﻿{"id":9286,"date":"2018-07-15T11:54:06","date_gmt":"2018-07-15T09:54:06","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=9286"},"modified":"2018-07-16T10:28:16","modified_gmt":"2018-07-16T08:28:16","slug":"la-case-prison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2018\/07\/15\/9286\/la-case-prison\/","title":{"rendered":"La case\u00a0\u00ab\u00a0prison\u00a0\u00bb."},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9287\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2018\/07\/images-1.jpg\" alt=\"\" width=\"276\" height=\"182\" \/><\/a><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9288\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2018\/07\/download.png\" alt=\"\" width=\"259\" height=\"194\" \/><\/a><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-9289\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2018\/07\/images-2-300x162.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"162\" srcset=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2018\/07\/images-2-300x162.jpg 300w, https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2018\/07\/images-2.jpg 305w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u2026en fran\u00e7ais\u00a0 (\u2026 &lsquo;y en espa\u00f1ol&rsquo;):<\/p>\n<p>La case\u00a0\u00ab\u00a0prison\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>par Fernando Arrabal<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne connais toujours pas officiellement R\u00e9gis Debray. Pourtant, malheureusement, \u00abon\u00bb a uni nos noms en 1967 parce que nous avons \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s politiquement. Dans son cas comme volontaire de brigades \u00a0 castristes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En 1982, sans que\u00a0personne ne nous ait pr\u00e9sent\u00e9s, nous nous retrouvons par hasard dans une queue pour prendre le Concorde \u00e0 New York. Spontan\u00e9ment, je m\u2019adresse \u00e0 lui, conseiller sp\u00e9cial de Fidel Castro:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Vous avez dans votre porte-monnaie les clefs qui ferment les cellules des po\u00e8tes cubains depuis l\u2019arriv\u00e9e du tyran il y a 23 ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0\u00a0ma grande surprise il me r\u00e9pond, courtois et tr\u00e8s mal \u00e0 l\u2019aise:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Je fais tout pour les lib\u00e9rer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Trop agressivement je lui r\u00e9plique:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-C\u2019est le mensonge que r\u00e9p\u00e8tent ceux qui \u00e9tant au pouvoir n\u2019osent pas contester les tyrans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais ayant lu l\u2019un de ses livres je pense que R\u00e9gis Debray disait vrai.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je vois que lui et moi sommes all\u00e9s au Venezuela et avons dormi dans le m\u00eame lit, invit\u00e9s par le m\u00eame \u00abmilliardaire communiste\u00bb (Miguel Otero Silva, R.I.P.)\u00a0dont le nom ne figure pas dans son livre : \u00a0 \u00a0\u00abUn grand monsieur communisant m\u2019avait g\u00e9n\u00e9reusement ouvert sa quinta, sa villa, et j\u2019avais de mes yeux vu deux dessins \u00e0 la plume de Picasso dans un w.-c., un Balzac original, des Rodin, des Calder, des L\u00e9ger et Max Ernst\u00a0dans chaque pi\u00e8ce, avec des pelouses, ses servantes noires , ses blanches v\u00e9randas.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne connais \u00a0 toujours pas officiellement\u00a0R\u00e9gis Debray. Dans \u00a0une interview de\u00a0\u00ab\u00a0Lire\u00a0\u00bb il pr\u00e9tend que \u00ab\u00a0passer par la case \u2018prison&rsquo; est essentiel pour un \u00e9crivain\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je dois reconna\u00eetre que je garde d\u2019excellents souvenirs (aussi!) de ceux qui m\u2019ont emmen\u00e9 \u00ab\u00a0encha\u00een\u00e9\u00a0\u00bb a pedi-bus\u00a0de Mar Menor \u00e0 la \u00ab\u00a0case prison\u00a0\u00bb de Madrid. A cette \u00e9poque il n\u2019y avait pas d\u2019autoroutes en Espagne pas ni rien de la sorte. Bien \u00e9videmment mes deux ge\u00f4liers m\u2019ont aussit\u00f4t \u00f4t\u00e9 les menottes. Ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue digne de\u00a0\u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb. Quand le soldat de la bonne cause demande au sympathique soldat ennemi si les menottes ne lui font pas trop mal.\u00a0\u00ab\u00a0Ici nous sommes \u00e0 votre service\u00a0\u00bb. La travers\u00e9e kilom\u00e9trique nous l\u2019avons enti\u00e8rement faite, si je me souviens bien, dans une carriole ant\u00e9diluvienne. Une 2 chevaux Citro\u00ebn? En tous cas mes concitoyens se sont arr\u00eat\u00e9s dans les meilleures auberges le long du sentier. Pour me servir ce qu\u2019il y avait de mieux. \u00c9videmment sans menottes. Nul n\u2019aurait pu deviner que celui qui d\u00e9gustait de succulents \u2018churros\u2019 avec ses deux amis \u00e9tait rien de moins qu\u2019un ennemi. Tout \u00e9tait ficel\u00e9 et bien ficel\u00e9 affirmait, dit-on, le dictateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La nuit de mon arrestation au commissariat les subordonn\u00e9s \u00e9taient grossi\u00e8rement d\u00e9guis\u00e9s en bandits patibulaires. Mais le commissaire \u00e9tait aussi intrigu\u00e9 que moi:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Pourquoi Madrid a-t-il donn\u00e9 l\u2019ordre de vous arr\u00eater?