﻿{"id":4422,"date":"2013-12-19T14:52:28","date_gmt":"2013-12-19T12:52:28","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=4422"},"modified":"2015-08-19T01:25:53","modified_gmt":"2015-08-18T23:25:53","slug":"au-theatre-national-dali-vs-picasso-darrabal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2013\/12\/19\/4422\/au-theatre-national-dali-vs-picasso-darrabal\/","title":{"rendered":"au Th\u00e9\u00e2tre National \u00ab\u00a0Dali vs  Picasso\u00a0\u00bb d&rsquo;Arrabal"},"content":{"rendered":"<h2 id=\"postTitle\">Dali vs. Picasso<\/h2>\n<h4>Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg<\/h4>\n<p>de<strong> Fernando Arrabal<\/strong><\/p>\n<p><strong>CREATION MONDIALE<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\n<div>\n<h4>Metteur en sc\u00e8ne :<\/h4>\n<p>Frank Hoffmann<\/p>\n<h4>D\u00e9cors :<\/h4>\n<p>Christophe Rasche<\/p>\n<h4>Costumes :<\/h4>\n<p>Katharina Polheim<\/p>\n<h4>Musique :<\/h4>\n<p>Ren\u00e9 Nuss<\/p>\n<h4>Avec :<\/h4>\n<p>Samuel Finzi, Marie-Lou Sellem, Luc Feit, Jacqueline Macaulay<\/p>\n<h4>Une production :<\/h4>\n<p>Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg, Ruhrfestspiele Recklinghausen<\/p>\n<h4>Lieu de production :<\/h4>\n<p>Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg<\/p>\n<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au milieu du salon est accroch\u00e9 le tableau de<br \/>\nDali <em>Composition molle aux haricots bouillis<\/em> (pr\u00e9monition de la<\/p>\n<p>Guerre Civile), derri\u00e8re, tout au fond, on d\u00e9couvre le Guernica\u00a0 de Picasso . El recibimiento fue espectacular . El p\u00fablico aplaudi\u00f3 continuamente y grit\u00f3 bravos haciendo salir a los actores a saludar varias veces. La reacci\u00f3n fue clamorosa. Y as\u00ed me lo confirm\u00f3 la opini\u00f3n de los espectadores con los que habl\u00e9 al final. En cuanto al choque entre el juego del drama en s\u00ed y el final extraordinario, es decir se subray\u00f3 el patetismo de dos personajes que al final se descubre que son enfermos internados en una instituci\u00f3n. El tono voluntariamente\u00a0 burlesco que\u00a0 se da entre los dos personajes se rompe al final cuando la inmolaci\u00f3n de Dal\u00ed (que llevaba los bigotes pintados y se los limpia), marca el paso a la terrible realidad del encierro, acentuada por la voz an\u00f3nima y fr\u00eda del altavoz, y se ve a dos pacientes desvalidos y pat\u00e9ticos. Son tragicos\u00a0 de principio a fin, pero Hoffmann subraya ciertos motivos c\u00f3micos, probablemente para acentuar la idea final de que no son dignos de burla sino de l\u00e1stima. La ha representado de manera grandiosa, potenciando el texto, es decir que los dos enfermos\u00a0 son un Picasso y un Dal\u00ed muy convincentes, pero al mismo tiempo son pacientes. No inventan nada: creen en lo que hacen. El conjunto resulta una mezcla de caricatura y tragicomedia que me la hac\u00eda parecer muy arrabalesca . La ambig\u00fcedad que creo pretend\u00edas est\u00e1 continuamente presente, de modo que el espectador que no haya le\u00eddo el texto debe de estar pregunt\u00e1ndose todo el rato si aquello es falso o real. Es ese el juego que en mi opini\u00f3n t\u00fa quer\u00edas y queda muy bien. Adem\u00e1s, como Hoffmann es hombre creativo, todo me han sorprendido agradablemente. Los int\u00e9rpretes son muy buenos: los rasgos del que hace de Picasso son muy parecidos a los del pintor, mientras que a Dal\u00ed lo interpreta una chica y lo hace muy bien, pues se subraya el androginismo daliniano sin mucho esfuerzo. No hay voces en off, sino que Gala y Dora aparecen en el escenario y contrastan muy bien con los otros dos. Y el Guernica, que ocupa todo el fondo, no es de una pieza, sino de varias en diferentes planos, de manera que en un momento dado Picasso penetra en la obra caminando entre sus diferentes partes. Frank me ha dicho que ma\u00f1ana te llama. Quiere llevarlo a Par\u00eds y\u00a0 en el festival que dirige en Alemania tras varias representaciones en alem\u00e1n.\u00a0 Pollux Hernu\u00f1ez<\/p>\n<p><strong>\u201cDali vs Picasso\u201d d\u2019Arrabal <\/strong><\/p>\n<p><strong>au Th\u00e9\u00e2tre National de Luxembourg<\/strong> (Luxembourg wort)<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen.-\u00a0 Dal\u00ed et Picasso\u00a0 ont, chacun, illustr\u00e9 certains de vos livres. Quels ont \u00e9t\u00e9 vos rapports avec ces deux artistes?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.- Dali \u00e9tait passionn\u00e9 par les sciences. Je le suis aussi. Picasso \u00e9tait \u00ab\u00a0un Xenius\u00a0\u00bb. Comment savoir si la mer revient ou se retire?\u00a0 J&rsquo;ai connu Dal\u00ed personnellement lorsqu&rsquo;il m&rsquo;a propos\u00e9 de cr\u00e9er avec lui une oeuvre \u00ab\u00a0cybern\u00e9tique\u00a0\u00bb.\u00a0 Nous \u00e9tions d&rsquo;une certaine mani\u00e8re diff\u00e9rents de nos coll\u00e8gues. Je n&rsquo;aurai pas l&rsquo;impertinence de croire que nos connaissances nous permettaient de mesurer\u00a0 les limites de tout.\u00a0 Les lions d\u00e9montrent aux brebis que s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient plus lions elles seraient encore plus brebis.