En 1971, je décide de faire mon premier long métrage en Tunisie.
La production, à ma demande, convoque un millier d’enfants d’une douzaine d’années pour jouer mon rôle.
J’ai eu la fortune de choisir Meidi Shao.
Il sera, à partir de ce moment, Fernando Arrabal, même en dehors du plateau.
Et après ? Il sera révolutionnaire, anarchiste et berbère ?
Il vivra quelque temps dans une ferme thaïlandaise avec son chien Rocky, que dirigent et surveillent des éléphants birmans égarés ; pardon, je voulais dire naypidawés, comme les insoumis amateurs de mon Pic-Nic.
Nous étions ravis de voir que l’acteur de mon deuxième film arrivait comme un cheval fou. Par une surprenante coïncidence, l’acteur se nommait Marzouk, comme le médecin traitant de mon épouse à Paris. Et son prénom était aussi celui de mon fils Samuel, responsable du pôle international de l’Agence de la biomédecine.
La principale artère de Tunis se nomme avenue Habib-Bourguiba ; celui-ci, né probablement le 3 août 1903 à Monastir, fut « occulté », presque centenaire, le 6 avril 2000 dans la même ville. Il fut président pendant trente années, de 1957 à 1987 ! Et toujours avec sa tête sculptée par notre ami Hachemi Marzouk, prodigieux sculpteur.
Arrabalesques
— « … la cohorte sombre et lugubre… des impénétrables ? »
— « … est-ce ainsi qu’on annonce des marqués, des démunis et des frustrés ? »
— « … certains reçoivent trop de baisers, tandis que d’autres n’en reçoivent même pas un de leur propre fiancé ? »
— « … parmi les milliards de cornichons, le seul qui n’en était pas un… tous pensaient qu’il n’était qu’un cornichon ? »
— « … dormait-il tellement qu’il ne supportait plus ses rêves qu’à l’état de veille ? »
Cadavres exquis
Bis et ter… Le cadavre exquis « consiste à proposer une image ou un poème sous plusieurs aspects contradictoires et, si possible, déroutants de sa propre personnalité ; sans tenir compte d’aucun discours, principe ou règle quelconque. »
Avant ma naissance, c’était un jeu où Prévert, Tanguy et Duhamel composaient une phrase ou un tableau, ou faisaient un dessin sans pouvoir se référer aux contributions précédentes. De 1960 à 1970, nous avons exploré ma distinction : Max Ernst, Miró, Man Ray, Tzara, Breton, Wifredo Lam, Robert Desnos…







