﻿{"id":4670,"date":"2014-04-29T19:42:05","date_gmt":"2014-04-29T17:42:05","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=4670"},"modified":"2015-08-19T00:48:23","modified_gmt":"2015-08-18T22:48:23","slug":"de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique\/","title":{"rendered":"De\u0301sirer l\u2019impossible, Lacan et Arrabal&nbsp;: le suicide et sa \u00ab&nbsp;sui-naissance&nbsp;\u00bb panique"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De\u0301sirer l\u2019impossible : le suicide de la repre\u0301sentation et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique, analyse de la mise en sce\u0300ne d\u2019une \u00ab inesthe\u0301tique \u00bb dans les the\u0301a\u0302tres de Fernando Arrabal&#8230; Par <strong>Louise Flipo.<\/strong><\/p>\n<p>Me\u0301moire pre\u0301sente\u0301 en vue de l\u2019obtention du grade de Master en langues et litte\u0301ratures franc\u0327aises et romanes, orientation ge\u0301ne\u0301rale, a\u0300 finalite\u0301 approfondie.<br \/>\nSous la direction du Pr Pierre Piret. Par Louise Flipo.<\/p>\n<p>Introduction<br \/>\nEn 1964, J. Lacan de\u0301clare que ce que nous appelons \u00ab re\u0301alite\u0301 \u00bb est en fait un fantasme. Le seul et unique point de ve\u0301rite\u0301 est ce qu\u2019elle recouvre et tait : le Re\u0301el. \u00ab Le Re\u0301el, c\u2019est l\u2019impossible \u00bb2, c\u2019est le vide conceptuel, soustrait au logique et au causal, au temps, au langage, a\u0300 l\u2019e\u0302tre, mais qui y pre\u0301side. Il est l\u2019origine inatteignable de toute chose, support de la re\u0301alite\u0301 qui ne se laisse pas re\u0301aliser. Sa saisie e\u0301chappe, sa pense\u0301e fuit et les mots manquent a\u0300 le dire. Pourtant, s\u2019il ne peut e\u0302tre reconnu, le Re\u0301el n\u2019en est pas moins inconnu, et me\u0302me, il est la plus grande certitude de l\u2019e\u0302tre : la chose (a\u0300 dire, a\u0300 voir) est la\u0300, dans sa purete\u0301 incomparable, dans sa puissance inalte\u0301re\u0301e, dans sa violence premie\u0300re. Point d\u2019absolu, il est aussi \u00ab ab-sens \u00bb car hors signifiance. A\u0300 l\u2019inverse, la re\u0301alite\u0301 appre\u0301hende le monde par le biais de cette grille appose\u0301e, impose\u0301e, sur toute chose. Tandis que la re\u0301alite\u0301 l\u2019approche par la me\u0301diation du code, le Re\u0301el est ce lieu de jouissance totale, de \u00ab plein-itude \u00bb car la chose se donne dans sa totalite\u0301 et dans l\u2019imme\u0301diat. A\u0300 distinguer re\u0301alite\u0301 et Re\u0301el, J. Lacan ope\u0300re donc d\u2019emble\u0301e une partition entre repre\u0301sentation (l\u2019appre\u0301hension de la chose par le biais du code) et pre\u0301sentation (le rapport imme\u0301diat avec la chose) ; il rappelle que l\u2019e\u0302tre est un interpre\u0300te, rele\u0301gue\u0301 au \u00ab second temps de la Cre\u0301ation \u00bb3.<br \/>\nSi J. Lacan rend compte d\u2019une perte fondamentale, il identifie aussi l\u2019unique objet de la repre\u0301sentation et du langage : le Re\u0301el, incessamment manque\u0301. Parce qu\u2019il fait de\u0301faut, il est objet de de\u0301sir toujours de\u0301sire\u0301 puisque toujours absent. Car \u00ab le de\u0301sir est pre\u0301cise\u0301ment ce rapport a\u0300 l\u2019impossible, il est l\u2019impossibilite\u0301 qui se fait rapport \u00bb4 : c\u2019est parce que le de\u0301sir ne peut e\u0302tre comble\u0301 qu\u2019il reste effectif. L\u2019homme est un e\u0302tre de de\u0301sir donc, articule\u0301 autour d\u2019un manque impossible a\u0300 combler, marque\u0301 par cette perte qui motive la cre\u0301ation et la continuite\u0301 de la vie me\u0302me. Et, par le constat de l\u2019existence de ce point de Re\u0301el, J. Lacan bouleverse a\u0300 la fois la conception du langage et des arts de la repre\u0301sentation : l\u2019art est ba\u0302ti sur un irrepre\u0301sentable, l\u2019homme sur un manque a\u0300 e\u0302tre, le langage sur un indicible.<br \/>\nEffectivement, \u00ab [e\u0302]tres de langage, nous sommes tous tisse\u0301s d\u2019indicible \u00bb5 ; a\u0300 e\u0302tre pris d\u2019emble\u0301e dans le filet des significations, nous sommes marque\u0301s par la perte de ce qu\u2019il s\u2019agit<br \/>\n2 LACAN, Jacques, L\u2019Ethique de la psychanalyse. Se\u0301minaire VII, 1959-1960, Paris, Le Seuil, 1986, p. 152. 3 DERRIDA, Jacques, L\u2019E\u0301criture et la diffe\u0301rence, Paris, Seuil, 1967, p. 364. 4 RAVEL, Emmanuel, \u00ab Duras et Blanchot \u00bb, dans AHLSTEDT, Eva (Dir.), Marguerite Duras et la pense\u0301e contemporaine, Go\u0308teborg, Go\u0308teborgs universitet, 2008, p. 33.<br \/>\n5 Ibid., p. 32.<br \/>\n6<br \/>\nde dire, ne pouvant que le \u00ab sign-ifier \u00bb. L\u2019ineffable est ce point de ralliement des mots, inatteignable, mais qui aimante pourtant l\u2019e\u0301nonciation. Ce point nourrit les de\u0301marches d\u2019interpre\u0301tations encerclant la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb sans pouvoir la doter d\u2019un signifiant. Toute tentative d\u2019e\u0301nonciation prend alors la dimension d\u2019une que\u0302te d\u2019un Re\u0301el a\u0300 laquelle on part de\u0301sarme\u0301s ; les mots manquent a\u0300 dire le manque essentiel aux mots. Ce manque est en effet essentiel car il constitue leur source intarissable : c\u2019est gra\u0302ce a\u0300 l\u2019existence de ce point de fuite que la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb ne cesse jamais de se dire. Et il en est de me\u0302me pour l\u2019art : les \u0153uvres ne sont que des e\u0301preuves, des tentatives de repre\u0301senter ce qui, immanquablement, se de\u0301siste.<br \/>\nCette tension entre ne\u0301cessite\u0301 et cette impossibilite\u0301 de connaitre le lieu des actes purs semble correspondre a\u0300 la vision tragique du monde the\u0301orise\u0301e par Lucien Goldman : l\u2019homme est face a\u0300 \u00ab [&#8230;] la prise en compte et [a\u0300] la mise en e\u0301preuve de deux re\u0301alite\u0301s, de deux forces, de deux dimensions de la re\u0301alite\u0301 ou de l\u2019homme contradictoires et impossibles a\u0300 concilier. Le tragique re\u0301sulte de cette impossibilite\u0301 de surmonter, de concilier les contraires \u00bb6. A\u0300 placer l\u2019homme dans l\u2019ordre du de\u0301calque, J. Lacan le de\u0301centre et lui rappelle sa position fondamentalement tragique : sa trajectoire, son action, ses pense\u0301es et sa cre\u0301ation sont a\u0300 penser sur le mode de la perte.