\u00a0 Il ne faut pas oublier que peu avant sa mort Dali a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir\u00a0 (\u00e0 ses frais) de grands chercheurs\u00a0\u00a0 pour d\u00e9battre sur un sujet: le hasard.\u00a0 L&rsquo;ambition la plus d\u00e9cisive du si\u00e8cle. J&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (et je le lui ai dit) que ce c\u00e9nacle essaie de trouver la rigueur math\u00e9matique\u00a0 de la confusion.<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen .- Pour votre texte \u00ab Dal\u00ed vs. Picasso \u00bb, avez-vous voulu rester pr\u00e8s d\u2019une certaine vraisemblance historique ou psychologique?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.-\u00a0 Gardons en m\u00e9moire qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dialogue de deux \u00ab\u00a0sans-papiers\u00a0\u00bb. Ils jouent le r\u00f4le de Dal\u00ed et de Picasso. Ce sont\u00a0 deux \u00e9migrants enferm\u00e9s dans le d\u00e9partement psychiatrique d&rsquo;un centre de r\u00e9tention.\u00a0 La Nouvelle Z\u00e9lande pourrait avoir un\u00a0 Tour de France&#8230; mais avec des kangourous. Cependant, ces limites pos\u00e9es, je me suis inspir\u00e9 de faits authentiques, notamment des m\u00e9moires de jeunesse de Dali et de sa correspondance tr\u00e8s chaleureuse avec\u00a0\u00a0 Picasso.\u00a0 Qui \u00e9tait le ma\u00eetre de qui?\u00a0 Comment savoir si l&rsquo;hippocampe doit tout \u00e0 la sir\u00e8ne ou au centaure? J&rsquo;ai tenu compte de ce que le vrai r\u00e9volutionnaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait le trotskiste Dal\u00ed. Et que Picasso ne sera communiste que presque une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard.\u00a0 Dans les profondeurs le scaphandrier myope est visionnaire.<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen.- Les rapports entre l\u2019artiste et la soci\u00e9t\u00e9 (en temps de guerre plus particuli\u00e8rement) sont le point de d\u00e9part de votre texte. Un propos de prime abord tr\u00e8s s\u00e9rieux, d\u2019autant plus que vous avez-vous-m\u00eame connu les suites de la Guerre civile et du r\u00e9gime de Franco. L\u2019humour qui y est aussi pr\u00e9sent que dans beaucoup d\u2019autres de vos \u0153uvres sert-il \u00e0 d\u00e9masquer la r\u00e9alit\u00e9?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.-\u00a0\u00a0 L&rsquo;humour est peut-\u00eatre celui m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9. Celui de la confusion. Il faut voir comment deux esprits ont\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9 une vision politique, \u00e0 leurs d\u00e9buts , \u00ab\u00a0\u00e0 front renvers\u00e9\u00a0\u00bb. Quand beaucoup de ruches\u00a0\u00a0\u00a0 deviennent agnostiques les abeilles cr\u00e9ent un dieu. J&rsquo;ai respect\u00e9\u00a0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0 en tous\u00a0 points.\u00a0 Dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante galerie de NY sur le cendrier aux m\u00e9gots g\u00e9ant de Damien Hirst j&rsquo;ai vu cet avertissement : \u00ab\u00a0interdit de fumer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen.- Les deux tableaux au centre du dialogue constituent des regards tr\u00e8s diff\u00e9rents sur la r\u00e9alit\u00e9. Qui y arrive mieux ? Vous sentez-vous l\u2019\u00e2me d\u2019un arbitre ?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.- Je ne suis\u00a0 en rien un arbitre.\u00a0 L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant trop lift\u00e9, s&rsquo;il l\u00e8ve la trompe, sa queue r\u00e9tr\u00e9cit. Personnellement\u00a0 je vois dans le tableau de Dali r\u00e9ellement une pr\u00e9monition de la guerre civile. Celui de Picasso comporte des \u00e9l\u00e9ments\u00a0 troublants. Le porc-\u00e9pic snob sur sa gourmette annonce: acupuncteur. La toile de Dali est paradoxalement plus\u00a0 \u00ab\u00a0claire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen.- Gala et Dora ne se cantonnent pas \u00e0 leur r\u00f4le de muses mais d\u00e9r\u00e8glent le dialogue des deux artistes de mani\u00e8re souvent surprenante. Leur regard est-il aussi un peu le v\u00f4tre?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.-\u00a0 Je ne peux que r\u00e9pondre par ce qui peut sembler un clich\u00e9: je suis tous les personnages. Mes bagages perdus dans mes vols sont pervertis par des \u00e9toiles filantes. Je suis , par exemple , Fando et Lis . De m\u00eame que Flaubert&#8230; \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Jean-Louis Scheffen .- Si Picasso, aux yeux de ce qu\u2019on appelle le \u00ab grand public \u00bb, repr\u00e9sente aujourd\u2019hui l\u2019art du XXe si\u00e8cle tout court, Dal\u00ed (pour lequel Andr\u00e9 Breton avait cr\u00e9\u00e9 l\u2019anagramme\u00a0 \u00ab Avido Dollars \u00bb) en illustre aussi le c\u00f4t\u00e9 mercantile. A vos yeux, une philosophie d\u2019artiste et\u00a0 un certain esprit commercial sont-ils compatibles?<\/p>\n<p>Fernando Arrabal.