En Iran, durant les premiers jours de 2026, une nouvelle révolution s’est mise en marche.
Manifestations colossales, omniprésentes, explicitement politiques, qu’on a tenté en vain de faire passer pour des émeutes économiques. Répression monstrueuse, impitoyable, menée par un régime moribond qui ne survit qu’au prix d’un bain de sang et de milliers de morts.
Silence, indifférence, pusillanimité de l’opinion française et européenne. Presque personne dans les rues, si peu de voix dans les médias, pour protester, pour dire aux Iraniens héroïques qu’ils ne sont pas seuls. Non-assistance à peuple en danger.
Voilà qui en apprend beaucoup sur l’Iran, et aussi sur nous.
Du côté de l’Iran se confirme l’impasse d’un régime effroyable qui fait régner depuis 47 ans une dictature religieuse, fanatique et sanglante en maintenant son peuple sous le joug de la terreur – emprisonnant, torturant, exécutant celles et ceux qui tentent d’être libres.
Un régime sans liberté. Pas de possibilité de s’exprimer, de s’habiller comme on veut, de conduire sa vie selon ses choix. Partout une police des mœurs, un contrôle permanent des paroles, des gestes, des lectures, des conversations. Quand les libertés grondent, se clament et se montrent, les moyens de communication sont coupés, les troupes armées mobilisées. Le massacre à huis clos s’organise, contre de prétendus « ennemis de Dieu », femmes et hommes descendus sans armes dans la rue crier leur rejet politique de cette tyrannie et de son étendard sanglant.
Un régime sans égalité. Les femmes, voilées sous peine de sanction, n’ont pas le droit de chanter dans la rue et sont assassinées à coup de pierres en cas d’adultère. C’est le quotidien des Iraniennes depuis un demi-siècle. Cet écrasement des femmes, cette domination barbare de leur corps et de leur vie au nom de coutumes infâmes se tiennent radicalement à l’opposé des principes du droit et de la démocratie.
Un régime sans fraternité. A l’intérieur de ses frontières, à l’évidence, puisqu’une fraction très minoritaire écrase plus de 80 % de la population, mais aussi hors de ses frontières, puisque cette tyrannie apporte un soutien actif au terrorisme dans plusieurs pays, en fournissant armes, argent et renseignements au Hezbollah, aux Houthis, au Hamas.
Face aux crimes de cette dictature de mollahs qui incarne la négation absolue de l’esprit de la Révolution française, des droits de l’homme et du citoyen, des fondements de la république et de la démocratie, nous demeurons étrangement silencieux.
Voilà qu’une nouvelle fois se soulève un peuple, comme l’a fait le peuple français dans l’histoire, en donnant jadis au monde entier, qui s’en souvient encore, l’exemple d’une conquête des libertés au risque de sa mort, et nous, au lieu de soutenir ces vivants héroïques, nous nous querellons sur un budget introuvable, de sempiternelles petites phrases assassines ou sur la litanie des faits divers.
Qu’est-ce que cela dit de nous ? Que nous sommes sans doute en train de perdre le sens de notre histoire. Que nous n’avons plus la conscience de la solidarité – indispensable, immédiate, résolue, totale…– envers ceux qui luttent contre les obscurantismes assassins. Que sommes en train d’oublier la devise que nous avons forgée autour de ces trois idées philosophiques, inscrites depuis longtemps, chez nous, au fronton des mairies : liberté, égalité, fraternité.
Qu’une chute du régime iranien actuel soit possible, que sa survie ne soit pas exclue, qu’il faille ou non intervenir militairement, sous quelle forme, à quel moment, avec quelles conséquences… Ce sont, en fin de compte, d’autres questions. La seule que je souhaitais évoquer ici est que nous ne devons pas, nous ne pouvons pas, laisser les Iraniens seuls face à leurs bourreaux.
Nous pouvons, au moins, clamer que nous sommes à leur côté, tenter de le leur faire savoir, et être les plus nombreux possibles. En attendant que la France ose enfin prendre position, clairement, sans fausse pudeur, en attendant que l’Europe, peut-être, sorte de sa réserve, c’est aux citoyens de se faire entendre… Mais, pour l’instant, il n’y a vraiment pas beaucoup de monde ! Voilà qui est à la fois triste et inquiétant. Pour le peuple iranien. Et pour nous.

Trump reproche aux Européens de ne pas protéger de Groenland.
Nous organisons donc des exercices pour protéger le Groenland.
Très bien, mais le protéger de qui ?
De Trump, évidemment.
Nous n’avons aucunement souhaité prouver à notre Allié que nous étions disposés à prendre au sérieux ses inquiétudes concernant la sécurisation de l’Arctique.
Nous nous sommes inquiétés du seul fait qu’il pourrait mettre la main sur des terres rares que le Danemark n’a jamais vraiment pris la peine d’exploiter.
Et boum ! Trump n’a pas réagi comme on l’espérait, après qu’on eut tenté de lui faire croire que nous souhaitions répondre à ses attentes stratégiques et géostratégiques.
Ahurissant qu’il ne fasse pas confiance à l’UE pour défendre l’Amérique, alors que cette dernière n’est même foutue d’assurer à elle seule la défense de son multiple foyer historique !
Un exercice militaire du pilier européen de l’OTAN ne suffit pas à calmer les angoisses déclinistes de l’hyperpuissance militaire n° 1.
On lui propose alors un exercice commun.
Il prend cela pour une agression et riposte par une hausse virulente des droits de douanes.
On comprend alors qu’il n’attend pas que nous prenions nos responsabilités en termes de défense.
On comprend mal.
