À quel moment de la journée, de la semaine, de l’année, de la vie lisez-vous le plus volontiers ?
En vacances.
Y a-t-il des livres dont vous puissiez dire qu’ils ont changé votre vie ? Dans ce cas, pourquoi ?
Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides m’a aidée à devenir réalisatrice de films.
Y a-t-il un grand classique – ou plusieurs – dans lequel vous n’avez jamais eu le goût d’entrer ?
Non.
Vous est-il arrivé d’aimer des mauvais livres ? Si oui, pourquoi ?
J’aime beaucoup Scrupules, de Judith Krantz, qui n’est pas « mauvais » ; même si ce livre ne relève pas de la littérature « respectée », j’apprécie son style pop, vulgaire et amusant.

Je ne connais pas personnellement celui qui, après la mort de Johnny Hallyday, fut désigné par Nikos comme nouveau taulier de la scène pop française. Je ne l’ai pas suivi en tournée. Je n’ai pas erré dans les coulisses lors d’une répétition, d’un show télévisé ou d’un concert où il se voyait, une fois encore, en haut de l’affiche. Je ne suis jamais monté avec lui dans l’ascenseur d’un hôtel pour le quitter avant d’entrer dans une autre chambre du même étage depuis laquelle j’aurais pu entendre une femme appeler au secours. Je n’ai donc pas pris Patrick Bruel en flagrant délit d’agression sexuelle et moins encore de viol.
Ce que je sais en revanche, c’est que cet accusé hors du commun clame son innocence et qu’aucune des plaignantes anonymes ou célèbres qui, à travers le buzz que déclencha l’énième affaire du genre, furent brusquement poussées ou repoussées au devant de la scène, n’avait, au moment des actes qu’elles lui reprocheraient à tour de rôle d’avoir commis, et par là même perpétrés à nouveau, de manière irrépressible, comme pourrait le faire un criminel récidiviste dont on s’inquiète qu’il ait la possibilité de circuler librement dans nos rues, porté plainte contre lui ; et pour cause, diront-elles : après quelques heures torrides passées avec un homme, a fortiori superstarisé, comment fournir la preuve qu’une contrainte physique et/ou psychique (le fameux délit d’emprise) fut exercée à notre encontre au moment même où cette inoubliable nuit de rêve se tranformait en cauchemar et nous causait d’irréversibles traumatismes ?
Je n’étais pas entre cet homme présumé innocent et les victimes non qualifiées comme telles qui souhaitent le voir cloué au pilori, mais j’ai souvent assisté à des afters où un essaim de chasseresses cupides ou parfois étourdies d’excitation dardait ses flèches dans l’espoir un peu vain, non dépourvu de vanités, d’une montée en grade au sein de la fan base. Partons donc du principe que Bruel ne ment pas lorsqu’il réfute les faits de viol dont on l’accuse et tentons d’évaluer l’intensité de la violence d’une chute vertigineuse vers le réel suite à laquelle le coup d’un soir, à qui l’on n’avait rien promis, réalise qu’il ne sera jamais couronné reine de la ruche, et ce, malgré une nuit de noces, un 5 à 7, voire un quickie résolument tangible et impliquant, de fait, des vœux de mariage aussi preux qu’explicites en termes d’engagement du roi à l’endroit de cette femme dont l’offrande de ce qu’elle a de plus sacré a fait d’elle son épouse, jusqu’à ce que la mort les sépare.
L’affaire Bruel n’est pas à reléguer à la rubrique des faits divers dès lors qu’aucun des actes que l’on impute à l’homme par qui le scandale n’est pas arrivé, n’est avéré. Lorsqu’on arrête un suspect dans le cadre d’une enquête criminelle, le corps authentifié de la victime d’un crime a justifié que l’on cherchât à identifier l’auteur dudit crime. Le corps des accusatrices de Patrick Bruel présente-t-il des traces de blessures létales ou non létales, de drogues, de sperme ? ces femmes ont-elles fait l’objet d’un signalement de disparition ? le chanteur aurait-il eu des raisons plausibles de les faire disparaître ?
Dans un pays où l’on renonce à incarcérer le défenestrateur d’une citoyenne française d’origine juive de peur qu’un Muslim’s Bro n’aille en assassiner une autre pour le venger, il n’est plus du tout inconcevable que l’on songe à foutre le Taulier en taule, si cela permet de garantir un état de paix provisoire et chancelant, fût-il sociopathique.