- On oublie le pass\u00e9: combien des urologues atteints de Parkinson deviennent des masturbateurs convulsifs. Au 16e , au 17e si\u00e8cle , par exemple , les artistes\u00a0 vivaient gr\u00e2ce aux commandes des m\u00e9c\u00e8nes ( le roi , l&rsquo;Eglise , les grands bourgeois). V\u00e9lasquez fut un \u00ab\u00a0assis\u00a0\u00bb. Les peintres religieux lisaient continuellement des textes sacr\u00e9s: ils pr\u00e9paraient les antis\u00e8ches de Jugement Dernier&#8230; ou du Dernier Goulag. Le romantisme et le 19e si\u00e8cle , les d\u00e9buts du 20e , ont impos\u00e9 la figure de l&rsquo;artiste \u00ab\u00a0maudit\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9. L&rsquo;hippopotame qui veut sembler mince choisit des fianc\u00e9es hippopotames ob\u00e8ses. D&rsquo;autre part Picasso a \u00e9t\u00e9\u00a0 tr\u00e8s soutenu par des partis\u00a0 totalitaires.\u00a0 Ne jetons pas trop vite la pierre \u00e0 Avida\u00a0 Dollars.<\/p>\n<p><strong>\u201cDali vs Picasso\u201d d\u2019Arrabal<br \/>\n<\/strong><br \/>\n$<\/p>\n<p>\u201c\u2026Dali vs. Picasso est une oeuvre foudroyante, jubilatoire, appel\u00e9e humblement par son auteur Fernando Arrabal \u00ab dialogue \u00bb, une oeuvre qui sonne comme un cri m\u00e9chant, mais tendre, provocateur,mais hilarant, querelleur, mais po\u00e9tique. \u2026neuf mois apr\u00e8s le d\u00e9but de la Guerre Civile Espagnole, trois joursapr\u00e8s le bombardement de Guernica, dans la nuit du jeudi 29 avril<br \/>\n1937 dans un grand salon parisien d\u00e9labr\u00e9 se retrouvent Salvador<br \/>\nDali et Pablo Picasso. Au milieu du salon est accroch\u00e9 le tableau de<br \/>\nDali Composition molle aux haricots bouillis (pr\u00e9monition de la<br \/>\nGuerre Civile), derri\u00e8re, tout au fond, on d\u00e9couvre une oeuvre de<br \/>\nPicasso qui deviendra par la suite Guernica. Dali et Picasso s\u2019entretiennent<br \/>\ndu r\u00f4le des arts et de l\u2019artiste en temps de guerre, leur conversation<br \/>\n\u00e0 b\u00e2tons rompus est constamment interrompue par les<br \/>\ninterventions cocasses de leurs deux femmes-complices Gala et<br \/>\nDora. R\u00e9guli\u00e8rement Dora lance un couteau qui passe devant le nez<br \/>\nde Picasso atterr\u00e9, alors que Gala a une grande nouvelle \u00e0 annoncer\u2026<\/p>\n<p>Fernando Arrabal est n\u00e9 au Maroc peu de temps avant la Guerre<br \/>\nCivile Espagnole. La condamnation \u00e0 mort de son p\u00e8re sous le r\u00e9gime<br \/>\nde Franco, commu\u00e9e en peine d\u2019emprisonnement \u00e0 vie, puis sa disparition<br \/>\napr\u00e8s son \u00e9vasion de prison \u2013 ou plut\u00f4t d\u2019un asile dans lequel<br \/>\nil s\u2019est fait interner \u2013 marquera l\u2019oeuvre du dramaturge : il en fait \u00e9tat<br \/>\ndans plusieurs ouvrages, dont Lettre \u00e0 Franco, publi\u00e9 du vivant du<br \/>\nG\u00e9n\u00e9ral. En 1967, il est arr\u00eat\u00e9 pour avoir \u00e9crit une d\u00e9dicace \u00ab blasph\u00e9matoire \u00bb<br \/>\nenvers le r\u00e9gime. Il doit sa lib\u00e9ration \u00e0 une campagne internationale.<br \/>\nAuteur \u00e0 succ\u00e8s, cin\u00e9aste et peintre de talent, les recueils<br \/>\nde po\u00e8mes de Fernando Arrabal ont \u00e9t\u00e9 illustr\u00e9s par de grands artistes<br \/>\ninternationaux, parmi lesquels Dali, Magritte, Picasso, Saura\u2026<br \/>\nJou\u00e9e dans le monde entier, son abondante production th\u00e9\u00e2trale,<br \/>\nmystique et provocatrice, onirique et festive, est un m\u00e9lange baroque<br \/>\nde cruaut\u00e9 et de tendresse.<\/p>\n<p>Arrabal est peut-\u00eatre le dernier, en tout cas le plus ensorcelant repr\u00e9sentant<br \/>\nde cette g\u00e9n\u00e9ration exceptionnelle qui, entre surr\u00e9alisme, th\u00e9\u00e2tre<br \/>\nde l\u2019absurde et \u00e9criture contemporaine, a r\u00e9volutionn\u00e9 le monde<br \/>\ndes arts et de la litt\u00e9rature de l\u2019Apr\u00e8s-Guerre jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<br \/>\nSoutenu par une distribution exceptionnelle, Frank Hoffmann cr\u00e9e<br \/>\nla version originale fran\u00e7aise de Dali vs. Picasso. Un d\u00e9fi !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dali vs. Picasso Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg de Fernando Arrabal CREATION MONDIALE Metteur en sc\u00e8ne : Frank Hoffmann D\u00e9cors : Christophe Rasche Costumes : Katharina Polheim Musique : Ren\u00e9 Nuss Avec : Samuel Finzi, Marie-Lou Sellem, Luc Feit, Jacqueline Macaulay Une production : Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg, Ruhrfestspiele Recklinghausen Lieu de production : Th\u00e9\u00e2tre National du Luxembourg Au milieu du salon est accroch\u00e9 le tableau de Dali Composition molle aux haricots bouillis (pr\u00e9monition de la Guerre Civile), derri\u00e8re, tout au fond, on d\u00e9couvre le Guernica\u00a0 de Picasso . El recibimiento fue espectacular . El p\u00fablico aplaudi\u00f3 continuamente y grit\u00f3 bravos haciendo salir a los actores a saludar varias veces. La reacci\u00f3n fue clamorosa. Y as\u00ed me lo confirm\u00f3 la opini\u00f3n de los espectadores con los que habl\u00e9 al final. En cuanto al choque entre el juego del drama en s\u00ed y el final extraordinario, es decir se subray\u00f3 el patetismo de dos personajes que al final se descubre que son enfermos internados en una instituci\u00f3n. El tono voluntariamente\u00a0 burlesco que\u00a0 se da entre los dos personajes se rompe al final cuando