Je ne vais pas vous raconter ce qu’il se passe en ce moment en Iran, vous le savez très bien. J’aimerais vous dire ce que l’on peut faire pour l’avenir. En 2022, avec la mouvement « Femme, Vie, Liberté », notre peuple a attaqué le régime idéologiquement, il a réussi à attaquer l’intégralité du régime – une évolution en vue de son renversement. Aujourd’hui, nous sommes face à un grand choix. N’oubliez pas qu’en 1979, nous avons tous commis une erreur monumentale : le Chah a montré sa bonne volonté en choisissant un Premier ministre démocrate – assassiné avec son assistante à Paris. Ce jour-là, la France a organisé une conférence en Guadeloupe qui a choisi Khomeini et renversé le régime du Chah. Le peuple iranien ne l’a pas oublié. Cela fait quarante-sept ans que le monde paie pour cette erreur de 1979. Aujourd’hui, vous êtes encore devant un choix : le choix entre Khamenei et le prince Pahlavi. Ne permettez pas que le monde s’assombrisse encore dans l’avenir. L’Iran traverse une étape capitale. Nous n’avons pas besoin d’un soutien verbal ; comme l’a demandé le prince Pahlavi – et madame Shirin Ebadi a formulé la même demande –, c’est une intervention militaire qui est requise. Il est même déjà presque trop tard. Trump est sur une frontière entre être aimé ou détesté par la population iranienne. Je pense que l’occasion se présente aujourd’hui de rattraper nos erreurs. L’avenir ne va pas nous oublier. Et je vous assure que la chute du régime en Iran, c’est la chute de la politique de l’islam politique dans le monde entier. Les « Gardiens de la Révolution » n’est pas un diminutif de la république islamique, c’est un diminutif de la révolution islamique. Dans l’intitulé des « Gardiens de la Révolution », l’Iran n’apparaît pas, de même que le Hamas est le mouvement de la résistance islamique, qui ne mentionne pas le nom de la Palestine – ce qui les relie est précisément cet islam politique qui, dans son principe même, veut exporter et étendre cette révolution, et qui constitue une menace pour toute la terre. De la même façon que l’islam politique chiite et sunnite se relient, nous avons besoin de faire le lien dans notre monde libre, face à l’islam politique qui est un danger pour le monde. 

Aujourd’hui, j’entends dire que le professeur Abdolkarim Soroush prétend promouvoir un islam séculaire – ce n’est pas vrai. Lui et treize autres personnes qui se prétendent les néo-intellectuels religieux ont fait un communiqué dans lequel ils ont présenté les manifestants iraniens comme des agents d’Israël – exactement le même discours que Rouhani et Khatami. Monsieur Soroush, auteur d’un article intitulé « Khomeini : le soleil d’hier et l’alchimie de demain », est la figure de l’antisémitisme en Iran. Je vous parle en tant que chercheur : j’ai écrit des milliers de pages sur le régime et ses agents, j’ai écrit plus de 2 500 pages sur les autorités judiciaires, juridiques et sécuritaires de l’Iran, ce n’est pas vrai. Cela fait plus de vingt que j’écris sur Abdolkarim Sorous et son rôle dans la révolution culturelle en Iran, qui s’en prend aux étudiants, aux intellectuels et aux professeurs d’université. J’ai été à la prison d’Evin, et j’ai vu comment les étudiants étaient arrêtés massivement et envoyés à la mort. 

En 1979, vous avez fait l’erreur d’héberger Khomeini. Aujourd’hui, nous devons tous saisir cette occasion de mettre fin à ce régime – une occasion qui ne se présentera peut-être plus. Je vous en prie, prêter votre oreille à la voix iranienne, au peuple iranien qui est dans la rue, sous les balles, et qui crie vouloir le retour de son prince. Lorsque, il y a trois ans, on a demandé à Emmanuel Macron pourquoi il avait serré la main d’Ebrahim Raïssi, un président connu pour ses assassinats, il a répondu : « nous n’avions pas d’alternative en Iran ». Aujourd’hui, n’entendez-vous pas la voix des Iraniens qui, dans les petites et les grandes villes, partout en Iran, appellent leur prince ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*