Martin Boujol survole les bulles et hashtags de lecture sur Instagram et TikTok du haut de ses 342 000 followers, fidèles à son compte « La nuit sera mots ». Très courtisé par les auteurs et les maisons d’édition, il s’est forgé une réputation de sérieux et d’érudition, à l’aide de ses vidéos quotidiennes à l’audience impressionnante. Il parle vite, compte vite, agit vite, toujours une idée de nouvelle vidéo en tête, et il s’ouvre également à d’autres disciplines artistiques.

Il a publié Et si on lisaitCahier d’activités pour les amoureux des livres, un livre-jeux de lecture, en mai dernier, dans le cadre d’une série lancée par son éditeur, et publiera un premier récit au printemps, ainsi qu’un second cahier de vacances littéraires. Martin a lu 130 livres en 2025 et en reçoit désormais une vingtaine par semaine, si bien qu’il a dû pousser les murs de son appartement genevois et arranger son espace de vie pour faire de la place à ses centaines de colocataires de papier. « Une bénédiction », dit-il, et l’un des premiers « trucs chouettes » de son nouveau métier : recevoir des livres, jusqu’à la malédiction d’être parfois « trop gourmand » et de ne pas pouvoir tout lire.

Mais hors de question pour lui de passer à Kindle ou au PDF, sauf en cas d’urgence, d’une émission de radio, d’un jury de prix littéraire ou de l’impératif de lire trois livres pour le lendemain avant même, parfois, leur publication papier. « En règle générale, j’aime avoir l’objet entre les mains, pour mon confort personnel de lecture, pouvoir le crayonner, dessiner dedans, c’est ainsi que je me l’approprie. Et puis, pour sa promotion, pour donner envie aux gens de le lire, il faut cet objet, sa couverture, pour les inciter à aller l’acheter en librairie, si possible indépendante, et non pas en commande sur Amazon ».

Car l’un des moteurs de Martin est de s’adresser à ceux qui n’osent pas pousser les portes d’une librairie, à ceux qui ne lisent pas, ou peu : « Plein de gens ne savent pas forcément comment sélectionner un livre dans un océan de choix, ils ne savent pas par où commencer. “Est-ce que ce sera trop difficile ? Est-ce que ce sera intéressant ? Est-ce que ça ne va pas être trop long à lire ?” Soit des questions que je me posais moi-même avant, et auxquelles j’ai répondu comme j’ai pu ». Chez lui, depuis l’enfance, il y a toujours eu des livres pour l’entourer, des magazines, une mère enseignant bénévolement le Français à des migrants. Adolescent, il déménage aux Etats-Unis, dans le Minnesota, récemment sous le feu de la rampe de la contestation anti-Trump, et où il doit apprendre l’anglais, vite, pour se faire des amis. C’est en revenant en France qu’il rencontre vraiment la littérature et ses premiers livres de « grand », ceux de Romain Gary. Son compte s’est d’ailleurs voulu un hommage à La nuit sera calme, de ce dernier. Mais le titre numérique était déjà pris. Alors pour ne fâcher personne, le « calme » est devenu « mots ».

Entretien

Êtes-vous à l’aise avec le titre « d’influenceurs littéraires », est-ce qu’il vous convient ?

Oui, je m’en accommode, même s’il est un petit peu connoté, il décrit de façon compréhensible ce que je fais. Sinon, on peut dire « créateur de contenu », « prescripteur littéraire », j’aime bien aussi.

Vous préférez ou vous aimez bien ?

Je trouve que c’est plus joli, mais je ne sais pas si c’est forcément clair pour le public, Le terme influenceur induit directement « réseaux sociaux », « audiences », « quelqu’un qu’on écoute pour lire des livres », cela veut dire plus de choses, mais c’est moins positif. Pour certaines personnes, cela renvoie à influenceur « lifestyle », ce qui n’est pas forcément bon. J’ai l’impression qu’ils se disent : « Ah, c’est un influenceur, une personne qui ne fait rien », alors que tous travaillent beaucoup.

