﻿{"id":5071,"date":"2015-01-21T19:24:39","date_gmt":"2015-01-21T17:24:39","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=5071"},"modified":"2015-08-18T16:37:28","modified_gmt":"2015-08-18T14:37:28","slug":"pique-nique-en-campagne-du-cafe-de-la-gare-et-latlantide-engloutie-de-lesthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2015\/01\/21\/5071\/pique-nique-en-campagne-du-cafe-de-la-gare-et-latlantide-engloutie-de-lesthetique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb du Caf\u00e9 de la Gare et \u00ab\u00a0L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00ab\u00a0&#8230;<\/strong>avec quel talent cette farce\u00a0 grin\u00e7ante, mordante et r\u00e9jouissante.\u201d Marie-C\u00e9line Nivi\u00e8re (Pariscope).<\/p>\n<p><strong>Lakis Proguidis <\/strong>(\u00ab\u00a0L&rsquo;atelier du roman\u00a0\u00bb , Flammarion ) <strong>:<\/strong> \u00a0\u00bb Comme l&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9ral est domin\u00e9 par les va-t-en-guerre, nous sommes all\u00e9s voir samedi la pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb; question de respirer un peu&#8230; Et nous sommes sortis largement r\u00e9compens\u00e9s! .<\/p>\n<p>________________________________<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Lakis <strong>Proguidis<\/strong><\/h4>\n<p>Intervention r\u00e9cente dans un colloque de la Sorbonne sur \u00ab\u00a0la pens\u00e9e sur l&rsquo;art\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet je dois expliquer un peu mon titre.<\/p>\n<p>Que l\u2019esth\u00e9tique comme science du beau ou comme philosophie de l\u2019art ait disparu du champ de nos int\u00e9r\u00eats est un fait difficile \u00e0 contester. Il suffit de nous rappeler la quasi disparition des d\u00e9partements universitaires qui portaient encore ce nom il y a \u00e0 peine un demi-si\u00e8cle. L\u2019\u00e9poque o\u00f9 des ouvrages tels que <em>L\u2019Esth\u00e9tique comme science de l\u2019expression<\/em> de Benedetto Croce (1922) ou <em>Philosophie des formes symboliques<\/em> d\u2019Ernst Cassirer (1953) se discutaient largement est bien lointaine. Le rideau me semble \u00eatre tomb\u00e9 sur ce domaine du savoir en 1966 avec le livre de Monroe Beardsley <em>Aesthetics\u00a0: From Classical Greece to the Present<\/em>. De la Gr\u00e8ce classique \u00e0 nos jours\u2026 certainement l\u2019auteur n\u2019aurait pas pu imaginer qu\u2019il avait \u00e9crit l\u2019histoire de quelque chose qui n\u2019avait plus d\u2019avenir.<\/p>\n<p>Si nous sommes d\u2019accord \u2013 j\u2019y reviendrai \u2013 que par le terme esth\u00e9tique nous ne d\u00e9signons pas la simple r\u00e9flexion sur l\u2019\u0153uvre d\u2019art, mais aussi, et surtout, la sensation objectivable, la sensation qui transcende les exp\u00e9riences partielles, la sensation qui totalise les sensations individuelles, oui, si nous comprenons encore le mot dans son sens original qui, selon le grec, veut dire s\u2019occuper des cinq sens et simultan\u00e9ment les contempler du dehors, force est d\u2019admettre que l\u2019esth\u00e9tique n\u2019est pas seule \u00e0 quitter notre monde. La m\u00eame sorte d\u2019\u00e9clipse concerne aussi la philosophie totalisante, je veux dire des grands syst\u00e8mes de l\u2019esprit destin\u00e9s \u00e0 embrasser et \u00e0 expliquer le monde que notre civilisation a connu depuis les pr\u00e9socratiques jusqu\u2019au milieu du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai rien contre la philosophie analytique, seule d\u00e9sormais \u00e0 occuper le terrain o\u00f9 hier encore s\u2019affrontaient les grands syst\u00e8mes philosophiques. Le probl\u00e8me est la pens\u00e9e unique. Tous nos efforts pour stimuler le multiple, toutes nos d\u00e9clarations sur la diversit\u00e9, tous nos discours en faveur de l\u2019Autre, toutes nos tentatives pour faire dialoguer les diff\u00e9rentes disciplines et les diff\u00e9rents milieux sociaux, toutes nos initiatives pour imposer le pluriel dans tous les mots cl\u00e9s de notre civilisation \u2013 on ne parle plus de libert\u00e9 mais des libert\u00e9s, on ne parle plus du savoir mais des savoirs, on ne parle plus du beau mais des beaut\u00e9s, etc., oui, tous ces comportements \u00e0 premi\u00e8re vue dus au respect et \u00e0 la d\u00e9fense de la pluralit\u00e9 des mondes, cachent notre incapacit\u00e9 d\u00e9sormais end\u00e9mique \u00e0 nous extraire du monde, \u00e0 le penser dans son ensemble et, par cons\u00e9quent, \u00e0 dialoguer \u00e0 partir de visions diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre aimerait-on voir dans cette \u00e9volution non pas le triomphe du monologisme mais la victoire d\u00e9finitive du principe d\u2019immanence contre celui de transcendance. C\u2019est un leurre. Car, en fait, ce qui l\u2019a emport\u00e9, sournoisement, ce n\u2019est pas le principe philosophique de l\u2019immanence mais l\u2019immanence du monde m\u00eame tel qu\u2019il est et tel qu\u2019il se r\u00e9p\u00e9tera \u00e0 l\u2019infini. Pour ce faire, on a d\u00e9clar\u00e9 caduque, inop\u00e9rante, la lutte incessante depuis l\u2019aube des temps de ces deux principes antagonistes. Ce qui a gagn\u00e9 alors c\u2019est l\u2019id\u00e9e que c\u2019est \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 l\u2019imagination de s\u2019adapter au monde tel qu\u2019il est et non l\u2019inverse. Nous risquons ainsi, \u00e0 long terme, d\u2019\u00eatre priv\u00e9s du d\u00e9sir, d\u00e9sir \u00e0 mon avis proprement humain, de nous entretenir avec une totalit\u00e9 qui nous d\u00e9passe, qui transcende notre situation particuli\u00e8re, tant sur le plan individuel que collectif.<\/p>\n<p>Que la r\u00e9flexion sur l\u2019art se limite \u00e0 l\u2019inventaire et au commentaire des prouesses formelles n\u2019a d\u00e8s lors rien d\u2019\u00e9tonnant. On constate et on analyse. Au mieux, on scrute les tendances dites actuelles. La pens\u00e9e sur l\u2019art se compartimente et, forc\u00e9ment, on fait appel aux experts former pour mener \u00e0 bien ce travail-l\u00e0. En philosophie c\u2019est pareil. Que faire\u00a0? C\u2019est si vaste l\u2019objet, j\u2019entends l\u2019objection. Non, pas du tout. Encore un leurre d\u2019autopersuasion, d\u2019autojustification. Ce n\u2019est pas l\u2019objet qui est vaste. C\u2019est nous qui l\u2019avons fait tel. C\u2019est nous qui l\u2019avons morcel\u00e9.