Le jumelage, la similitude, réside dans le fait que les rues et avenues de ces deux grandes capitales, Naypyidaw et Pyongyang, conçues pour refléter puissance et modernité dans un gigantisme néo-stalinien associant froideur et laideur, n’ont pas d’âme.

[Merci, cher poète des merveilles, pour ce témoignage si courageux et si lucide, et aussi pour mon « Pic-Nic » clandestin.]

Leurs larges artères triomphalistes sont souvent vides ; très peu de gens les empruntent et les véhicules qui y circulent sont rares.

Rien qui ne puisse venir entraver la marche victorieuse des tanks et autres voitures blindées vers les lendemains radieux promis par leurs régimes oppressifs respectifs… Un point positif pour ces deux dictatures sanguinaires est l’absence d’embouteillages.

Autant Naypyidaw pour le Myanmar (nouveau nom officiel de l’ex-Birmanie, l’ancien « Burma » ayant été jugé comme ayant trop de relents colonialistes) que Pyongyang pour la Corée du Nord sont des monstres de gigantisme où les besoins minimaux des habitants sont ignorés avec mépris.

Il n’y a ni beauté ni confort dans ces empilements de béton armé : peu de magasins et d’écoles, grisaille lourde et pesante. Pas de couleurs ni de rires d’enfants…

Ni gaieté ni bonheur : tristesse permanente.

Arrabalesques jumelés

— « … le souvenir de ses voyages le démoralise-t-il, et le fatras d’allusions encore plus ? »

— « … ce pauvre “mec”, avec son air de grandeur, occupe solennellement des tâches importantes ; se prend-il pour quelqu’un d’autre ? »

— « … le sentiment s’allie-t-il à l’objectivité ? »

— « … son ironie déprimante… sournoise ? »

— « … s’est-il tellement exposé au soleil qu’il en est resté à l’ombre ? »

Cadavre exquis

[Le cadavre exquis « consiste à proposer une image ou un poème sous plusieurs aspects contradictoires et, si possible, déroutants de sa propre personnalité ; sans tenir compte d’aucun discours, principe ou règle quelconque. »
Avant ma naissance, c’était un jeu où Prévert, Tanguy et Duhamel composaient une phrase ou un tableau, ou faisaient un dessin sans pouvoir se référer aux contributions précédentes.
De 1960 à 1970, nous avons exploré ma distinction : Max Ernst, Miró, Man Ray, Tzara, Breton, Wifredo Lam, Robert Desnos…]

« Goya, el pánico », huile sur toile de Fernando Arrabal.

Lorsque le gouvernement espagnol apprit enfin la mort de GOYA à Bordeaux, il exigea le rapatriement de sa dépouille… dont la tête et les organes génitaux avaient disparu.

Couverture de Valentín González, dit « El Campesino », Yo escogí la esclavitud, Plaza & Janés, coll. « Manantial », 1978.

L’ancien révolutionnaire communiste Valentín González – surnommé « El Campesino » – parvint  à s’évader du goulag soviétique de Vorkouta et à rejoindre l’Iran (à pied, dit-on) ; Mohammad Reza Pahlavi, le shah de Perse, l’accueillit majestueusement.

Immanuel Kant, par Mike Newton, 2018, huile sur toile, 61 × 61 cm.

Le philosophe Emmanuel Kant se passionnait tellement pour la Révolution qu’il brûlait d’envie de se rendre à Paris, ville qu’il admirait tant… Il exigea que des prisonniers polonais cessent de chanter des hymnes indépendantistes près des fenêtres de la prison de Königsberg, situées tout près des siennes.

Détail du tableau « Lamartine repoussant le drapeau rouge devant l’Hôtel de Ville, le 25 février 1848 », par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Après avoir proclamé la Deuxième République le 24 février 1848, le poète Lamartine fit cette réflexion : « Partout où se trouve une âme infortunée, le destin envoie une chatte. »

Portrait de Madame de Sévigné par Jean Petitot I, Musée du Louvre, Département des Arts graphiques.

En 1694, Madame de Sévigné écrivit à sa fille au sujet de la cour de Versailles, férue de Molière : « La mode du café passera, tout comme passeront celles du café et de Molière. »

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