Est-ce important pour vous que les gens se déplacent en librairie ?

Oui. J’aime cette idée que, peut-être à la suite d’une recommandation de ma part, ils franchissent le pas d’une de ces portes et qu’ensuite ils puissent être accrochés par le lieu, par un libraire, et trouver d’autres livres, qu’ils finissent par voler de leurs propres ailes et qu’ils aillent eux-mêmes chercher, creuser les sujets qui leur plaisent, les auteurs qui leur ont parlé et qu’ils dessinent leur propre chemin de lecture.

Est-ce que ça marche ? Est-ce que vous êtes inquiet pour les livres ? Avez-vous l’impression que les gens lisent moins qu’avant ? Qu’ils achètent moins de livres ? Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir du monde des livres ?

Je suis plutôt optimiste, il faut l’être de toutes les façons, on n’a pas le choix. Mais je pense que l’audience parle d’elle-même : le fait qu’il y ait autant de monde qui se lance dans des créations de contenus littéraires – que ce soit moi ou d’autres –, cela témoigne d’un réel intérêt.

Je pense aussi que l’on a récemment pris conscience que notre capacité de concentration diminue, avec nos vies toujours plus connectées, nos téléphones, nos ordinateurs, Netflix. De plus en plus de gens, en tout cas c’est ce que j’observe dans mon entourage, se remettent justement à lire. Ils ont besoin de déconnecter, ils ont besoin de cette pause temporelle et la lecture est un des très bons moyens de se sortir du « grill » ultra connecté, de découvrir de nouvelles idées, de penser par soi-même et de recueillir des informations qui ne sont pas juste dictées par l’algorithme. On sait très bien que l’algorithme va vous montrer exactement ce que vous voulez : des choses qui vous confortent dans vos opinions. Ils vont rassembler des gens qui se ressemblent. Et ça peut être très pertinent pour trouver des gens avec qui l’on a des affinités, mais ça casse aussi toute une partie du débat public. On n’est plus jamais face à des gens qui n’ont pas les mêmes idées que nous, au contact avec des choses qui nous dérangent, alors que c’est important pour se construire un esprit critique. La lecture reste un des seuls endroits aujourd’hui où il n’y a pas de barrières, où l’on est vraiment libres d’aller naviguer avec tous les textes possibles et toutes les idées dans une même pièce. Avec un peu de hasard aussi pour faire les choses. Et bien faire les choses.

Si vous aviez un livre à recommander à Donald Trump, ce serait lequel ? 

Ah ! C’est une bonne idée de vidéo ça ! Trois livres pour Trump. 

Tellement de choses que je pourrais lui recommander… mais je pense à un livre qui pourrait régler deux de ses problèmes en même temps : La guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature. A la fois parce que c’est une vive critique de la guerre tout court, mais aussi parce qu’elle montre le rôle prépondérant qu’ont eu les femmes en URSS. C’est un roman, un livre-documentaire, féministe parce qu’il montre comment les femmes se sont réellement battues. Ce livre leur redonne leur place dans l’histoire de la guerre. Il aurait besoin d’entendre cela je pense.

Un livre pour Vladimir Poutine ?

Je ne vais pas dire le même, car il en a déjà sûrement entendu parler et qu’il faut sortir de sa zone de « confort ». Je dirais En attendant Bojangles, un roman français d’Olivier Bourdeaut. C’est court, ça se lit bien, il donne un peu de rêve, un peu de magie. J’aime en général les livres épiques, les livres où c’est « Grand », avec des batailles, des guerres, des paix, mais je pense que tout ça est déjà bien ancré chez lui. Donc un peu de poésie, un peu de douceur, un peu de légèreté, ça lui ferait peut-être du bien.

A quelqu’un qui aurait perdu le goût de vivre ? 