Dès lors que la situation exige que nous soyons assez responsables pour admettre que la seule souveraineté capable d’assurer la protection de bases américaines permanentes au Groenland c’est, par définition, celle des États-Unis, cette grande nation sans la suprématie de laquelle Poutine aurait déjà étendu sa vieille chape sur les zombiesques merveilles d’un monde libre globalement plombé.
Ce qui est nécessaire pour que perdure une Amérique hyperpuissante, d’une part et, d’autre part, ce qui l’est pour que le bloc des mondes libres demeure fidèle aux principes de ses pères fondateurs et puisse continuer d’évoluer à son gré sous la protection du parapluie américain, est donc une seule et même et impérieuse nécessité.
Si cela passe pas le retrait immédiat des troupes françaises là où elles gênent davantage qu’elles n’aident à atteindre des objectifs qu’elles sont censées partager avec leurs principaux protecteurs, on se demande bien ce qui coince pour en transmettre l’ordre.
Uncle Donald ne se comporte pas en Dieu et maître tout-puissant, ni en Père des nations, ni davantage en Godfather vis-à-vis des gogos qui semblent avoir omis ce qu’incarne l’Amérique pour une Europe martyre, quand elle n’est pas veulement, voire violemment complice du Reich renaissant. Car les États-Unis ne seront jamais un partenaire comme un autre ; sans eux, nous subirions les horrifiants effets de nos fascinations pour le meilleur et pour le pire d’un gobinisme dont nul ne sait jusqu’où nous aurait propulsés son enivrante et pétrifiante dérivée funeste. — Draguer les réserves de voix antitrumpistes dans l’exécrable espoir d’emporter une victoire que la gauche siphonnée sait ne plus être en capacité de rafler au camp néolégitimiste, comporte un risque, est non des moindres ; celui d’être puni par où l’on a péché, après s’être bêtement laissé griser par l’étalage de la souillure du complexe de culpabilité.
Une hyperpuissance économique ne suffirait pas à nous protéger des grandes invasions auxquelles prêterait le flanc cette Europe des nations, incapable(s) de se fédérer en vue d’édifier, face au monde, une authentique hyperpuissance dotée. Trump est conscient de la menace de déclassement planétaire qu’ont réussi à faire planer sur sa nation pas comme les autres les gangs anti-Lumières de l’Assemblée générale des Nations unies contre elles-mêmes. À l’inverse de ses opposants qui, à l’intérieur ou l’extérieur de son spectre souverain, n’ont su qu’accompagner le mouvement déconstitutionnel et déconstitutif de l’ADN des mondes libres, le dernier des Républicains, ou du moins de ce qu’il en reste, n’envisage pas son salut sous la forme d’un consentement au suicide assisté. Ses rugissements nous révulsent, nous agacent, nous désarçonnent sans doute avec raison, mais à quoi nous réduit notre culte du doute raisonnable, lorsqu’il profite chaque fois, au terme de nos mauvais calculs probabilistes, aux raciseurs et autres fossoyeurs de l’atlantisme ?
Trump ne traite plus l’Union européenne comme une alliée naturelle de ses libérateurs, mais pourquoi diable persisterait-il à refuser de détecter les signaux faibles que l’on égrène dans ces funestes champs de bataille vers lesquels, inexorablement, dérivent nos champs de subconscience ?
Nous sommes LE SEUL membre permanent DU CONseil de sécurité à nous enorgueillir d’oser affronter l’Oncle Sam quand, profitant d’être toujours en pole position, il nous montre et démontre qu’il ne fait plus confiance à l’Organisation du crime contre Soi pour empêcher que notre Terre en voie de raréfaction ne se vende aux Chinois, aux Russes et à leurs ânes bâtés.
Nous réjouissons-nous que notre attentisme à l’égard du dévoiement des principes cardinaux d’un droit international que s’acharnent à refondre les empires victimaires hostiles aux États-Unis d’Amérique, ait pour effet d’accélérer le processus de dégénérescence ou, plus précisément, de régénérescence antihumaniste de l’ordre international ?
On réinvoque le droit ou devoir d’ingérence, pudiquement rebaptisé responsabilité de protéger (tout peuple auquel son souverain tyrannique briserait le dos dès lors qu’il ne consentirait plus à ployer sous son joug), sauf que l’on bannit de l’arsenal géostratégique de Multilatéralis le paradigme néoconservateur de la transition démocratique forcée, — pas assez décolonial pour les prochaines échéances électorales d’un régime des partis globalisé ; aussi se condamne-t-on à voir le chiendent totalitaire profiter du vide que lui offre le retrait immédiat de nos forces armées, suite au renversement de telle ou telle réplique du Dictateur, pour assouvir l’hubris qu’avaient nourrie à satiété les frustrations de son infâme et digne successeur.
Songerions-nous à nous soumettre au choix mal dégrossi, barbant et anticornélien entre, ici, un djihadisme qui affuble l’OTAN des attributs du Tentateur, et là, l’autre VERsant du même titan satanisant que l’Alliance atlantique a cru pouvoir neutraliser en l’invitant à s’introduire DANS LE FRUIT défensif ? car nous pensions avoir été clair au moment de la prise des commandes… pour nous, ce sera sans peste ni choléra.
Au regard dela « Chasse aux Sorcières » menées aux quatre coins de l’Exagone au préjudice des dames et jeunes filles déireuses de porter de voile islamique, la devise française « Liberté – Egalité – Fraternité » apparaît appartenir à un passé lointain et révolu … « La France, Terre des Droits de l’homme » … ?? Euh, … De l’homme uniquement … Et enconre; « de l’homme, en costard cravatte » … Pour le reste …