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tel \u00e9tait son myst\u00e8re et mon \u00e9nigme. Pourquoi m\u2019avait-on captur\u00e9 en pleine nuit avec cinq pistolets alors qu\u2019un lance-pierres aurait pu faire le m\u00eame office? \u00a0Je craignais que\u00a0\u00ab\u00a0Madrid\u00a0\u00bb n\u2019ait eu vent de mon projet de tuer Franco. Attentat que j\u2019avais planifi\u00e9 avec Christophe Tzara (le fils de Tristan Tzara) alors docteur en sciences physiques et \u00a0sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9nergie atomique. Malgr\u00e9 le secret qu\u2019exigeait notre conspiration Christophe, qui \u00e9tait communiste, avait mis au courant sa cellule. Et le Parti Communiste (merci!!!) lui \u00a0a enjoint\u00a0 d\u2019oublier le magnacide\u00a0\u00ab\u00a0\u2026parce que ce n\u2019\u00e9tait pas le moment\u00a0\u00bb. Mais moi je me demandais si la redoutable police secr\u00e8te franquiste n\u2019avait pas ses entr\u00e9es au PC de Paris?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le commisaire, irrit\u00e9 par mon absence de r\u00e9ponse, m\u2019a donn\u00e9 une bourrade dans l\u2019\u00e9paule (pas m\u00eame un \u2018marron\u2019). Et faisant contre mauvaise fortune bon coeur je lui ai dit:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Si vous me torturez je suis pr\u00eat \u00e0 avouer que j\u2019ai tu\u00e9 ma cousine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pass\u00e9 un moment de stupeur le commissaire m\u2019a cri\u00e9 devant sa peu avenante escorte:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Au bloc!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9 je viens de visiter les\u00a0\u2018toilettes\u2019 qui actuellement occupent la pissoti\u00e8re du \u00ab\u00a0King\u00a0\u00bb. Et assur\u00e9ment le tacot de la police qui sur la route de Madrid m\u2019avait sembl\u00e9 un teuf-teuf dinosauresque \u00a0 \u00e0 pr\u00e9sent brille par son logo \u00a0\u00ab\u00a0Picasso\u00a0\u00bb. Hourrah!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le cachot du commissariat \u00e9taient des cabinets sp\u00e9ciaux et tr\u00e8s propres dans lesquels j\u2019aurais pu dormir tranquillement sans mon souci d\u2019attentat qui m\u2019a fait passer une nuit blanche &#8230; et qui, faute de papier, m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 tirer profit de plusieurs feuillets libres de mon passeport.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En arrivant \u00e0 l\u2019\u00e9pouvantable Direction G\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 je crois qu\u2019on m\u2019a introduit dans un cul-de basse-fosse inquisitorial. Et je crois aussi que l\u2019unique banc de pierre de l\u2019ergastule, par son \u00e9troitesse, ne m\u2019aurait pas permis de m\u2019allonger. Mais j\u2019avais des soucis infiniment plus importants que de mesurer le trop chiche espace o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 une nuit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape suivante s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Las Salesas. L\u00e0, au contraire, j\u2019ai joui d\u2019une grande retraite avec de plaisantes visites de rats craintifs et prudents qui sortaient d\u2019un trou d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9gouttait l&rsquo;eau d&rsquo;un mis\u00e9ricordieux robinet.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il semble que ma soeur se soit pr\u00e9sent\u00e9e au juge avec l\u2019intention de s\u2019\u00e9changer avec moi. En brandissant un argument d\u00e9cisif :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Mon fr\u00e8re est un g\u00e9nie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce \u00e0 quoi le juge a r\u00e9pliqu\u00e9 par un autre encore plus irr\u00e9futable:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Je ne lis que le journal \u00ab\u00a0Pueblo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il semble qu\u2019on ait alors entam\u00e9 une dispute quasi th\u00e9ologique pour savoir si un dispensateur de verdicts pouvait remplacer un accus\u00e9 par un membre de sa famille. Ou si, de m\u00eame, une directrice du Service M\u00e9dical des Pr\u00e9matur\u00e9s (c\u2019\u00e9tait le cas de ma soeur) pouvait permuter deux nouveau-n\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une seconde visite ma soeur savait d\u00e9j\u00e0 (gr\u00e2ce \u00e0 des poulagas \u00e0 la langue bien pendue) qu\u2019\u00e0 Las Salesas j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9 malade presque pour les m\u00eames raisons qui avaient pouss\u00e9 Cervant\u00e8s (pardon!) \u00e0 esquiver l\u2019\u00e9tripage de la bataille de L\u00e9pante: la dysenterie. Ce qui a incit\u00e9 ma soeur \u00e0 se pr\u00e9senter au juge avec une grande bo\u00eete en carton remplie de m\u00e9dicaments, de citrons, de yaourts etc. Le juge lui a annonc\u00e9 qu\u2019il ne porterait pas une telle assistance \u00e0 un tel adversaire. Selon la l\u00e9gende il semble que ma soeur ait laiss\u00e9 le carton au bureau judiciaire et ait claqu\u00e9 la porte en d\u00e9clarant:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0J\u2019esp\u00e8re que l\u2019un des v\u00f4tres n\u2019aura pas un pr\u00e9matur\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 vrai dire : je ne crois pas \u00a0ma soeur capable d\u2019\u00e9mettre une telle menace.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Toujours est-il que lorsque cet \u00e9norme carton est parvenu \u00e0 mon cachot \u00a0sal\u00e9sien je me suis dit :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-Il ne manquait plus que \u00e7a: maintenant on veut m\u2019empoisonner;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et je l\u2019ai jet\u00e9 dans le trou de l\u2019eau en demandant aux rats de ne pas toucher \u00e0 de telles \u00e9trennes;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est que toute ma vie j\u2019ai eu beaucoup\u00a0de chance.