Depuis ce samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. L’opération conjointe « Fureur épique » et « Lion rugissant » est incontestablement d’une grande ampleur, le Président Trump annonçant le jour-même l’élimination du guide suprême Ali Khamenei. Elle représente même un basculement historique dans le Moyen-Orient par ses conséquences possibles ou imprévisibles.
Je la souhaitais depuis longtemps, moins que les Iraniens eux-mêmes qui scrutent le ciel depuis des semaines espérant apercevoir les avions de combat qui les délivreront d’un régime criminel.
Préciser les buts de guerre
Il faut désormais observer le déroulement des opérations et les réactions de l’Iran qui a décidé de frapper les pays du Golfe. Les buts de guerre vont se préciser. Nous sommes face à deux grandes options : soit un changement de régime qui semble être privilégié avec l’élimination du guide suprême et de plusieurs autres dirigeants ; soit une pression majeure exercée sur les négociations entre les Iraniens et les Américains sur la question du nucléaire et de l’enrichissement d’uranium iranien. Ces négociations étaient-elles d’ailleurs sincères ? S’agissait-il pour le régime des mollahs de gagner du temps ? Donald Trump préparait-il plutôt son opinion réticente à une intervention ?
Nous savions que les Iraniens refusaient d’aborder la question cruciale des missiles dans le cycle des négociations. Lors de l’accord JCPOA il y a dix ans, on ne parlait alors que du risque nucléaire. Mais la prolifération missilière de l’Iran, dont les ogives peuvent atteindre Israël, est devenue un sujet central.
En parallèle de ces discussions, les États-Unis déployaient depuis plusieurs semaines une armada considérable au Moyen-Orient. 50 000 hommes, 2 porte-avions, 200 avions de combats en mer et dans les bases aériennes de la région. Concrètement, il est rare de déployer un tel dispositif pour ne pas intervenir.
Nous y sommes, donc.
La chute du régime des mollahs doit être une priorité stratégique
Soyons clairs. Si nous voulons un Moyen-Orient stable et un monde plus sûr alors la chute du régime iranien doit être une priorité stratégique. Nous le savons ; c’est difficile, complexe, risqué. J’entends l’inquiétude des opinions dans ce monde déjà très brutal. Si le conflit se prolonge, les conséquences économiques (fermeture de certaines routes maritimes, hausse du prix du pétrole et du gaz…) peuvent être lourdes. En Europe, nous sommes déjà confrontés à la guerre en Ukraine.
Je lis les déclarations des responsables européens et du Président de la République. Ils évoquent, impuissants, la nécessaire « désescalade », le retour à un « dialogue de bonne foi ». Mais qui peut y croire vraiment ? N’a-t-on pas retenu les leçons de l’histoire ?
Ne pas reproduire les fautes du passé
En 1979, au nom d’un romantisme révolutionnaire toujours faux, une partie de l’intelligentsia de gauche a cru voir dans Khomeini et le renversement du chah, lâché par l’administration Carter, la possibilité de voir émerger en Iran un régime anti-colonialiste et anti-impérialiste. Là où se mettait en place une contre-révolution théocratique et totalitaire. On a encensé l’alliance avec les islamistes, persuadés qu’ils n’étaient qu’une force transitoire. Lourde erreur. L’islam politique ne fut pas un compagnon de route mais le cœur du projet.
La République islamique, forte aussi de la passivité des puissances occidentales, s’est construite méthodiquement, éliminant ses alliés d’hier, écrasant la gauche, les démocrates, prenant le contrôle des institutions, verrouillant l’État autour du religieux et de la violence. En 1989, tandis que le mur de Berlin s’effondrait et que l’histoire semblait s’ouvrir à la démocratie, Téhéran lançait la fatwa contre Salman Rushdie. Un acte fondateur de l’islamisme mondialisé, proclamant que la loi religieuse pouvait frapper partout, au-dessus des États et des libertés. Depuis, l’Iran n’a cessé de perfectionner ce modèle, mêlant vision apocalyptique et antisémitisme, répression interne et projection idéologique externe, jusqu’à devenir l’un des pôles centraux de l’islamisme contemporain.
