À quel moment de la journée, de la semaine, de l’année, de la vie lisez-vous le plus volontiers ?

Je lis quand je pleure, je lis quand je ris ; je lis quand je marche, je lis quand je cours, je lis quand je vole ; je lis pour m’échapper, je lis pour être là.

Y a-t-il des livres dont vous puissiez dire qu’ils ont changé votre vie ? Dans ce cas, pourquoi ?

Solal. Seuls ceux qui ne l’ont pas lu tiennent ce roman qui brûle les entrailles – et le reste – pour le prélude de Belle du Seigneur. C’est tellement plus, tellement moins, tellement mieux que ça. Trente ans après l’avoir lu trop tôt, je connais encore par cœur certaines des tirades par la grâce desquelles Solal envoûte Jacques de Nons, le fiancé d’Aude de Maussane, pour la séduire elle ; à l’instar de celle-ci : « Jacques, je vous aime infiniment et méfiez-vous de moi », dit-il involontairement d’un ton très grave et très doux. « J’ai des nostalgies, des soifs. J’aime aspirer les âmes comme un œuf frais. J’ai faim de tout. J’ai trois mille trains contradictoires filant sur six mille rails et de mon cœur ils vont à mon esprit. Je vous fatigue, Jacques. Dites-moi de me taire. » Surtout pas. Jamais.

Y a-t-il un grand classique – ou plusieurs – dans lequel vous n’avez jamais eu le goût d’entrer ?

Les Rougon-Macquart. Zola aura beaucoup compté pour moi : il m’a précipitée dans les bras de Rimbaud.

Vous est-il arrivé d’aimer des mauvais livres ? Si oui, pourquoi ?

Les mauvais romans de Françoise Sagan. Chez elle, tout est bon à prendre.

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