Mikhaïl Khodorkovski : « Si Poutine avait face à lui Reagan, Thatcher ou De Gaulle, il aurait peur »

vendredi 18 septembre 2020

Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-patron de la compagnie pétrolière Ioukos, était, avant même ses 40 ans, à la tête de la première fortune russe. Son ascension dans la Russie post-communiste de Boris Eltsine lui donne alors des ailes. Contrariant les « recommandations » gouvernementales, il se mêle de la lutte anti-corruption et soutient ouvertement l’opposition libérale et démocratique de son pays. Le 25 octobre 2003, Vladimir Poutine le fait arrêter. Condamné à 14 ans d’emprisonnement, Khodorkovski passe dix ans dans des colonies pénitentiaires de Sibérie puis de Carélie dans des conditions exécrables. En décembre 2013, à la veille des Jeux olympiques de Sotchi et face à la mobilisation internationale, Poutine gracie celui qui était devenu le plus célèbre prisonnier de Russie. Désormais exilé à Londres, Khodorkovski est aujourd’hui à la tête d’un mouvement d’opposition au régime de Poutine. Il nous parle ici des conditions de son incarcération, de la propagande russe, de son opposition à Poutine.

Propos recueillis par Maria de França.