Cette stratégie s’est étendue par le recours systématique à des proxies armés, permettant au régime d’exporter la violence et de déstabiliser des États. L’Iran a financé et armé le Hezbollah au Liban, les milices chiites irakiennes, les Houthis au Yémen, le Hamas et d’autres groupes palestiniens. Jusqu’au bout, il a soutenu le régime sanguinaire de Bachar. Ses réseaux ont été impliqués dans des attaques contre les Occidentaux dans la région (enlèvements, attentats contre des cibles françaises et américaines au Liban) mais aussi bien au-delà. L’Iran a commandité une série d’attentats à la bombe à Paris en 1985-86, l’assassinat d’opposants iraniens partout dans le monde jusqu’à aujourd’hui encore.
Un peuple massacré qui implore notre solidarité
Les Iraniens ont payé leur soulèvement au prix du sang en janvier. Ils espéraient déjà l’intervention américaine annoncée imprudemment par Trump. Nous mesurons le niveau d’horreur d’un régime qui massacre son peuple, sa jeunesse, les femmes depuis des années. Mais la répression ce dernier mois dépasse l’imaginable. Plus de 30 000 morts en quarante-huit heures. Les snipers ont tiré sur les manifestants, dans des dizaines de villes du pays, pour tuer. Les milices du régime se sont précipitées dans les hôpitaux pour empêcher les soins ou achever les blessés, s’en prenant aux médecins eux-mêmes.
De nombreux Iraniens appellent donc depuis des semaines une intervention extérieure, terrible mais nécessaire face à une pieuvre que les quarante-sept années de pouvoir ont formé contre toute résistance intérieure. Une partie de la diaspora iranienne – dont Reza Pahlavi, le fils du chah – assure que le lendemain ne sera pas le chaos de l’Irak ou de la Libye pour ce peuple vieux de trois mille ans, éduqué, cultivé, se battant pour accéder à la liberté, formant une nation constituée.
La fin de la République islamique d’Iran n’aboutirait pas seulement à un changement de régime d’une portée historique pour le peuple iranien. Elle serait aussi, face à la violence et l’obscurantisme, un choc salutaire, géopolitique et idéologique majeur pour le Moyen-Orient et le monde.
La carte de la région se redessine progressivement
La carte de la région se redessine progressivement. Cela a commencé par les Accords d’Abraham conclus entre Israël et plusieurs États arabes dont les Émirats Arabes Unis et le Royaume de Bahreïn dans la région.
Puis, tout a changé après les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël. Freiné dans les négociations de normalisation avec l’Arabie Saoudite, entraîné à nouveau dans la guerre après les massacres, Israël a considéré que son existence était à nouveau en jeu et que l’Iran était plus que jamais la véritable menace. Affrontant une guerre sur cinq fronts : Gaza, Liban, Syrie, Yémen, Iran, l’État hébreu a remporté des victoires majeures, militaires et stratégiques.
La puissance du Hezbollah a été considérablement dégradée. Bachar est tombé. La République islamique d’Iran, déjà affaiblie, l’a été davantage par « la guerre de 12 jours » menée par Tsahal et les États-Unis en juin dernier.
La France doit être aux côtés du peuple iranien
Néanmoins, le régime des mollahs s’est lancé dans une fuite en avant pour sa survie. Il réprime son propre peuple, il constitue un danger existentiel pour Israël, il soutient Poutine dans sa guerre contre l’Ukraine, il nous menace. Voilà pourquoi je soutiens l’intervention américaine et israélienne. Elle me paraît nécessaire et juste.
La position diplomatique française, de nature à émettre des réserves à l’idée de toute intervention militaire extérieure, au nom du respect d’un droit international dénaturé qui protège les tyrans et condamne les démocraties, n’est pas digne. L’histoire est en train de s’écrire sous nos yeux. Je souffre de notre retrait. J’attends que mon pays sorte de ses ambiguïtés et qu’il prenne ses responsabilités en participant à la coalition qui rendra la liberté au peuple iranien.

Votre discours peut-il vraiment s’appliquer dans le cas présent, êtes-vous vraiment sûr que l’intervention américano israélienne vise à libérer un peuple et à se protéger de menaces existentielles? Encore faudrait-il que les agresseurs de l’Iran soient animés des intentions que vous leur prêtez.
