Lors d’un grand colloque initié par le CIRAM (Centre international de recherche André Malraux), au Palais du Luxembourg, écrivains, chercheurs et responsables politiques invitent à penser, avec Malraux, ce que peut signifier aujourd’hui l’engagement. Il s’agit du premier colloque organisé en cette année du cinquantenaire de sa disparition, à l’initiative de Michaël de Saint Cheron, l’un des derniers témoins directs de Malraux, pour faire vivre une pensée plus incandescente que jamais, avec notamment une intervention de Bernard-Henri Lévy, directeur de La Règle du jeu, de Janine Mossuz-Lavau, politologue et sociologue, de Régis Koetschet, ancien ambassadeur de France à Kaboul, d’Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles de Gaulle. L’une des ambitions de ce colloque est d’évoquer l’importance de la fraternité, du dialogue interculturel, qui ont dominé la vie et l’œuvre de celui qui travailla à ce que « l’un des plus hauts pouvoirs de l’art soit de donner conscience à des hommes de la grandeur qu’ils ignorent en eux. »

À deux reprises déjà, La Règle du jeu a choisi de placer André Malraux en couverture de son édition papier : en 2012, dans un dossier consacré aux « Écrivains et la politique », puis en 2024, à l’occasion d’un dossier monographique entièrement dédié à son œuvre. Ce compagnonnage intellectuel explique l’attention particulière portée aujourd’hui à un événement qui, sans être organisé par la revue, mérite pleinement d’être signalé – d’autant que son directeur y prendra la parole.

Qui, au XXe siècle, aura su embrasser avec autant d’ampleur et d’esprit visionnaire les secousses de l’Histoire, les métamorphoses de l’art et les exigences de la pensée que Malraux ? Qui, mieux que lui, se sera tenu à la croisée de la politique, de la littérature et de la création artistique, explorant sans relâche les tensions entre passé, présent et avenir ? Qui, enfin, aura porté aussi loin l’interrogation sur l’universel, ses promesses, ses paradoxes et ses nécessaires réinventions que l’inventeur du Musée imaginaire ? C’est à cette figure majeure, à cette conscience inquiète et visionnaire, qu’est consacrée une journée d’exception appelée à faire date.

Cet événement s’inscrit dans une ambition forte : redonner à Malraux toute sa place dans le débat contemporain. Telle est l’exigence formulée par Michaël de Saint Cheron, dans l’esprit du projet porté avec de nombreux intellectuels. Il s’agit de faire dialoguer les cultures, d’ouvrir la pensée de Malraux aux nouvelles générations, et de réactiver une œuvre qui n’a jamais cessé de nous interpeller « en direction des jeunes épris de littérature contemporaine, d’art et d’engagement intellectuel », explique-t-il.

Le colloque, intitulé « André Malraux, la quête d’un dialogue universel », se tiendra le vendredi 10 avril 2026, au Palais du Luxembourg à Paris, sous le haut patronage de la sénatrice du Bas-Rhin Laurence Muller-Bronn, marraine de la journée. Dès la matinée, les interventions de l’ancienne ministre de la Culture Roselyne Bachelot, Sophie Doudet, Régis Koetschet, Jean-René Bourrel viendront explorer les voyages et les engagements de Malraux. L’après-midi réunira notamment Philippe Langénieux-Villard, l’écrivain et académicien Dany Laferrière, Michaël de Saint Cheron, avant une intervention du philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy consacrée à ce qui, aujourd’hui encore, demeure vivant de l’héritage malrucien.

La journée se poursuivra par un dîner (sur réservation), avant de s’achever avec un Concert pour la Paix à l’église Saint-Sulpice. Celui-ci réunira le Chœur des Femmes d’Asie, le Chœur de l’Orchestre de Paris et l’Orchestre national de Lille, sous la direction de Martina Batič. Un hommage à Elie Wiesel sera rendu à travers l’interprétation de Ani Maamin, cantate hébraïque de Darius Milhaud sur un texte d’Elie Wiesel, portée par Guila Clara Kessous.

Ainsi se dessinera, tout au long de cette journée, un dialogue exigeant et nécessaire avec l’une des grandes consciences du XXe siècle – une invitation à penser, à partir de Malraux, ce que peut encore signifier aujourd’hui les combats pour la liberté des peuples et pour la liberté de l’esprit, lui qui avait dit aux étudiants du Bangladesh, voici 52 ans : « Vous avez montré au monde qu’on n’assassine jamais assez pour tuer l’âme d’un peuple qui ne se soumet pas. »

Dessin original de Dany Laferrière, de l’Académie française pour le Colloque sur André Malraux.
Dessin original de Dany Laferrière, de l’Académie française.

Colloque : « André Malraux, la quête d’un dialogue universel »

Le 10 avril 2026 à partir de 10h.
Au Palais du Luxembourg,
15 Rue de Vaugirard
75006
Paris

Retrouvez le programme de la journée et le lien d’inscription ici.