<\/p>\n<p>Et l\u2019Atlantide, pourquoi figure-t-elle dans le titre\u00a0? Est-ce pour teindre mes propos du sentiment de nostalgie\u00a0? Ce pourrait \u00eatre le cas. S\u2019agissant de la disparition de l\u2019esth\u00e9tique on a toutes les raisons du monde pour devenir nostalgique. Mais non, ce n\u2019est pas le cas. L\u2019Atlantide est ici comme un appel \u00e0 effectuer un grand saut en arri\u00e8re dans le temps, \u00e0 revenir aux d\u00e9buts de notre civilisation. Avec l\u2019id\u00e9e, bien entendu, que ce retour n\u2019est pas sans rapport avec le sujet de ce colloque.<\/p>\n<p>Pour commencer, regardons du c\u00f4t\u00e9 de Platon qui, dans un de ses derniers dialogues, <em>Critias<\/em>, a invent\u00e9 le mythe de l\u2019Atlantide. Il \u00e9tait une fois, dit-il, sur une \u00eele qui se trouvait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des colonnes d\u2019H\u00e9racl\u00e8s, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019oc\u00e9an, une cit\u00e9 id\u00e9ale, heureuse, prosp\u00e8re et pacifique. Ses habitants descendaient de l\u2019accouplement de Pos\u00e9idon avec une belle mortelle. Ils se gouvernaient par des lois justes et parfaites \u00e9tablies par le dieu en personne. Mais l\u2019idylle n\u2019a dur\u00e9 que quelques g\u00e9n\u00e9rations. Avec le temps, le d\u00e9gradation a pris le dessus dans tous les domaines de la vie. Zeus, alors, saisi d\u2019une col\u00e8re incommensurable, a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019\u00eele enti\u00e8re au fin fond de l\u2019oc\u00e9an. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de la d\u00e9gradation m\u00eame, Platon dit qu\u2019elle s\u2019explique par le fait qu\u2019au d\u00e9part le sang divin a \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 avec le sang humain. Une telle union ne pourrait, selon le philosophe, qu\u2019aller vers le bas. Mais il reste quand m\u00eame, semble vouloir dire Platon, le souvenir de la splendide cit\u00e9 qui transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration gardera vivante aupr\u00e8s des mortels la nostalgie de l\u2019\u0153uvre divine.<\/p>\n<p>La description d\u00e9taill\u00e9e de cette cit\u00e9 fantastique entreprise par Platon m\u2019a fait penser \u00e0 une autre description, d\u2019une autre \u0153uvre divine, \u00e0 savoir celle que fait Hom\u00e8re du bouclier d\u2019Achille dans <em>L\u2019Iliade<\/em>, \u0153uvre du dieu H\u00e9phaistos. Un monde entier y est repr\u00e9sent\u00e9. Un monde o\u00f9 coexistent la paix et la guerre, la f\u00eate et le deuil, les quatre saisons, l\u2019univers c\u00e9leste et les travaux domestiques. Ce monde ne se d\u00e9grade pas comme celui de l\u2019Atlantide de Platon. Il se r\u00e9p\u00e8te. Il est cyclique et \u00e9ternel. Ce qui explique peut-\u00eatre l\u2019animosit\u00e9 du philosophe envers le po\u00e8te. Platon trouver probablement inadmissible cette neutralit\u00e9, cette description pour la description, cet artifice langagier d\u00e9pourvu de moralit\u00e9, cette absence de la part d\u2019Hom\u00e8re de jugement de valeur morale eu \u00e9gard au monde repr\u00e9sent\u00e9 sur le bouclier. Platon a \u00e9t\u00e9 parfaitement cons\u00e9quent avec son \u00e9chelle des valeurs. Il croyait que l\u2019homme bon devait se d\u00e9tourner des distractions mim\u00e9tiques pour se consacrer \u00e0 la contemplation des id\u00e9es imp\u00e9rissables.<\/p>\n<p>Cependant il me semble que si ce mentor de la r\u00e9miniscence que fut Platon s\u2019arr\u00eatait vraiment sur le fragment de <em>L\u2019Iliade<\/em> d\u00e9di\u00e9 au bouclier d\u2019Achille et m\u00e9ditait les mots utilis\u00e9s, un par un, non seulement il comprendrait la raison d\u2019\u00eatre de la po\u00e9sie, mais il se souviendrait aussi de l\u2019origine de sa propre discipline. Parce que Hom\u00e8re ne se contente pas de la description. Certes, il n\u2019\u00e9met pas un jugement moral. Mais il \u00e9met un jugement quand m\u00eame. Il introduit dans le po\u00e8me son appr\u00e9ciation sur l\u2019ouvrage en question. Il dit que ce qu\u2019a fait H\u00e9phaistos est \u00ab\u00a0thaumastos\u00a0\u00bb (\u03b8\u03b1\u03c5\u03bc\u03b1\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2), merveilleux. Historiquement parlant, il s\u2019agit du premier jugement esth\u00e9tique et, du coup, de la fondation de l\u2019esth\u00e9tique comme nouvelle branche du savoir. Et l\u2019affaire ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Quelques trois si\u00e8cles avant Platon, Hom\u00e8re fixe le mot d\u2019o\u00f9 jaillira tout l\u2019\u00e9difice de la philosophie grecque\u00a0: <em>\u00e9merveillement<\/em>, s\u2019\u00e9merveiller, c\u2019est cela la philosophie disaient les Grecs.<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce n\u2019a pas invent\u00e9 l\u2019art. L\u2019art est ontologiquement li\u00e9 \u00e0 la notion de l\u2019homme. La Gr\u00e8ce a invent\u00e9 l\u2019autonomie de l\u2019art, la facult\u00e9 de l\u2019art de se regarder et de se prendre comme objet de jugement \u00e0 partir de ses propres crit\u00e8res. Crit\u00e8res qui, manifestement, n\u2019ont rien de commun avec l\u2019\u00e9conomie du vivant. Quel int\u00e9r\u00eat aurait pu pr\u00e9senter pour la vie le fait de s\u2019\u00e9merveiller devant une \u0153uvre ou un objet de la nature ou un quelconque \u00e9v\u00e9nement\u00a0? Probablement aucun. Mais depuis Hom\u00e8re nous avons la preuve po\u00e9tique qu\u2019il existe chez l\u2019homme un ordre du sensible d\u00e9viant par rapport aux lois de la nature, un ordre qui gratifie l\u2019homme de la dimension du cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p>Maintenant j\u2019aimerai faire trois remarques qui serviront de lien entre ce fonds hom\u00e9rico-platonicien et notre sujet.