\u00a0Et sans aucun m\u00e9rite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>____________________________________________________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2026en\u00a0espa\u00f1ol\u00a0(&#8230;\u00ab tercera\u00a0\u00bb de ABC del \u00a013 de julio de 2018):<\/p>\n<p>La casilla \u201cc\u00e1rcel\u201d por Fernando Arrabal<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sigo sin conocer \u2018oficialmente\u2019 a R\u00e9gis Debray. Sin embargo y sin raz\u00f3n ninguna se mezclaron nuestros dos nombres en 1967 cuando los dos fuimos apresados. En su caso como recluta de la tiran\u00eda castrista.<\/p>\n<p>Por casualidad en 1982, sin que nadie nos presentara, coincidimos en una cola para tomar el `Concorde` en Nueva York. Espont\u00e1neamente me dirig\u00ed al consejero de Fidel Castro:<\/p>\n<p>&#8211; En sus bolsillos, con su calderilla lleva las llaves que encalabozan a los poetas cubanos desde hace 23 a\u00f1os.<\/p>\n<p>Ante mi sorpresa R\u00e9gis Debray me respondi\u00f3 cortesmente:<\/p>\n<p>&#8211; Hago lo que puedo para liberarlos.<\/p>\n<p>Y le repliqu\u00e9, demasiado agresivamente:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Es la mentira que repiten sistem\u00e1ticamente todos los que, aliados al tirano, no se atreven a discutir su poder.<\/p>\n<p>Pero hoy he le\u00eddo uno de sus libros y pienso que R\u00e9gis Debray dijo la verdad.<\/p>\n<p>Para m\u00e1s inri \u00e9l y yo fuimos invitados (en \u00e9pocas diferentes) por un millonario venezolano (Miguel Otero Silva, R.I.P.). \u00bfEn la misma cama?\u00a0 Lo recuerda con estas palabras: \u201cEra un se\u00f1or\u00f3n comunisante que me abri\u00f3 generosamente su quinta y su chalet, y ante mis ojos vi dos dibujos a pluma de Picasso en el v\u00e1ter, un Balzac original, varios Rodin , C\u00e1lder, L\u00e9ger y Max Ernst\u00a0 en cada una de sus habitaciones,\u00a0 con sus criadas negras y sus blancas barandillas\u201d.<\/p>\n<p>Sigo sin conocer oficialmente a R\u00e9gis Debray. En una entrevista en \u2018Lire\u2019 pretende \u2018que pasar por la casilla \u201cc\u00e1rcel\u201d es esencial para un escritor\u00b4.<\/p>\n<p>Debo reconocer que guardo excelentes recuerdos (\u00a1tambi\u00e9n!) de los que me llevaron casi en el coche de San Fernando \u201cencadenado\u201d del Mar Menor a la \u201ccasilla c\u00e1rcel\u201d de Madrid. En aquella \u00e9poca no hab\u00eda autopistas ni nada parecido. Obviamente mis dos inolviadable corchetes me liberaron de las esposas inmediatamente. Lo cual dio lugar a un di\u00e1logo digno de \u201cPicnic en el campo de batalla\u201d. \u00a0Cuando el soldado de la buena causa le pregunta inquieto al simp\u00e1tico soldado enemigo si las esposas no le hacen demasiado da\u00f1o.\u00a0 \u00a0\u201cAqu\u00ed estamos para servirle\u201d. La kilom\u00e9trica traves\u00eda, toda, seg\u00fan mi recuerdo, la hicimos en un carricoche deslucido y enredador. \u00bfUn Citro\u00ebn 2 caballos\u201d?\u00a0 En todo caso mis anfitriones se pararon en los mejores mesones de la senda. Para servirme lo mejor de lo mejor.\u00a0 Obviamente desesposado.\u00a0Nadie hubiera podido adivinar que aquel degustador de suculentos churros con sus dos amigos era nada menos que un enemigo. Todo estaba atado y bien atado, dicen que afirmaba \u00a0el dictador.<\/p>\n<p>La noche de mi detenci\u00f3n en la comisar\u00eda los subordinados iban disfrazados malamente de facinerosos patibularios. Pero el comisario jefe estaba tan intrigado como yo:<\/p>\n<p>-\u00bfPor qu\u00e9\u00a0 Madrid ha dado la orden de \u00a0\u00a0arrestarle?<\/p>\n<p>Esto era su misterio y mi gran enigma. \u00bfPor qu\u00e9 me hab\u00edan capturado en plena\u00a0 noche con cinco pistolas cuando un tirabeque hubiera podido hacer el mismo servicio? \u00a0\u00a0Tem\u00eda que \u00abMadrid\u00bb se hubiera enterado de mi prop\u00f3sito de matar a Franco. Atentado que planifiqu\u00e9 con Christophe Tzara (el hijo de Tristan Tzara), a la saz\u00f3n doctor en ciencias f\u00edsicas y \u00a0especialista de energ\u00eda at\u00f3mica.\u00a0 A pesar del \u00a0secreto que nuestra conspiraci\u00f3n requer\u00eda Christophe que era comunista comunic\u00f3 la conjura a su c\u00e9lula. Y el Partido Comunista (\u00abmerciiii!\u00a0\u00bb) le orden\u00f3 olvidar el magnicidio \u201c\u2026porque no era el momento\u201d. Pero yo me preguntaba:\u00a0 \u00bfes que la temible polic\u00eda secreta franquista no ten\u00eda entradas en el PC de Par\u00eds?<\/p>\n<p>El comisario incordiado \u00a0por mi falta de respuesta me dio un achuch\u00f3n \u00a0en el hombro. (Ni siquiera un casta\u00f1etazo.) Y sacando fuerzas de flaqueza le dije:<\/p>\n<p>-Si me tortura estoy dispuesto a confesar que he matado a mi prima.<\/p>\n<p>Tras un momento de estupor el comisario grit\u00f3\u00a0 ante su malencarada escolta:<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a1A chirona !<\/p>\n<p>En realidad he visitado el trullo que actualmente ocupa el mingitorio \u00a0de un \u201cKing\u201d.\u00a0 Y por cierto la tatana de la polic\u00eda que camino de Madrid\u00a0\u00a0 me pareci\u00f3 rupestre ahora son de marca \u201cPicasso\u201d. \u00a1Urra!<\/p>\n<p>El calabozo del comisario era un excusado amplio y limp\u00edsimo en el que hubiera podido dormir tranquilamente si no hubiera sido por mi precucapci\u00f3n atentatista que me hizo pasar la noche en blanco\u2026y que a falta de papel me oblig\u00f3 a beneficiarme de varias hojas libres de mi pasaporte.<\/p>\n<p>Al llegar a la espantosa Direcci\u00f3n General de Seguridad creo que fui introducido a una mazmorra \u00a0\u00a0inquisitorial. Y tambi\u00e9n creo que en el \u00fanico banco de piedra de la jaulita (o brete) por su angostura no hubiera podido tumbarme. Pero yo ten\u00eda preocupaciones infinitamente m\u00e1s importantes que medir el menesteroso espacio en que pas\u00e9 una noche.