Le plus espagnol des poètes, Fernando Arrabal, écrivain, dramaturge et cinéaste originaire de Melilla, a été mis à l’honneur en Grèce. Figure majeure du théâtre contemporain, associé au mouvement Panique qu’il a fondé dans les années 1960 avec Alejandro Jodorowsky et Roland Topor, il a vu deux de ses pièces portées à la scène au pays d’Eschyle et d’Aristophane. Son œuvre, marquée par l’absurde, le goût de la provocation et un humour noir mordant au service d’une critique des violences politiques, a puisé autant dans le surréalisme que dans le traumatisme de la guerre civile espagnole et la disparition de son père sous le franquisme. Elle a ainsi continué de susciter un vif intérêt.
L’œuvre de Fernando Arrabal, traversée par un rire ravageur, compte parmi les plus abondantes et les plus traduites de la littérature contemporaine. Elle comprend de nombreux romans, plus d’une centaine de pièces de théâtre, des essais et textes de combat – comme sa célèbre Lettre à Franco – ainsi que plus de huit cents ouvrages de bibliophilie. Parmi ses pièces les plus célèbres figurent Pic-Nic, satire antimilitariste devenue un classique du théâtre contemporain, Le Cimetière des voitures, L’Architecte et l’Empereur d’Assyrie ou encore Le Grand Cérémonial. Une légende veut même que Pic-Nic soit aujourd’hui davantage joué dans le monde que Hamlet, preuve de la portée universelle et durable de ce texte.
Cette popularité a trouvé un nouvel écho le 15 mai 2026 à 20 heures, lorsque le Théâtre municipal de Pefki, dans la région d’Athènes, a accueilli pour la première fois en Grèce deux représentations organisées par le Collège de Pefki : Une tortue nommée Dostoïevski (1968) et Claudel et Kafka (2004), deux œuvres emblématiques de Fernando Arrabal. La première pièce a exploré les thèmes du pouvoir, de la foi et du salut. La seconde, créée en collaboration avec Ruth Reichelberg, doyenne et directrice du département de littérature comparée de Université Bar-Ilan, a évoqué le retour de femmes aimées à travers une série d’énigmes autour des deux écrivains qui se sont croisés à Prague.
L’événement s’est tenu au 17, avenue Elefthérios Venizélos à Pefki, Athènes. Placée sous le slogan « Un théâtre sans compromis », cette soirée a rendu hommage au grand dramaturge espagnol Fernando Arrabal, à travers des versions grecques de ses œuvres traduites par Nektarios-Georgios Konstantinidis, sous l’impulsion de Maria Marí, professeure de français et spécialiste de théâtre au Collège de Pefki.