<\/p>\n<p>1) Quand Hom\u00e8re compose son chant, il sait qu\u2019il le fait dans une langue pr\u00e9cise et qu\u2019il s\u2019adresse \u00e0 un peuple pr\u00e9cis. Il est l\u2019auteur. Ou le coauteur ou la voix collective des a\u00e8des, peu importe. En tout cas, qui qu\u2019il soit, il n\u2019annonce pas que le travail d\u2019H\u00e9phaistos est merveilleux parce qu\u2019il lui pla\u00eet personnellement. Il argumente. Il expose les raisons de son appr\u00e9ciation. L\u2019attribut du merveilleux est le r\u00e9sultat de son analyse esth\u00e9tique, dirions-nous aujourd\u2019hui, et pas de ses pr\u00e9f\u00e9rences. Et le public, comment r\u00e9agira-t-il\u00a0? Mais le public est forc\u00e9ment impliqu\u00e9 dans la m\u00eame mani\u00e8re de voir les choses. Ce n\u2019est pas son appartenance ethnique ou par le fait qu\u2019il parle la langue du po\u00e8te qu\u2019il partagera son jugement. Il adh\u00e8re au raisonnement critique. Ce bouclier est objectivement merveilleux pour les Grecs, pour les Perses, pour nous lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui et pour tout homme o\u00f9 qu\u2019il se trouve sur cette plan\u00e8te et ceci jusqu\u2019\u00e0 la fin des temps. Autrement dit, l\u2019esth\u00e9tique n\u2019a de sens que dans la mesure o\u00f9 elle \u0153uvre en faveur du d\u00e9passement des conditions, de toutes les conditions, qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la gestation de l\u2019\u0153uvre dite artistique et bien entendu au d\u00e9passement des int\u00e9r\u00eats, de tous les int\u00e9r\u00eats des destinataires.<\/p>\n<p>Devant l\u2019\u0153uvre d\u2019H\u00e9phaistos on ne s\u2019\u00e9merveille pas parce qu\u2019on appartient \u00e0 tel ou tel groupe \u00e0 l\u2019identit\u00e9 d\u00e9finie mais parce qu\u2019on est homme. Ce qui n\u2019emp\u00eachera certainement pas ces groupes-l\u00e0 \u2013 et de nos jours ils sont l\u00e9gion \u2013 de vouloir avoir leur art propre exclusivement \u00e0 eux. Mais cet art identificatoire a selon le vocabulaire de l\u2019esth\u00e9tique un nom. Il s\u2019appelle le kitsch.<\/p>\n<p>Il est vrai que ces derniers temps on n\u2019entend pas beaucoup ce mot. Mais ceci explique cela. On ne l\u2019entend pas parce que la voix de l\u2019esth\u00e9tique est \u00e9teinte. Le kitsch est l\u2019accord cat\u00e9gorique avec l\u2019\u00eatre, disait Kundera. Comprenons alors l\u2019esth\u00e9tique comme la mise en distance de ce qui est l\u00e0, comme un d\u00e9passement du m\u00eame. Et ce n\u2019est pas avec la segmentation en menus morceaux de ce qui est, action dans laquelle excelle notre monde, qu\u2019on cr\u00e9era la distance exig\u00e9e par l\u2019esth\u00e9tique. Un kitsch ou plusieurs kitschs, c\u2019est du pareil au m\u00eame.<\/p>\n<p>2) La description du bouclier d\u2019Achille dans <em>L\u2019Iliade<\/em> s\u2019\u00e9tale sur une centaine de vers. Parfois Hom\u00e8re parle avec admiration de la dext\u00e9rit\u00e9 d\u2019H\u00e9phaistos manipuler ses outils de travail. Mais jamais il n\u2019attribue la valeur esth\u00e9tique du r\u00e9sultat \u00e0 sa qualit\u00e9 de dieu. En revanche, chez Platon les premi\u00e8res lois d\u2019Atlantide \u00e9taient parfaites parce qu\u2019elles \u00e9taient divines. Chez Hom\u00e8re c\u2019est seulement l\u2019ouvrage qui est pris en consid\u00e9ration. Ici l\u2019artiste parle d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal de ce qui est sorti de l\u2019atelier de son confr\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019aube alors de notre litt\u00e9rature l\u2019artiste inclut au sein de son \u0153uvre la r\u00e9flexion sur une autre \u0153uvre d\u2019art. Pourquoi\u00a0? Quel est le sens de ce geste\u00a0? Vu d\u2019aujourd\u2019hui il me semble qu\u2019Hom\u00e8re veut dire deux choses. Premi\u00e8rement, que l\u2019\u0153uvre d\u2019art n\u2019est jamais seule, n\u2019est jamais une Atlantide, n\u2019est jamais isol\u00e9e des autres \u0153uvres d\u2019art. Deuxi\u00e8mement, que c\u2019est de l\u2019\u0153uvre d\u2019art m\u00eame que jaillit le d\u00e9sir de la tradition, de la comparaison et de la pens\u00e9e sur le beau. L\u2019art n\u2019avance pas. Il appara\u00eet. Mais pour voir la nouveaut\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans une \u0153uvre particuli\u00e8re, il faut aussi suivre le dialogue que l\u2019art en question entretient avec lui-m\u00eame, avec les autres arts et avec la tradition en g\u00e9n\u00e9ral, en deux mots, il faut \u00eatre esth\u00e9tiquement \u00e9duqu\u00e9.<\/p>\n<p>Je ne sais pas comment cela se passe pour les autres arts. Mais d\u2019apr\u00e8s ce que je sais \u00e0 propos de l\u2019esth\u00e9tique romanesque, il me semble que l\u2019ouverture de plus en plus manifeste de l\u2019art du roman vers les autres grandes formes, ici en France, par exemple, vers la peinture \u2013 je pense \u00e0 Claude Simon \u2013, ailleurs vers la po\u00e9sie, la musique, le mythe, etc., ne s\u2019explique pas seulement par sa capacit\u00e9 inn\u00e9e \u00e0 les embrasser toutes. Il y a aussi autre chose. Je pense qu\u2019en conditions d\u2019apesanteur esth\u00e9tique, en absence de cette activit\u00e9 autonome de l\u2019esprit et de l\u2019imagination, le roman reprend \u00e0 son compte et selon ses moyens d\u2019expression le geste hom\u00e9rique. Car ce qui est en jeu dor\u00e9navant ce n\u2019est pas l\u2019existence de l\u2019\u0153uvre d\u2019art \u2013 tant qu\u2019il y aura des hommes, il y aura cr\u00e9ation \u2013, mais la survie du dialogue esth\u00e9tique, dialogue, pour notre civilisation, consubstantiel \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience artistique. Par cons\u00e9quent, plus ce dialogue fera d\u00e9faut dans le monde disons ext\u00e9rieur, plus le roman aura tendance \u00e0 le faire \u00e9merger de son for int\u00e9rieur en prenant souvent appui sur les autres arts.<\/p>\n<p>3) J\u2019en reviens au mythe platonicien. \u00c0 partir du moment, dit Platon, o\u00f9 l\u2019admirable cit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019accouplement d\u2019un dieu avec un homme, le d\u00e9sastre \u00e9tait in\u00e9luctable. Quand l\u2019\u00eatre sup\u00e9rieur, pense-t-il, est attir\u00e9 par un \u00eatre inf\u00e9rieur, le monde qui en r\u00e9sultera, quoique splendide et prometteur au d\u00e9part, ne peut que p\u00e9ricliter. Mais cette logique de la d\u00e9gradation continue jusqu\u2019\u00e0 la chute finale ne concerne pas l\u2019art, semble r\u00e9pondre Hom\u00e8re.