« Vous êtes écrivain, vous, n’est-ce pas ? »

C’était un matin, au début du printemps. Je me redresse. Un petit sourire satisfait se dessine au coin de ma bouche. Trois articles publiés dans cette revue et une année passée à la Comédie-Française comme lecteur-auteur me donnent l’aplomb de croire qu’on s’adresse à moi. Je lève les yeux, prêt à découvrir mon admiratrice et à lui répondre avec bienveillance et fausse modestie. Que nenni. À ma grande désillusion, ce n’est pas à moi que l’on s’intéresse. Je n’ai pas l’habitude !

Je ne serai donc pas acteur, mais témoin indiscret. Celle qui vient de lancer ces mots d’un ton de sibylle enthousiaste est une femme à la crinière blanche qui me fait immédiatement penser à Anouk Aimée (je ne sais pas si c’est son allure ou bien sa voix). À sa façon de se mouvoir et d’interroger son interlocuteur du regard, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’elle se situe quelque part entre l’intellectuelle et l’artiste.

L’interlocuteur en question, c’est un Italien corpulent, sympathique et au français impeccable. Tour de passe-passe pythique : il est bel et bien écrivain. C’est un romancier italien.

– Ah ! J’ai donc deviné juste, s’est exclamée Anouk Aimée, dans un italien tout à fait honorable.

Deviné ? Pas reconnu ? Deviné seulement ? Sur cette terrasse presque déserte, toujours aussi attentif tout en faisant semblant de lire, je suis seul au monde à vivre cet échange lunaire. Depuis quand est-ce que c’est écrit sur la gueule des gens, qu’ils écrivent ? Un bref coup d’œil m’apprend que le romancier a un petit carnet posé sur sa table, à côté de son café. Certes, ça ne suffit pas.

Je confesse aujourd’hui mon indiscrétion et vous présente, chère Anne, cher romancier italien, mes plus plates excuses (d’une sincérité toutefois très limitée). J’ai tout écouté. Lui parle de ses voyages et c’est intéressant, quoique passablement loufoque :

– J’ai rencontré Dante, ma, je veux dire, vraiment rencontré Dante, sur une scène d’un strip-club à Mumbai. Et ecco qua ! Ces étudiants en théâtre avaient compris mieux que tout le monde ce que c’était que l’Inferno, si, si.

Anne (car Anouk Aimée s’appelle en vérité Anne) n’a pas l’air gênée par les affabulations de ce personnage sans doute un peu fou. Elle le laisse parler longtemps.

En l’écoutant, j’en apprends un peu plus sur elle. Anne est traductrice ; elle vit une partie de l’année à Paris, une autre sur une île grecque. J’aime tout de suite l’idée d’une traductrice qui vit entre deux mondes. Que traduit-elle ? De la poésie. Je crois comprendre qu’elle a d’ailleurs traduit un poète grec en particulier, dont je ne saisis d’abord pas le nom. Je ne connaissais que Cavafy. J’entends un titre, Le monde est un, que je m’empresse de taper dans ma barre de recherche, sans rien trouver. J’espère qu’elle va répéter le nom du poète ; j’hésite à lui demander en interrompant leur discussion. Je n’ose pas, et elle ne répète pas.

– Donnez, je vais vous l’écrire, dit-elle au romancier en désignant son carnet d’une main impérieuse.

Je m’amuse à imaginer un instant que ce n’est pas le titre de ses traductions qu’elle glisse dans ce carnet, mais son numéro de téléphone ou l’heure d’un autre rendez-vous, tout simplement pour le plaisir de surprendre, ou alors pour déjouer la présence de son fils, qui l’a rejoint.

Puis je m’en vais, triste de ne pas avoir osé l’aborder, sans savoir vraiment pourquoi j’aurais dû le faire. Je me promets de lui poser la question de son poète grec si jamais je la recroise. Ce sera affaire du destin, alors.

Je la revois. Le destin prit donc la forme d’un nouvel article à écrire pour La Règle du jeu.