la inmolaci\u00f3n de Dal\u00ed (que llevaba los bigotes pintados y se los limpia), marca el paso a la terrible realidad del encierro, acentuada por la voz an\u00f3nima y fr\u00eda del altavoz, y se ve a dos pacientes desvalidos y pat\u00e9ticos. Son tragicos\u00a0 de principio a fin, pero Hoffmann subraya ciertos motivos c\u00f3micos, probablemente para acentuar la idea final de que no son dignos de burla sino de l\u00e1stima. La ha representado de manera grandiosa, potenciando el texto, es decir que los dos enfermos\u00a0 son un Picasso y un Dal\u00ed muy convincentes, pero al mismo tiempo son pacientes. No inventan nada: creen en lo que hacen. El conjunto resulta una mezcla de caricatura y tragicomedia que me la hac\u00eda parecer muy arrabalesca . La ambig\u00fcedad que creo pretend\u00edas est\u00e1 continuamente presente, de modo que el espectador que no haya le\u00eddo el texto debe de estar pregunt\u00e1ndose todo el rato si aquello es falso o real. Es ese el juego que en mi opini\u00f3n t\u00fa quer\u00edas y queda muy bien. Adem\u00e1s, como Hoffmann es hombre creativo, todo me han sorprendido agradablemente. Los int\u00e9rpretes son muy buenos: los rasgos del que hace de Picasso son muy parecidos a los del pintor, mientras que a Dal\u00ed lo interpreta una chica y lo hace muy bien, pues se subraya el androginismo daliniano sin mucho esfuerzo. No hay voces en off, sino que Gala y Dora aparecen en el escenario y contrastan muy bien con los otros dos. Y el Guernica, que ocupa todo el fondo, no es de una pieza, sino de varias en diferentes planos, de manera que en un momento dado Picasso penetra en la obra caminando entre sus diferentes partes. Frank me ha dicho que ma\u00f1ana te llama. Quiere llevarlo a Par\u00eds y\u00a0 en el festival que dirige en Alemania tras varias representaciones en alem\u00e1n.\u00a0 Pollux Hernu\u00f1ez \u201cDali vs Picasso\u201d d\u2019Arrabal au Th\u00e9\u00e2tre National de Luxembourg (Luxembourg wort) Jean-Louis Scheffen.-\u00a0 Dal\u00ed et Picasso\u00a0 ont, chacun, illustr\u00e9 certains de vos livres. Quels ont \u00e9t\u00e9 vos rapports avec ces deux artistes? Fernando Arrabal.- Dali \u00e9tait passionn\u00e9 par les sciences. Je le suis aussi. Picasso \u00e9tait \u00ab\u00a0un Xenius\u00a0\u00bb. Comment savoir si la mer revient ou se retire?\u00a0 J&rsquo;ai connu Dal\u00ed personnellement lorsqu&rsquo;il m&rsquo;a propos\u00e9 de cr\u00e9er avec lui une oeuvre \u00ab\u00a0cybern\u00e9tique\u00a0\u00bb.\u00a0 Nous \u00e9tions d&rsquo;une certaine mani\u00e8re diff\u00e9rents de nos coll\u00e8gues. Je n&rsquo;aurai pas l&rsquo;impertinence de croire que nos connaissances nous permettaient de mesurer\u00a0 les limites de tout.\u00a0 Les lions d\u00e9montrent aux brebis que s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient plus lions elles seraient encore plus brebis.\u00a0 Il ne faut pas oublier que peu avant sa mort Dali a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir\u00a0 (\u00e0 ses frais) de grands chercheurs\u00a0\u00a0 pour d\u00e9battre sur un sujet: le hasard.\u00a0 L&rsquo;ambition la plus d\u00e9cisive du si\u00e8cle. J&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (et je le lui ai dit) que ce c\u00e9nacle essaie de trouver la rigueur math\u00e9matique\u00a0 de la confusion. Jean-Louis Scheffen .- Pour votre texte \u00ab Dal\u00ed vs. Picasso \u00bb, avez-vous voulu rester pr\u00e8s d\u2019une certaine vraisemblance historique ou psychologique? Fernando Arrabal.-\u00a0 Gardons en m\u00e9moire qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dialogue de deux \u00ab\u00a0sans-papiers\u00a0\u00bb. Ils jouent le r\u00f4le de Dal\u00ed et de Picasso. Ce sont\u00a0 deux \u00e9migrants enferm\u00e9s dans le d\u00e9partement psychiatrique d&rsquo;un centre de r\u00e9tention.\u00a0 La Nouvelle Z\u00e9lande pourrait avoir un\u00a0 Tour de France&#8230; mais avec des kangourous. Cependant, ces limites pos\u00e9es, je me suis inspir\u00e9 de faits authentiques, notamment des m\u00e9moires de jeunesse de Dali et de sa correspondance tr\u00e8s chaleureuse avec\u00a0\u00a0 Picasso.\u00a0 Qui \u00e9tait le ma\u00eetre de qui?\u00a0 Comment savoir si l&rsquo;hippocampe doit tout \u00e0 la sir\u00e8ne ou au centaure? J&rsquo;ai tenu compte de ce que le vrai r\u00e9volutionnaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait le trotskiste Dal\u00ed. Et que Picasso ne sera communiste que presque une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard.\u00a0 Dans les profondeurs le scaphandrier myope est visionnaire. Jean-Louis Scheffen.- Les rapports entre l\u2019artiste et la soci\u00e9t\u00e9 (en temps de guerre plus particuli\u00e8rement) sont le point de d\u00e9part de votre texte. Un propos de prime abord tr\u00e8s s\u00e9rieux, d\u2019autant plus que vous avez-vous-m\u00eame connu les suites de la Guerre civile et du r\u00e9gime de Franco. L\u2019humour qui y est aussi pr\u00e9sent que dans beaucoup d\u2019autres de vos \u0153uvres sert-il \u00e0 d\u00e9masquer la r\u00e9alit\u00e9? Fernando Arrabal.