<\/p>\n<p><em>Primo<\/em>, parce que chaque r\u00e9alisation artistique est port\u00e9e au monde, et par la suite soutenue, par l\u2019ensemble de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p><em>Secundo<\/em>, parce que dans chaque \u0153uvre artistique le glorieux pass\u00e9 ne surgit pas comme une r\u00e9miniscence mais comme un interlocuteur toujours vivant.<\/p>\n<p>Et, <em>tertio<\/em>, parce que l\u2019\u00e9merveillement est hors temps.<\/p>\n<p>Cependant, je ne crois pas que Platon ait tort. Sinon il fallait conclure que la philosophie totalisante a fait son chemin. Ce qui est d\u2019ailleurs le cas, comme je disais au d\u00e9but. Mais les textes sont l\u00e0, comme un d\u00e9fi permanent.<\/p>\n<p>Depuis trois, quatre si\u00e8cles l\u2019homme est s\u00e9duit par la machine et il esp\u00e8re que son accouplement avec elle fera na\u00eetre un monde \u00e9ternellement radieux, \u00e9ternellement prosp\u00e8re et \u00e9ternellement jeune. Tu fonces droit dans le mur, le pr\u00e9vient Platon depuis son IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant notre \u00e8re. Car dans les accouplements de ce genre c\u2019est toujours la condition premi\u00e8re de l\u2019\u00eatre inf\u00e9rieur qui l\u2019emporte. Dans l\u2019Atlantide mythique, c\u2019\u00e9tait l\u2019imperfection humaine. Dans l\u2019Atlantide moderne ce sera l\u2019efficacit\u00e9 machinale. \u00c0 cette pr\u00e9cision pr\u00e8s, que, aux temps d\u2019Hom\u00e8re et de Platon, l\u2019\u00e9merveillement faisait sens, c\u2019est-\u00e0-dire structurait l\u2019imaginaire humain. Aujourd\u2019hui, d\u2019apr\u00e8s tous les indices dont on dispose, seul l\u2019art semble vouloir s\u2019opposer \u00e0 la d\u00e9gradation du monde qu\u2019impose l\u2019efficacit\u00e9 de la machine, et rester fid\u00e8le au geste fondateur d\u2019Hom\u00e8re. Et apparemment, sans soutien esth\u00e9tique \u00ab\u00a0ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb, il est dor\u00e9navant oblig\u00e9 de se faire \u00e0 la fois bouclier bien fait et observateur \u00e9merveill\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Lakis <strong>Proguidis<\/strong> (\u00ab\u00a0L&rsquo;atelier du roman\u00a0\u00bb , Flammarion )<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2015\/01\/vz-D567C07E-A200-4D40-B03D-407F08FBB1E41.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5074\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2015\/01\/vz-D567C07E-A200-4D40-B03D-407F08FBB1E41.jpg\" alt=\"vz-D567C07E-A200-4D40-B03D-407F08FBB1E4\" width=\"180\" height=\"271\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0&#8230;avec quel talent cette farce\u00a0 grin\u00e7ante, mordante et r\u00e9jouissante.\u201d Marie-C\u00e9line Nivi\u00e8re (Pariscope). Lakis Proguidis (\u00ab\u00a0L&rsquo;atelier du roman\u00a0\u00bb , Flammarion ) : \u00a0\u00bb Comme l&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9ral est domin\u00e9 par les va-t-en-guerre, nous sommes all\u00e9s voir samedi la pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb; question de respirer un peu&#8230; Et nous sommes sortis largement r\u00e9compens\u00e9s! . ________________________________ \u00ab\u00a0L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE\u00a0\u00bb &nbsp; Lakis Proguidis Intervention r\u00e9cente dans un colloque de la Sorbonne sur \u00ab\u00a0la pens\u00e9e sur l&rsquo;art\u00a0\u00bb &nbsp; Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet je dois expliquer un peu mon titre. Que l\u2019esth\u00e9tique comme science du beau ou comme philosophie de l\u2019art ait disparu du champ de nos int\u00e9r\u00eats est un fait difficile \u00e0 contester. Il suffit de nous rappeler la quasi disparition des d\u00e9partements universitaires qui portaient encore ce nom il y a \u00e0 peine un demi-si\u00e8cle. L\u2019\u00e9poque o\u00f9 des ouvrages tels que L\u2019Esth\u00e9tique comme science de l\u2019expression de Benedetto Croce (1922) ou Philosophie des formes symboliques d\u2019Ernst Cassirer (1953) se discutaient largement est bien lointaine. Le rideau me semble \u00eatre tomb\u00e9 sur ce domaine du savoir en 1966 avec le livre de Monroe Beardsley Aesthetics\u00a0: From Classical Greece to the Present. De la Gr\u00e8ce classique \u00e0 nos jours\u2026 certainement l\u2019auteur n\u2019aurait pas pu imaginer qu\u2019il avait \u00e9crit l\u2019histoire de quelque chose qui n\u2019avait plus d\u2019avenir. Si nous sommes d\u2019accord \u2013 j\u2019y reviendrai \u2013 que par le terme esth\u00e9tique nous ne d\u00e9signons pas la simple r\u00e9flexion sur l\u2019\u0153uvre d\u2019art, mais aussi, et surtout, la sensation objectivable, la sensation qui transcende les exp\u00e9riences partielles, la sensation qui totalise les sensations individuelles, oui, si nous comprenons encore le mot dans son sens original qui, selon le grec, veut dire s\u2019occuper des cinq sens et simultan\u00e9ment les contempler du dehors, force est d\u2019admettre que l\u2019esth\u00e9tique n\u2019est pas seule \u00e0 quitter notre monde. La m\u00eame sorte d\u2019\u00e9clipse concerne aussi la philosophie totalisante, je veux dire des grands syst\u00e8mes de l\u2019esprit destin\u00e9s \u00e0 embrasser et \u00e0 expliquer le monde que notre civilisation a connu depuis les pr\u00e9socratiques jusqu\u2019au milieu du XXe si\u00e8cle. Je n\u2019ai rien contre la philosophie analytique, seule d\u00e9sormais \u00e0 occuper le terrain o\u00f9 hier encore s\u2019affrontaient les grands syst\u00e8mes philosophiques. Le probl\u00e8me est la pens\u00e9e unique. Tous nos efforts pour stimuler le multiple, toutes nos d\u00e9clarations sur la diversit\u00e9, tous nos discours en faveur de l\u2019Autre, toutes nos tentatives pour faire dialoguer les diff\u00e9rentes disciplines et les diff\u00e9rents milieux sociaux, toutes nos initiatives pour imposer le pluriel dans tous les mots cl\u00e9s de notre civilisation \u2013 on ne parle plus de libert\u00e9 mais des libert\u00e9s, on ne parle plus du savoir mais des savoirs, on ne parle plus du beau mais des beaut\u00e9s, etc., oui, tous ces comportements \u00e0 premi\u00e8re vue dus au respect et \u00e0 la d\u00e9fense de la pluralit\u00e9 des mondes, cachent notre