Je dis que je l’ai revue, mais j’ai d’abord aperçu un livre au soleil. Je crois que ceux qui lisent remarquent toujours les autres lecteurs. Rien ne m’a plus parlé que le pacte secret que Tereza imagine dans L’Insoutenable Légèreté de l’être, entre les lecteurs du monde entier qui doivent pouvoir se reconnaître.

J’ai remarqué ensuite la même crinière blanche, mais je n’étais pas certain de me rappeler les traits exacts du visage ; j’avais tellement gardé l’image d’Anouk Aimée que le souvenir avait été brouillé par la fiction. Mais c’était bien elle. Pas tout à fait Anouk Aimée, mais Anne Personnaz, traductrice du poète grec Yannis Ritsos.

Avec l’appréhension d’un enfant qui s’approche d’un autre enfant qu’il ne connaît pas pour lui demander s’il veut bien jouer avec lui, je m’avance maladroitement vers elle et me confesse. J’ai tout vu, tout entendu de sa conversation avec le romancier italien. Ça la fait rire. Elle me propose de m’asseoir avec elle et de reprendre un café. Je lui dis que je suis curieux de poésie et que j’aimerais peut-être écrire un article à propos de son travail. Elle me dit que c’est d’accord. Nous parlerons de Yannis Ritsos, de traduction et de la Grèce.

La traductrice Anne Personnaz. Photo : DR.

I. Traduire, ce n’est pas trahir, mais écrire, c’est bien créer

Si Anne Personnaz a traduit plusieurs poètes grecs contemporains, c’est en particulier autour de Yannis Ritsos que nous nous rencontrons. Elle m’en parle avec enthousiasme, et je comprends vite que celui qui est l’objet de ma curiosité est très loin d’être un poète méconnu en Grèce, où il est adulé et reconnu comme poète national, presque hugolien. Résistant, prisonnier politique, homme libre et mythe vivant, Ritsos m’apparaît, grâce à Anne, en même temps que sa poésie. Elle me prête une à une les œuvres de Ritsos qu’elle a traduites et que je lis comme un boulimique.

Ritsos, figure grave et barbue, écrit des vers lumineux. C’est une évidence. Dans le premier recueil que je découvre, Le Chant de ma sœur, il parle de son aînée qui, à force des malheurs que la vie lui inflige, sombre progressivement dans la folie. Pessimisme ? Noirceur ? Pas du tout. Tout, dans ce premier recueil comme dans les suivants, est amour. Amour pour cette grande sœur qui fut sa complice, amour pour le monde et amour pour la vie, malgré tout – ou plutôt, parce que tout.

Sa langue est simple sans singer le minimalisme ni faire de la pauvreté un exercice de style. J’aime les images qu’il invoque.

En dehors de nos mains
il n’est rien.
rien.

Pour le dire franchement : il incarne le poète tel que nous l’imaginons tous, plus ou moins, enfants. Ses mots sont beaux, surprenants, et ne cessent pourtant d’avoir du sens.

Couleurs du matin diluées dans l’eau
incendies des couchants sur les épaules des mouettes
mâts qui désignent l’infini
seuils ouverts au pas de la nuit
en suspens lumineux intarissable
le chant de la mer

Parfaitement consciente de ce qu’elle dit, Anne me parle de Yannis Ritsos comme d’un homme dont elle aurait pu être amoureuse. L’idée d’une traductrice tombée en amour (expression joliment québécoise) avec l’auteur qu’elle traduit me plaît.

Je m’étais promis de ne pas sombrer dans les clichés sur la Grèce antique en écrivant ces lignes, mais c’est difficile. De ce qu’Anne me raconte, les premières années de la vie de Ritsos ont de quoi évoquer l’histoire des Atrides et la malédiction qui les poursuivit. Issu d’une famille de riches propriétaires terriens, Ritsos n’en connut pas le confort. La mort, la maladie et la faillite accablent ses proches et, tout jeune, il doit fuir avec sa sœur Loula, gagner Athènes et se débrouiller. Elle enchaîne les petits boulots en épicerie, lui est calligraphe pour des avocats. Anne me dit qu’elle aime chez lui sa complétude. Il a vécu presque tous les versants douloureux de l’expérience humaine : grand malade (tuberculeux, longtemps confiné dans un sanatorium), prisonnier, rocher seul face à la vague. Il n’en a pourtant gardé que cette lumière évoquée plus haut. Elle le compare à Camus, dont l’œuvre est aussi à la hauteur de l’homme.