-\u00a0\u00a0 L&rsquo;humour est peut-\u00eatre celui m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9. Celui de la confusion. Il faut voir comment deux esprits ont\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9 une vision politique, \u00e0 leurs d\u00e9buts , \u00ab\u00a0\u00e0 front renvers\u00e9\u00a0\u00bb. Quand beaucoup de ruches\u00a0\u00a0\u00a0 deviennent agnostiques les abeilles cr\u00e9ent un dieu. J&rsquo;ai respect\u00e9\u00a0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0 en tous\u00a0 points.\u00a0 Dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante galerie de NY sur le cendrier aux m\u00e9gots g\u00e9ant de Damien Hirst j&rsquo;ai vu cet avertissement : \u00ab\u00a0interdit de fumer\u00a0\u00bb Jean-Louis Scheffen.- Les deux tableaux au centre du dialogue constituent des regards tr\u00e8s diff\u00e9rents sur la r\u00e9alit\u00e9. Qui y arrive mieux ? Vous sentez-vous l\u2019\u00e2me d\u2019un arbitre ? Fernando Arrabal.- Je ne suis\u00a0 en rien un arbitre.\u00a0 L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant trop lift\u00e9, s&rsquo;il l\u00e8ve la trompe, sa queue r\u00e9tr\u00e9cit. Personnellement\u00a0 je vois dans le tableau de Dali r\u00e9ellement une pr\u00e9monition de la guerre civile. Celui de Picasso comporte des \u00e9l\u00e9ments\u00a0 troublants. Le porc-\u00e9pic snob sur sa gourmette annonce: acupuncteur. La toile de Dali est paradoxalement plus\u00a0 \u00ab\u00a0claire\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen.- Gala et Dora ne se cantonnent pas \u00e0 leur r\u00f4le de muses mais d\u00e9r\u00e8glent le dialogue des deux artistes de mani\u00e8re souvent surprenante. Leur regard est-il aussi un peu le v\u00f4tre? Fernando Arrabal.-\u00a0 Je ne peux que r\u00e9pondre par ce qui peut sembler un clich\u00e9: je suis tous les personnages. Mes bagages perdus dans mes vols sont pervertis par des \u00e9toiles filantes. Je suis , par exemple , Fando et Lis . De m\u00eame que Flaubert&#8230; \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen .- Si Picasso, aux yeux de ce qu\u2019on appelle le \u00ab grand public \u00bb, repr\u00e9sente aujourd\u2019hui l\u2019art du XXe si\u00e8cle tout court, Dal\u00ed (pour lequel Andr\u00e9 Breton avait cr\u00e9\u00e9 l\u2019anagramme\u00a0 \u00ab Avido Dollars \u00bb) en illustre aussi le c\u00f4t\u00e9 mercantile. A vos yeux, une philosophie d\u2019artiste et\u00a0 un certain esprit commercial sont-ils compatibles? Fernando Arrabal.- On oublie le pass\u00e9: combien des urologues atteints de Parkinson deviennent des masturbateurs convulsifs. Au 16e , au 17e si\u00e8cle , par exemple , les artistes\u00a0 vivaient gr\u00e2ce aux commandes des m\u00e9c\u00e8nes ( le roi , l&rsquo;Eglise , les grands bourgeois). V\u00e9lasquez fut un \u00ab\u00a0assis\u00a0\u00bb. Les peintres religieux lisaient continuellement des textes sacr\u00e9s: ils pr\u00e9paraient les antis\u00e8ches de Jugement Dernier&#8230; ou du Dernier Goulag. 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El recibimiento fue espectacular . El p\u00fablico aplaudi\u00f3 continuamente y grit\u00f3 bravos haciendo salir a los actores a saludar varias veces. La reacci\u00f3n fue clamorosa. Y as\u00ed me lo confirm\u00f3 la opini\u00f3n de los espectadores con los que habl\u00e9 al final. En cuanto al choque entre el juego del drama en s\u00ed y el final extraordinario, es decir se subray\u00f3 el patetismo de dos personajes que al final se descubre que son enfermos internados en una instituci\u00f3n. El tono voluntariamente\u00a0 burlesco que\u00a0 se da entre los dos personajes se rompe al final cuando la inmolaci\u00f3n de Dal\u00ed (que llevaba los bigotes pintados y se los limpia), marca el paso a la terrible realidad del encierro, acentuada por la voz an\u00f3nima y fr\u00eda del altavoz, y se ve a dos pacientes desvalidos y pat\u00e9ticos. Son tragicos\u00a0 de principio a fin, pero Hoffmann subraya ciertos motivos c\u00f3micos, probablemente para acentuar la idea final de que no son dignos de burla sino de l\u00e1stima. La ha representado de manera grandiosa, potenciando el texto, es decir que los dos enfermos\u00a0 son un Picasso y un Dal\u00ed muy convincentes, pero al mismo tiempo son pacientes. No inventan nada: creen en lo que hacen. El conjunto resulta una mezcla de caricatura y tragicomedia que me la hac\u00eda parecer muy arrabalesca . La ambig\u00fcedad que creo pretend\u00edas est\u00e1 continuamente presente, de modo que el espectador que no haya le\u00eddo el texto debe de estar pregunt\u00e1ndose todo el rato si aquello es falso o real. Es ese el juego que en mi opini\u00f3n t\u00fa quer\u00edas y queda muy bien. Adem\u00e1s, como Hoffmann es hombre creativo, todo me han sorprendido agradablemente. Los int\u00e9rpretes son muy buenos: los rasgos del que hace de Picasso son muy parecidos a los del pintor, mientras que a Dal\u00ed lo interpreta una chica y lo hace muy bien, pues se subraya el androginismo daliniano sin mucho esfuerzo. No hay voces en off, sino que Gala y Dora aparecen en el escenario y contrastan muy bien con los otros dos. Y el Guernica, que ocupa todo el fondo, no es de una pieza, sino de varias en diferentes planos, de manera que en un momento dado Picasso penetra en la obra caminando entre sus diferentes partes. Frank me ha dicho que ma\u00f1ana te llama. Quiere llevarlo a Par\u00eds y\u00a0 en el festival que dirige en Alemania tras varias representaciones en alem\u00e1n.