Alors ce ne sera pas Suicide d’Edouard Levé. Mais pourquoi pas La vie devant soi, de Romain Gary ? Pour les mêmes raisons qu’En attendant Bojangles. Cette histoire d’un petit garçon tout seul, qui ne sait pas trop à quoi se raccrocher, n’a pas forcément de raison d’être là, mais qui va quand même être guidé dans la vie, à qui on va donner un peu de douceur, et dire « Écoute, tu as toute la vie devant toi ». Il y a de la lumière dans ce livre.

Romain Gary est un de vos écrivains préférés, n’est-ce pas ? 

Oui. Gary fait partie de ces lectures qu’on lit à l’adolescence. Les lectures les plus fortes. Je pense qu’entre 15 et 20 ans, et même un peu plus tard, on découvre la littérature et nos premières lectures ont un effet profond sur nous. Parce qu’on rencontre un auteur, mais aussi ce que peut dire un auteur. Ce sont parfois deux choses différentes, qui s’assemblent particulièrement bien chez Gary. Il a été le premier auteur « pour adulte » que j’ai lu en français et il m’a tout de suite « parlé ». Cette idée d’un amour profond pour la vie, d’essayer de son mieux, de faire de grandes choses. J’aime beaucoup son idée de la féminité aussi. Son courage. Sa créativité. C’était aussi un être assez facétieux avec ce prix Goncourt gagné deux fois. C’est un personnage qui me fascine, un grand homme du XXe siècle et un magnifique écrivain. Les romans de Gary ont été des textes « transformateurs » pour beaucoup de jeunes adolescents et adolescentes.

Un livre à recommander à Mark Zuckerberg ou à un autre grand patron de GAFAM ?

C’est une bonne question. On va supposer qu’il ne l’a pas lu : 1984, de George Orwell. Là, c’est très facile. Un livre qui parle de manipulation de données, des gens, et de technologies aux effets parfois funestes. C’est une bonne mise en garde.

A un snob ?

Je sais que tout ce qui est populaire est à éliminer facilement. Un livre primé serait trop convenu. J’irais « gratter » vers un classique un peu moins célèbre. Par exemple Leo Perutz, que les gens ne lisent pas beaucoup : Le Cavalier suédois, qui est fantastique. C’est l’histoire d’un noble et d’un voleur qui vont échanger leur identité par un petit tour de passe-passe. Le voleur va pouvoir prendre la place du noble, se marier avec la femme qui lui était promise, dans son château. Le noble va finir dans une carrière de pierre. Peut-être que ce snob ne l’aurait pas lu, mais puisque c’est tout de même un classique, avec le « stamp » classique, il se dira sans doute que c’est bien.

Quel regard portez-vous sur la critique littéraire ou le monde littéraire, sur vos interactions avec lui ?

J’ai assez peu d’interactions. Je considère qu’on ne fait pas exactement le même métier, même si, eux, ne nous voient pas comme des collègues sérieux. J’imagine cela car on n’a pas toujours de formation littéraire. Je n’ai pas fait Normal Sup’, ni de Lettres. Mais le travail des critiques au sens propre, est « d’ordonner » ce qui se fait, de situer les œuvres, de les noter parfois, et de juger leurs valeurs selon leur propre regard. Moi, je ne suis pas là pour dire ce qui est bien ou ce qui n’est pas bien. Je me vois plus comme un passeur, comme quelqu’un qui va aller récolter des fleurs et essayer de les montrer à des gens en leur disant « Regarde ! Tu peux regarder les fleurs, c’est intéressant ». Je ne suis pas là pour dire, « Ceci est une mauvaise fleur », « Ceci est une meilleure fleur que celle-là ». Je ne me sens pas la légitimité de le faire, ni l’intérêt, du moins pas forcément sur mon compte Instagram. Je veux que mon nom soit « facile à consommer », je veux que ce soit bien et facile pour les utilisateurs. Je ne suis pas là pour détruire une œuvre. Faire une vidéo me demande pas mal d’énergie, d’organisation, et d’écriture. Mettre cette énergie pour descendre quelqu’un me dérange un peu. Il m’arrive de critiquer, dans une émission, un podcast ou une radio, où je suis tout à fait ouvert au débat, mais mon compte est une plate-forme de promotion de la littérature en général. Pas de critique. 