Baigné des reflets
de l’espérance
d’une vie entière
de mes membres dégoulinaient
des gouttes de soleil

Dans le fond, je sais bien que la faire parler du poète est un moyen détourné de la faire parler d’elle. Traduire, pour préserver le sens et le rythme à tout prix ; traduire pour partager comme on offre un livre à un ami. C’est la figure du passeur que l’on a souvent décrite. Anne oscille constamment entre la sensibilité de la traductrice, chargée de restituer une couleur, un rythme, une brume, et la précision presque philologique de celle qui cherche du bout du doigt le sens exact d’un mot dans deux ou trois dictionnaires du grec au français, comme je l’ai vue faire chez elle.

D’ailleurs, ma fantasmagorie antiquisante aidant, je remarque que le recours au dictionnaire de grec ancien s’avère souvent utile. J’apprends que le mot « διαβατήριο » (diavatírio, dia, ce qui traverse), signifiant passeport en grec moderne, était d’abord utilisé pour signifier l’offrande faite aux dieux avant le départ en mer. Si ce n’est pas beau, ça.

II. Adopter la grécité : choisir qui l’on veut être

Si Anne a d’abord appris l’anglais et le russe à la Sorbonne et à l’École des langues orientales (désormais l’Inalco), la Grèce l’a toujours attirée. C’était une évidence. Je m’amuse du fait que j’écris sur sa vie en étant à Héraklion, face à une mer en colère, à partir des bribes qu’elle a égrenées à Paris.

Ce n’étaient pas tant les paysages de son Béarn natal qui la prédestinaient à la Grèce. Elle me dit elle-même que c’était autre chose. Ses premières rencontres avec les textes, peut-être. Antigone, l’Orestie, les pièces de Sophocle… Elle détecta très jeune dans ces pièces une force cinglante qu’elle ne pouvait ignorer, comme la lumière là-bas, en Grèce. Beaucoup d’enfants ont une propension naturelle pour la mythologie grecque. Anne, elle, rit aujourd’hui d’avoir toute une flopée d’Athéna, d’Odysseas (Ulysse), de Socrates et d’Achilleas dans son répertoire téléphonique. Par l’intermédiaire de ses traductions de Ritsos, elle a aussi été Phèdre et Hélène, qui se moquent de « la grosse et disgracieuse Pénélope ».

En fait, j’ai l’impression qu’Anne a choisi la Grèce, sa culture et sa langue, comme d’autres choisissent un métier ou un partenaire de vie ; elle les a choisies parce qu’elle ne pouvait faire autrement. Ne creusez pas inutilement ce paradoxe.

Nous, notre maison nous l’avions établie dans la mer.
Perles au creux des coquillages
et vastes forêts de coraux dans les fonds déserts

Ainsi, venue très tôt visiter la Grèce, elle a très vite eu besoin de s’y installer, histoire de s’y attacher pour de vrai. Elle a acheté une maison au sommet d’une petite île que peu connaissent et s’est imprégnée de grécité au point d’y être reconnue comme l’une des leurs. Elle me fait rire lorsqu’elle s’insurge doucement contre l’afflux des Français qui veulent s’installer dans son île, profitant pour la plupart des conséquences de la crise grecque.

Ce que j’appelle sa grécité est donc tout un pan de sa vie. Anne vit six mois de l’année en catholique, six mois en orthodoxe. Même sa bibliothèque est dédoublée : les étagères dédiées à la littérature française cohabitent symétriquement, bien volontiers, avec celles dédiées à la littérature grecque. Ce métissage choisi a sans doute enrichi Anne et élargi son horizon ; probablement celui de ses fils aussi.

Elle me raconte que le plus jeune des trois est tellement gagné par la Grèce que, enfant, il se faisait passer pour un Grec pur et dur devant les religieuses qu’il croisait parfois dans l’île. Comme quoi, avoir une mère jonglant avec les langues amène à jongler soi-même avec les identités. Deux de ses fils sont devenus comédiens. Le troisième, lui, est diplomate. Théâtre, diplomatie… Deux arts où l’altérité occupe le devant de la scène. Deux variantes du geste de traduire, peut-être ?