incapacit\u00e9 d\u00e9sormais end\u00e9mique \u00e0 nous extraire du monde, \u00e0 le penser dans son ensemble et, par cons\u00e9quent, \u00e0 dialoguer \u00e0 partir de visions diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es. Peut-\u00eatre aimerait-on voir dans cette \u00e9volution non pas le triomphe du monologisme mais la victoire d\u00e9finitive du principe d\u2019immanence contre celui de transcendance. C\u2019est un leurre. Car, en fait, ce qui l\u2019a emport\u00e9, sournoisement, ce n\u2019est pas le principe philosophique de l\u2019immanence mais l\u2019immanence du monde m\u00eame tel qu\u2019il est et tel qu\u2019il se r\u00e9p\u00e9tera \u00e0 l\u2019infini. Pour ce faire, on a d\u00e9clar\u00e9 caduque, inop\u00e9rante, la lutte incessante depuis l\u2019aube des temps de ces deux principes antagonistes. Ce qui a gagn\u00e9 alors c\u2019est l\u2019id\u00e9e que c\u2019est \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 l\u2019imagination de s\u2019adapter au monde tel qu\u2019il est et non l\u2019inverse. Nous risquons ainsi, \u00e0 long terme, d\u2019\u00eatre priv\u00e9s du d\u00e9sir, d\u00e9sir \u00e0 mon avis proprement humain, de nous entretenir avec une totalit\u00e9 qui nous d\u00e9passe, qui transcende notre situation particuli\u00e8re, tant sur le plan individuel que collectif. Que la r\u00e9flexion sur l\u2019art se limite \u00e0 l\u2019inventaire et au commentaire des prouesses formelles n\u2019a d\u00e8s lors rien d\u2019\u00e9tonnant. On constate et on analyse. Au mieux, on scrute les tendances dites actuelles. La pens\u00e9e sur l\u2019art se compartimente et, forc\u00e9ment, on fait appel aux experts former pour mener \u00e0 bien ce travail-l\u00e0. En philosophie c\u2019est pareil. Que faire\u00a0? C\u2019est si vaste l\u2019objet, j\u2019entends l\u2019objection. Non, pas du tout. Encore un leurre d\u2019autopersuasion, d\u2019autojustification. Ce n\u2019est pas l\u2019objet qui est vaste. C\u2019est nous qui l\u2019avons fait tel. C\u2019est nous qui l\u2019avons morcel\u00e9. Et l\u2019Atlantide, pourquoi figure-t-elle dans le titre\u00a0? Est-ce pour teindre mes propos du sentiment de nostalgie\u00a0? Ce pourrait \u00eatre le cas. S\u2019agissant de la disparition de l\u2019esth\u00e9tique on a toutes les raisons du monde pour devenir nostalgique. Mais non, ce n\u2019est pas le cas. L\u2019Atlantide est ici comme un appel \u00e0 effectuer un grand saut en arri\u00e8re dans le temps, \u00e0 revenir aux d\u00e9buts de notre civilisation. Avec l\u2019id\u00e9e, bien entendu, que ce retour n\u2019est pas sans rapport avec le sujet de ce colloque. Pour commencer, regardons du c\u00f4t\u00e9 de Platon qui, dans un de ses derniers dialogues, Critias, a invent\u00e9 le mythe de l\u2019Atlantide. Il \u00e9tait une fois, dit-il, sur une \u00eele qui se trouvait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des colonnes d\u2019H\u00e9racl\u00e8s, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019oc\u00e9an, une cit\u00e9 id\u00e9ale, heureuse, prosp\u00e8re et pacifique. Ses habitants descendaient de l\u2019accouplement de Pos\u00e9idon avec une belle mortelle. Ils se gouvernaient par des lois justes et parfaites \u00e9tablies par le dieu en personne. Mais l\u2019idylle n\u2019a dur\u00e9 que quelques g\u00e9n\u00e9rations. Avec le temps, le d\u00e9gradation a pris le dessus dans tous les domaines de la vie. Zeus, alors, saisi d\u2019une col\u00e8re incommensurable, a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019\u00eele enti\u00e8re au fin fond de l\u2019oc\u00e9an. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de la d\u00e9gradation m\u00eame, Platon dit qu\u2019elle s\u2019explique par le fait qu\u2019au d\u00e9part le sang divin a \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 avec le sang humain. Une telle union ne pourrait, selon le philosophe, qu\u2019aller vers le bas. Mais il reste quand m\u00eame, semble vouloir dire Platon, le souvenir de la splendide cit\u00e9 qui transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration gardera vivante aupr\u00e8s des mortels la nostalgie de l\u2019\u0153uvre divine. La description d\u00e9taill\u00e9e de cette cit\u00e9 fantastique entreprise par Platon m\u2019a fait penser \u00e0 une autre description, d\u2019une autre \u0153uvre divine, \u00e0 savoir celle que fait Hom\u00e8re du bouclier d\u2019Achille dans L\u2019Iliade, \u0153uvre du dieu H\u00e9phaistos. Un monde entier y est repr\u00e9sent\u00e9. Un monde o\u00f9 coexistent la paix et la guerre, la f\u00eate et le deuil, les quatre saisons, l\u2019univers c\u00e9leste et les travaux domestiques. Ce monde ne se d\u00e9grade pas comme celui de l\u2019Atlantide de Platon. Il se r\u00e9p\u00e8te. Il est cyclique et \u00e9ternel. Ce qui explique peut-\u00eatre l\u2019animosit\u00e9 du philosophe envers le po\u00e8te. Platon trouver probablement inadmissible cette neutralit\u00e9, cette description pour la description, cet artifice langagier d\u00e9pourvu de moralit\u00e9, cette absence de la part d\u2019Hom\u00e8re de jugement de valeur morale eu \u00e9gard au monde repr\u00e9sent\u00e9 sur le bouclier. Platon a \u00e9t\u00e9 parfaitement cons\u00e9quent avec son \u00e9chelle des valeurs. Il croyait que l\u2019homme bon devait se d\u00e9tourner des distractions mim\u00e9tiques pour se consacrer \u00e0 la contemplation des id\u00e9es imp\u00e9rissables. Cependant il me semble que si ce mentor de la r\u00e9miniscence que fut Platon s\u2019arr\u00eatait vraiment sur le fragment de L\u2019Iliade d\u00e9di\u00e9 au bouclier d\u2019Achille et m\u00e9ditait les mots utilis\u00e9s, un par un, non seulement il comprendrait la raison d\u2019\u00eatre de la po\u00e9sie, mais il se souviendrait aussi de l\u2019origine de sa propre discipline. Parce que Hom\u00e8re ne se contente pas de la description. Certes, il n\u2019\u00e9met pas un jugement moral. Mais il \u00e9met un jugement quand m\u00eame. Il introduit dans le po\u00e8me son appr\u00e9ciation sur l\u2019ouvrage en question. Il dit que ce qu\u2019a fait H\u00e9phaistos est \u00ab\u00a0thaumastos\u00a0\u00bb (\u03b8\u03b1\u03c5\u03bc\u03b1\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2), merveilleux. Historiquement