<br \/>\nEt c\u2019est cela qu\u2019il interroge de\u0301sormais: la cre\u0301ation, l\u2019art est le lieu d\u2019un positionnement. Que doit-on de\u0300s lors repre\u0301senter ? La re\u0301alite\u0301 illusoire ou l\u2019impossible Re\u0301el ? L\u2019art doit-il se re\u0301soudre a\u0300 \u00ab re-pre\u0301senter \u00bb ou peut-il tendre vers la pre\u0301sentation ? Illusion ou ve\u0301rite\u0301 ? Chef d\u2019\u0153uvre ou e\u0301chec ? Tandis que certains pre\u0301fe\u0300reront l\u2019aveuglement au constat tragique, d\u2019autres feront de ce savoir un \u00ab tre\u0301sor des humbles \u00bb7 conservant son ombre en acceptant son absence. D\u2019autres encore rede\u0301finiront leur art a\u0300 partir de cette re\u0301ve\u0301lation nouvelle : par lui et non plus en lui, ils espe\u0301reront voir. Ces \u0153uvres, tendues vers un dehors impossible et de\u0301ja\u0300 foutues se donnent un statut d\u2019ico\u0302ne et non plus d\u2019idole : elles se font le vecteur d\u2019une vision plus qu\u2019elles ne l\u2019arre\u0302tent dans les mailles de la repre\u0301sentation. Selon C.- S. Peirce, \u00ab [&#8230;] une des grandes proprie\u0301te\u0301s distinctives de l\u2019ico\u0302ne est que, par son observation directe [nous soulignons], d\u2019autres ve\u0301rite\u0301s sur son objet [nous soulignons] peuvent e\u0302tre de\u0301couvertes que celles qui suffisent a\u0300 de\u0301terminer sa construction \u00bb8. Seul l\u2019artiste<br \/>\n6 MATHET, Marie-The\u0301re\u0300se, L\u2019incompre\u0301hensible. Litte\u0301rature, re\u0301el, visuel, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2003, pp. 73-74. 7 Nous faisons ici re\u0301fe\u0301rence a\u0300 l\u2019\u0153uvre de M. Maeterlinck : Le Tre\u0301sor des humbles, Paris, Mercure de France, 1941. 8 MORAND, Bernard, Logique de la conception. Figures de se\u0301miotique ge\u0301ne\u0301rale d&rsquo;apre\u0300s Charles S. Peirce, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2004, p. 244.<br \/>\n7<br \/>\nconcevant son \u0153uvre comme telle est, selon A. Rykner, un \u00ab ve\u0301ritable artiste \u00bb : il est celui qui \u00ab cre\u0300ve la belle image, le beau langage, la sage musique, l\u2019habile pense\u0301e [&#8230;] \u00bb9.<br \/>\nLorsque J. Lacan lit Le Ravissement de Lol V. Stein de M. Duras (1964), il se dit trouble\u0301 : \u00ab Marguerite Duras s\u2019ave\u0300re savoir sans moi ce que j\u2019enseigne \u00bb10. Car, tandis qu\u2019il appelle \u00ab Re\u0301el \u00bb ce vide impossible a\u0300 combler duquel provient toute chose, Lol V. Stein se tait apre\u0300s \u00ab [avoir] cru, l\u2019espace d\u2019un e\u0301clair, que ce mot pouvait exister \u00bb11. Ce mot, comme le Re\u0301el, structure la logique du de\u0301sir : \u00ab C\u0327\u2019aurait e\u0301te\u0301 un mot-absence, un mot-trou, creuse\u0301 en son centre d\u2019un trou \u00bb12, unique objet d\u2019un vouloir dire, d\u2019un vouloir faire, d\u2019un vouloir e\u0302tre. Comme le Re\u0301el, \u00ab personne ne peut la connaitre, L.V.S., ni vous ni moi \u00bb13. Lol V. Stein, dont le pre\u0301nom me\u0302me est troue\u0301 entre deux consonnes, circonscrit le manque, et a\u0300 partir d\u2019elle, l\u2019\u0153uvre prend corps, de\u0301sire, e\u0301choue et de\u0301sire, par cela, toujours plus, prise par le vertige du \u00ab trou \u00bb toujours be\u0301ant. La me\u0302me anne\u0301e, M. Duras et J. Lacan expriment le \u00ab ravissement \u00bb de Lol, (sans doute) sans concertation : J. Lacan lut l\u2019\u0153uvre au terme de son se\u0301minaire, M. Duras \u00ab [lui] fait tenir de sa bouche qu\u2019elle ne sait pas dans toute son \u0153uvre d\u2019ou\u0300 Lol lui vient \u00bb14. Constatant \u00ab [&#8230;] la position de Lol en tant que point de fuite absolu [&#8230;] du fait du \u2018manque a\u0300 e\u0302tre\u2019 qui la de\u0301termine [&#8230;] \u00bb15, C. Meure\u0301e, dans Faites vos jeux. De\u0301clarer la mourre ou la lec\u0327on de Duras a\u0300 Lacan, s\u2019interroge : \u00ab Duras devient-elle une pre\u0302tresse lacanienne ou Lacan s\u2019institue-t-il l\u2019interpre\u0300te e\u0301claire\u0301 de la pythie Duras \u00bb ?16<br \/>\nEn 1962, deux anne\u0301es avant le se\u0301minaire de J. Lacan et la publication du Ravissement de Lol V. Stein de M. Duras, F. Arrabal17 fonde le the\u0301a\u0302tre panique : mouvement ; non pas groupe mais intention, e\u0301lan vers le Pan, en grec, le \u00ab tout \u00bb. Il est le chaos originel en dec\u0327a\u0300 du sens et de l\u2019ordre, \u00ab [&#8230;] a-mime\u0301tique, en me\u0302me temps qu\u2019a-se\u0301miotique \u00bb18 et aspire l\u2019\u0153uvre qui, elle-me\u0302me, aspire a\u0300 y faire retour. L\u2019\u0153uvre panique est donc a\u0300 penser comme une ico\u0302ne sachant que cet art est \u00ab [&#8230;] une manie\u0300re [&#8230;] de franchir les frontie\u0300res de la logique, de se<br \/>\n9 RYKNER, Arnaud, Pans. Liberte\u0301 de l\u2019\u0153uvre et re\u0301sistance du texte, Paris, Corti, 2004, p. 13. 10 LACAN, Jacques, Hommage fait a\u0300 Marguerite Duras, du ravissement de Lol V. Stein, 1965. 11 DURAS, Marguerite, Le Ravissement de Lol V. Stein, Paris, Gallimard, 1964, p.48. 12 Ibid, p.48. 13 ID., Ecrire, Paris, Gallimard, 1993, p. 20. 14 LACAN, J., Hommage fait a\u0300 Marguerite Duras, du ravissement de Lol V. Stein, Op. Cit. 15 MEUREE, Christophe, \u00ab Faites vos jeux. De\u0301clarer la mourre ou la lec\u0327on de Duras a\u0300 Lacan \u00bb, dans Duras et la pense\u0301e contemporaine, ADHLSTED, Eva (Dir.), Op. Cit., p. 133. 16 Ibid., p.127. 17 Et, avec lui, Alejandro Jodorowsky, Olivier O. Olivier, Jacques Sternberg, Christian Zeimert, Michel Parre\u0301 et Roland Topor. 18 RYKNER, Arnaud, Pans. Liberte\u0301 de l&rsquo;\u0153uvre et re\u0301sistance du texte, Op. Cit., p. 160.<br \/>\n8<br \/>\npousser par passion de la ve\u0301rite\u0301, jusqu\u2019aux confins de la contre-raison \u00bb19. Mais l\u2019\u0153uvre panique est articule\u0301e sur un point de fuite ; a\u0300 l\u2019instar du Re\u0301el, le Pan attire mais ne se donne pas et le Panique tire du Pan insaisissable son inertie perpe\u0301tuelle : \u00ab la force du Panique est justement de \u2018ne pas e\u0302tre\u2019 ou d\u2019e\u0302tre \u2018tout\u2019 comme l\u2019indique son pre\u0301fixe \u2018pan\u2019. Pan est celui qui n\u2019est pas et non \u2018celui qui est\u2019 \u00bb20. L\u2019artiste ne peut donc qu\u2019e\u0302tre \u00ab panique \u00bb, c\u2019est-a\u0300-dire tendu vers le Pan mais ne peut vivre la \u00ab totalite\u0301 \u00bb car le Pan se de\u0301siste immanquablement. De la\u0300, A. Rykner dira du Pan que \u00ab [&#8230;] c\u2019est bien de [R]e\u0301el [&#8230;] qu\u2019il s\u2019agit \u00bb21.