…quelle joie de connaître au bout de presque quarante ans Muriel Maalouf ; elle avait joué, mis en scène par (la célèbre aujourd’hui) Julia Kassar, mon Le Roi de Sodome à Beyrouth même, et à l’Université elle l’avait étudié […elle est venue chez moi hier pour RFI Radio France Internationale] ;
Le Roi de Sodome, était (et est-ce) un drame biblique ? le père de Roméo, lequel est prostitué par Salomé, essaie de marier son fils à cette dernière par vénalité. Salomé convainc Roméo de se faire opérer « pour être plus performant », mais la sœur de ce dernier, Elisa, tombe amoureuse de lui et commence avec lui une nouvelle vie merveilleuse… Il s’agit en fait d’une tragicomédie métaphysique ? Avec la fascination irrésistible de la castration ?, l’attrait de la prostitution masculine ?, le désir de pouvoir ? et l’ardent besoin d’être sauvé par l’amour fou ? Le théâtre est à la fois l’expression vivante de sujets splendides et le miroir de réalités misérables ou immondes. Le Roi de Sodome est sauvé en se vautrant dans la fange. Le délire visionnaire considéra-t-il la réalité comme l’incarnation du mal ? Un auto sacramentel ou un théâtre engagé ? Dostoïevski et Artaud illustrent-ils cette vision apocalyptique et attendrissante ?
Marie Madeleine Hermet, dans Le Monde : « …dès le lever de rideau du Le Roi de Sodome, le délire s’empare de la scène… »
[Ma première en Espagne a eu lieu le 22 mai 1983 au Teatro María Guerrero de Madrid, (CDN,Centro Dramático Nacional) dans une mise en scène de Miguel Narros avec le « roi » José Luis Pellicena.]