\u00a0 Pollux Hernu\u00f1ez \u201cDali vs Picasso\u201d d\u2019Arrabal au Th\u00e9\u00e2tre National de Luxembourg (Luxembourg wort) Jean-Louis Scheffen.-\u00a0 Dal\u00ed et Picasso\u00a0 ont, chacun, illustr\u00e9 certains de vos livres. Quels ont \u00e9t\u00e9 vos rapports avec ces deux artistes? Fernando Arrabal.- Dali \u00e9tait passionn\u00e9 par les sciences. Je le suis aussi. Picasso \u00e9tait \u00ab\u00a0un Xenius\u00a0\u00bb. Comment savoir si la mer revient ou se retire?\u00a0 J&rsquo;ai connu Dal\u00ed personnellement lorsqu&rsquo;il m&rsquo;a propos\u00e9 de cr\u00e9er avec lui une oeuvre \u00ab\u00a0cybern\u00e9tique\u00a0\u00bb.\u00a0 Nous \u00e9tions d&rsquo;une certaine mani\u00e8re diff\u00e9rents de nos coll\u00e8gues. Je n&rsquo;aurai pas l&rsquo;impertinence de croire que nos connaissances nous permettaient de mesurer\u00a0 les limites de tout.\u00a0 Les lions d\u00e9montrent aux brebis que s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient plus lions elles seraient encore plus brebis.\u00a0 Il ne faut pas oublier que peu avant sa mort Dali a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir\u00a0 (\u00e0 ses frais) de grands chercheurs\u00a0\u00a0 pour d\u00e9battre sur un sujet: le hasard.\u00a0 L&rsquo;ambition la plus d\u00e9cisive du si\u00e8cle. J&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (et je le lui ai dit) que ce c\u00e9nacle essaie de trouver la rigueur math\u00e9matique\u00a0 de la confusion. Jean-Louis Scheffen .- Pour votre texte \u00ab Dal\u00ed vs. Picasso \u00bb, avez-vous voulu rester pr\u00e8s d\u2019une certaine vraisemblance historique ou psychologique? Fernando Arrabal.-\u00a0 Gardons en m\u00e9moire qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dialogue de deux \u00ab\u00a0sans-papiers\u00a0\u00bb. Ils jouent le r\u00f4le de Dal\u00ed et de Picasso. Ce sont\u00a0 deux \u00e9migrants enferm\u00e9s dans le d\u00e9partement psychiatrique d&rsquo;un centre de r\u00e9tention.\u00a0 La Nouvelle Z\u00e9lande pourrait avoir un\u00a0 Tour de France&#8230; mais avec des kangourous. Cependant, ces limites pos\u00e9es, je me suis inspir\u00e9 de faits authentiques, notamment des m\u00e9moires de jeunesse de Dali et de sa correspondance tr\u00e8s chaleureuse avec\u00a0\u00a0 Picasso.\u00a0 Qui \u00e9tait le ma\u00eetre de qui?\u00a0 Comment savoir si l&rsquo;hippocampe doit tout \u00e0 la sir\u00e8ne ou au centaure? J&rsquo;ai tenu compte de ce que le vrai r\u00e9volutionnaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait le trotskiste Dal\u00ed. Et que Picasso ne sera communiste que presque une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard.\u00a0 Dans les profondeurs le scaphandrier myope est visionnaire. Jean-Louis Scheffen.- Les rapports entre l\u2019artiste et la soci\u00e9t\u00e9 (en temps de guerre plus particuli\u00e8rement) sont le point de d\u00e9part de votre texte. Un propos de prime abord tr\u00e8s s\u00e9rieux, d\u2019autant plus que vous avez-vous-m\u00eame connu les suites de la Guerre civile et du r\u00e9gime de Franco. L\u2019humour qui y est aussi pr\u00e9sent que dans beaucoup d\u2019autres de vos \u0153uvres sert-il \u00e0 d\u00e9masquer la r\u00e9alit\u00e9? Fernando Arrabal.-\u00a0\u00a0 L&rsquo;humour est peut-\u00eatre celui m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9. Celui de la confusion. Il faut voir comment deux esprits ont\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9 une vision politique, \u00e0 leurs d\u00e9buts , \u00ab\u00a0\u00e0 front renvers\u00e9\u00a0\u00bb. Quand beaucoup de ruches\u00a0\u00a0\u00a0 deviennent agnostiques les abeilles cr\u00e9ent un dieu. J&rsquo;ai respect\u00e9\u00a0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0 en tous\u00a0 points.\u00a0 Dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante galerie de NY sur le cendrier aux m\u00e9gots g\u00e9ant de Damien Hirst j&rsquo;ai vu cet avertissement : \u00ab\u00a0interdit de fumer\u00a0\u00bb Jean-Louis Scheffen.- Les deux tableaux au centre du dialogue constituent des regards tr\u00e8s diff\u00e9rents sur la r\u00e9alit\u00e9. Qui y arrive mieux ? Vous sentez-vous l\u2019\u00e2me d\u2019un arbitre ? Fernando Arrabal.- Je ne suis\u00a0 en rien un arbitre.\u00a0 L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant trop lift\u00e9, s&rsquo;il l\u00e8ve la trompe, sa queue r\u00e9tr\u00e9cit. Personnellement\u00a0 je vois dans le tableau de Dali r\u00e9ellement une pr\u00e9monition de la guerre civile. Celui de Picasso comporte des \u00e9l\u00e9ments\u00a0 troublants. Le porc-\u00e9pic snob sur sa gourmette annonce: acupuncteur. La toile de Dali est paradoxalement plus\u00a0 \u00ab\u00a0claire\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen.- Gala et Dora ne se cantonnent pas \u00e0 leur r\u00f4le de muses mais d\u00e9r\u00e8glent le dialogue des deux artistes de mani\u00e8re souvent surprenante. Leur regard est-il aussi un peu le v\u00f4tre? Fernando Arrabal.