Hier, c’était la fête au village. On a bien ri. J’ai retrouvé tous mes amis : Christian Bobin, Charles Juliet, Eric Holder, Pierre Michon. Pierre Bergougnioux et Louis-René des Forêts, souffrants, n’ont pas pu venir, hélas. Quant à Jérôme Garcin, qui devait nous rejoindre pour faire un entretien croisé avec nous tous, on l’attend encore. Eric avait apporté du saucisson. Nous l’avons mangé avec un coup de rouge, sur un petit perron tout près de l’école communale. Les majorettes ont défilé. Après la tombola, nous avons suivi la course-en-sac et nous avons fait un tour d’auto-tamponneuses. Charles a failli se déboîter l’épaule. Ensuite, avant qu’il ne commence à tomber de cette petite pluie fine que l’on ne rencontre qu’ici, Christian a tiré un ours en peluche à la carabine. Pierre a mangé de la barbapapa. « Il faut donner du temps au temps » chantaient, en fond sonore, Félix Gray et Didier Barbelivien.

Pierre Michon
Pierre Michon

– Tu veux que je te refasse des moustaches avec ma barbapapa ? a demandé Pierre à Christian.

– Tu rigoles du genou ? lui a rétorqué Christian avec sa fameuse répartie du Creusot.

– Mais pourquoi, au fait, tu t’es rasé les moustaches ? a demandé Eric.

On voit ceux qui lisent mes livres !

Plus tard, on est allé applaudir Marcel Amont sur son stand Ricard. Je crois que c’est la première fois qu’il vient à la Foire aux asperges de Tigy. Il y a deux ans, il avait fait la Foire aux arbres de Sandillon.

– On a de la chance, les gars, j’ai dit aux copains, l’année dernière c’était Jean-Luc Lahaye.

– Ma femme adore Jean-Luc Lahaye, a répondu Charles, sur un ton très sec.

– Il te reste un peu de ciflard ? a demandé Pierre à Eric.

– Non, on a tout bouffé.

– Et si on allait s’en jeter un petit ? a proposé Pierre.

– Bonne idée, a répondu Eric.

– Oui, ça c’est une bonne idée, les gars, a renchéri Charles.

Nous sommes entrés au « Diabolo », le bar de la place du Bourg. Gérard, le gérant, est un vieux copain.

Eric Holder
Eric Holder

– Qu’est-ce que je sers aux artistes ?

– Tu vas nous mettre ton petit calva, celui de l’autre fois.

– C’est du meilleur. Ca c’est pas un truc de pédé.

Nous avons bu le calva. Ensuite, Christian a demandé pourquoi l’urine sentait si mauvais quand on mange des asperges.

– C’est surtout que c’est de la pisse qui asperge ! a lancé Charles au bout de son troisième verre.

– C’est à cause de l’azote, a répondu Eric. On voit ceux qui lisent mes livres !

– Vous reprenez un truc ?

– Pastis.

– C’est quand même cool d’avoir Garcin avec nous.

– T’es sûr que y a plus de saucebaque ?

– Putain, j’ai une de ces envies de pisser.

– On pourrait pas en demander un peu au patron ?

– De quoi ?

– Du ciflard.

– Ici, c’est plutôt les rillettes qu’il faut essayer.

Charles Juliet
Charles Juliet

– Avec un peu de pinard.

– Moi aussi, tiens, j’ai envie.

– De pinard ?

– Non, de pisser.

– Sinon, ça avance ton bouquin ?

– Oui, j’ai déjà écrit six pages… Ca fait quatre ans que je suis dessus… Mais je crois que j’approche exactement de ce que je voulais.

– Comment ça s’appelle ?

– La Ribaude. C’est la suite de Monsieur Leroux.

– Moi je fais une vie de Descartes. J’ai le premier chapitre. C’est un chapitre sur la neige.

– La neige-neige ?

– La neige sur les champs.

– Aaah, putain ça fait du bien de pisser un coup.

