﻿{"id":3438,"date":"2012-11-27T14:44:15","date_gmt":"2012-11-27T12:44:15","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=3438"},"modified":"2015-08-19T15:06:19","modified_gmt":"2015-08-19T13:06:19","slug":"arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/","title":{"rendered":"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia"},"content":{"rendered":"<h3>LE CH\u00c2TEAU DES CLANDESTINS<\/h3>\n<p>de Fernando Arrabal<\/p>\n<p><strong>Derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e) dimanche\u00a0 2 decembre\u00a0 2012\u00a0\u00a0 15h 58\u2032<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-admin\/line.gif\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"1\" \/><\/p>\n<p>collage de Jordi Soler<\/p>\n<p>La Cartoucherie \u2026 Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ep\u00e9e de Bois\u2026 PARIS<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le Ch\u00e2teau des Clandestins \u00bb est un th\u00e9\u00e2tre fou, brutal, joyeusement provocateur\u2026 Il h\u00e9rite de la lucidit\u00e9 d\u2019un Kafka et de l\u2019humour d\u2019un Jarry, il s\u2019apparente \u00e0 Sade ou \u00e0 Artaud. Mais Arrabal est sans doute le seul \u00e0 avoir pouss\u00e9 la d\u00e9rision aussi loin\u2026 La carcasse de nos soci\u00e9t\u00e9s avanc\u00e9es se trouve carbonis\u00e9e sur la rampe festive de la r\u00e9volution permanent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Mise en sc\u00e8ne et jeu<\/em>:\u00a0 Marcos Malavia<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Direction d\u2019acteur<\/em>:\u00a0 Muriel Roland<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>D\u00e9cor et lumi\u00e8res<\/em> : Val\u00e9rie Foury et Erik Priano<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Production<\/em>: Compagnie SourouS<\/p>\n<p>\u2026photo: Godard;\u00a0 collage : Jordi Soler\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Le Ch\u00e2teau des Clandestins<\/em><\/strong><strong> pi\u00e8ce \u00e9crite par Fernando Arrabal en 2009 a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame au metteur en sc\u00e8ne et acteur Marcos Malavia pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation en France \u00e0 la Cartoucherie. Si ce dernier, directeur de th\u00e9\u00e2tre latino am\u00e9ricain s\u2019est tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal qui a voulu montrer \u00ab\u00a0<em>l\u2019inutilit\u00e9 d\u2019\u00e9dicter l\u2019art et la production artistique<\/em> \u00bb, c\u2019est qu\u2019il est pour lui \u00ab\u00a0<em>un des auteurs majeurs de la dramaturgie contemporaine<\/em> \u00bb et qu\u2019il a \u00ab\u00a0<em>toujours eu envie de comprendre et de pouvoir interpr\u00e9ter un des ses textes<\/em> \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">___<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a cinquante ans, Fernando Arrabal cr\u00e9ait avec Jodorowsky et Topor le groupe Panique. Pour le dramaturge, \u00ab\u00a0<em>le Panique\u00a0est une \u2018\u2018mani\u00e8re d\u2019\u00eatre\u2019\u2019 r\u00e9gie par la confusion, l\u2019humour, la terreur, le hasard et l\u2019euphorie<\/em> \u00bb (Fernando Arrabal, <em>Panique, Manifeste pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire<\/em>.). Tels sont les grands th\u00e8mes qui b\u00e2tissent le th\u00e9\u00e2tre de ce dramaturge, nourri de l\u2019h\u00e9ritage de Lewis Carroll et de son monde magique rempli d\u2019innocentes perversions, de Sade, Kafka, Beckett, Artaud, ou encore Alfred Jarry, qui a cass\u00e9 le moule du th\u00e9\u00e2tre conventionnel. Pour Arrabal,\u00a0le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art total par excellence, capable d\u2019englober toutes les facettes de la vie, y compris la mort, et dans lequel humour, po\u00e9sie, fascination et confusion ne font plus qu\u2019un. D\u00e8s lors, l\u2019art Panique se caract\u00e9rise par le d\u00e9sordre, une certaine brutalit\u00e9 amoureuse et surtout une part immense de d\u00e9mesure et de r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>De l\u2019intrigue<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez Arrabal, comme chez de nombreux autres dramaturges du th\u00e9\u00e2tre moderne et contemporain, la po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale, les jeux de langage et les effets produits sur le spectateur prennent le pas sur l\u2019intrigue. La trame narrative est donc des plus simples\u00a0: Lerry, une duchesse d\u2019un temps qui semble r\u00e9volu, garde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ch\u00e2teau un groupe de clandestins qu\u2019elle refuse de livrer \u00e0 la police et au Ministre de l\u2019immigration, motiv\u00e9e par l\u2019amour charnel et sensuel qu\u2019elle \u00e9prouve pour leur chef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant un peu plus d\u2019une heure, l\u2019acteur, seul humain sur sc\u00e8ne, se livre avec fougue, fr\u00e9n\u00e9sie et all\u00e9gresse \u00e0 une sorte de gigantesque monologue entrecoup\u00e9 de sc\u00e8nes dialogu\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la vie de Lerry comme \u00ab\u00a0<em>un roman plein d\u2019hallucinations, d\u2019amours, et de myst\u00e8res<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une entr\u00e9e p\u00e9tulante et tourbillonnante par le fond de la salle de th\u00e9\u00e2tre, le personnage, en connivence avec les spectateurs, \u00e9volue au sein de ce qui s\u2019apparente \u00e0 une ancienne chambre aux caract\u00e9ristiques aristocratiques, \u00ab\u00a0<em>transform\u00e9e en capharna\u00fcm telle une poubelle renvers\u00e9e<\/em> \u00bb. D\u00e8s lors, le th\u00e8me de l\u2019isolement du