-\u00a0 Je ne peux que r\u00e9pondre par ce qui peut sembler un clich\u00e9: je suis tous les personnages. Mes bagages perdus dans mes vols sont pervertis par des \u00e9toiles filantes. Je suis , par exemple , Fando et Lis . De m\u00eame que Flaubert&#8230; \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen .- Si Picasso, aux yeux de ce qu\u2019on appelle le \u00ab grand public \u00bb, repr\u00e9sente aujourd\u2019hui l\u2019art du XXe si\u00e8cle tout court, Dal\u00ed (pour lequel Andr\u00e9 Breton avait cr\u00e9\u00e9 l\u2019anagramme\u00a0 \u00ab Avido Dollars \u00bb) en illustre aussi le c\u00f4t\u00e9 mercantile. A vos yeux, une philosophie d\u2019artiste et\u00a0 un certain esprit commercial sont-ils compatibles? Fernando Arrabal.- On oublie le pass\u00e9: combien des urologues atteints de Parkinson deviennent des masturbateurs convulsifs. Au 16e , au 17e si\u00e8cle , par exemple , les artistes\u00a0 vivaient gr\u00e2ce aux commandes des m\u00e9c\u00e8nes ( le roi , l&rsquo;Eglise , les grands bourgeois). V\u00e9lasquez fut un \u00ab\u00a0assis\u00a0\u00bb. Les peintres religieux lisaient continuellement des textes sacr\u00e9s: ils pr\u00e9paraient les antis\u00e8ches de Jugement Dernier&#8230; ou du Dernier Goulag. Le romantisme et le 19e si\u00e8cle , les d\u00e9buts du 20e , ont impos\u00e9 la figure de l&rsquo;artiste \u00ab\u00a0maudit\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9. 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El recibimiento fue espectacular . El p\u00fablico aplaudi\u00f3 continuamente y grit\u00f3 bravos haciendo salir a los actores a saludar varias veces. La reacci\u00f3n fue clamorosa. Y as\u00ed me lo confirm\u00f3 la opini\u00f3n de los espectadores con los que habl\u00e9 al final. En cuanto al choque entre el juego del drama en s\u00ed y el final extraordinario, es decir se subray\u00f3 el patetismo de dos personajes que al final se descubre que son enfermos internados en una instituci\u00f3n. El tono voluntariamente\u00a0 burlesco que\u00a0 se da entre los dos personajes se rompe al final cuando la inmolaci\u00f3n de Dal\u00ed (que llevaba los bigotes pintados y se los limpia), marca el paso a la terrible realidad del encierro, acentuada por la voz an\u00f3nima y fr\u00eda del altavoz, y se ve a dos pacientes desvalidos y pat\u00e9ticos. Son tragicos\u00a0 de principio a fin, pero Hoffmann subraya ciertos motivos c\u00f3micos, probablemente para acentuar la idea final de que no son dignos de burla sino de l\u00e1stima. La ha representado de manera grandiosa, potenciando el texto, es decir que los dos enfermos\u00a0 son un Picasso y un Dal\u00ed muy convincentes, pero al mismo tiempo son pacientes. No inventan nada: creen en lo que hacen. El conjunto resulta una mezcla de caricatura y tragicomedia que me la hac\u00eda parecer muy arrabalesca . La ambig\u00fcedad que creo pretend\u00edas est\u00e1 continuamente presente, de modo que el espectador que no haya le\u00eddo el texto debe de estar pregunt\u00e1ndose todo el rato si aquello es falso o real. Es ese el juego que en mi opini\u00f3n t\u00fa quer\u00edas y queda muy bien. Adem\u00e1s, como Hoffmann es hombre creativo, todo me han sorprendido agradablemente. Los int\u00e9rpretes son muy buenos: los rasgos del que hace de Picasso son muy parecidos a los del pintor, mientras que a Dal\u00ed lo interpreta una chica y lo hace muy bien, pues se subraya el androginismo daliniano sin mucho esfuerzo. No hay voces en off, sino que Gala y Dora aparecen en el escenario y contrastan muy bien con los otros dos. Y el Guernica, que ocupa todo el fondo, no es de una pieza, sino de varias en diferentes planos, de manera que en un momento dado Picasso penetra en la obra caminando entre sus diferentes partes. Frank me ha dicho que ma\u00f1ana te llama. Quiere llevarlo a Par\u00eds y\u00a0 en el festival que dirige en Alemania tras varias representaciones en alem\u00e1n.\u00a0 Pollux Hernu\u00f1ez \u201cDali vs Picasso\u201d d\u2019Arrabal au Th\u00e9\u00e2tre National de Luxembourg (Luxembourg wort) Jean-Louis Scheffen.-\u00a0 Dal\u00ed et Picasso\u00a0 ont, chacun, illustr\u00e9 certains de vos livres. Quels ont \u00e9t\u00e9 vos rapports avec ces deux artistes? Fernando Arrabal.- Dali \u00e9tait passionn\u00e9 par les sciences. Je le suis aussi. Picasso \u00e9tait \u00ab\u00a0un Xenius\u00a0\u00bb. Comment savoir si la mer revient ou se retire?\u00a0 J&rsquo;ai connu Dal\u00ed personnellement lorsqu&rsquo;il m&rsquo;a propos\u00e9 de cr\u00e9er avec lui une oeuvre \u00ab\u00a0cybern\u00e9tique\u00a0\u00bb.\u00a0 Nous \u00e9tions d&rsquo;une certaine mani\u00e8re diff\u00e9rents de nos coll\u00e8gues. Je n&rsquo;aurai pas l&rsquo;impertinence de croire que nos connaissances nous permettaient de mesurer\u00a0 les limites de tout.\u00a0 Les lions d\u00e9montrent aux brebis que s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient plus lions elles seraient encore plus brebis.\u00a0 Il ne faut pas oublier que peu avant sa mort Dali a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir\u00a0 (\u00e0 ses frais) de grands chercheurs\u00a0\u00a0 pour d\u00e9battre sur un sujet: le hasard.