<br \/>\nAinsi, en 1962, F. Arrabal nommait \u00ab Pan \u00bb ce que J. Lacan appelait \u00ab Re\u0301el \u00bb deux anne\u0301es plus tard tandis que M. Duras le figurait comme un \u00ab mot-trou \u00bb dans son \u0153uvre. Le \u00abTout\u00bb serait-il aussi le \u00abTrou\u00bb? A\u0300 la base de tout il n\u2019y a rien, il y a tout en puissance, totalement impuissant pourtant devant cette unique et seule certitude du \u00ab pas encore \u00bb. Claude Re\u0301gy, dans Dans le de\u0301sordre, rappelle que \u00ab [&#8230;] dans l\u2019Egypte ancienne, tous les dieux proce\u0300dent d\u2019Atoum, dont le nom me\u0302me exprime aussi bien \u2018tout\u2019 que \u2018rien\u2019, la totalite\u0301 de ce qui est et l\u2019e\u0301tat de ce qui n\u2019est pas encore ou de ce qui n\u2019est plus \u00bb22. \u00ab C\u2019est la pre\u0301sence dans l\u2019absence et l\u2019absence dans la pre\u0301sence \u00bb23, dira J. Lacan. C\u2019est cela me\u0302me que nous nous attacherons a\u0300 de\u0301montrer dans le pre\u0301sent travail : que le \u00ab Tout \u00bb et le \u00ab Trou \u00bb, a\u0300 deux lettres pre\u0300s, re\u0301fe\u0300rent au me\u0302me concept, ou pluto\u0302t, au me\u0302me vide conceptuel the\u0301orise\u0301 par J. Lacan \u2013 le Re\u0301el \u2013 et que ce Re\u0301el advenait de\u0301ja\u0300 a\u0300 l\u2019art avant me\u0302me que l\u2019art, apre\u0300s J. Lacan, le prenne pour objet.<br \/>\nEt, si effectivement le Pan correspond au vide trouant l\u2019\u0153uvre de M. Duras, les deux auteurs posent leur art a\u0300 la me\u0302me place : aux abords d\u2019un Re\u0301el, a\u0300 la limite d\u2019un point de non- savoir. Ils auraient donc fait le choix non pas de la repre\u0301sentation mais de la pre\u0301sentation ou, du moins, de la repre\u0301sentation originaire car, production signifiante, cet art est empe\u0302che\u0301 par ses propres structures dans son de\u0301sir d\u2019imme\u0301diation. Ils auraient fait le choix de l\u2019e\u0301chec donc, sachant d\u2019avance que leur \u0153uvre butera sur un impossible. Mais ils feraient, de cet impossible me\u0302me, la matie\u0300re premie\u0300re d\u2019une \u0153uvre qui de\u0301sire son propre effacement par l\u2019ombre de ce qu\u2019elle conjoint. C\u2019est cela qu\u2019il s\u2019agira de de\u0301velopper, et ce, tant pour le the\u0301a\u0302tre de F. Arrabal que pour celui de M. Duras. Nous nous interrogerons alors sur l\u2019impact de cette position<br \/>\n19 TOPOR, Roland, \u00ab L\u2019Homme e\u0301le\u0301gant \u00bb, dans Le Matricule des anges, Le Monde, Montpellier, e\u0301dition d\u2019avril 2005, n\u00b0 62, p. 408. 20 ARANZUEQUE-ARRIETA, Federico, Panique. Arrabal, Jodorowsky, Topor, Paris, 2008, p. 261. 21 RYKNER, Arnaud, Pans. Liberte\u0301 de l&rsquo;\u0153uvre et re\u0301sistance du texte, Op. Cit., p. 17.<br \/>\n22 REGY, Claude, Dans le de\u0301sordre, Op. Cit., p. 56. 23 LACAN, Jacques, Le Moi dans la the\u0301orie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, se\u0301minaire II, 1er de\u0301cembre 1954.<br \/>\n9<br \/>\nlimite du the\u0301a\u0302tre, sur les composantes sce\u0301niques et sur le langage : dans quelles mesures la structure, ouverte sur un espace qu\u2019elle n\u2019a pas investi, se de\u0301lie ou subsiste-t-elle ? Nous veillerons, par ailleurs, a\u0300 faire entendre la voix d\u2019A. Artaud qui, le premier, avait re\u0302ve\u0301 de cette repre\u0301sentation a\u0300 rebours d\u2019elle-me\u0302me lorsqu\u2019il e\u0301crivait, en 1938, Le The\u0301a\u0302tre et son double, exprimant l\u2019utopie d\u2019un the\u0301a\u0302tre de la cruaute\u0301 ouvert sur la \u00ab vie libe\u0301re\u0301e \u00bb24.<br \/>\nDans la perspective donc de faire dialoguer les deux dramaturges sur fond d\u2019impossible, nous placerons cette analyse a\u0300 la conjoncture, non pas d\u2019un Re\u0301el, mais de deux \u00ab \u0153uvres du Pan \u00bb qui se creusent d\u2019elles-me\u0302mes pour lui faire une place. Elle se de\u0301ploiera en trois temps. Le premier sera consacre\u0301 a\u0300 l\u2019\u0153uvre de F. Arrabal. Nous veillerons a\u0300 mettre le Panique sur le devant de la sce\u0300ne pour le saisir pleinement. Nous verrons que cette esthe\u0301tique s\u2019ancre en une pense\u0301e me\u0301taphysique particulie\u0300re et s\u2019explique par elle. Nous nous pencherons ensuite sur les composantes de ce the\u0301a\u0302tre que l\u2019on e\u0301tudiera en paralle\u0300le avec celles du the\u0301a\u0302tre de la cruaute\u0301 d\u2019A. Artaud qui, trop souvent pour que cela soit fortuit, les rappellent. Le constat de cette re\u0301sonance nous ame\u0300nera alors a\u0300 interroger la poste\u0301riorite\u0301 du Panique a\u0300 cet autre the\u0301a\u0302tre, poste\u0301riorite\u0301 dont on verra que l\u2019affirmer n\u2019est pas chose facile.<br \/>\nDans un second temps, nous illustrerons cet expose\u0301 sur le Panique par l\u2019analyse d\u2019une \u0153uvre de F. Arrabal, L\u2019Architecte et l\u2019Empereur d\u2019Assyrie, pie\u0300ce e\u0301crite en 1967. Puis, face a\u0300 elle et sans ambages, une pie\u0300ce de M. Duras, Agatha, e\u0301crite en 1981. Confrontant les deux pie\u0300ces, il s\u2019agira alors de montrer qu\u2019elles sont fascine\u0301es \u2013 et ravies \u2013 par le me\u0302me espace et qu\u2019elles sont toutes deux construites sur un point de perce\u0301e par lequel il e\u0301mergerait. Le pre\u0301sent travail tiendra donc en son centre les analyses des cre\u0301ations de deux auteurs dont la mise en relation peut sembler, reconnaissons-le, quelque peu insolite. Mais, comme l\u2019impossible relance le de\u0301sir, voyons comment cet insolite peut donner vigueur a\u0300 la re\u0301flexion.<br \/>\nC\u2019est dans un troisie\u0300me temps que l\u2019on de\u0301veloppera alors plus largement le the\u0301a\u0302tre de M. Duras, expose\u0301 qui s\u2019enrichira de la matie\u0300re qui y pre\u0301ce\u0300de. Tandis que l\u2019analyse suit l\u2019approche the\u0301orique du the\u0301a\u0302tre de F. Arrabal, nous proce\u0300derons cette fois autrement : partant de l\u2019analyse d\u2019une pie\u0300ce de M. Duras, nous tenterons de mettre au jour les (trois) grands axes de son the\u0301a\u0302tre pour ensuite rendre compte des effets de cette structure de\u0301sirant la perce\u0301e sur les composantes sce\u0301niques.