analyse ! Et encore merci pour ton action, la défense de nos valeurs et de notre dignité !

    PS. Le lien twitter est éronné

  14. Maginifique texte!! bravo pour cette action si courageuse, importante et qui porte tout son sens dans ce contexte.
    UEJF continuez votre combat et poursuivez vos actions!!

  15. Bravo pour cette action courageuse et satisfaisante pour l’esprit car elle montre qu’il y a encore des jeunes décidés à se battre pour l’essentiel: notre dignité.
    Le récit est bien rédigé et facile à lire. Je regrette de ne plus avoir 20 ans pour être à vos côtés.

    bIEN CORDIALEMENT