À quel moment de la journée, de la semaine, de l’année, de la vie lisez-vous le plus volontiers ?

Tôt le matin toute l’année.

Y a-t-il des livres dont vous puissiez dire qu’ils ont changé votre vie ? Dans ce cas, pourquoi ?

L’œuvre de Simone de Beauvoir tout entière, qui m’a appris qu’on pouvait penser sa liberté. Que quel que soit le milieu auquel on appartient, il faut s’en arracher pour se construire. Elle m’a aussi appris qu’on n’est jamais obligé de « reproduire » – le destin de sa mère, par exemple. Et aussi que ce n’est pas une honte de ne pas souhaiter avoir d’enfant. J’ai commencé à lire Beauvoir à quatorze ans, dans les années 1960. Elle a changé ma vie. Ce que j’ai réussi à faire – me sortir d’une voie socialement programmée –, je le lui dois. Marguerite Yourcenar a moins changé ma vie, sauf à m’avoir fait écrire sa biographie. Mais son parcours est aussi une leçon de vie. Et Zénon, le héros de L’Œuvre au Noir, montre que, même au fond d’une prison et promis à l’exécution, on peut encore exercer une ultime liberté. Se tuer.

Y a-t-il un grand classique – ou plusieurs – dans lequel vous n’avez jamais eu le goût d’entrer ?

Guerre et Paix et Anna Karénine. J’ai essayé mais me suis très vite ennuyée.

Vous est-il arrivé d’aimer des mauvais livres ? Si oui, pourquoi ?

Je ne sais pas vraiment ce qu’on entend par « mauvais livres ». Disons que dans mon adolescence, j’ai eu une période Hervé Bazin et qu’il n’est pas resté dans mon panthéon. Pourquoi lui ? Parce que je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Le premier lu, sans doute Vipère au poing, j’ai continué.

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