Cet élan vers la grécité possède aussi des accents bien plus graves. Ce sont Anne et Yannis Ritsos qui me le disent. La Grèce a connu de longues périodes d’occupation, de conflits et de dictatures. Et pourtant elle est la Grèce. Cette identité, ce cosmos (κόσμος) né de la volonté d’un peuple, n’a de cesse d’être chanté par le poète.

Ne pleure pas sur la Grèce – quand elle est près de fléchir
avec le couteau sur l’os, avec la laisse sur la nuque,
La voici qui déferle à nouveau, s’affermit et se déchaîne
pour terrasser la bête avec la lance du soleil

Ne pas plier. Rester soi. Rester libre.

Ritsos fait parler des personnages eux aussi blessés, mais libres, presque doux dans leur guérison. Il n’y a pas de véritable esprit d’émancipation sans expérience de la tyrannie. De même :

La sainteté avant le péché
je n’y crois pas ;  – je la déclare impuissance, je la déclare lâcheté

La musique grecque parle de tout cela, aussi. Au fin fond de la banlieue d’Héraklion, dans un restaurant où l’on joue du rébétiko toute la nuit, j’ai pu y goûter.

J’avais fermé les yeux
pour scruter la lumière.
Aveugle.
j’avais brûlé la flamme
afin de respirer.

Anne me raconte une anecdote qui me marque. Ritsos, des années après avoir été libéré de la prison politique de l’île de Makronissos, ouvre la porte de sa maison. Il trouve devant lui son ancien geôlier, celui qui l’avait retenu captif et fait de sa vie un enfer. Ce dernier implore son pardon. Ritsos, non seulement le lui accorde tout de suite, mais il en fait l’un de ses plus précieux amis. Ils ne se quitteront plus. Cela a quelque chose de christique. On comprend mieux, alors, ce que la langue grecque a pu porter de pardon, de tragique et de sacré.

III. Pays de marbre, de lumière, de musique et de joie

Il y a du mystique chez Ritsos. Quelque chose qui dépasse les rhétoriques habituelles de la revendication et du combat. Dans une langue qui serait celle d’une tendre élégie chuchotée tout près de l’oreille, accompagnée de quelques rires (car le sérieux tue), Ritsos n’attend pas que le monde devienne poème : il lui insuffle sa poésie.

Un moineau est posé sur la crinière du lion blanc. Tuit, tuit, – il appelle. Le monde est chair et lumière et sperme épais. Bonjour, amour. Bonjour.

Cette Grèce, je l’ai découverte d’abord par le prisme de mes rendez-vous avec Anne, puis par les quelques semaines passées en Crète et à Athènes, d’où j’écris ce dernier acte. J’y ai fait quelques rencontres et, avec chacun de mes interlocuteurs, je n’ai pu m’empêcher de parler de Ritsos. Le premier d’entre eux, mon voisin de table dans ce bar où l’on jouait du rébétiko, m’a dit que c’était un homme « avec beaucoup d’amis, mais avec des ennemis plus nombreux encore ». Il m’a offert du raki et des sucreries, surpris qu’un jeune Français connaisse Ritsos et reconnaisse en lui un complice.

Autre complice : mon nouvel ami Yórgos, dont l’allure svelte et le visage nettement dessiné m’ont fait tout de suite penser à un berger ou à un sculpteur de marbre (ah ! quand je vous disais que les limites de mon imagination étaient bien vite atteintes…). Pour lui, comme pour beaucoup de Grecs (comme pour Anne), la poésie de Yannis Ritsos est vivante. Là-bas, la littérature ne semble pas avoir, auprès des jeunes générations, cette odeur de renfermé qu’elle a trop souvent en France. Dans les couloirs d’un campus universitaire inspiré du labyrinthe du Minotaure, nous avons parlé de ce que c’est d’être grec, mais aussi des daimones de Jim Morrison, ces démons intérieurs dont il aimait peupler sa légende. Yórgos est une âme sympathique et profonde ; il est facile de projeter sur lui toute cette image que je me fais de la Grèce, que je me fais de Ritsos. Les Grecs anciens, eux aussi, savaient projeter l’universel dans la singularité d’un visage humain. Une statue au visage humain pouvait unir les contraires : la mer, le ciel, les forces vives de la nature, mais aussi la mort et le destin. Il se moque de moi avec chaleur quand je lui parle du tombeau de Zeus (le mont Iouchtas) et des dieux.