D’autre part il ne vous aura sûrement pas échappé que le président actuel des USA veut se débarrasser des institutions internationales pour en créer de nouvelle à sa main, pensez-vous cela souhaitable? Pensez-vous qu’il soit souhaitable d’abolir tout droit international et de le remplacer par la raison du plus fort? N’avez-vous pas l’impression de fuir le navire et de vous rallier à ceux qui veulent le saborder à la première difficulté?
Je pense que la position espagnole est plus courageuse que la votre et celle de la France dans cette affaire.
Votre position en la matière n’est qu’apparence de raison et la question que l’on devrait plutôt se poser c’est doit-on vraiment faire la guerre et pourquoi?
Les guerres que l’on a déjà menées sur les théâtres où nous sommes actuellement ont-elles résolues les problèmes qui s’y trouvent ou au contraire aggravées
les choses?
Par exemple la situation sur les différents théâtres où notre armée française était présente, Mali, Centrafrique, Syrie, Irac, Lybie montre que rien n’est résolu, les problèmes de fond sont toujours là, par exemple la question Touareg au nord du Mali subsiste et l’état Malien n’a pas rétabli sa souveraineté sur cette région.
Enfin, pensez-vous comme les américains et les israéliens que les conflits du monde peuvent se résoudre avec des assassinats?
Bref je préférerai toujours les méthodes d’un homme comme Gandhi qui a libéré son peuple, non pas sans victimes mais sans armes.
En séparant le bon grain libanais de l’ivraie occupante du Hezbollah, le zozoïsme d’Élysée-Orsay n’abuse pas que le Rouet et sa cour. Toutefois, il continue d’échouer à engourdir les méninges d’Israël dont les oreilles captent avec un très haut degré de précision les buits de couloir émanant d’alliés stratégiques de longue date qui, hélas, ne sont pas les siens en tant qu’ils n’ont jamais émis le souhait de détruire conjointement les bases terroristes d’une milice armée visant à exterminer la bête noire des hitlériens de tous les pays ; si tel avait été le cas, ces derniers n’auraient pas attendu d’être au pied du mur pour feindre de géolocaliser les hypostases du Bien et la benne à ordures du mal.
On ne fait pas, dit-On, la guerre pour des valeurs, mais pour défendre les intérêts supérieurs de sa propre nation ; eh bien, c’est juste ce à quoi s’appliquent, pendant que l’on se contorsionne l’éthique de l’Attaque par-delà bien et mal, cet État et ce peuple, aussi juifs l’un que l’autre, ou cette démocratie leader et éclaireuse qui a surpris tout le monde, c’est dire ! en effectuant un retour détonant dans l’histoire, lesquelles fiancées retardataires du Cantique des Cantiques savent aussi bien que quiconque ce que peut engendrer une haute diplomatie infectieuse lorsqu’elle privilégie la logique de la pompe et s’accommode à cet effet d’une conception nettement fasciste de la morale, dont les effets en termes de stabilité régionale ne sont pas manifestes.
Le pilonnage du Hezbollah par la Force de défense d’Israël nous donne une idée de l’étendue et de la profondeur des capacités de nuisance de l’Immonde ; preuve, s’il en était encore besoin, que la décapitation partielle d’une hydre, fût-elle un préalable dont on ne saurait se dispenser, ne suffit pas à anéantir une machine à réduire les cerveaux en bouillie.
Nous ne sommes pas assurés que la désislamonazification du Moyen-Orient va prendre, ni que la désoummaïsation des esprits désoccidorientés en découlera entre Bruxelles et Washington, mais il est évident que le renversement de la dictature iranienne est la meilleure chose qui pouvait arriver aux opposants irréductibles et à l’espoir d’instaurer par effet boule de neige une constellation d’États démocratiques dans une région du monde où nous n’en avons jusqu’à présent répertorié qu’un seul.
Les Politkovskaïa et Navalny d’Iran, du Qatar, du Liban, d’Arabie saoudite, de Turquie etc. ne verront probablement pas leurs efforts couronnés d’un succès immédiat. Nonobstant ce handicap majeur par lequel se tempère la chance inouïe d’être doté d’un libre arbitre chez la seule créature qui, ayant été faite à l’image du Créateur de toute chose, est sommée de garder à l’esprit ce risque permanent que représente la surestimation du spectre de puissance des processus d’humanisation en cours de parachèvement, les semeurs de liberté pourront toujours compter sur leurs libérateurs pour diffuser l’esprit des Lumières à travers monts et vallées asphyxiées, grottes et crevasses aseptisées, à désobscurantiser de toute urgence.