Une lecture que vous avez adorée un peu inavouable ?

Inavouable, aucune. Je mets même un point d’honneur à ne jamais avoir honte de ce qu’on lit et d’être toujours curieux. Je lis beaucoup de mangas, de BD, de webtoons coréens. C’est important de lire de tout. Dans certains mangas, il y a des messages incroyables. Dans Naruto par exemple, l’idée de résister, d’être plus endurant face aux obstacles. Naruto m’a appris beaucoup de choses, sur l’amitié, sur la résilience. Contrairement aux contes de fées, le manga nous dit que la vie ne va pas nous faire de cadeaux, qu’on va nous taper dessus, mais que c’est à nous de nous entraîner à devenir plus fort, que l’on peut tout dépasser, et se forger une place.

Quel écrivain pourriez-vous croiser dans vos cauchemars ?

Je n’aimerais pas y croiser tous les écrivains un peu collabos de la Seconde Guerre mondiale. L’idée que des écrivains, des intellectuels, aient pu se conduire ainsi me fait peur, me dérange au plus haut point. Par opportunisme ou par antisémitisme, c’est inexcusable. On peut se taire sous la censure, mais on peut surtout ne pas aller dans le sens du censurant.

La plus belle bibliothèque ou librairie du monde selon vous ?

Je vais en donner deux. Celle qui me séduit le plus pour ses livres d’occasion et son rangement, son foisonnement, c’est celle qui est juste derrière la gare de Genève, qui s’appelle la Trocante. C’est un monsieur tout seul qui s’en occupe, qui a des piles, des piles, et des piles de livres d’occasion. C’en est presque troglodyte tellement vous vous enfoncez dans les livres. Allez-y faire un tour si vous avez le temps ! Et une autre au Mexique, la bibliothèque José Vasconcelos, de Mexico. Absolument incroyable.

Votre tout premier post Instagram littéraire, c’était un livre de Dostoïevski, et il n’avait pas marché, exact ?

C’est vrai. C’était sur Crime et châtiment, en 2019.

Est-ce que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a modifié votre regard sur la littérature russe ?

Je n’ai lu ou relu aucun roman russe depuis. Mais Crime et châtiment ne dit pas forcément beaucoup de choses de la Russie. Des livres qui parlent plus de la mentalité russe seraient peut-être plus géopolitiques. Je pense à Guerre et Paix par exemple. Mais je marche sur des œufs parce que je ne connais pas très bien mon sujet. La Russie récente est restée traversée, comme la Russie de l’époque de Tolstoï, par cette idée d’« Homme russe », de la « grandeur » de la Russie, de ce pays immense, avec tellement de peuples différents, dont certains qui ne sont peut-être même pas forcément au courant d’être en Russie. Ce sont des livres plus récents qui permettent sûrement de mieux comprendre d’abord l’URSS, la Seconde Guerre mondiale, et cette idée d’expansionnisme.

Vous dîtes dans une vidéo, à propos du livre Les enchanteurs, de Romain Gary, qu’il aurait pu être une « collab’ » entre ce dernier et Nicolas Gogol. Pourquoi ?

J’ai lu Les âmes mortes, et Le nez. J’y ai trouvé du surréalisme, de la magie, et quelque chose de contemplatif de la campagne russe.

Gogol est un auteur russe pour vous ?

Oui, je l’ai classifié comme russe. Mais, pardon, c’est vrai, il est Ukrainien ! 

Quel livre recommanderiez-vous à quelqu’un qui croit tout savoir ?

Pas mal de livres feraient l’affaire ! Car quelqu’un qui croit tout savoir n’en sait forcément pas tant que ça. Mais je recommanderais Les jardins de lumière d’Amine Maalouf. Un livre qui m’a considérablement impressionné et appris. Sur l’origine, le sens et la définition d’un seul mot par exemple : « manichéen ». Sur des prophètes méconnus. Fantastique.