<br \/>\n24 ARTAUD, Antonin, Le The\u0301a\u0302tre et son double, Gallimard, Paris, 1938, p. 180. 10<br \/>\nAu terme de ce de\u0301veloppement, nous verrons que si F. Arrabal et M. Duras envisagent tous deux leur cre\u0301ation aux limites de la repre\u0301sentation, s\u2019ils revoient la conception me\u0302me de l\u2019art pour en faire de\u0301sormais un vecteur vers le non-savoir, leurs \u0153uvres divergent toutefois sur plus d\u2019un point. A\u0300 leur donner une place e\u0301gale et a\u0300 mettre en relief les affinite\u0301s de leurs entreprises, nous ferons ressortir la singularite\u0301 de chacune. Nous verrons finalement que cette me\u0301thode \u2013 conjoindre pour travailler ensuite dans la nuance \u2013 nous permettra de mettre au jour deux modes d\u2019appre\u0301hension d\u2019un me\u0302me Re\u0301el. Cette distinction e\u0301tablie, nous reviendrons alors sur les deux appellations du Pan \u2013 le \u00ab Tout \u00bb, le \u00ab Trou \u00bb &#8211; pour tenter de saisir ce que ces deux lettres qui les disjoignent nuancent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; De\u0301sirer l\u2019impossible : le suicide de la repre\u0301sentation et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique, analyse de la mise en sce\u0300ne d\u2019une \u00ab inesthe\u0301tique \u00bb dans les the\u0301a\u0302tres de Fernando Arrabal&#8230; Par Louise Flipo. Me\u0301moire pre\u0301sente\u0301 en vue de l\u2019obtention du grade de Master en langues et litte\u0301ratures franc\u0327aises et romanes, orientation ge\u0301ne\u0301rale, a\u0300 finalite\u0301 approfondie. Sous la direction du Pr Pierre Piret. Par Louise Flipo. Introduction En 1964, J. Lacan de\u0301clare que ce que nous appelons \u00ab re\u0301alite\u0301 \u00bb est en fait un fantasme. Le seul et unique point de ve\u0301rite\u0301 est ce qu\u2019elle recouvre et tait : le Re\u0301el. \u00ab Le Re\u0301el, c\u2019est l\u2019impossible \u00bb2, c\u2019est le vide conceptuel, soustrait au logique et au causal, au temps, au langage, a\u0300 l\u2019e\u0302tre, mais qui y pre\u0301side. Il est l\u2019origine inatteignable de toute chose, support de la re\u0301alite\u0301 qui ne se laisse pas re\u0301aliser. Sa saisie e\u0301chappe, sa pense\u0301e fuit et les mots manquent a\u0300 le dire. Pourtant, s\u2019il ne peut e\u0302tre reconnu, le Re\u0301el n\u2019en est pas moins inconnu, et me\u0302me, il est la plus grande certitude de l\u2019e\u0302tre : la chose (a\u0300 dire, a\u0300 voir) est la\u0300, dans sa purete\u0301 incomparable, dans sa puissance inalte\u0301re\u0301e, dans sa violence premie\u0300re. Point d\u2019absolu, il est aussi \u00ab ab-sens \u00bb car hors signifiance. A\u0300 l\u2019inverse, la re\u0301alite\u0301 appre\u0301hende le monde par le biais de cette grille appose\u0301e, impose\u0301e, sur toute chose. Tandis que la re\u0301alite\u0301 l\u2019approche par la me\u0301diation du code, le Re\u0301el est ce lieu de jouissance totale, de \u00ab plein-itude \u00bb car la chose se donne dans sa totalite\u0301 et dans l\u2019imme\u0301diat. A\u0300 distinguer re\u0301alite\u0301 et Re\u0301el, J. Lacan ope\u0300re donc d\u2019emble\u0301e une partition entre repre\u0301sentation (l\u2019appre\u0301hension de la chose par le biais du code) et pre\u0301sentation (le rapport imme\u0301diat avec la chose) ; il rappelle que l\u2019e\u0302tre est un interpre\u0300te, rele\u0301gue\u0301 au \u00ab second temps de la Cre\u0301ation \u00bb3. Si J. Lacan rend compte d\u2019une perte fondamentale, il identifie aussi l\u2019unique objet de la repre\u0301sentation et du langage : le Re\u0301el, incessamment manque\u0301. Parce qu\u2019il fait de\u0301faut, il est objet de de\u0301sir toujours de\u0301sire\u0301 puisque toujours absent. Car \u00ab le de\u0301sir est pre\u0301cise\u0301ment ce rapport a\u0300 l\u2019impossible, il est l\u2019impossibilite\u0301 qui se fait rapport \u00bb4 : c\u2019est parce que le de\u0301sir ne peut e\u0302tre comble\u0301 qu\u2019il reste effectif. L\u2019homme est un e\u0302tre de de\u0301sir donc, articule\u0301 autour d\u2019un manque impossible a\u0300 combler, marque\u0301 par cette perte qui motive la cre\u0301ation et la continuite\u0301 de la vie me\u0302me. Et, par le constat de l\u2019existence de ce point de Re\u0301el, J. Lacan bouleverse a\u0300 la fois la conception du langage et des arts de la repre\u0301sentation : l\u2019art est ba\u0302ti sur un irrepre\u0301sentable, l\u2019homme sur un manque a\u0300 e\u0302tre, le langage sur un indicible. Effectivement, \u00ab [e\u0302]tres de langage, nous sommes tous tisse\u0301s d\u2019indicible \u00bb5 ; a\u0300 e\u0302tre pris d\u2019emble\u0301e dans le filet des significations, nous sommes marque\u0301s par la perte de ce qu\u2019il s\u2019agit 2 LACAN, Jacques, L\u2019Ethique de la psychanalyse. Se\u0301minaire VII, 1959-1960, Paris, Le Seuil, 1986, p. 152. 3 DERRIDA, Jacques, L\u2019E\u0301criture et la diffe\u0301rence, Paris, Seuil, 1967, p. 364. 4 RAVEL, Emmanuel, \u00ab Duras et Blanchot \u00bb, dans AHLSTEDT, Eva (Dir.), Marguerite Duras et la pense\u0301e contemporaine, Go\u0308teborg, Go\u0308teborgs universitet, 2008, p. 33. 5 Ibid., p. 32. 6 de dire, ne pouvant que le \u00ab sign-ifier \u00bb. L\u2019ineffable est ce point de ralliement des mots, inatteignable, mais qui aimante pourtant l\u2019e\u0301nonciation. Ce point nourrit les de\u0301marches d\u2019interpre\u0301tations encerclant la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb sans pouvoir la doter d\u2019un signifiant. Toute tentative d\u2019e\u0301nonciation prend alors la dimension d\u2019une que\u0302te d\u2019un Re\u0301el a\u0300 laquelle on part de\u0301sarme\u0301s ; les mots manquent a\u0300 dire le manque essentiel aux mots. Ce manque est en effet essentiel car il constitue leur source intarissable : c\u2019est gra\u0302ce a\u0300 l\u2019existence de ce point de fuite que la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb ne cesse jamais de se dire. Et il en est de me\u0302me pour l\u2019art : les \u0153uvres ne sont que des e\u0301preuves, des tentatives de repre\u0301senter ce qui, immanquablement, se de\u0301siste. Cette tension entre ne\u0301cessite\u0301 et cette impossibilite\u0301 de connaitre le lieu des actes purs semble correspondre a\u0300 la vision tragique du monde the\u0301orise\u0301e par Lucien Goldman : l\u2019homme est face