2 Commentaires

  1. Un célèbre Tanna judéo-convers a dit : « Well, it may be the Devil or it may be the Lord / But you’re gonna have to serve somebody. »
    Que Guterrez mette à profit la nouvelle réunion d’urgence du Conseil d’insécurité des Nations unies contre leur éternel Grand Bouc, en ordonnant aux unités à la peur bleue de l’Organisation contre le crime — ah oui, vraiment ? — de cesser, une bonne fois pour toutes, leur collaboration passive et proactive avec le mal radical, faute de quoi elles ne sauraient qu’être englobées dans les objectifs de guerre du même pays contre lequel s’acharnent leurs comparses inassumés.
    Même conseil à Léon XIV dont un nombre croissant d’entre les ouailles millénaristes se joignent à l’infécond et sardonique effort de guerre du djihadisme palestinien (pléonasme), mirage rampant et galopant, et en col blanc et en treillis s’entend, visant à spolier sa mémoire, son histoire, sa terre et le lien qui l’unit à son Père au seul État d’une nation rationnellement, car conceptuellement, et donc factuellement unique en son genre, sans l’existence de laquelle ni l’ONU ni le Saint-Siège n’auraient su voir le jour.
    Seule une infime portion des saintes matrices de l’hyperterrorisme furent condamnées à progresser tapies dans ce tapis de lierre que l’on peut voir remonter les remparts de l’Église en s’abreuvant à la source ambiguë de leurs douves protectrices. Vatican II est un processus de suspension des assassines écritures, un travail sur le Soi par là même en suspens, inachevé au point d’en fournir une terrible caution morale aux législateurs de la Loi universelle et internationalisable portant statut des Juifs, un tir d’élite à rectifier d’urgence.

  2. L’opposition iranienne a hurlé sa supplique en silence. Elle implora en acte l’aide réaliste et conséquente des seuls alliés sur lesquels nous savions tous pouvoir compter dans la région et par-delà les océans. Cette main secourable poindrait en trombe à l’horizon céleste. Substantielle, à ce qu’il semblait. À moins que la disparition du Guide suprême eût pour effet de hâter l’entêtant avènement des apparitions du serpent à deux têtes Khomeini Khamenei…
    Suite à la fin de l’histoire, la petite révolution initiée par l’antisystème Trump chamboule tout le post-nouvel ordre. Elle l’a surpris au point d’en inhiber sa dérive effarante, et c’est nous Autre qui en sommes resté coi quand l’Organisation des Nations unies (contre l’État juif) s’est limitée à exiger de la République islamique d’Iran qu’elle cessât de frapper ses voisins au Moyen-Orient, là où l’on se serait attendu à ce qu’elle enjoignît Tsahal et la flotte de l’US Navy de consentir à torcher un cessez-le-feu dès la première tentative de décerébration planétaire opérée par la Propagandastaffel canal préhistorique. Or, malgré un contexte potentiellement favorable à la matrice sunnite du djihadisme quadrimotorisé, le prétendant chî’ite à la succession du prophétisme par soumission résiste.
    Nos ancêtres eurent, jusqu’à récemment, la chance de traverser des guerres civiles, régionales ou mondiales durant lesquelles la civilisation qui est ou fut la nôtre savait encore quoi faire pour devenir, être et rester libre. Nous célébrons chaque année non pas une, mais deux dates historiques relatives à deux événements majeurs car décisifs en l’abscence desquels l’humanité, réduite à la protion congrue, aurait très vite été contrainte de marcher au pas de l’oie de la Terre à la Lune : la première de ces dates anniversaires nous réchauffe le 8 mai en nous rappelant que la paix n’advient pas avant que les forces du mal n’aient été poussées à la capitulation ; la seconde nous rechauffe au sixième jour du mois de juin, lequel marque un point de bascule prouvant à qui veut l’entendre qu’en l’absence d’un sursaut de conscience interne au régime assassin, chair à canon incluse, les bombardements aériens ne suffisent pas.
    La 82e division aéroportée va-t-elle changer la face du monde comme elle le fit par le passé ? Si son parachutage se borne à parader sur un tapis de sang séché, il y a peu de chances qu’elle transforme l’essai. Sans une forme ou une autre de yaltaïsation du conflit, nos objectifs de guerre ne seront jamais atteints et l’événement événementiel se révélera rétrospectivement avoir signé l’arrêt de mort de la première puissance exportatrice et protectrice des droits fondamentaux dans le monde, après que le rabougrissement spectaculaire de son aura n’aura su faire que renforcer sur chaque centimètre de la surface du globe les ennemis du progrès, de la démocratie et autres fossoyeurs antilévinassiens de l’irréductible altérité d’autrui.
    La Révolution islamique mondiale doit avorter à Téhéran, à Riyad, au Caire, à Ankara de sorte que la gare de Perpignan ne puisse pas sombrer avec elle comme le ferait une géante rouge infanticide dans l’œil sec de Dalí. Nos véritables défenseurs ne trahiront pas, mais avant tout, ils n’abdiqueront pas. Ils veilleront à broyer le culot des faux derches en dévoilant les ratés en série de leur stratégie de l’entre-deux-chaises. Alors, Superdrumont n’entravera plus la marche du monde vers la liberté restreinte et générale. Tout est permis à condition que les représentants officieux de la République universelle se montrent aptes à insuffler, partout où ils déclinent, la quintessence d’un certain nombre de principes dont le dévoiement suicidaire est en passe d’implémenter sa Nouvelle Règle à la vitesse des anti-Lumières.