parlant, il s\u2019agit du premier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":5082,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[414,10837],"class_list":["post-5071","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-miscellannees","tag-arrabal","tag-lakis-proguidis"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>&quot;Pique-nique en campagne&quot; du Caf\u00e9 de la Gare et &quot;L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE&quot; - Ceci n\u2019est pas un blog<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2015\/01\/21\/5071\/pique-nique-en-campagne-du-cafe-de-la-gare-et-latlantide-engloutie-de-lesthetique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"&quot;Pique-nique en campagne&quot; du Caf\u00e9 de la Gare et &quot;L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE&quot; - Ceci n\u2019est pas un blog\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab\u00a0&#8230;avec quel talent cette farce\u00a0 grin\u00e7ante, mordante et r\u00e9jouissante.\u201d Marie-C\u00e9line Nivi\u00e8re (Pariscope). 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Il suffit de nous rappeler la quasi disparition des d\u00e9partements universitaires qui portaient encore ce nom il y a \u00e0 peine un demi-si\u00e8cle. L\u2019\u00e9poque o\u00f9 des ouvrages tels que L\u2019Esth\u00e9tique comme science de l\u2019expression de Benedetto Croce (1922) ou Philosophie des formes symboliques d\u2019Ernst Cassirer (1953) se discutaient largement est bien lointaine. Le rideau me semble \u00eatre tomb\u00e9 sur ce domaine du savoir en 1966 avec le livre de Monroe Beardsley Aesthetics\u00a0: From Classical Greece to the Present. De la Gr\u00e8ce classique \u00e0 nos jours\u2026 certainement l\u2019auteur n\u2019aurait pas pu imaginer qu\u2019il avait \u00e9crit l\u2019histoire de quelque chose qui n\u2019avait plus d\u2019avenir. 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Tous nos efforts pour stimuler le multiple, toutes nos d\u00e9clarations sur la diversit\u00e9, tous nos discours en faveur de l\u2019Autre, toutes nos tentatives pour faire dialoguer les diff\u00e9rentes disciplines et les diff\u00e9rents milieux sociaux, toutes nos initiatives pour imposer le pluriel dans tous les mots cl\u00e9s de notre civilisation \u2013 on ne parle plus de libert\u00e9 mais des libert\u00e9s, on ne parle plus du savoir mais des savoirs, on ne parle plus du beau mais des beaut\u00e9s, etc., oui, tous ces comportements \u00e0 premi\u00e8re vue dus au respect et \u00e0 la d\u00e9fense de la pluralit\u00e9 des mondes, cachent notre incapacit\u00e9 d\u00e9sormais end\u00e9mique \u00e0 nous extraire du monde, \u00e0 le penser dans son ensemble et, par cons\u00e9quent, \u00e0 dialoguer \u00e0 partir de visions diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es. Peut-\u00eatre aimerait-on voir dans cette \u00e9volution non pas le triomphe du monologisme mais la victoire d\u00e9finitive du principe d\u2019immanence contre celui de transcendance. C\u2019est un leurre. Car, en fait, ce qui l\u2019a emport\u00e9, sournoisement, ce n\u2019est pas le principe philosophique de l\u2019immanence mais l\u2019immanence du monde m\u00eame tel qu\u2019il est et tel qu\u2019il se r\u00e9p\u00e9tera \u00e0 l\u2019infini. Pour ce faire, on a d\u00e9clar\u00e9 caduque, inop\u00e9rante, la lutte incessante depuis l\u2019aube des temps de ces deux principes antagonistes. Ce qui a gagn\u00e9 alors c\u2019est l\u2019id\u00e9e que c\u2019est \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 l\u2019imagination de s\u2019adapter au monde tel qu\u2019il est et non l\u2019inverse. Nous risquons ainsi, \u00e0 long terme, d\u2019\u00eatre priv\u00e9s du d\u00e9sir, d\u00e9sir \u00e0 mon avis proprement humain, de nous entretenir avec une totalit\u00e9 qui nous d\u00e9passe, qui transcende notre situation particuli\u00e8re, tant sur le plan individuel que collectif. Que la r\u00e9flexion sur l\u2019art se limite \u00e0 l\u2019inventaire et au commentaire des prouesses formelles n\u2019a d\u00e8s lors rien d\u2019\u00e9tonnant. On constate et on analyse. Au mieux, on scrute les tendances dites actuelles. La pens\u00e9e sur l\u2019art se compartimente et, forc\u00e9ment, on fait appel aux experts former pour mener \u00e0 bien ce travail-l\u00e0. En philosophie c\u2019est pareil. Que faire\u00a0? C\u2019est si vaste l\u2019objet, j\u2019entends l\u2019objection. Non, pas du tout. Encore un leurre d\u2019autopersuasion, d\u2019autojustification. Ce n\u2019est pas l\u2019objet qui est vaste. C\u2019est nous qui l\u2019avons fait tel. C\u2019est nous qui l\u2019avons morcel\u00e9. Et l\u2019Atlantide, pourquoi figure-t-elle dans le titre\u00a0? Est-ce pour teindre mes propos du sentiment de nostalgie\u00a0? Ce pourrait \u00eatre le cas. S\u2019agissant de la disparition de l\u2019esth\u00e9tique on a toutes les raisons du monde pour devenir nostalgique. Mais non, ce n\u2019est pas le cas. L\u2019Atlantide est ici comme un appel \u00e0 effectuer un grand saut en arri\u00e8re dans le temps, \u00e0 revenir aux d\u00e9buts de notre civilisation. Avec l\u2019id\u00e9e, bien entendu, que ce retour n\u2019est pas sans rapport avec le sujet de ce colloque. Pour commencer, regardons du c\u00f4t\u00e9 de Platon qui, dans un de ses derniers dialogues, Critias, a invent\u00e9 le mythe de l\u2019Atlantide. Il \u00e9tait une fois, dit-il, sur une \u00eele qui se trouvait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des colonnes d\u2019H\u00e9racl\u00e8s, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019oc\u00e9an, une cit\u00e9 id\u00e9ale, heureuse, prosp\u00e8re et pacifique. Ses habitants descendaient de l\u2019accouplement de Pos\u00e9idon avec une belle mortelle. Ils se gouvernaient par des lois justes et parfaites \u00e9tablies par le dieu en personne. Mais l\u2019idylle n\u2019a dur\u00e9 que quelques g\u00e9n\u00e9rations. Avec le temps, le d\u00e9gradation a pris le dessus dans tous les domaines de la vie. Zeus, alors, saisi d\u2019une col\u00e8re incommensurable, a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019\u00eele enti\u00e8re au fin fond de l\u2019oc\u00e9an. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de la d\u00e9gradation m\u00eame, Platon dit qu\u2019elle s\u2019explique par le fait qu\u2019au d\u00e9part le sang divin a \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 avec le sang humain. Une telle union ne pourrait, selon le philosophe, qu\u2019aller vers le bas. Mais il reste quand m\u00eame, semble vouloir dire Platon, le souvenir de la splendide cit\u00e9 qui transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration gardera vivante aupr\u00e8s des mortels la nostalgie de l\u2019\u0153uvre divine. La description d\u00e9taill\u00e9e de cette cit\u00e9 fantastique entreprise par Platon m\u2019a fait penser \u00e0 une autre description, d\u2019une autre \u0153uvre divine, \u00e0 savoir celle que fait Hom\u00e8re du bouclier d\u2019Achille dans L\u2019Iliade, \u0153uvre du dieu H\u00e9phaistos. Un monde entier y est repr\u00e9sent\u00e9. Un monde o\u00f9 coexistent la paix et la guerre, la f\u00eate et le deuil, les quatre saisons, l\u2019univers c\u00e9leste et les travaux domestiques. Ce monde ne se d\u00e9grade pas comme celui de l\u2019Atlantide de Platon. Il se r\u00e9p\u00e8te. Il est cyclique et \u00e9ternel. Ce qui explique peut-\u00eatre l\u2019animosit\u00e9 du philosophe envers le po\u00e8te. Platon trouver probablement inadmissible cette neutralit\u00e9, cette description pour la description, cet artifice langagier d\u00e9pourvu de moralit\u00e9, cette absence de la part d\u2019Hom\u00e8re de jugement de valeur morale eu \u00e9gard au monde repr\u00e9sent\u00e9 sur le bouclier. Platon a \u00e9t\u00e9 parfaitement cons\u00e9quent avec son \u00e9chelle des valeurs. Il croyait que l\u2019homme bon devait se d\u00e9tourner des distractions mim\u00e9tiques pour se consacrer \u00e0 la contemplation des id\u00e9es imp\u00e9rissables. Cependant il me semble que si ce mentor de la r\u00e9miniscence que fut Platon s\u2019arr\u00eatait vraiment sur le fragment de L\u2019Iliade d\u00e9di\u00e9 au bouclier d\u2019Achille et m\u00e9ditait les mots utilis\u00e9s, un par un, non seulement il comprendrait la raison d\u2019\u00eatre de la po\u00e9sie, mais il se souviendrait aussi de l\u2019origine de sa propre discipline. Parce que Hom\u00e8re ne se contente pas de la description. Certes, il n\u2019\u00e9met pas un jugement moral. Mais il \u00e9met un jugement quand m\u00eame. Il introduit dans le po\u00e8me son appr\u00e9ciation sur l\u2019ouvrage en question. Il dit que ce qu\u2019a fait H\u00e9phaistos est \u00ab\u00a0thaumastos\u00a0\u00bb (\u03b8\u03b1\u03c5\u03bc\u03b1\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2), merveilleux. 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Lakis Proguidis (\u00ab\u00a0L&rsquo;atelier du roman\u00a0\u00bb , Flammarion ) : \u00a0\u00bb Comme l&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9ral est domin\u00e9 par les va-t-en-guerre, nous sommes all\u00e9s voir samedi la pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb; question de respirer un peu&#8230; Et nous sommes sortis largement r\u00e9compens\u00e9s! . ________________________________ \u00ab\u00a0L\u2019ATLANTIDE ENGLOUTIE DE L\u2019ESTH\u00c9TIQUE\u00a0\u00bb &nbsp; Lakis Proguidis Intervention r\u00e9cente dans un colloque de la Sorbonne sur \u00ab\u00a0la pens\u00e9e sur l&rsquo;art\u00a0\u00bb &nbsp; Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet je dois expliquer un peu mon titre. Que l\u2019esth\u00e9tique comme science du beau ou comme philosophie de l\u2019art ait disparu du champ de nos int\u00e9r\u00eats est un fait difficile \u00e0 contester. Il suffit de nous rappeler la quasi disparition des d\u00e9partements universitaires qui portaient encore ce nom il y a \u00e0 peine un demi-si\u00e8cle. L\u2019\u00e9poque o\u00f9 des ouvrages tels que L\u2019Esth\u00e9tique comme science de l\u2019expression de Benedetto Croce (1922) ou Philosophie des formes symboliques d\u2019Ernst Cassirer (1953) se discutaient largement est bien lointaine. Le rideau me semble \u00eatre tomb\u00e9 sur ce domaine du savoir en 1966 avec le livre de Monroe Beardsley Aesthetics\u00a0: From Classical Greece to the Present. De la Gr\u00e8ce classique \u00e0 nos jours\u2026 certainement l\u2019auteur n\u2019aurait pas pu imaginer qu\u2019il avait \u00e9crit l\u2019histoire de quelque chose qui n\u2019avait plus d\u2019avenir. Si nous sommes d\u2019accord \u2013 j\u2019y reviendrai \u2013 que par le terme esth\u00e9tique nous ne d\u00e9signons pas la simple r\u00e9flexion sur l\u2019\u0153uvre d\u2019art, mais aussi, et surtout, la sensation objectivable, la sensation qui transcende les exp\u00e9riences partielles, la sensation qui totalise les sensations individuelles, oui, si nous comprenons encore le mot dans son sens original qui, selon le grec, veut dire s\u2019occuper des cinq sens et simultan\u00e9ment les contempler du dehors, force est d\u2019admettre que l\u2019esth\u00e9tique n\u2019est pas seule \u00e0 quitter notre monde. La m\u00eame sorte d\u2019\u00e9clipse concerne aussi la philosophie totalisante, je veux dire des grands syst\u00e8mes de l\u2019esprit destin\u00e9s \u00e0 embrasser et \u00e0 expliquer le monde que notre civilisation a connu depuis les pr\u00e9socratiques jusqu\u2019au milieu du XXe si\u00e8cle. Je n\u2019ai rien contre la philosophie analytique, seule d\u00e9sormais \u00e0 occuper le terrain o\u00f9 hier encore s\u2019affrontaient les grands syst\u00e8mes philosophiques. Le probl\u00e8me est la pens\u00e9e unique. Tous nos efforts pour stimuler le multiple, toutes nos d\u00e9clarations sur la diversit\u00e9, tous nos discours en faveur de l\u2019Autre, toutes nos tentatives pour faire dialoguer les diff\u00e9rentes disciplines et les diff\u00e9rents milieux sociaux, toutes nos initiatives pour imposer le pluriel dans tous les mots cl\u00e9s de notre civilisation \u2013 on ne parle plus de libert\u00e9 mais des libert\u00e9s, on ne parle plus du savoir mais des savoirs, on ne parle plus du beau mais des beaut\u00e9s, etc., oui, tous ces comportements \u00e0 premi\u00e8re vue dus au respect et \u00e0 la d\u00e9fense de la pluralit\u00e9 des mondes, cachent notre incapacit\u00e9 d\u00e9sormais end\u00e9mique \u00e0 nous extraire