En guise de conclusion…

Malgré des thématiques controversées – et toujours aussi joyeuses… (la répression de l’homosexualité dans Carol, la Shoah dans Le fils de Saul, le suicide dans Valley of love, La forêt des songes, Louder than bombs…), les films en compétition officielle se sont avérés relativement lisses, avec, à de rares exceptions près, une absence de prise de risque, notamment formelle.

La majorité des films jouent donc la carte de la sécurité, ciblant le « grand public » peut-être, comme en témoigne le nombre impressionnant de réalisateurs européens qui ont privilégié des castings anglophones et des productions « à l’américaine » (Matteo Garrone, Joachim Trier, Paolo Sorrentino, Yorgos Lanthimos…).

Concernant le Palmarès, soulignons que la Palme d’or remise (étonnement) à Jacques Audiard pour Dheepan est la quatrième Palme française en sept ans.

Saluons les distinctions de nos deux favoris : The Lobster de Yorgos Lanthimos, Prix du jury, et Le fils de Saul, Grand Prix, qui a, de plus, le mérite d’être le premier film de Lazlo Nemes.

La France est décidément bien représentée cette année puisque le Prix d’interprétation masculine revient à Vincent Lindon, captivant dans son rôle de vigile de supermarché dans La loi du marché de Stéphane Brizé.

Le Prix d’interprétation féminine couronne ex-aequo Emmanuelle Bercot dans Mon Roi de Maïwenn et Rooney Mara dans Carol de Todd Haynes : deux actrices pour un même rôle, finalement, d’amoureuse fascinée. Si Rooney Mara, avec ses airs d’Audrey Hepburn ingénue, est admirable, il est cependant regrettable que le Prix n’ait pas été remis à sa partenaire à l’écran, l’éblouissante Cate Blanchett qui porte le film avec grâce et fragilité.

Une pensée, enfin, pour le remarquable film de Nanni Moretti, Mia Madre, grand absent de ce palmarès.


En compétition

Palme d’or

DHEEPAN réalisé par Jacques AUDIARD

Grand Prix

SAUL FIA (Son of Saul / Le fils de Saul) réalisé par László NEMES

Prix de la mise en scène

HOU Hsiao-Hsien pour NIE YINNIANG (The Assassin)

Prix du Jury

THE LOBSTER réalisé par Yorgos LANTHIMOS

Prix d’interprétation féminine

Rooney MARA dans CAROL réalisé par Todd HAYNES

Emmanuelle BERCOT dans MON ROI réalisé par MAÏWENN

Prix d’interprétation masculine

Vincent LINDON dans LA LOI DU MARCHÉ (The Measure of a Man) réalisé par Stéphane BRIZÉ

Prix du scénario

Michel FRANCO pour CHRONIC


Un certain regard

PRIX UN CERTAIN REGARD

HRÚTAR (Béliers / Rams) de Grímur Hákonarson

PRIX DU JURY

ZVIZDAN (Soleil de plomb / The High Sun) de Dalibor Matanić

PRIX DE LA MISE EN SCENE

Kiyoshi Kurosawa pour KISHIBE NO TABI (Vers l’autre rive / Journey to the Shore)

PRIX UN CERTAIN TALENT

COMOARA (Le Trésor / Treasure) de Corneliu Porumboiu

PRIX DE L’AVENIR Ex aequo

MASAAN de Neeraj Ghaywan

NAHID d’Ida Panahandeh


Caméra d’or 

LA TIERRA Y LA SOMBRA réalisé par César Augusto ACEVEDO présenté dans le cadre de la Semaine de la Critique