<\/p>\n<p>La etapa siguiente se celebr\u00f3 en Las Salesas. All\u00ed por el contrario goc\u00e9 de un arrinconamiento grande con \u00a0gratas visitas de asustadizas y recelosas ratas que sal\u00edan de \u00a0un boquete \u00a0donde se desaguaba \u00a0un misericordioso grifo.<\/p>\n<p>Al parecer mi hermana se present\u00f3 al juez con la intenci\u00f3n de canjearse contra m\u00ed. Esgrimiendo un argumento concluyente:<\/p>\n<p>-Mi hermano es un genio.<\/p>\n<p>A lo que el juez replic\u00f3 m\u00e1s irrefutable a\u00fan:<\/p>\n<p>-Solo \u00a0leo el peri\u00f3dico `Pueblo`.<\/p>\n<p>Al parecer se inici\u00f3 una discusi\u00f3n cuasi teol\u00f3gica para saber si un sentenciador \u00a0pod\u00eda sustituir a un reo por un miembro de su familia. \u00a0O si parecidamente una directora del Servicio M\u00e9dico de Prematuros \u00a0(era el caso de mi hermana) pod\u00eda permutar a un prematuro por otro.\u00a0 En una segunda visita\u00a0 mi hermana ya sab\u00eda (gracias a gindillas\u00a0 lenguaraces) \u00a0que en Las Salesas \u00a0yo hab\u00eda ca\u00eddo enfermo casi por las mismas causas\u00a0 por las que Cervantes (pido que se me perdone) esquiv\u00f3 la escabechina de Lepanto:\u00a0 la disenter\u00eda . Con lo que mi hermana se present\u00f3 al juez con una amplia caja de cart\u00f3n llena de medicinas, limones, yogures, etc. El juez le anunci\u00f3 que no llevar\u00eda semejantes socorros a semejante adversario. Seg\u00fan la leyenda al parecer mi hermana dej\u00f3 la caja en el despacho oficial y dio un portazo declarando:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Espero que uno de los suyos no tenga un prematuro.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La verdad: no creo a mi hermana capaz de semejante amenaza.<\/p>\n<p>El caso es que en cuanto lleg\u00f3 a mi calabozo salesiano aquella enorme caja de cart\u00f3n me dije.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Lo que faltaba:\u00a0 ahora me quieren envenenar.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Y tir\u00e9 la caja por el hueco del agua pidi\u00e9ndole a las ratas que no tocaran parecido aguinaldo.<\/p>\n<p>Es que toda la vida he tenido mucha suerte. Y sin merecerlo.<\/p>\n<p>______________________________________________________________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2026en fran\u00e7ais\u00a0 (\u2026 &lsquo;y en espa\u00f1ol&rsquo;): La case\u00a0\u00ab\u00a0prison\u00a0\u00bb par Fernando Arrabal &nbsp; &nbsp; Je ne connais toujours pas officiellement R\u00e9gis Debray. Pourtant, malheureusement, \u00abon\u00bb a uni nos noms en 1967 parce que nous avons \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s politiquement. Dans son cas comme volontaire de brigades \u00a0 castristes. &nbsp; En 1982, sans que\u00a0personne ne nous ait pr\u00e9sent\u00e9s, nous nous retrouvons par hasard dans une queue pour prendre le Concorde \u00e0 New York. Spontan\u00e9ment, je m\u2019adresse \u00e0 lui, conseiller sp\u00e9cial de Fidel Castro: &nbsp; -Vous avez dans votre porte-monnaie les clefs qui ferment les cellules des po\u00e8tes cubains depuis l\u2019arriv\u00e9e du tyran il y a 23 ans. &nbsp; \u00c0\u00a0ma grande surprise il me r\u00e9pond, courtois et tr\u00e8s mal \u00e0 l\u2019aise: &nbsp; -Je fais tout pour les lib\u00e9rer. &nbsp; Trop agressivement je lui r\u00e9plique: &nbsp; -C\u2019est le mensonge que r\u00e9p\u00e8tent ceux qui \u00e9tant au pouvoir n\u2019osent pas contester les tyrans. &nbsp; Mais ayant lu l\u2019un de ses livres je pense que R\u00e9gis Debray disait vrai. &nbsp; Je vois que lui et moi sommes all\u00e9s au Venezuela et avons dormi dans le m\u00eame lit, invit\u00e9s par le m\u00eame \u00abmilliardaire communiste\u00bb (Miguel Otero Silva, R.I.P.)\u00a0dont le nom ne figure pas dans son livre : \u00a0 \u00a0\u00abUn grand monsieur communisant m\u2019avait g\u00e9n\u00e9reusement ouvert sa quinta, sa villa, et j\u2019avais de mes yeux vu deux dessins \u00e0 la plume de Picasso dans un w.-c., un Balzac original, des Rodin, des Calder, des L\u00e9ger et Max Ernst\u00a0dans chaque pi\u00e8ce, avec des pelouses, ses servantes noires , ses blanches v\u00e9randas.\u00bb &nbsp; Je ne connais \u00a0 toujours pas officiellement\u00a0R\u00e9gis Debray. Dans \u00a0une interview de\u00a0\u00ab\u00a0Lire\u00a0\u00bb il pr\u00e9tend que \u00ab\u00a0passer par la case \u2018prison&rsquo; est essentiel pour un \u00e9crivain\u00a0\u00bb. &nbsp; Je dois reconna\u00eetre que je garde d\u2019excellents souvenirs (aussi!) de ceux qui m\u2019ont emmen\u00e9 \u00ab\u00a0encha\u00een\u00e9\u00a0\u00bb a pedi-bus\u00a0de Mar Menor \u00e0 la \u00ab\u00a0case prison\u00a0\u00bb de Madrid. A cette \u00e9poque il n\u2019y avait pas d\u2019autoroutes en Espagne pas ni rien de la sorte. Bien \u00e9videmment mes deux ge\u00f4liers m\u2019ont aussit\u00f4t \u00f4t\u00e9 les menottes. Ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue digne de\u00a0\u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb. Quand le soldat de la bonne cause demande au sympathique soldat ennemi si les menottes ne lui font pas trop mal.