a\u0300 \u00ab [&#8230;] la prise en compte et [a\u0300] la mise en e\u0301preuve de deux re\u0301alite\u0301s, de deux forces, de deux dimensions de la re\u0301alite\u0301 ou de l\u2019homme contradictoires et impossibles a\u0300 concilier. Le tragique re\u0301sulte de cette impossibilite\u0301 de surmonter, de concilier les contraires \u00bb6. A\u0300 placer l\u2019homme dans l\u2019ordre du de\u0301calque, J. Lacan le de\u0301centre et lui rappelle sa position fondamentalement tragique : sa trajectoire, son action, ses pense\u0301es et sa cre\u0301ation sont a\u0300 penser sur le mode de la perte. Et c\u2019est cela qu\u2019il interroge de\u0301sormais: la cre\u0301ation, l\u2019art est le lieu d\u2019un positionnement. Que doit-on de\u0300s lors repre\u0301senter ? La re\u0301alite\u0301 illusoire ou l\u2019impossible Re\u0301el ? L\u2019art doit-il se re\u0301soudre a\u0300 \u00ab re-pre\u0301senter \u00bb ou peut-il tendre vers la pre\u0301sentation ? Illusion ou ve\u0301rite\u0301 ? Chef d\u2019\u0153uvre ou e\u0301chec ? Tandis que certains pre\u0301fe\u0300reront l\u2019aveuglement au constat tragique, d\u2019autres feront de ce savoir un \u00ab tre\u0301sor des humbles \u00bb7 conservant son ombre en acceptant son absence. D\u2019autres encore rede\u0301finiront leur art a\u0300 partir de cette re\u0301ve\u0301lation nouvelle : par lui et non plus en lui, ils espe\u0301reront voir. Ces \u0153uvres, tendues vers un dehors impossible et de\u0301ja\u0300 foutues se donnent un statut d\u2019ico\u0302ne et non plus d\u2019idole : elles se font le vecteur d\u2019une vision plus qu\u2019elles ne l\u2019arre\u0302tent dans les mailles de la repre\u0301sentation. Selon C.- S. Peirce, \u00ab [&#8230;] une des grandes proprie\u0301te\u0301s distinctives de l\u2019ico\u0302ne est que, par son observation directe [nous soulignons], d\u2019autres ve\u0301rite\u0301s sur son objet [nous soulignons] peuvent e\u0302tre de\u0301couvertes que celles qui suffisent a\u0300 de\u0301terminer sa construction \u00bb8. Seul l\u2019artiste 6 MATHET, Marie-The\u0301re\u0300se, L\u2019incompre\u0301hensible. Litte\u0301rature, re\u0301el, visuel, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2003, pp. 73-74. 7 Nous faisons ici re\u0301fe\u0301rence a\u0300 l\u2019\u0153uvre de M. Maeterlinck : Le Tre\u0301sor des humbles, Paris, Mercure de France, 1941. 8 MORAND, Bernard, Logique de la conception. Figures de se\u0301miotique ge\u0301ne\u0301rale d&rsquo;apre\u0300s Charles S. Peirce, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2004, p. 244. 7 concevant son \u0153uvre comme telle est, selon A. Rykner, un \u00ab ve\u0301ritable artiste \u00bb : il est celui qui \u00ab cre\u0300ve la belle image, le beau langage, la sage musique, l\u2019habile pense\u0301e [&#8230;] \u00bb9. Lorsque J. Lacan lit Le Ravissement de Lol V. Stein de M. Duras (1964), il se dit trouble\u0301 : \u00ab Marguerite Duras s\u2019ave\u0300re savoir sans moi ce que j\u2019enseigne \u00bb10. Car, tandis qu\u2019il appelle \u00ab Re\u0301el \u00bb ce vide impossible a\u0300 combler duquel provient toute chose, Lol V. Stein se tait apre\u0300s \u00ab [avoir] cru, l\u2019espace d\u2019un e\u0301clair, que ce mot pouvait exister \u00bb11. Ce mot, comme le Re\u0301el, structure la logique du de\u0301sir : \u00ab C\u0327\u2019aurait e\u0301te\u0301 un mot-absence, un mot-trou, creuse\u0301 en son centre d\u2019un trou \u00bb12, unique objet d\u2019un vouloir dire, d\u2019un vouloir faire, d\u2019un vouloir e\u0302tre. Comme le Re\u0301el, \u00ab personne ne peut la connaitre, L.V.S., ni vous ni moi \u00bb13. Lol V. Stein, dont le pre\u0301nom me\u0302me est troue\u0301 entre deux consonnes, circonscrit le manque, et a\u0300 partir d\u2019elle, l\u2019\u0153uvre prend corps, de\u0301sire, e\u0301choue et de\u0301sire, par cela, toujours plus, prise par le vertige du \u00ab trou \u00bb toujours be\u0301ant. La me\u0302me anne\u0301e, M. Duras et J. Lacan expriment le \u00ab ravissement \u00bb de Lol, (sans doute) sans concertation : J. Lacan lut l\u2019\u0153uvre au terme de son se\u0301minaire, M. Duras \u00ab [lui] fait tenir de sa bouche qu\u2019elle ne sait pas dans toute son \u0153uvre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":4675,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4670","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-miscellannees"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>De\u0301sirer l\u2019impossible, Lacan et Arrabal : le suicide et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique - Ceci n\u2019est pas un blog<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de\u0301sirer-l\u2019impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-\u00ab-sui-naissance-\u00bb-panique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"De\u0301sirer l\u2019impossible, Lacan et Arrabal : le suicide et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique - Ceci n\u2019est pas un blog\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"&nbsp; De\u0301sirer l\u2019impossible : le suicide de la repre\u0301sentation et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique, analyse de la mise en sce\u0300ne d\u2019une \u00ab inesthe\u0301tique \u00bb dans les the\u0301a\u0302tres de Fernando Arrabal&#8230; Par Louise Flipo. Me\u0301moire pre\u0301sente\u0301 en vue de l\u2019obtention du grade de Master en langues et litte\u0301ratures franc\u0327aises et romanes, orientation ge\u0301ne\u0301rale, a\u0300 finalite\u0301 approfondie. Sous la direction du Pr Pierre Piret. Par Louise Flipo. Introduction En 1964, J. Lacan de\u0301clare que ce que nous appelons \u00ab re\u0301alite\u0301 \u00bb est en fait un fantasme. Le seul et unique point de ve\u0301rite\u0301 est ce qu\u2019elle recouvre et tait : le Re\u0301el. \u00ab Le Re\u0301el, c\u2019est l\u2019impossible \u00bb2, c\u2019est le vide conceptuel, soustrait au logique et au causal, au temps, au langage, a\u0300 l\u2019e\u0302tre, mais qui y pre\u0301side. Il est l\u2019origine inatteignable de toute chose, support de la re\u0301alite\u0301 qui ne se laisse pas re\u0301aliser. Sa saisie e\u0301chappe, sa pense\u0301e fuit et les mots manquent a\u0300 le dire. Pourtant, s\u2019il ne peut e\u0302tre reconnu, le Re\u0301el n\u2019en est pas moins inconnu, et me\u0302me, il est la plus grande certitude de l\u2019e\u0302tre : la chose (a\u0300 dire, a\u0300 voir) est la\u0300, dans sa purete\u0301 incomparable, dans sa puissance