Oui ! oui ! oui ! oui ! au fabuleux tableau que Picasso n’a jamais appelé ni intitulé Guernica.

Mais quel était le nom du tableau du génial Picasso, présenté à Paris lors de l’Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne, à partir de son inauguration (le 25 mai 1937), par le président de la République française Albert Lebrun ?

Il est très simple de répondre : en consultant toutes les archives de la presse des journaux de 1937 à 1944, sans aucune exception, depuis El Sol jusqu’à ABC, depuis The New York Times jusqu’au Corriere della Sera, depuis L’Humanité jusqu’à Le Temps, etc.

Toutes ces archives – indestructibles ? (je répète : sans aucune exception) – se réfèrent à ladite inauguration par le président de la République française.

Dans l’un des couloirs de l’exposition était exposé le tableau à l’huile de 349,3 × 776,6 m que l’insurpassable (?) Picasso acheva de peindre le 4 juin 1937, intitulé : Cris d’enfants, cris de femmes, cris de colombes.

C’est ainsi qu’il fut appelé durant les sept années suivantes dans les diverses expositions auxquelles il participa, sans aucune exception.

Le 3 avril 1940, le génie Picasso prendra une décision aussi surprenante que spectaculaire : dans une France envahie, inspirée par le maréchal Philippe Pétain – ex-ambassadeur et ami de Franco – il demandera à ce moment-là, significatif (?), la nationalité française.

Nationalité française qui, absurdement, lui sera refusée. Comme le montre une reproduction d’un mètre carré du Musée national de l’histoire de l’immigration de Paris.

Le 5 octobre 1944, le journal communiste français consacre la moitié de sa Une à l’adhésion du génial Picasso au Parti communiste français (à la surprise du parti espagnol). Sur la grande photo – Paris déjà libéré par une division espagnole ? – il apparaît aux côtés de Jacques Duclos et de Marcel Cachin, dirigeants communistes français. Sans aucun Espagnol.

Des mois après cet instant, le tableau du génie Picasso commencera (au début modestement) à être appelé par les adeptes de sa nouvelle cause : « Guernica ».

On dira alors que l’idée géniale et surprenante de ce nouveau titre serait venue d’Iossif Vissarionovitch Djougachvili, dit Staline, tandis qu’il conversait terriblement avec les responsables du monde.

On comprend que Wittgenstein soit venu en bateau (oui, oui) le voir pour lui proposer d’être le professeur de ses meilleurs élèves. Et peut-être pourrions-nous même comprendre que l’auteur de centaines de milliers de crimes d’innocents ait supplié (à la manière de Dostoïevski) le prodigieux Mikhaïl Boulgakov de ne pas quitter la Russie, comme Staline le suppliait par téléphone. Le roman sera sauvé des différents autodafés grâce à l’unique exemplaire édité pour lui-même par son meilleur admirateur : Staline.

Picasso, stupéfait et « furieux », a-t-il cru que Staline lui avait changé le titre de son tableau ?

Il se consola avec sa compagne, si particulière. Dora Maar ne pouvait ni imaginer, ni même accepter le crime terrible de Guernica commis par ses favoris. Car jusqu’à la fin de sa vie (17 juillet 1997), elle crut en différents « paradis » et condamna quiconque n’avait pas des idées aussi horribles (?) que celles qu’elle professait.

Mais elle séduisit le génie Picasso en plantant, à toute vitesse, un couteau entre ses cinq doigts au Deux Magots de Paris en 1935.

Ils se connurent et s’aimèrent depuis ce moment-là jusqu’en 1944 (?) Françoise Gilot sera l’épouse de Picasso à partir de mai 1946.

Le 22 novembre 2009, elle me confiera à New York, dans l’appartement de Mary Cronson (en présence de Benoît Mandelbrot et de Tom Bishop) : « Avant, nous nous voyions deux fois par an. Je n’ai jamais compris pourquoi Picasso n’est pas parti de Paris à l’arrivée des nazis. »

Dora Maar sera interprète, en mars 1944, de la pièce de théâtre de Picasso, avant la libération de Paris et l’adhésion de Picasso au Parti communiste.

(Picasso, en mai 1968, présidera l’occupation du Collège d’Espagne, à la suite d’un simple appel téléphonique de ma part.)

J’espère et je souhaite, parce que cela m’importe, que la gloire du génie Picasso perdure et augmente pour les siècles des siècles, et qu’il soit monté au Soleil par la Voie lactée…

(Un texte traduit de l’espagnol par Pierre Forman)

Photos

« Arrabal 1968 », œuvre pop art, on voit un portrait d'un adolescent sur une sculpture fragmentée.
« Arrabal 1968 », œuvre pop art.
Dora Maar photographiée par man Ray en 1936.
Dora Maar photographiée par Man Ray en 1936.

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