Un communiqué de La Règle du jeu
Le problème, avec l’ignominie, c’est qu’elle salit jusqu’à ceux qui s’en indignent et qui, pour s’en indigner, sont obligés de s’en faire l’écho.
C’est la raison pour laquelle nous avions choisi, d’abord, de répondre par le mépris à l’incroyable chapelet d’insultes qu’ont valu à Madame Bruni-Sarkozy les courageuses paroles qu’elle a bien voulu, à travers nous, adresser à Sakineh.
Aujourd’hui, hélas, le mépris ne suffit plus.
D’abord parce qu’avec la nouvelle bordée d’insanités diffusées aujourd’hui, non plus par un journal réputé pour ses outrances, mais par le site internet du groupe de presse gouvernemental Iran, www.inn.ir, il semble que l’on ait franchi un pas de plus, décisif, dans l’escalade de l’infamie.
Ensuite parce que souhaiter la mort – car c’est bien de cela qu’il s’agit, entre autres, maintenant – de l’épouse d’un chef d’Etat dont on désapprouve les positions devient un acte politique fort, incroyablement guerrier et qui n’a, en France, nous semble-t-il, ni retenu l’attention ni suscité l’indignation qu’il méritait.
Et puis, enfin, parce que le pas de deux auquel se livre, à cette occasion, un pouvoir iranien dont les pratiques judiciaires suscitent, dans le monde entier, la réprobation que l’on sait, son double jeu de rétractations molles et de démentis embarrassés, sa façon de désavouer sans condamner et de regretter les dérapages sans présenter de vraies excuses, ne font qu’intensifier la véritable guerre des nerfs engagée par Téhéran et nourrir encore un peu plus les nouvelles inquiétudes dont nous nous sommes faits l’écho, ce matin, quant au sort de Sakineh Mohammadi Ashtiani.
Puissions-nous, sur ce dernier point, nous tromper.
Puisse la mobilisation internationale triompher tout de même, et à force, de la terrible obstination des juges.
Mais une chose, en tout cas, est sûre. A Madame Bruni-Sarkozy qui a, parmi les toutes premières, exprimé ici sa solidarité avec Sakineh, nous disons à notre tour, et ici, notre propre et entière solidarité.
La Règle du Jeu.