inalte\u0301re\u0301e, dans sa violence premie\u0300re. Point d\u2019absolu, il est aussi \u00ab ab-sens \u00bb car hors signifiance. A\u0300 l\u2019inverse, la re\u0301alite\u0301 appre\u0301hende le monde par le biais de cette grille appose\u0301e, impose\u0301e, sur toute chose. Tandis que la re\u0301alite\u0301 l\u2019approche par la me\u0301diation du code, le Re\u0301el est ce lieu de jouissance totale, de \u00ab plein-itude \u00bb car la chose se donne dans sa totalite\u0301 et dans l\u2019imme\u0301diat. A\u0300 distinguer re\u0301alite\u0301 et Re\u0301el, J. Lacan ope\u0300re donc d\u2019emble\u0301e une partition entre repre\u0301sentation (l\u2019appre\u0301hension de la chose par le biais du code) et pre\u0301sentation (le rapport imme\u0301diat avec la chose) ; il rappelle que l\u2019e\u0302tre est un interpre\u0300te, rele\u0301gue\u0301 au \u00ab second temps de la Cre\u0301ation \u00bb3. Si J. Lacan rend compte d\u2019une perte fondamentale, il identifie aussi l\u2019unique objet de la repre\u0301sentation et du langage : le Re\u0301el, incessamment manque\u0301. Parce qu\u2019il fait de\u0301faut, il est objet de de\u0301sir toujours de\u0301sire\u0301 puisque toujours absent. Car \u00ab le de\u0301sir est pre\u0301cise\u0301ment ce rapport a\u0300 l\u2019impossible, il est l\u2019impossibilite\u0301 qui se fait rapport \u00bb4 : c\u2019est parce que le de\u0301sir ne peut e\u0302tre comble\u0301 qu\u2019il reste effectif. L\u2019homme est un e\u0302tre de de\u0301sir donc, articule\u0301 autour d\u2019un manque impossible a\u0300 combler, marque\u0301 par cette perte qui motive la cre\u0301ation et la continuite\u0301 de la vie me\u0302me. Et, par le constat de l\u2019existence de ce point de Re\u0301el, J. Lacan bouleverse a\u0300 la fois la conception du langage et des arts de la repre\u0301sentation : l\u2019art est ba\u0302ti sur un irrepre\u0301sentable, l\u2019homme sur un manque a\u0300 e\u0302tre, le langage sur un indicible. Effectivement, \u00ab [e\u0302]tres de langage, nous sommes tous tisse\u0301s d\u2019indicible \u00bb5 ; a\u0300 e\u0302tre pris d\u2019emble\u0301e dans le filet des significations, nous sommes marque\u0301s par la perte de ce qu\u2019il s\u2019agit 2 LACAN, Jacques, L\u2019Ethique de la psychanalyse. Se\u0301minaire VII, 1959-1960, Paris, Le Seuil, 1986, p. 152. 3 DERRIDA, Jacques, L\u2019E\u0301criture et la diffe\u0301rence, Paris, Seuil, 1967, p. 364. 4 RAVEL, Emmanuel, \u00ab Duras et Blanchot \u00bb, dans AHLSTEDT, Eva (Dir.), Marguerite Duras et la pense\u0301e contemporaine, Go\u0308teborg, Go\u0308teborgs universitet, 2008, p. 33. 5 Ibid., p. 32. 6 de dire, ne pouvant que le \u00ab sign-ifier \u00bb. L\u2019ineffable est ce point de ralliement des mots, inatteignable, mais qui aimante pourtant l\u2019e\u0301nonciation. Ce point nourrit les de\u0301marches d\u2019interpre\u0301tations encerclant la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb sans pouvoir la doter d\u2019un signifiant. Toute tentative d\u2019e\u0301nonciation prend alors la dimension d\u2019une que\u0302te d\u2019un Re\u0301el a\u0300 laquelle on part de\u0301sarme\u0301s ; les mots manquent a\u0300 dire le manque essentiel aux mots. Ce manque est en effet essentiel car il constitue leur source intarissable : c\u2019est gra\u0302ce a\u0300 l\u2019existence de ce point de fuite que la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb ne cesse jamais de se dire. Et il en est de me\u0302me pour l\u2019art : les \u0153uvres ne sont que des e\u0301preuves, des tentatives de repre\u0301senter ce qui, immanquablement, se de\u0301siste. Cette tension entre ne\u0301cessite\u0301 et cette impossibilite\u0301 de connaitre le lieu des actes purs semble correspondre a\u0300 la vision tragique du monde the\u0301orise\u0301e par Lucien Goldman : l\u2019homme est face a\u0300 \u00ab [&#8230;] la prise en compte et [a\u0300] la mise en e\u0301preuve de deux re\u0301alite\u0301s, de deux forces, de deux dimensions de la re\u0301alite\u0301 ou de l\u2019homme contradictoires et impossibles a\u0300 concilier. Le tragique re\u0301sulte de cette impossibilite\u0301 de surmonter, de concilier les contraires \u00bb6. A\u0300 placer l\u2019homme dans l\u2019ordre du de\u0301calque, J. Lacan le de\u0301centre et lui rappelle sa position fondamentalement tragique : sa trajectoire, son action, ses pense\u0301es et sa cre\u0301ation sont a\u0300 penser sur le mode de la perte. Et c\u2019est cela qu\u2019il interroge de\u0301sormais: la cre\u0301ation, l\u2019art est le lieu d\u2019un positionnement. Que doit-on de\u0300s lors repre\u0301senter ? La re\u0301alite\u0301 illusoire ou l\u2019impossible Re\u0301el ? L\u2019art doit-il se re\u0301soudre a\u0300 \u00ab re-pre\u0301senter \u00bb ou peut-il tendre vers la pre\u0301sentation ? Illusion ou ve\u0301rite\u0301 ? Chef d\u2019\u0153uvre ou e\u0301chec ? Tandis que certains pre\u0301fe\u0300reront l\u2019aveuglement au constat tragique, d\u2019autres feront de ce savoir un \u00ab tre\u0301sor des humbles \u00bb7 conservant son ombre en acceptant son absence. D\u2019autres encore rede\u0301finiront leur art a\u0300 partir de cette re\u0301ve\u0301lation nouvelle : par lui et non plus en lui, ils espe\u0301reront voir. Ces \u0153uvres, tendues vers un dehors impossible et de\u0301ja\u0300 foutues se donnent un statut d\u2019ico\u0302ne et non plus d\u2019idole : elles se font le vecteur d\u2019une vision plus qu\u2019elles ne l\u2019arre\u0302tent dans les mailles de la repre\u0301sentation. Selon C.- S. Peirce, \u00ab [&#8230;] une des grandes proprie\u0301te\u0301s distinctives de l\u2019ico\u0302ne est que, par son observation directe [nous soulignons], d\u2019autres ve\u0301rite\u0301s sur son objet [nous soulignons] peuvent e\u0302tre de\u0301couvertes que celles qui suffisent a\u0300 de\u0301terminer sa construction \u00bb8. Seul l\u2019artiste 6 MATHET, Marie-The\u0301re\u0300se, L\u2019incompre\u0301hensible. Litte\u0301rature, re\u0301el, visuel, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2003, pp. 73-74. 7 Nous faisons ici re\u0301fe\u0301rence a\u0300 l\u2019\u0153uvre de M. Maeterlinck : Le Tre\u0301sor des humbles, Paris, Mercure de France, 1941. 8 MORAND, Bernard, Logique de la conception. Figures de se\u0301miotique ge\u0301ne\u0301rale d&rsquo;apre\u0300s Charles S. Peirce, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2004, p. 244. 