Quel livre recommanderiez-vous à un mystique ?

C’est difficile parce que je ne voudrais ni le vexer, ni l’humilier, mais peut-être un livre sur l’endoctrinement paru en 2022 : Dieu est un voleur qui marche dans la nuit de Quentin Bruet-Ferréol. C’est un premier roman autour de l’histoire de la secte Heaven’s Gate, toujours en activité, même après une affaire de suicide collectif de 40 personnes aux Etats-Unis, sous l’impulsion d’un homme qui pensait que le monde allait s’arrêter et qu’il fallait se connecter avec les extraterrestres…

Quel écrivain auriez-vous aimé avoir comme meilleur ami ?

Le problème avec certains de mes auteurs préférés comme Kafka, ou comme Dostoïevski, c’est qu’ils seraient sûrement un peu déprimants et j’ai quand même envie de pouvoir boire des bières dans la joie et la bonne humeur avec mon meilleur ami. Pourquoi pas alors, pour rester dans la « trend » Gary, opter pour Joseph Kessel ? Il serait cet ami qui raconte ses voyages, ses reportages et qui ne craindrait pas de boire plusieurs verres, tout en étant très intéressant. Peut-être plus cool que Kafka, oui, et un peu moins névrosé, peut-être.

Est-ce que votre nouveau métier, votre façon professionnelle de parler des livres désormais, a changé votre rapport aux livres et à la lecture ?

Oui. Je lis dix à douze livres par mois sans compter tout ce qui est graphique, mangas, BD. C’est plus qu’avant, même si j’ai toujours été un gros lecteur. Devoir poster, presque tous les jours, motive encore plus la lecture et pousse à moins être distrait, moins passer de temps sur son téléphone C’est une lecture plus active. Mais il y a aussi beaucoup plus de plaisir car plus je lis, plus je suis curieux, plus je connais, et plus j’arrive à faire des liens. Tout prend encore plus de sens, je peux commencer à comparer les différents Goncourt, à me faire un avis sur tel prix Nobel, je peux rattacher les choses à leur mouvement littéraire, alors qu’avant, je n’y arrivais pas. Maintenant mon imagerie mentale, ma carte mentale littéraire, s’épaissit. Je lis toujours avec autant de plaisir même si des pensées parasites viennent parfois se greffer dans l’optique de la production de vidéo qui va suivre. Je lis aussi avec plus d’attention et d’intention. Mais c’est également la réalité de tout journaliste, de toute personne qui doit produire sous la contrainte, dans un cadre. Je ne vais pas m’en plaindre. Ce n’est pas l’usine. Certains se lèvent, pour aller faire un métier difficile, très mal payé, ou dangereux pour leur santé. Je n’ose donc pas me plaindre.

Dans l’une de vos vidéos, vous avez mis en évidence deux auteurs pour deux citations autour de l’essence de la lecture, l’une de Mario Vargas Llosa : « Nous devons continuer à rêver, à lire et à écrire, ce qui est la façon la plus efficace que nous ayons trouvée de soulager notre condition périssable, de triompher de l’usure du temps et de rendre possible l’impossible. »

Et l’autre de Montesquieu : « Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie ». Est-ce que ces deux phrases correspondent à votre définition personnelle de la lecture ?

Ce sont deux lectures récentes, dont le discours de réception du Prix Nobel de Mario Vargas Llosa. C’est clairement ce que je défends. La littérature nous permet de sortir du monde, de nos tracas, de nos angoisses, d’effectuer un détour, de nous mettre dans une autre disposition. La lecture ouvre des possibles que l’on croyait impossibles. Il y a toujours un ailleurs, il y a toujours quelque chose d’autre. Notre réel est toujours constitué de beaucoup plus de couches que l’on croit. La lecture nous amène un peu de nuances, d’autres angles de vue, ici, au quotidien et ailleurs à la fois.

Ça, c’est du Martin ?

C’est dit avec beaucoup moins de classe, mais c’est de moi ! 


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