\u00a0\u00ab\u00a0Ici nous sommes \u00e0 votre service\u00a0\u00bb. La travers\u00e9e kilom\u00e9trique nous l\u2019avons enti\u00e8rement faite, si je me souviens bien, dans une carriole ant\u00e9diluvienne. Une 2 chevaux Citro\u00ebn? En tous cas mes concitoyens se sont arr\u00eat\u00e9s dans les meilleures auberges le long du sentier. Pour me servir ce qu\u2019il y avait de mieux. \u00c9videmment sans menottes. Nul n\u2019aurait pu deviner que celui qui d\u00e9gustait de succulents \u2018churros\u2019 avec ses deux amis \u00e9tait rien de moins qu\u2019un ennemi. Tout \u00e9tait ficel\u00e9 et bien ficel\u00e9 affirmait, dit-on, le dictateur. &nbsp; La nuit de mon arrestation au commissariat les subordonn\u00e9s \u00e9taient grossi\u00e8rement d\u00e9guis\u00e9s en bandits patibulaires. Mais le commissaire \u00e9tait aussi intrigu\u00e9 que moi: &nbsp; -Pourquoi Madrid a-t-il donn\u00e9 l\u2019ordre de vous arr\u00eater? &nbsp; Tel \u00e9tait son myst\u00e8re et mon \u00e9nigme. Pourquoi m\u2019avait-on captur\u00e9 en pleine nuit avec cinq pistolets alors qu\u2019un lance-pierres aurait pu faire le m\u00eame office? \u00a0Je craignais que\u00a0\u00ab\u00a0Madrid\u00a0\u00bb n\u2019ait eu vent de mon projet de tuer Franco. Attentat que j\u2019avais planifi\u00e9 avec Christophe Tzara (le fils de Tristan Tzara) alors docteur en sciences physiques et \u00a0sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9nergie atomique. Malgr\u00e9 le secret qu\u2019exigeait notre conspiration Christophe, qui \u00e9tait communiste, avait mis au courant sa cellule. Et le Parti Communiste (merci!!!) lui \u00a0a enjoint\u00a0 d\u2019oublier le magnacide\u00a0\u00ab\u00a0\u2026parce que ce n\u2019\u00e9tait pas le moment\u00a0\u00bb. Mais moi je me demandais si la redoutable police secr\u00e8te franquiste n\u2019avait pas ses entr\u00e9es au PC de Paris? &nbsp; Le commisaire, irrit\u00e9 par mon absence de r\u00e9ponse, m\u2019a donn\u00e9 une bourrade dans l\u2019\u00e9paule (pas m\u00eame un \u2018marron\u2019). Et faisant contre mauvaise fortune bon coeur je lui ai dit: &nbsp; &#8211; Si vous me torturez je suis pr\u00eat \u00e0 avouer que j\u2019ai tu\u00e9 ma cousine. &nbsp; Pass\u00e9 un moment de stupeur le commissaire m\u2019a cri\u00e9 devant sa peu avenante escorte: &nbsp; &#8211; Au bloc! &nbsp; En r\u00e9alit\u00e9 je viens de visiter les\u00a0\u2018toilettes\u2019 qui actuellement occupent la pissoti\u00e8re du \u00ab\u00a0King\u00a0\u00bb. Et assur\u00e9ment le tacot de la police qui sur la route de Madrid m\u2019avait sembl\u00e9 un teuf-teuf dinosauresque \u00a0 \u00e0 pr\u00e9sent brille par son logo \u00a0\u00ab\u00a0Picasso\u00a0\u00bb. Hourrah! &nbsp; Le cachot du commissariat \u00e9taient des cabinets sp\u00e9ciaux et tr\u00e8s propres dans lesquels j\u2019aurais pu dormir tranquillement sans mon souci d\u2019attentat qui m\u2019a fait passer une nuit blanche &#8230; et qui, faute de papier, m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 tirer profit de plusieurs feuillets libres de mon passeport. &nbsp; En arrivant \u00e0 l\u2019\u00e9pouvantable Direction G\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 je crois qu\u2019on m\u2019a introduit dans un cul-de basse-fosse inquisitorial. Et je crois aussi que l\u2019unique banc de pierre de l\u2019ergastule, par son \u00e9troitesse, ne m\u2019aurait pas permis de m\u2019allonger. Mais j\u2019avais des soucis infiniment plus importants que de mesurer le trop chiche espace o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 une nuit. &nbsp; L\u2019\u00e9tape suivante s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Las Salesas. L\u00e0, au contraire, j\u2019ai joui d\u2019une grande retraite avec de plaisantes visites de rats craintifs et prudents qui sortaient d\u2019un trou d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9gouttait l&rsquo;eau d&rsquo;un mis\u00e9ricordieux robinet. &nbsp; Il semble que ma soeur se soit pr\u00e9sent\u00e9e au juge avec l\u2019intention de s\u2019\u00e9changer avec moi. En brandissant un argument d\u00e9cisif : &nbsp; -Mon fr\u00e8re est un g\u00e9nie. &nbsp; Ce \u00e0 quoi le juge a r\u00e9pliqu\u00e9 par un autre encore plus irr\u00e9futable: &nbsp; &#8211; Je ne lis que le journal \u00ab\u00a0Pueblo\u00a0\u00bb. &nbsp; Il semble qu\u2019on ait alors entam\u00e9 une dispute quasi th\u00e9ologique pour savoir si un dispensateur de verdicts pouvait remplacer un accus\u00e9 par un membre de sa famille. Ou si, de m\u00eame, une directrice du Service M\u00e9dical des Pr\u00e9matur\u00e9s (c\u2019\u00e9tait le cas de ma soeur) pouvait permuter deux nouveau-n\u00e9s. &nbsp; Lors d&rsquo;une seconde visite ma soeur savait d\u00e9j\u00e0 (gr\u00e2ce \u00e0 des poulagas \u00e0 la langue bien pendue) qu\u2019\u00e0 Las Salesas j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9 malade presque pour les m\u00eames raisons qui avaient pouss\u00e9 Cervant\u00e8s (pardon!) \u00e0 esquiver l\u2019\u00e9tripage de la bataille de L\u00e9pante: la dysenterie. Ce qui a incit\u00e9 ma soeur \u00e0 se pr\u00e9senter au juge avec une grande bo\u00eete en carton remplie de m\u00e9dicaments, de citrons, de yaourts etc. Le juge lui a annonc\u00e9 qu\u2019il ne porterait pas une telle assistance \u00e0 un tel adversaire. Selon la l\u00e9gende il semble que ma soeur ait laiss\u00e9 le carton au bureau judiciaire et ait claqu\u00e9 la porte en d\u00e9clarant: &nbsp; &#8211; \u00a0J\u2019esp\u00e8re que l\u2019un des v\u00f4tres n\u2019aura pas un pr\u00e9matur\u00e9. &nbsp; \u00c0 vrai dire : je ne crois pas \u00a0ma soeur capable d\u2019\u00e9mettre une telle menace. &nbsp; Toujours est-il que lorsque cet \u00e9norme carton est parvenu \u00e0 mon cachot \u00a0sal\u00e9sien je me suis dit : &nbsp; -Il ne manquait plus que \u00e7a: maintenant on veut m\u2019empoisonner; &nbsp; Et je l\u2019ai jet\u00e9 dans le trou de l\u2019eau en demandant aux rats de ne pas toucher \u00e0 de telles \u00e9trennes; &nbsp; &nbsp; C\u2019est que toute ma vie j\u2019ai eu beaucoup\u00a0de chance.\u00a0Et sans aucun m\u00e9rite. &nbsp; ____________________________________________________ &nbsp; \u2026en\u00a0espa\u00f1ol\u00a0(&#8230;\u00ab tercera\u00a0\u00bb de ABC del \u00a013 de julio de 2018): La casilla \u201cc\u00e1rcel\u201d por Fernando Arrabal &nbsp; Sigo sin conocer \u2018oficialmente\u2019 a R\u00e9gis Debray. Sin embargo y sin raz\u00f3n ninguna se mezclaron nuestros dos nombres en 1967 cuando los dos fuimos apresados. En su caso como recluta de la tiran\u00eda castrista. Por casualidad en 1982, sin que nadie nos presentara, coincidimos en una cola para tomar el `Concorde` en Nueva York. Espont\u00e1neamente me dirig\u00ed al consejero de Fidel Castro: &#8211; En sus bolsillos, con su calderilla lleva las llaves que encalabozan a los poetas cubanos desde hace 23 a\u00f1os. 