– Mais de la neige qui tombe en d’automne, pas de la neige d’hiver.

– Comme dans ton livre Humus et autres fugues ? – Pas mauvaises les rillettes.

– Sinon, en ce moment, là, je travaille sur Balzac. – Et moi sur Proust.

– Ton verre est vide.

Le temps passe vite en compagnie des copains. Chacun est rentré chez soi, sauf Juliet qui est allé retrouver la Maison des Ecrivains d’Ouzouer-le-Marché. Il pleuvait toujours ; cette même petite pluie fine.

Saucisson au Roquefort (table)

8 Commentaires

  1. Christian Bobin n’est pas un « bon écrivain, » il est encore bien au-delà.

  2. Orthographe
    Pardon pour l’omission du deuxième « n » manquant à ton prénom dans mon précédent message, c’est moins pire que Ane Moix par exemple.
    Marhoum

  3. L’écornifleur de service

    Yan Moix a raté sa vocation de plâtrier, encore faut-il qu’il maîtrise bien l’art de boucher les trous, en l’occurrence les siens, au vu des courants d’air qui lui traversent la tête et l’amènent à une telle indigence textuelle qui se voudrait aussi métaphorique quant à ce rendez-vous « Pinard et saucisson » dont ne manque que Sylvie François.
    Marhoum

  4. Est-ce « souffrant » que d’être mort ? Louis René des Forêts est mort en 2000.
    A tous ceux effarés comme moi par ce texte je peux assurer qu’un jour Yann Moix fut drôle. Mais on peine à le croire aujourd’hui. Hélas, on grimpe vite sur des podiums de pacotille sans trop songer aux chutes qu’ils entrainent.
    Pardon pour Bobin, Michon, Bergounioux dans les yeux desquels j’ai eu un jour le bonheur de voir ce que Yann ne trouve plus dans l’ultime photo de Rimbaud : un regard bleu souvent, mais qu’importe la couleur,mais revenu des mots, des maux, du moi (avec ou sans « x »).

    Thomas Scolari

  5. Un billet qui porte le titre : « Sur Christian Bobin »…

    L’écrivain sus nommé méritait certainement mieux que cette « beauferie » sans saveur ni talent.

    On n’y reconnaît pas l’univers, l’esprit d’un Bobin.

    Désolant pour Monsieur Bobin et la littérature.

  6. Mais peut-être que vous n’avez pas la GROSSE TETE et que je divague !!! J’avoue être un peu perdu et perplexe devant vos prises de position… vos choix esthétiques , en matière de réalisation de film ( Cinéman) , vos interventions médiatiques, vos livres polémiques ( sur Michael Jackson et Polanski)…. Je ne vous suis plus…

    ERIC DUBOIS

    auteur et bloggeur

  7. Je ne saisis pas l’intérêt de ce texte ! Comparer de bons écrivains à de rustiques beaufs, des provinciaux ringards !!
    Pour qui Moix se prend-il? Pourquoi s’acharner sur ces écrivains qui certainement passeront à la postérité alors que pour Moix c’est moins sûr ! Oui, Monsieur Moix c’est moi qui un jour de décembre 2009 ou janvier 2010 je ne sais plus, vous ayant aperçu à la terrasse du Flore ou des Deux-Magots, je ne sais plus, vous êtiez attablé avec des « amis », vous ai salué en disant ‘Bonjour Monsieur Moix » vous sembliez gêné !!! Eh oui c’est cela la notoriété, la peoplisation ( pas sûr de l’orthographe), il faut faire face aux inconnus dans la rue, savoir leur répondre, être prudent, vigilant même ( syndrome Lennon), les psychopathes courent les rues, on le sait bien ! Mais il faut faire gaffe aussi à ne pas trop avoir la GROSSE TETE ! Car sinon comment avancer avec une tête trop lourde qui vous empêche de voir l’horizon et de relativiser son propre rôle dans l’univers ?

    ERIC DUBOIS
    auteur et bloggeur