\u00a0 L&rsquo;ambition la plus d\u00e9cisive du si\u00e8cle. J&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (et je le lui ai dit) que ce c\u00e9nacle essaie de trouver la rigueur math\u00e9matique\u00a0 de la confusion. Jean-Louis Scheffen .- Pour votre texte \u00ab Dal\u00ed vs. Picasso \u00bb, avez-vous voulu rester pr\u00e8s d\u2019une certaine vraisemblance historique ou psychologique? Fernando Arrabal.-\u00a0 Gardons en m\u00e9moire qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dialogue de deux \u00ab\u00a0sans-papiers\u00a0\u00bb. Ils jouent le r\u00f4le de Dal\u00ed et de Picasso. Ce sont\u00a0 deux \u00e9migrants enferm\u00e9s dans le d\u00e9partement psychiatrique d&rsquo;un centre de r\u00e9tention.\u00a0 La Nouvelle Z\u00e9lande pourrait avoir un\u00a0 Tour de France&#8230; mais avec des kangourous. Cependant, ces limites pos\u00e9es, je me suis inspir\u00e9 de faits authentiques, notamment des m\u00e9moires de jeunesse de Dali et de sa correspondance tr\u00e8s chaleureuse avec\u00a0\u00a0 Picasso.\u00a0 Qui \u00e9tait le ma\u00eetre de qui?\u00a0 Comment savoir si l&rsquo;hippocampe doit tout \u00e0 la sir\u00e8ne ou au centaure? J&rsquo;ai tenu compte de ce que le vrai r\u00e9volutionnaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait le trotskiste Dal\u00ed. Et que Picasso ne sera communiste que presque une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard.\u00a0 Dans les profondeurs le scaphandrier myope est visionnaire. Jean-Louis Scheffen.- Les rapports entre l\u2019artiste et la soci\u00e9t\u00e9 (en temps de guerre plus particuli\u00e8rement) sont le point de d\u00e9part de votre texte. Un propos de prime abord tr\u00e8s s\u00e9rieux, d\u2019autant plus que vous avez-vous-m\u00eame connu les suites de la Guerre civile et du r\u00e9gime de Franco. L\u2019humour qui y est aussi pr\u00e9sent que dans beaucoup d\u2019autres de vos \u0153uvres sert-il \u00e0 d\u00e9masquer la r\u00e9alit\u00e9? Fernando Arrabal.-\u00a0\u00a0 L&rsquo;humour est peut-\u00eatre celui m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9. Celui de la confusion. Il faut voir comment deux esprits ont\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9 une vision politique, \u00e0 leurs d\u00e9buts , \u00ab\u00a0\u00e0 front renvers\u00e9\u00a0\u00bb. Quand beaucoup de ruches\u00a0\u00a0\u00a0 deviennent agnostiques les abeilles cr\u00e9ent un dieu. J&rsquo;ai respect\u00e9\u00a0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0 en tous\u00a0 points.\u00a0 Dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante galerie de NY sur le cendrier aux m\u00e9gots g\u00e9ant de Damien Hirst j&rsquo;ai vu cet avertissement : \u00ab\u00a0interdit de fumer\u00a0\u00bb Jean-Louis Scheffen.- Les deux tableaux au centre du dialogue constituent des regards tr\u00e8s diff\u00e9rents sur la r\u00e9alit\u00e9. Qui y arrive mieux ? Vous sentez-vous l\u2019\u00e2me d\u2019un arbitre ? Fernando Arrabal.- Je ne suis\u00a0 en rien un arbitre.\u00a0 L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant trop lift\u00e9, s&rsquo;il l\u00e8ve la trompe, sa queue r\u00e9tr\u00e9cit. Personnellement\u00a0 je vois dans le tableau de Dali r\u00e9ellement une pr\u00e9monition de la guerre civile. Celui de Picasso comporte des \u00e9l\u00e9ments\u00a0 troublants. Le porc-\u00e9pic snob sur sa gourmette annonce: acupuncteur. La toile de Dali est paradoxalement plus\u00a0 \u00ab\u00a0claire\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen.- Gala et Dora ne se cantonnent pas \u00e0 leur r\u00f4le de muses mais d\u00e9r\u00e8glent le dialogue des deux artistes de mani\u00e8re souvent surprenante. Leur regard est-il aussi un peu le v\u00f4tre? Fernando Arrabal.-\u00a0 Je ne peux que r\u00e9pondre par ce qui peut sembler un clich\u00e9: je suis tous les personnages. Mes bagages perdus dans mes vols sont pervertis par des \u00e9toiles filantes. Je suis , par exemple , Fando et Lis . De m\u00eame que Flaubert&#8230; \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb. Jean-Louis Scheffen .- Si Picasso, aux yeux de ce qu\u2019on appelle le \u00ab grand public \u00bb, repr\u00e9sente aujourd\u2019hui l\u2019art du XXe si\u00e8cle tout court, Dal\u00ed (pour lequel Andr\u00e9 Breton avait cr\u00e9\u00e9 l\u2019anagramme\u00a0 \u00ab Avido Dollars \u00bb) en illustre aussi le c\u00f4t\u00e9 mercantile. A vos yeux, une philosophie d\u2019artiste et\u00a0 un certain esprit commercial sont-ils compatibles? Fernando Arrabal.- On oublie le pass\u00e9: combien des urologues atteints de Parkinson deviennent des masturbateurs convulsifs. Au 16e , au 17e si\u00e8cle , par exemple , les artistes\u00a0 vivaient gr\u00e2ce aux commandes des m\u00e9c\u00e8nes ( le roi , l&rsquo;Eglise , les grands bourgeois). V\u00e9lasquez fut un \u00ab\u00a0assis\u00a0\u00bb. Les peintres religieux lisaient continuellement des textes sacr\u00e9s: ils pr\u00e9paraient les antis\u00e8ches de Jugement Dernier&#8230; ou du Dernier Goulag. Le romantisme et le 19e si\u00e8cle , les d\u00e9buts du 20e , ont impos\u00e9 la figure de l&rsquo;artiste \u00ab\u00a0maudit\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9. 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