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Pourtant, malheureusement, \u00abon\u00bb a uni nos noms en 1967 parce que nous avons \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s politiquement. Dans son cas comme volontaire de brigades \u00a0 castristes. &nbsp; En 1982, sans que\u00a0personne ne nous ait pr\u00e9sent\u00e9s, nous nous retrouvons par hasard dans une queue pour prendre le Concorde \u00e0 New York. Spontan\u00e9ment, je m\u2019adresse \u00e0 lui, conseiller sp\u00e9cial de Fidel Castro: &nbsp; -Vous avez dans votre porte-monnaie les clefs qui ferment les cellules des po\u00e8tes cubains depuis l\u2019arriv\u00e9e du tyran il y a 23 ans. &nbsp; \u00c0\u00a0ma grande surprise il me r\u00e9pond, courtois et tr\u00e8s mal \u00e0 l\u2019aise: &nbsp; -Je fais tout pour les lib\u00e9rer. &nbsp; Trop agressivement je lui r\u00e9plique: &nbsp; -C\u2019est le mensonge que r\u00e9p\u00e8tent ceux qui \u00e9tant au pouvoir n\u2019osent pas contester les tyrans. &nbsp; Mais ayant lu l\u2019un de ses livres je pense que R\u00e9gis Debray disait vrai. &nbsp; Je vois que lui et moi sommes all\u00e9s au Venezuela et avons dormi dans le m\u00eame lit, invit\u00e9s par le m\u00eame \u00abmilliardaire communiste\u00bb (Miguel Otero Silva, R.I.P.)\u00a0dont le nom ne figure pas dans son livre : \u00a0 \u00a0\u00abUn grand monsieur communisant m\u2019avait g\u00e9n\u00e9reusement ouvert sa quinta, sa villa, et j\u2019avais de mes yeux vu deux dessins \u00e0 la plume de Picasso dans un w.-c., un Balzac original, des Rodin, des Calder, des L\u00e9ger et Max Ernst\u00a0dans chaque pi\u00e8ce, avec des pelouses, ses servantes noires , ses blanches v\u00e9randas.\u00bb &nbsp; Je ne connais \u00a0 toujours pas officiellement\u00a0R\u00e9gis Debray. Dans \u00a0une interview de\u00a0\u00ab\u00a0Lire\u00a0\u00bb il pr\u00e9tend que \u00ab\u00a0passer par la case \u2018prison&rsquo; est essentiel pour un \u00e9crivain\u00a0\u00bb. &nbsp; Je dois reconna\u00eetre que je garde d\u2019excellents souvenirs (aussi!) de ceux qui m\u2019ont emmen\u00e9 \u00ab\u00a0encha\u00een\u00e9\u00a0\u00bb a pedi-bus\u00a0de Mar Menor \u00e0 la \u00ab\u00a0case prison\u00a0\u00bb de Madrid. A cette \u00e9poque il n\u2019y avait pas d\u2019autoroutes en Espagne pas ni rien de la sorte. Bien \u00e9videmment mes deux ge\u00f4liers m\u2019ont aussit\u00f4t \u00f4t\u00e9 les menottes. Ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue digne de\u00a0\u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb. Quand le soldat de la bonne cause demande au sympathique soldat ennemi si les menottes ne lui font pas trop mal.\u00a0\u00ab\u00a0Ici nous sommes \u00e0 votre service\u00a0\u00bb. La travers\u00e9e kilom\u00e9trique nous l\u2019avons enti\u00e8rement faite, si je me souviens bien, dans une carriole ant\u00e9diluvienne. Une 2 chevaux Citro\u00ebn? En tous cas mes concitoyens se sont arr\u00eat\u00e9s dans les meilleures auberges le long du sentier. Pour me servir ce qu\u2019il y avait de mieux. \u00c9videmment sans menottes. Nul n\u2019aurait pu deviner que celui qui d\u00e9gustait de succulents \u2018churros\u2019 avec ses deux amis \u00e9tait rien de moins qu\u2019un ennemi. Tout \u00e9tait ficel\u00e9 et bien ficel\u00e9 affirmait, dit-on, le dictateur. &nbsp; La nuit de mon arrestation au commissariat les subordonn\u00e9s \u00e9taient grossi\u00e8rement d\u00e9guis\u00e9s en bandits patibulaires. Mais le commissaire \u00e9tait aussi intrigu\u00e9 que moi: &nbsp; -Pourquoi Madrid a-t-il donn\u00e9 l\u2019ordre de vous arr\u00eater? &nbsp; Tel \u00e9tait son myst\u00e8re et mon \u00e9nigme. Pourquoi m\u2019avait-on captur\u00e9 en pleine nuit avec cinq pistolets alors qu\u2019un lance-pierres aurait pu faire le m\u00eame office? \u00a0Je craignais que\u00a0\u00ab\u00a0Madrid\u00a0\u00bb n\u2019ait eu vent de mon projet de tuer Franco. Attentat que j\u2019avais planifi\u00e9 avec Christophe Tzara (le fils de Tristan Tzara) alors docteur en sciences physiques et \u00a0sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9nergie atomique. Malgr\u00e9 le secret qu\u2019exigeait notre conspiration Christophe, qui \u00e9tait communiste, avait mis au courant sa cellule. Et le Parti Communiste (merci!!!) lui \u00a0a enjoint\u00a0 d\u2019oublier le magnacide\u00a0\u00ab\u00a0\u2026parce que ce n\u2019\u00e9tait pas le moment\u00a0\u00bb. Mais moi je me demandais si la redoutable police secr\u00e8te franquiste n\u2019avait pas ses entr\u00e9es au PC de Paris? &nbsp; Le commisaire, irrit\u00e9 par mon absence de r\u00e9ponse, m\u2019a donn\u00e9 une bourrade dans l\u2019\u00e9paule (pas m\u00eame un \u2018marron\u2019). Et faisant contre mauvaise fortune bon coeur je lui ai dit: &nbsp; &#8211; Si vous me torturez je suis pr\u00eat \u00e0 avouer que j\u2019ai tu\u00e9 ma cousine. &nbsp; Pass\u00e9 un moment de stupeur le commissaire m\u2019a cri\u00e9 devant sa peu avenante escorte: &nbsp; &#8211; Au bloc! &nbsp; En r\u00e9alit\u00e9 je viens de visiter les\u00a0\u2018toilettes\u2019 qui actuellement occupent la pissoti\u00e8re du \u00ab\u00a0King\u00a0\u00bb. Et assur\u00e9ment le tacot de la police qui sur la route de Madrid m\u2019avait sembl\u00e9 un teuf-teuf dinosauresque \u00a0 \u00e0 pr\u00e9sent brille par son logo \u00a0\u00ab\u00a0Picasso\u00a0\u00bb. Hourrah! &nbsp; Le cachot du commissariat \u00e9taient des cabinets sp\u00e9ciaux et tr\u00e8s propres dans lesquels