Il est temps d’en finir avec l’islamo-gauchisme… l’intelligentsia française doit ouvrir les yeux ! … Cet ayatollah est mort exactement comme ce qu’il voulait infliger à Salman Rushdie dans sa fatwa. Je ne me réjouis jamais de la mort d’un homme en soi. Mais il faut dire quel homme il était… Aujourd’hui, on a les dérapages antisémites, factieux et racialistes de Mélenchon qui ne doivent rien au hasard mais sont les fruits de cet islamo-gauchisme hérité de la révolution iranienne. Pour ma part, je pense qu’il faut relire des auteurs comme Léo STRAUSS qui ont vu, des décennies avant tout le monde, dans quelle impasse l’Occident libéral pouvait plonger s’il ne conservait pas les prémisses helleno-chrétiennes de sa propre liberté. On l’a traité de conservateur (alors même qu’il était un rescapé de la shoah). En vérité, c’était simplement un visionnaire qui mettait en garde contre le relativisme moderne et ses conséquences potentiellement totalitaires. Il fut l’un des premiers penseurs anti-totalitaires, ouvrant la voie à Raymond Aron.
La France a peur, cela paraît évident, mais de l’ennemi n° 1 de l’Occident ou d’elle-même ? à moins qu’à ses yeux embourbés, les deux ne fassent plus qu’un ! — à croire qu’elle cherche à sortir de l’histoire pour de bon, mais peut-on réellement s’en sortir, une fois qu’on nous a mis les deux pieds dedans ? Je crains, hélas, qu’en jetant une bouée au régime terroriste et tortionnaire de Téhéran, quand d’honnêtes humanistes se seraient réjouis que le peuple iranien se vît offrir par ses potentiels alliés une chance unique de mettre la Bête immonde hors d’état de nuire, celui qui appelle cette dernière à négocier « de bonne foi » ne soit depuis longtemps passé du pire côté de la ligne de front.
Dans le même temps, nous voyons l’Amérique et Israël réussir un exploit militaire sans précédent, savoir la décapitation d’un régime politico-religieux et militaro-terroriste, non pas au premier jour d’une guerre existentielle, mais bien plutôt comme déclencheur de ce jour J.
On ne parvient pas à de tels résultats en se coordonnant à la dernière minute. La haute diplomatie des idiots utiles s’est fait berner, et c’est heureux. On put voir ces affreux criminels agiter encore, et comme toujours, l’épouvantail sioniste, le risque d’embrasement et se poser en meilleurs garants de la paix régionale (dans l’islam radical), ce qui n’est pas faux si l’on fait résonner ces propos — qui insultent notre intelligence — dans ces âmes doctrinalement damnées par la Nébuleuse islamiste.
Donald Trump assurerait une issue déshonorante à la République islamique : le renoncement au programme nucléaire en échange d’un sursis politique donnant aux tyrans le temps de décamper à la Bachar. Ces salopards prirent cette proposition tactiquement généreuse pour un énième signe de faiblesse de l’Occident, une preuve supplémentaire que la première puissance mondiale n’avait pas les épaules ni le reste pour s’attaquer à la première puissance de la galaxie, de l’univers et du multivers qu’est la quatrième, dernière et donc meilleure version du monothéisme.
Les religieux les plus cons du monde seront punis par là où ils ont péché, question de justice élémentaire. Et tandis que l’Europe se complaît à patiner dans la semoule en s’interrogeant sur le bien-fondé d’une opération majeure, essentielle, exemplaire à laquelle nous n’étions pas préparés, ni n’avons même été avertis, et pour cause… pour être convié à la neutralisation des menaces exogènes, faut-il encore s’être montré apte à endiguer les menaces endogènes, le Lion rugissant et la Fureur épique fixent le nouveau cap : « Nous ne laissons plus l’Ennemi nous dicter son agenda. Nous choisissons nos partenaires pour la paix. Nous bâtissons un futur qui n’est pas voué à nous filer entre les doigts. » Bon sang, mais ça change tout !
Encore une fois votre analyse est juste pertinente
Vous êtes d’une intelligence républicaine qui vous honore
Merci de nous éclairer