du monde, \u00e0 le penser dans son ensemble et, par cons\u00e9quent, \u00e0 dialoguer \u00e0 partir de visions diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es. Peut-\u00eatre aimerait-on voir dans cette \u00e9volution non pas le triomphe du monologisme mais la victoire d\u00e9finitive du principe d\u2019immanence contre celui de transcendance. C\u2019est un leurre. Car, en fait, ce qui l\u2019a emport\u00e9, sournoisement, ce n\u2019est pas le principe philosophique de l\u2019immanence mais l\u2019immanence du monde m\u00eame tel qu\u2019il est et tel qu\u2019il se r\u00e9p\u00e9tera \u00e0 l\u2019infini. Pour ce faire, on a d\u00e9clar\u00e9 caduque, inop\u00e9rante, la lutte incessante depuis l\u2019aube des temps de ces deux principes antagonistes. Ce qui a gagn\u00e9 alors c\u2019est l\u2019id\u00e9e que c\u2019est \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 l\u2019imagination de s\u2019adapter au monde tel qu\u2019il est et non l\u2019inverse. Nous risquons ainsi, \u00e0 long terme, d\u2019\u00eatre priv\u00e9s du d\u00e9sir, d\u00e9sir \u00e0 mon avis proprement humain, de nous entretenir avec une totalit\u00e9 qui nous d\u00e9passe, qui transcende notre situation particuli\u00e8re, tant sur le plan individuel que collectif. Que la r\u00e9flexion sur l\u2019art se limite \u00e0 l\u2019inventaire et au commentaire des prouesses formelles n\u2019a d\u00e8s lors rien d\u2019\u00e9tonnant. On constate et on analyse. Au mieux, on scrute les tendances dites actuelles. La pens\u00e9e sur l\u2019art se compartimente et, forc\u00e9ment, on fait appel aux experts former pour mener \u00e0 bien ce travail-l\u00e0. En philosophie c\u2019est pareil. Que faire\u00a0? C\u2019est si vaste l\u2019objet, j\u2019entends l\u2019objection. Non, pas du tout. Encore un leurre d\u2019autopersuasion, d\u2019autojustification. Ce n\u2019est pas l\u2019objet qui est vaste. C\u2019est nous qui l\u2019avons fait tel. C\u2019est nous qui l\u2019avons morcel\u00e9. Et l\u2019Atlantide, pourquoi figure-t-elle dans le titre\u00a0? Est-ce pour teindre mes propos du sentiment de nostalgie\u00a0? Ce pourrait \u00eatre le cas. S\u2019agissant de la disparition de l\u2019esth\u00e9tique on a toutes les raisons du monde pour devenir nostalgique. Mais non, ce n\u2019est pas le cas. L\u2019Atlantide est ici comme un appel \u00e0 effectuer un grand saut en arri\u00e8re dans le temps, \u00e0 revenir aux d\u00e9buts de notre civilisation. Avec l\u2019id\u00e9e, bien entendu, que ce retour n\u2019est pas sans rapport avec le sujet de ce colloque. Pour commencer, regardons du c\u00f4t\u00e9 de Platon qui, dans un de ses derniers dialogues, Critias, a invent\u00e9 le mythe de l\u2019Atlantide. Il \u00e9tait une fois, dit-il, sur une \u00eele qui se trouvait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des colonnes d\u2019H\u00e9racl\u00e8s, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019oc\u00e9an, une cit\u00e9 id\u00e9ale, heureuse, prosp\u00e8re et pacifique. Ses habitants descendaient de l\u2019accouplement de Pos\u00e9idon avec une belle mortelle. Ils se gouvernaient par des lois justes et parfaites \u00e9tablies par le dieu en personne. Mais l\u2019idylle n\u2019a dur\u00e9 que quelques g\u00e9n\u00e9rations. Avec le temps, le d\u00e9gradation a pris le dessus dans tous les domaines de la vie. Zeus, alors, saisi d\u2019une col\u00e8re incommensurable, a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019\u00eele enti\u00e8re au fin fond de l\u2019oc\u00e9an. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de la d\u00e9gradation m\u00eame, Platon dit qu\u2019elle s\u2019explique par le fait qu\u2019au d\u00e9part le sang divin a \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 avec le sang humain. Une telle union ne pourrait, selon le philosophe, qu\u2019aller vers le bas. Mais il reste quand m\u00eame, semble vouloir dire Platon, le souvenir de la splendide cit\u00e9 qui transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration gardera vivante aupr\u00e8s des mortels la nostalgie de l\u2019\u0153uvre divine. La description d\u00e9taill\u00e9e de cette cit\u00e9 fantastique entreprise par Platon m\u2019a fait penser \u00e0 une autre description, d\u2019une autre \u0153uvre divine, \u00e0 savoir celle que fait Hom\u00e8re du bouclier d\u2019Achille dans L\u2019Iliade, \u0153uvre du dieu H\u00e9phaistos. Un monde entier y est repr\u00e9sent\u00e9. Un monde o\u00f9 coexistent la paix et la guerre, la f\u00eate et le deuil, les quatre saisons, l\u2019univers c\u00e9leste et les travaux domestiques. Ce monde ne se d\u00e9grade pas comme celui de l\u2019Atlantide de Platon. Il se r\u00e9p\u00e8te. Il est cyclique et \u00e9ternel. Ce qui explique peut-\u00eatre l\u2019animosit\u00e9 du philosophe envers le po\u00e8te. Platon trouver probablement inadmissible cette neutralit\u00e9, cette description pour la description, cet artifice langagier d\u00e9pourvu de moralit\u00e9, cette absence de la part d\u2019Hom\u00e8re de jugement de valeur morale eu \u00e9gard au monde repr\u00e9sent\u00e9 sur le bouclier. Platon a \u00e9t\u00e9 parfaitement cons\u00e9quent avec son \u00e9chelle des valeurs. Il croyait que l\u2019homme bon devait se d\u00e9tourner des distractions mim\u00e9tiques pour se consacrer \u00e0 la contemplation des id\u00e9es imp\u00e9rissables. Cependant il me semble que si ce mentor de la r\u00e9miniscence que fut Platon s\u2019arr\u00eatait vraiment sur le fragment de L\u2019Iliade d\u00e9di\u00e9 au bouclier d\u2019Achille et m\u00e9ditait les mots utilis\u00e9s, un par un, non seulement il comprendrait la raison d\u2019\u00eatre de la po\u00e9sie, mais il se souviendrait aussi de l\u2019origine de sa propre discipline. Parce que Hom\u00e8re ne se contente pas de la description. Certes, il n\u2019\u00e9met pas un jugement moral. Mais il \u00e9met un jugement quand m\u00eame. Il introduit dans le po\u00e8me son appr\u00e9ciation sur l\u2019ouvrage en question. Il dit que ce qu\u2019a fait H\u00e9phaistos est \u00ab\u00a0thaumastos\u00a0\u00bb (\u03b8\u03b1\u03c5\u03bc\u03b1\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2), merveilleux. 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