j\u2019aurais pu dormir tranquillement sans mon souci d\u2019attentat qui m\u2019a fait passer une nuit blanche &#8230; et qui, faute de papier, m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 tirer profit de plusieurs feuillets libres de mon passeport. &nbsp; En arrivant \u00e0 l\u2019\u00e9pouvantable Direction G\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 je crois qu\u2019on m\u2019a introduit dans un cul-de basse-fosse inquisitorial. Et je crois aussi que l\u2019unique banc de pierre de l\u2019ergastule, par son \u00e9troitesse, ne m\u2019aurait pas permis de m\u2019allonger. Mais j\u2019avais des soucis infiniment plus importants que de mesurer le trop chiche espace o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 une nuit. &nbsp; L\u2019\u00e9tape suivante s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Las Salesas. L\u00e0, au contraire, j\u2019ai joui d\u2019une grande retraite avec de plaisantes visites de rats craintifs et prudents qui sortaient d\u2019un trou d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9gouttait l&rsquo;eau d&rsquo;un mis\u00e9ricordieux robinet. &nbsp; Il semble que ma soeur se soit pr\u00e9sent\u00e9e au juge avec l\u2019intention de s\u2019\u00e9changer avec moi. En brandissant un argument d\u00e9cisif : &nbsp; -Mon fr\u00e8re est un g\u00e9nie. &nbsp; Ce \u00e0 quoi le juge a r\u00e9pliqu\u00e9 par un autre encore plus irr\u00e9futable: &nbsp; &#8211; Je ne lis que le journal \u00ab\u00a0Pueblo\u00a0\u00bb. &nbsp; Il semble qu\u2019on ait alors entam\u00e9 une dispute quasi th\u00e9ologique pour savoir si un dispensateur de verdicts pouvait remplacer un accus\u00e9 par un membre de sa famille. 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Selon la l\u00e9gende il semble que ma soeur ait laiss\u00e9 le carton au bureau judiciaire et ait claqu\u00e9 la porte en d\u00e9clarant: &nbsp; &#8211; \u00a0J\u2019esp\u00e8re que l\u2019un des v\u00f4tres n\u2019aura pas un pr\u00e9matur\u00e9. &nbsp; \u00c0 vrai dire : je ne crois pas \u00a0ma soeur capable d\u2019\u00e9mettre une telle menace. &nbsp; Toujours est-il que lorsque cet \u00e9norme carton est parvenu \u00e0 mon cachot \u00a0sal\u00e9sien je me suis dit : &nbsp; -Il ne manquait plus que \u00e7a: maintenant on veut m\u2019empoisonner; &nbsp; Et je l\u2019ai jet\u00e9 dans le trou de l\u2019eau en demandant aux rats de ne pas toucher \u00e0 de telles \u00e9trennes; &nbsp; &nbsp; C\u2019est que toute ma vie j\u2019ai eu beaucoup\u00a0de chance.\u00a0Et sans aucun m\u00e9rite. &nbsp; ____________________________________________________ &nbsp; \u2026en\u00a0espa\u00f1ol\u00a0(&#8230;\u00ab tercera\u00a0\u00bb de ABC del \u00a013 de julio de 2018): La casilla \u201cc\u00e1rcel\u201d por Fernando Arrabal &nbsp; Sigo sin conocer \u2018oficialmente\u2019 a R\u00e9gis Debray. Sin embargo y sin raz\u00f3n ninguna se mezclaron nuestros dos nombres en 1967 cuando los dos fuimos apresados. En su caso como recluta de la tiran\u00eda castrista. Por casualidad en 1982, sin que nadie nos presentara, coincidimos en una cola para tomar el `Concorde` en Nueva York. Espont\u00e1neamente me dirig\u00ed al consejero de Fidel Castro: &#8211; En sus bolsillos, con su calderilla lleva las llaves que encalabozan a los poetas cubanos desde hace 23 a\u00f1os. 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Pourtant, malheureusement, \u00abon\u00bb a uni nos noms en 1967 parce que nous avons \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s politiquement. Dans son cas comme volontaire de brigades \u00a0 castristes. &nbsp; En 1982, sans que\u00a0personne ne nous ait pr\u00e9sent\u00e9s, nous nous retrouvons par hasard dans une queue pour prendre le Concorde \u00e0 New York. 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Dans \u00a0une interview de\u00a0\u00ab\u00a0Lire\u00a0\u00bb il pr\u00e9tend que \u00ab\u00a0passer par la case \u2018prison&rsquo; est essentiel pour un \u00e9crivain\u00a0\u00bb. &nbsp; Je dois reconna\u00eetre que je garde d\u2019excellents souvenirs (aussi!) de ceux qui m\u2019ont emmen\u00e9 \u00ab\u00a0encha\u00een\u00e9\u00a0\u00bb a pedi-bus\u00a0de Mar Menor \u00e0 la \u00ab\u00a0case prison\u00a0\u00bb de Madrid. A cette \u00e9poque il n\u2019y avait pas d\u2019autoroutes en Espagne pas ni rien de la sorte. Bien \u00e9videmment mes deux ge\u00f4liers m\u2019ont aussit\u00f4t \u00f4t\u00e9 les menottes. Ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue digne de\u00a0\u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb. Quand le soldat de la bonne cause demande au sympathique soldat ennemi si les menottes ne lui font pas trop mal.\u00a0\u00ab\u00a0Ici nous sommes \u00e0 votre service\u00a0\u00bb. La travers\u00e9e kilom\u00e9trique nous l\u2019avons enti\u00e8rement faite, si je me souviens bien, dans une carriole ant\u00e9diluvienne. Une 2 chevaux Citro\u00ebn? En tous cas mes concitoyens se sont arr\u00eat\u00e9s dans les meilleures auberges le long du sentier. Pour me servir ce qu\u2019il y avait de mieux. \u00c9videmment sans menottes. Nul n\u2019aurait pu deviner que celui qui d\u00e9gustait de succulents \u2018churros\u2019 avec ses deux amis \u00e9tait rien de moins qu\u2019un ennemi. Tout \u00e9tait ficel\u00e9 et bien ficel\u00e9 affirmait, dit-on, le dictateur. &nbsp; La nuit de mon arrestation au commissariat les subordonn\u00e9s \u00e9taient grossi\u00e8rement d\u00e9guis\u00e9s en bandits patibulaires. Mais le commissaire \u00e9tait aussi intrigu\u00e9 que moi: &nbsp; -Pourquoi Madrid a-t-il donn\u00e9 l\u2019ordre de vous arr\u00eater? &nbsp; Tel \u00e9tait son myst\u00e8re et mon \u00e9nigme. Pourquoi m\u2019avait-on captur\u00e9 en pleine nuit avec cinq pistolets alors qu\u2019un lance-pierres aurait pu faire le m\u00eame office? \u00a0Je