7 concevant son \u0153uvre comme telle est, selon A. Rykner, un \u00ab ve\u0301ritable artiste \u00bb : il est celui qui \u00ab cre\u0300ve la belle image, le beau langage, la sage musique, l\u2019habile pense\u0301e [&#8230;] \u00bb9. Lorsque J. Lacan lit Le Ravissement de Lol V. Stein de M. Duras (1964), il se dit trouble\u0301 : \u00ab Marguerite Duras s\u2019ave\u0300re savoir sans moi ce que j\u2019enseigne \u00bb10. Car, tandis qu\u2019il appelle \u00ab Re\u0301el \u00bb ce vide impossible a\u0300 combler duquel provient toute chose, Lol V. Stein se tait apre\u0300s \u00ab [avoir] cru, l\u2019espace d\u2019un e\u0301clair, que ce mot pouvait exister \u00bb11. Ce mot, comme le Re\u0301el, structure la logique du de\u0301sir : \u00ab C\u0327\u2019aurait e\u0301te\u0301 un mot-absence, un mot-trou, creuse\u0301 en son centre d\u2019un trou \u00bb12, unique objet d\u2019un vouloir dire, d\u2019un vouloir faire, d\u2019un vouloir e\u0302tre. Comme le Re\u0301el, \u00ab personne ne peut la connaitre, L.V.S., ni vous ni moi \u00bb13. Lol V. Stein, dont le pre\u0301nom me\u0302me est troue\u0301 entre deux consonnes, circonscrit le manque, et a\u0300 partir d\u2019elle, l\u2019\u0153uvre prend corps, de\u0301sire, e\u0301choue et de\u0301sire, par cela, toujours plus, prise par le vertige du \u00ab trou \u00bb toujours be\u0301ant. La me\u0302me anne\u0301e, M. Duras et J. Lacan expriment le \u00ab ravissement \u00bb de Lol, (sans doute) sans concertation : J. Lacan lut l\u2019\u0153uvre au terme de son se\u0301minaire, M. Duras \u00ab [lui] fait tenir de sa bouche qu\u2019elle ne sait pas dans toute son \u0153uvre [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de\u0301sirer-l\u2019impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-\u00ab-sui-naissance-\u00bb-panique\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ceci n\u2019est pas un blog\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-04-29T17:42:05+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2015-08-18T22:48:23+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2014\/04\/ciclistamini.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"320\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"240\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"fernandoarrabal\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"fernandoarrabal\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture est.\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"15 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique\/\",\"url\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique\/\",\"name\":\"De\u0301sirer l\u2019impossible, Lacan et Arrabal : le suicide et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique - 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Me\u0301moire pre\u0301sente\u0301 en vue de l\u2019obtention du grade de Master en langues et litte\u0301ratures franc\u0327aises et romanes, orientation ge\u0301ne\u0301rale, a\u0300 finalite\u0301 approfondie. Sous la direction du Pr Pierre Piret. Par Louise Flipo. Introduction En 1964, J. Lacan de\u0301clare que ce que nous appelons \u00ab re\u0301alite\u0301 \u00bb est en fait un fantasme. Le seul et unique point de ve\u0301rite\u0301 est ce qu\u2019elle recouvre et tait : le Re\u0301el. \u00ab Le Re\u0301el, c\u2019est l\u2019impossible \u00bb2, c\u2019est le vide conceptuel, soustrait au logique et au causal, au temps, au langage, a\u0300 l\u2019e\u0302tre, mais qui y pre\u0301side. Il est l\u2019origine inatteignable de toute chose, support de la re\u0301alite\u0301 qui ne se laisse pas re\u0301aliser. Sa saisie e\u0301chappe, sa pense\u0301e fuit et les mots manquent a\u0300 le dire. Pourtant, s\u2019il ne peut e\u0302tre reconnu, le Re\u0301el n\u2019en est pas moins inconnu, et me\u0302me, il est la plus grande certitude de l\u2019e\u0302tre : la chose (a\u0300 dire, a\u0300 voir) est la\u0300, dans sa purete\u0301 incomparable, dans sa puissance inalte\u0301re\u0301e, dans sa violence premie\u0300re. Point d\u2019absolu, il est aussi \u00ab ab-sens \u00bb car hors signifiance. A\u0300 l\u2019inverse, la re\u0301alite\u0301 appre\u0301hende le monde par le biais de cette grille appose\u0301e, impose\u0301e, sur toute chose. Tandis que la re\u0301alite\u0301 l\u2019approche par la me\u0301diation du code, le Re\u0301el est ce lieu de jouissance totale, de \u00ab plein-itude \u00bb car la chose se donne dans sa totalite\u0301 et dans l\u2019imme\u0301diat. A\u0300 distinguer re\u0301alite\u0301 et Re\u0301el, J. Lacan ope\u0300re donc d\u2019emble\u0301e une partition entre repre\u0301sentation (l\u2019appre\u0301hension de la chose par le biais du code) et pre\u0301sentation (le rapport imme\u0301diat avec la chose) ; il rappelle que l\u2019e\u0302tre est un interpre\u0300te, rele\u0301gue\u0301 au \u00ab second temps de la Cre\u0301ation \u00bb3. Si J. Lacan rend compte d\u2019une perte fondamentale, il identifie aussi l\u2019unique objet de la repre\u0301sentation et du langage : le Re\u0301el, incessamment manque\u0301. Parce qu\u2019il fait de\u0301faut, il est objet de de\u0301sir toujours de\u0301sire\u0301 puisque toujours absent. Car \u00ab le de\u0301sir est pre\u0301cise\u0301ment ce rapport a\u0300 l\u2019impossible, il est l\u2019impossibilite\u0301 qui se fait rapport \u00bb4 : c\u2019est parce que le de\u0301sir ne peut e\u0302tre comble\u0301 qu\u2019il reste effectif. L\u2019homme est un e\u0302tre de de\u0301sir donc, articule\u0301 autour d\u2019un manque impossible a\u0300 combler, marque\u0301 par cette perte qui motive la cre\u0301ation et la continuite\u0301 de la vie me\u0302me. Et, par le constat de l\u2019existence de ce point de Re\u0301el, J. Lacan bouleverse a\u0300 la fois la conception du langage et des arts de la repre\u0301sentation : l\u2019art est ba\u0302ti sur un irrepre\u0301sentable, l\u2019homme sur un manque a\u0300 e\u0302tre, le langage sur un indicible. Effectivement, \u00ab [e\u0302]tres de langage, nous sommes tous tisse\u0301s d\u2019indicible \u00bb5 ; a\u0300 e\u0302tre pris d\u2019emble\u0301e dans le filet des significations, nous sommes marque\u0301s par la perte de ce qu\u2019il s\u2019agit 2 LACAN, Jacques, L\u2019Ethique de la psychanalyse. Se\u0301minaire VII, 1959-1960, Paris, Le Seuil, 1986, p. 152. 3 DERRIDA, Jacques, L\u2019E\u0301criture et la diffe\u0301rence, Paris, Seuil, 1967, p. 364. 4 RAVEL, Emmanuel, \u00ab Duras et Blanchot \u00bb, dans AHLSTEDT, Eva (Dir.), Marguerite Duras et la pense\u0301e contemporaine, Go\u0308teborg, Go\u0308teborgs universitet, 2008, p. 33. 