Épuise mes roses
avant que n’apparaisse la fêlure
avant que de nouveau ne jaillisse
de la blessure
l’inépuisable cantique.

Vers la fin de mon séjour, il m’emmène déjeuner à la ferme des parents d’un ami de la fac. Au retour, je suis assis à côté de lui, sur le siège passager. Sa copine, belle et blonde, des tatouages grimpant le long du cou, dort à moitié sur la banquette arrière, allongée comme une liane. On parle encore et encore. La brume nous enveloppe sans cacher ni les montagnes que l’on traverse, ni la verdure, ni les chèvres. La pluie tombe et s’infiltre dans la voiture parce que la copine de Yórgos insiste pour qu’on laisse une fenêtre ouverte. Il me dit à quel point il aimerait venir vivre à Paris, ou peut-être à Berlin. Il se sentirait sûrement plus libre là-bas, comme il s’était senti étrangement libre pendant les quelques mois qu’il avait passés à Istanbul à travailler comme serveur. Je l’écoute parler de son ailleurs, mais mon ailleurs à moi était ici. Celui d’Anne aussi. Elle m’a dit, elle aussi, qu’on a besoin d’une terre à laquelle on n’appartient pas pour devenir autre et se sentir un peu plus soi. Sans doute Yórgos se rira encore un peu de moi, lorsqu’il lira ces lignes, traduites tant bien que mal en anglais ou en grec par ChatGPT. « Malaka, malaka… »[1] soupirera-t-il, le sourire aux lèvres, en appuyant sur le « l » avec son accent de Thessalonique, quand il remarquera que je ne vis que d’images que j’additionne pour en faire un château. Notre rencontre aura pourtant donné plus de consistance à ma vie ; ma rencontre avec Ritsos aussi.

Une autre fois, à Paris, nous étions chez Anne à boire le café ; l’odeur de sa cigarette me faisait penser au parfum du muguet. Je lui demande quelle différence elle fait entre sa vie à Paris et sa vie en Grèce. Elle me répond sans trop hésiter que c’est la joie. L’esprit grec sait que la seule chose qui compte est l’instant présent, et que le reste n’est qu’accessoire.

Soleil, soleil
qui teins de sang la mer
nu je m’abandonne à ta flamme
pour éclairer les yeux des hommes.
Mes frères
écoutez votre voix, ma voix
écoutez le chant du soleil et de la mer

J’écris à la terrasse d’un café ombragé, dans le jardin national d’Athènes. Il y a des oiseaux à la recherche de brindilles et le vacarme de la ville quelque part au loin. Je continue à interroger tous ceux que je croise à propos de Ritsos. Je cherche, pour achever ces lignes, un dernier secret. Mais personne ne m’en parle avec la même justesse qu’Anne.


Les œuvres de Yannis Ritsos traduites en français par Anne Personnaz ont été publiées par les maisons d’édition suivantes :

Aux éditions Bruno Doucey

Dix-huit petites chansons de la patrie amère ;
Le Chant de ma sœur, édition bilingue ;
La Marche de l’océan, édition bilingue ;
Symphonie du printemps, édition bilingue ;
Balcon.

Aux éditions ErosOnyx

Erotika ;
Phaidra, édition bilingue ;
Hélène, édition bilingue ;
Le monde est un, édition bilingue.

Aux éditions Aiora Press

Le Chaudron calciné et autres poèmes, édition bilingue ;
La Sonate au clair de lune, édition bilingue.


[1] Littéralement : « branleur ». En grec familier, le mot peut s’employer affectueusement entre amis ; selon le ton et le contexte, il peut aussi devenir une insulte.

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