craignais que\u00a0\u00ab\u00a0Madrid\u00a0\u00bb n\u2019ait eu vent de mon projet de tuer Franco. Attentat que j\u2019avais planifi\u00e9 avec Christophe Tzara (le fils de Tristan Tzara) alors docteur en sciences physiques et \u00a0sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9nergie atomique. Malgr\u00e9 le secret qu\u2019exigeait notre conspiration Christophe, qui \u00e9tait communiste, avait mis au courant sa cellule. Et le Parti Communiste (merci!!!) lui \u00a0a enjoint\u00a0 d\u2019oublier le magnacide\u00a0\u00ab\u00a0\u2026parce que ce n\u2019\u00e9tait pas le moment\u00a0\u00bb. Mais moi je me demandais si la redoutable police secr\u00e8te franquiste n\u2019avait pas ses entr\u00e9es au PC de Paris? &nbsp; Le commisaire, irrit\u00e9 par mon absence de r\u00e9ponse, m\u2019a donn\u00e9 une bourrade dans l\u2019\u00e9paule (pas m\u00eame un \u2018marron\u2019). Et faisant contre mauvaise fortune bon coeur je lui ai dit: &nbsp; &#8211; Si vous me torturez je suis pr\u00eat \u00e0 avouer que j\u2019ai tu\u00e9 ma cousine. &nbsp; Pass\u00e9 un moment de stupeur le commissaire m\u2019a cri\u00e9 devant sa peu avenante escorte: &nbsp; &#8211; Au bloc! &nbsp; En r\u00e9alit\u00e9 je viens de visiter les\u00a0\u2018toilettes\u2019 qui actuellement occupent la pissoti\u00e8re du \u00ab\u00a0King\u00a0\u00bb. Et assur\u00e9ment le tacot de la police qui sur la route de Madrid m\u2019avait sembl\u00e9 un teuf-teuf dinosauresque \u00a0 \u00e0 pr\u00e9sent brille par son logo \u00a0\u00ab\u00a0Picasso\u00a0\u00bb. Hourrah! &nbsp; Le cachot du commissariat \u00e9taient des cabinets sp\u00e9ciaux et tr\u00e8s propres dans lesquels j\u2019aurais pu dormir tranquillement sans mon souci d\u2019attentat qui m\u2019a fait passer une nuit blanche &#8230; et qui, faute de papier, m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 tirer profit de plusieurs feuillets libres de mon passeport. &nbsp; En arrivant \u00e0 l\u2019\u00e9pouvantable Direction G\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 je crois qu\u2019on m\u2019a introduit dans un cul-de basse-fosse inquisitorial. Et je crois aussi que l\u2019unique banc de pierre de l\u2019ergastule, par son \u00e9troitesse, ne m\u2019aurait pas permis de m\u2019allonger. Mais j\u2019avais des soucis infiniment plus importants que de mesurer le trop chiche espace o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 une nuit. &nbsp; L\u2019\u00e9tape suivante s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Las Salesas. L\u00e0, au contraire, j\u2019ai joui d\u2019une grande retraite avec de plaisantes visites de rats craintifs et prudents qui sortaient d\u2019un trou d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9gouttait l&rsquo;eau d&rsquo;un mis\u00e9ricordieux robinet. &nbsp; Il semble que ma soeur se soit pr\u00e9sent\u00e9e au juge avec l\u2019intention de s\u2019\u00e9changer avec moi. En brandissant un argument d\u00e9cisif : &nbsp; -Mon fr\u00e8re est un g\u00e9nie. &nbsp; Ce \u00e0 quoi le juge a r\u00e9pliqu\u00e9 par un autre encore plus irr\u00e9futable: &nbsp; &#8211; Je ne lis que le journal \u00ab\u00a0Pueblo\u00a0\u00bb. &nbsp; Il semble qu\u2019on ait alors entam\u00e9 une dispute quasi th\u00e9ologique pour savoir si un dispensateur de verdicts pouvait remplacer un accus\u00e9 par un membre de sa famille. Ou si, de m\u00eame, une directrice du Service M\u00e9dical des Pr\u00e9matur\u00e9s (c\u2019\u00e9tait le cas de ma soeur) pouvait permuter deux nouveau-n\u00e9s. &nbsp; Lors d&rsquo;une seconde visite ma soeur savait d\u00e9j\u00e0 (gr\u00e2ce \u00e0 des poulagas \u00e0 la langue bien pendue) qu\u2019\u00e0 Las Salesas j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9 malade presque pour les m\u00eames raisons qui avaient pouss\u00e9 Cervant\u00e8s (pardon!) \u00e0 esquiver l\u2019\u00e9tripage de la bataille de L\u00e9pante: la dysenterie. Ce qui a incit\u00e9 ma soeur \u00e0 se pr\u00e9senter au juge avec une grande bo\u00eete en carton remplie de m\u00e9dicaments, de citrons, de yaourts etc. Le juge lui a annonc\u00e9 qu\u2019il ne porterait pas une telle assistance \u00e0 un tel adversaire. Selon la l\u00e9gende il semble que ma soeur ait laiss\u00e9 le carton au bureau judiciaire et ait claqu\u00e9 la porte en d\u00e9clarant: &nbsp; &#8211; \u00a0J\u2019esp\u00e8re que l\u2019un des v\u00f4tres n\u2019aura pas un pr\u00e9matur\u00e9. &nbsp; \u00c0 vrai dire : je ne crois pas \u00a0ma soeur capable d\u2019\u00e9mettre une telle menace. &nbsp; Toujours est-il que lorsque cet \u00e9norme carton est parvenu \u00e0 mon cachot \u00a0sal\u00e9sien je me suis dit : &nbsp; -Il ne manquait plus que \u00e7a: maintenant on veut m\u2019empoisonner; &nbsp; Et je l\u2019ai jet\u00e9 dans le trou de l\u2019eau en demandant aux rats de ne pas toucher \u00e0 de telles \u00e9trennes; &nbsp; &nbsp; C\u2019est que toute ma vie j\u2019ai eu beaucoup\u00a0de chance.\u00a0Et sans aucun m\u00e9rite. &nbsp; ____________________________________________________ &nbsp; \u2026en\u00a0espa\u00f1ol\u00a0(&#8230;\u00ab tercera\u00a0\u00bb de ABC del \u00a013 de julio de 2018): La casilla \u201cc\u00e1rcel\u201d por Fernando Arrabal &nbsp; Sigo sin conocer \u2018oficialmente\u2019 a R\u00e9gis Debray. Sin embargo y sin raz\u00f3n ninguna se mezclaron nuestros dos nombres en 1967 cuando los dos fuimos apresados. En su caso como recluta de la tiran\u00eda castrista. Por casualidad en 1982, sin que nadie nos presentara, coincidimos en una cola para tomar el `Concorde` en Nueva York. Espont\u00e1neamente me dirig\u00ed al consejero de Fidel Castro: &#8211; En sus bolsillos, con su calderilla lleva las llaves que encalabozan a los poetas cubanos desde hace 23 a\u00f1os. 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