5 Ibid., p. 32. 6 de dire, ne pouvant que le \u00ab sign-ifier \u00bb. L\u2019ineffable est ce point de ralliement des mots, inatteignable, mais qui aimante pourtant l\u2019e\u0301nonciation. Ce point nourrit les de\u0301marches d\u2019interpre\u0301tations encerclant la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb sans pouvoir la doter d\u2019un signifiant. Toute tentative d\u2019e\u0301nonciation prend alors la dimension d\u2019une que\u0302te d\u2019un Re\u0301el a\u0300 laquelle on part de\u0301sarme\u0301s ; les mots manquent a\u0300 dire le manque essentiel aux mots. Ce manque est en effet essentiel car il constitue leur source intarissable : c\u2019est gra\u0302ce a\u0300 l\u2019existence de ce point de fuite que la \u00ab chose a\u0300 dire \u00bb ne cesse jamais de se dire. Et il en est de me\u0302me pour l\u2019art : les \u0153uvres ne sont que des e\u0301preuves, des tentatives de repre\u0301senter ce qui, immanquablement, se de\u0301siste. Cette tension entre ne\u0301cessite\u0301 et cette impossibilite\u0301 de connaitre le lieu des actes purs semble correspondre a\u0300 la vision tragique du monde the\u0301orise\u0301e par Lucien Goldman : l\u2019homme est face a\u0300 \u00ab [&#8230;] la prise en compte et [a\u0300] la mise en e\u0301preuve de deux re\u0301alite\u0301s, de deux forces, de deux dimensions de la re\u0301alite\u0301 ou de l\u2019homme contradictoires et impossibles a\u0300 concilier. Le tragique re\u0301sulte de cette impossibilite\u0301 de surmonter, de concilier les contraires \u00bb6. A\u0300 placer l\u2019homme dans l\u2019ordre du de\u0301calque, J. Lacan le de\u0301centre et lui rappelle sa position fondamentalement tragique : sa trajectoire, son action, ses pense\u0301es et sa cre\u0301ation sont a\u0300 penser sur le mode de la perte. Et c\u2019est cela qu\u2019il interroge de\u0301sormais: la cre\u0301ation, l\u2019art est le lieu d\u2019un positionnement. Que doit-on de\u0300s lors repre\u0301senter ? La re\u0301alite\u0301 illusoire ou l\u2019impossible Re\u0301el ? L\u2019art doit-il se re\u0301soudre a\u0300 \u00ab re-pre\u0301senter \u00bb ou peut-il tendre vers la pre\u0301sentation ? Illusion ou ve\u0301rite\u0301 ? Chef d\u2019\u0153uvre ou e\u0301chec ? Tandis que certains pre\u0301fe\u0300reront l\u2019aveuglement au constat tragique, d\u2019autres feront de ce savoir un \u00ab tre\u0301sor des humbles \u00bb7 conservant son ombre en acceptant son absence. D\u2019autres encore rede\u0301finiront leur art a\u0300 partir de cette re\u0301ve\u0301lation nouvelle : par lui et non plus en lui, ils espe\u0301reront voir. Ces \u0153uvres, tendues vers un dehors impossible et de\u0301ja\u0300 foutues se donnent un statut d\u2019ico\u0302ne et non plus d\u2019idole : elles se font le vecteur d\u2019une vision plus qu\u2019elles ne l\u2019arre\u0302tent dans les mailles de la repre\u0301sentation. Selon C.- S. Peirce, \u00ab [&#8230;] une des grandes proprie\u0301te\u0301s distinctives de l\u2019ico\u0302ne est que, par son observation directe [nous soulignons], d\u2019autres ve\u0301rite\u0301s sur son objet [nous soulignons] peuvent e\u0302tre de\u0301couvertes que celles qui suffisent a\u0300 de\u0301terminer sa construction \u00bb8. Seul l\u2019artiste 6 MATHET, Marie-The\u0301re\u0300se, L\u2019incompre\u0301hensible. Litte\u0301rature, re\u0301el, visuel, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2003, pp. 73-74. 7 Nous faisons ici re\u0301fe\u0301rence a\u0300 l\u2019\u0153uvre de M. Maeterlinck : Le Tre\u0301sor des humbles, Paris, Mercure de France, 1941. 8 MORAND, Bernard, Logique de la conception. Figures de se\u0301miotique ge\u0301ne\u0301rale d&rsquo;apre\u0300s Charles S. Peirce, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2004, p. 244. 7 concevant son \u0153uvre comme telle est, selon A. Rykner, un \u00ab ve\u0301ritable artiste \u00bb : il est celui qui \u00ab cre\u0300ve la belle image, le beau langage, la sage musique, l\u2019habile pense\u0301e [&#8230;] \u00bb9. Lorsque J. Lacan lit Le Ravissement de Lol V. Stein de M. Duras (1964), il se dit trouble\u0301 : \u00ab Marguerite Duras s\u2019ave\u0300re savoir sans moi ce que j\u2019enseigne \u00bb10. Car, tandis qu\u2019il appelle \u00ab Re\u0301el \u00bb ce vide impossible a\u0300 combler duquel provient toute chose, Lol V. Stein se tait apre\u0300s \u00ab [avoir] cru, l\u2019espace d\u2019un e\u0301clair, que ce mot pouvait exister \u00bb11. Ce mot, comme le Re\u0301el, structure la logique du de\u0301sir : \u00ab C\u0327\u2019aurait e\u0301te\u0301 un mot-absence, un mot-trou, creuse\u0301 en son centre d\u2019un trou \u00bb12, unique objet d\u2019un vouloir dire, d\u2019un vouloir faire, d\u2019un vouloir e\u0302tre. Comme le Re\u0301el, \u00ab personne ne peut la connaitre, L.V.S., ni vous ni moi \u00bb13. Lol V. Stein, dont le pre\u0301nom me\u0302me est troue\u0301 entre deux consonnes, circonscrit le manque, et a\u0300 partir d\u2019elle, l\u2019\u0153uvre prend corps, de\u0301sire, e\u0301choue et de\u0301sire, par cela, toujours plus, prise par le vertige du \u00ab trou \u00bb toujours be\u0301ant. La me\u0302me anne\u0301e, M. Duras et J. Lacan expriment le \u00ab ravissement \u00bb de Lol, (sans doute) sans concertation : J. Lacan lut l\u2019\u0153uvre au terme de son se\u0301minaire, M. Duras \u00ab [lui] fait tenir de sa bouche qu\u2019elle ne sait pas dans toute son \u0153uvre [&hellip;]","og_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de\u0301sirer-l\u2019impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-\u00ab-sui-naissance-\u00bb-panique\/","og_site_name":"Ceci n\u2019est pas un blog","article_published_time":"2014-04-29T17:42:05+00:00","article_modified_time":"2015-08-18T22:48:23+00:00","og_image":[{"width":320,"height":240,"url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2014\/04\/ciclistamini.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"author":"fernandoarrabal","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"fernandoarrabal","Dur\u00e9e de lecture est.":"15 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique\/","url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2014\/04\/29\/4670\/de%cc%81sirer-l%e2%80%99impossible-lacan-et-arrabal-le-suicide-et-sa-%c2%ab-sui-naissance-%c2%bb-panique\/","name":"De\u0301sirer l\u2019impossible, Lacan et Arrabal : le suicide et sa \u00ab sui-naissance \u00bb panique - 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