Le dimanche 22 du mois dernier, l’hommage rendu à Georges de La Tour s’est achevé au musée Jacquemart-André. Peintre prolifique d’un naturalisme triomphant, grâce à la pureté formelle de ses compositions et à leur intensité spirituelle.

[À ses débuts, il était une planète. Autrement dit, ce que les Grecs appelaient un errant du firmament. Mais bientôt, il devint une étoile… immobile. Dans l’univers géométrique d’Aristote, les étoiles fixes se trouvent dans le firmament, le ciel ; que les planètes parcourent, errants, vagabonds, d’Est en Ouest.]

La Tour naquit à Vic-sur-Seille, dans le duché indépendant de Lorraine. Il commença sa brillante carrière comme mécène et collectionneur prestigieux, travaillant avec les ducs de Lorraine et le cardinal de Richelieu, et comme peintre de cour du roi Louis XIII. Dans le contexte tumultueux de la guerre de Trente Ans, sa maison et son atelier de Lunéville furent détruits en 1638. Il décida alors de s’installer à Paris et offrit au monarque une composition nocturne représentant saint Sébastien, que le souverain apprécia tellement qu’il fit emporter tous les autres tableaux de sa demeure pour la conserver.

La Tour forgea un style singulier grâce à sa propre interprétation du clair-obscur, caractérisé par un réalisme austère et une profonde spiritualité qui confère à ses compositions une dimension intemporelle. Ses scènes de jeu témoignent de son talent pour articuler les gestes et les regards dans un univers dramatique.

Rencontres nocturnes, musiciens ambulants, figures marginalisées et solitaires… tous ces éléments se retrouvent dans ses toiles. Des chefs-d’œuvre nocturnes qui marquent l’apogée de sa maturité artistique. Il inventa une nouvelle forme d’obscurité, où la lumière non seulement éclairait la scène, mais en devenait le sujet principal.

« Pseudo-arrabalesques » pour Georges de La Tour

« …mystique du plus-que-parfait incrédule ? »

« …échangeons-nous nos penchants ? »

« …prépondérance ! s’empiffrant de crasse et de fange ? »

« …la compagnie la plus discrète : soi-même ? »

« …une fois occultée, personne ne souffre l’agonie ? »

« …il sait qu’il est génial, et que l’être n’a aucune importance ? »

« …il mente avec prudence ; à contrecœur ? »

« …comique, est-il soliste ; si humoriste : perspicace ? »

« …la souffrance du désir est-elle déjà une joie ? »

« …il s’enivre de lui-même ? »

« …il se tue… pour vivre ? »

Photos

Fernando Arrabal a visité l’exposition consacrée à Georges de La Tour ; il pose à côté de toiles du peintre du XVIIe siècle.
Fernando Arrabal a visité l’exposition consacrée à Georges de La Tour, qui s’est achevée la mois dernier au musée Jacquemart-André à Paris.
« Le Tricheur à l’as de carreau » (détail), huile sur toile de Georges de La Tour ; on voit deux joueurs de cartes au XVIIe siècle.
« Le Tricheur à l’as de carreau » (détail), huile sur toile de Georges de La Tour vers 1636-1638, conservée au musée du Louvre. Photo : Wikipédia.

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