monde ext\u00e9rieur va rapidement apparaitre aux yeux du spectateur. Bien que Lerry, par sa na\u00efve joyeuset\u00e9 perp\u00e9tuelle, fasse oublier un temps \u00e0 ceux qui la contemplent qu\u2019elle est bel et bien enferm\u00e9e, elle d\u00e9crit elle-m\u00eame ce lieu comme un espace \u00ab\u00a0clos\u00a0\u00bb s\u00e9par\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur par de solides murs. A la fois lieu de mise en sc\u00e8ne des marginaux et sorte de chapelle ardente du d\u00e9sir isol\u00e9 du monde, l\u2019endroit est aussi qualifi\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale\u00a0: \u00ab\u00a0ch\u00e2teau sans fronti\u00e8re\u00a0\u00bb. Na\u00eet alors la confusion propre au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal, entre isolement, claustration, et ext\u00e9riorit\u00e9. Quel qu\u2019il soit, l\u2019endroit est bien celui o\u00f9 se rassemblent tous les exclus et les bannis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e qui se d\u00e9barrasse de ce qui ne lui semble pas \u00eatre la \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Du personnage<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le personnage de la pi\u00e8ce est une femme, c\u2019est bien Marcos Malavia qui l\u2019incarne. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019explique alors sur ce choix\u00a0: \u00ab\u00a0<em>C<\/em><em>\u2019est Fernando Arrabal lui-m\u00eame qui m\u2019a demand\u00e9 de le faire. Il avait d\u00e9j\u00e0 vu la pi\u00e8ce jou\u00e9e par des femmes en Italie et au Br\u00e9sil et il me l\u2019a confi\u00e9e en me demandant de l\u2019interpr\u00e9ter. Il m\u2019a dit qu\u2019il voulait voir le personnage de Lerry jou\u00e9 par un homme, non par un travesti mais plut\u00f4t par un homme-clown. Alors je me suis pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette fascinante exp\u00e9rience<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus que l\u2019aspect clownesque, c\u2019est plut\u00f4t la dimension burlesque qu\u2019il faut retenir ici. Ce choix de mise en sc\u00e8ne apporte certes une part d\u00e9rision mais donne \u00e9trangement plus de force et de dynamisme \u00e0 une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois rythm\u00e9e, dr\u00f4le et touchante, qui va mettre les Hommes face \u00e0 leurs propres contradictions et \u00e0 leur absurdit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre son aspect burlesque, le personnage de Lerry rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re enfantin par son hypersensibilit\u00e9 et la plupart de ses attitudes. Tant\u00f4t versatile, lunatique, nostalgique ou \u00a0encore romantique, sa seule constante reste la fr\u00e9n\u00e9sie avec laquelle elle consid\u00e8re le monde\u00a0; sa seule volont\u00e9 \u00e9tant de mourir aim\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais derri\u00e8re cet optimisme d\u00e9lirant, ses extravagants raisonnements et ses id\u00e9es folles sans aucune pudeur, le personnage de Lerry, empli d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019amour, prom\u00e8ne sur le monde son regard na\u00eff qui devient une source d\u2019humour in\u00e9puisable. Faisant fi des pr\u00e9suppos\u00e9s et des carcans de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le personnage avoue en toute innocence des go\u00fbts particuliers qu\u2019il croit appartenir \u00e0 tous. Comme la plupart des h\u00e9ros du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal,\u00a0Lerry vit bien malgr\u00e9 elle dans la confusion et dans un univers quasi kafka\u00efen, au sein duquel elle joue \u00e0 vivre en marge des r\u00e8gles impos\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>De l\u2019engagement<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re cette trame simple et cette dimension onirique et burlesque, c\u2019est d\u2019une sorte de trag\u00e9die contemporaine dont il s\u2019agit. Pour Marcos Malavia, \u00ab\u00a0<em>le probl\u00e8me qui s\u2019y pose est celui d\u2019une trag\u00e9die propre \u00e0 notre temps, empreinte d\u2019une grande d\u00e9rision. [La pi\u00e8ce] repr\u00e9sente le monde absurde dans lequel le capitalisme nous a accul\u00e9 \u00e0 vivre\u00a0; et Lerry est en quelque sorte la m\u00e9taphore de ces tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es auxquelles nous assistons \u00e0 travers la presse, des gens qui tentent de faire face \u00e0 la grande machine sociale et politique qui est destin\u00e9e \u00e0 an\u00e9antir tout esprit de solidarit\u00e9 qui pourrait s\u2019\u00e9veiller dans la soci\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal\u00a0est frondeur, contestataire et anti-conformiste. Le dramaturge explore une po\u00e9tique et un humour audacieux qui participe \u00e0 une entreprise de destruction et de refondation, en d\u00e9peignant de mani\u00e8re caricaturale les exc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, ce sont plus particuli\u00e8rement les institutions et le pouvoir qui passent au crible de sa critique. \u00ab\u00a0<em>Politiciens r\u00e9trogrades<\/em> \u00bb, \u00ab\u00a0<em>ramassis de bons \u00e0 rien<\/em> \u00bb, \u00ab\u00a0<em>pays de rat\u00e9s et de mazettes sans feu ni loi<\/em> \u00bb\u00a0: ministres, m\u00e9dias, justice, administration et ENA, tous y passent\u00a0! Arrabal s\u2019insurge avec exaltation contre une forme de capitalisme et de mat\u00e9rialisme sordide et froid en faisant de Lerry le symbole de la marginalit\u00e9 et de la lutte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la repr\u00e9sentation, un coup de feu retentit, annon\u00e7ant en filigrane une fin tragique, violente, et sans issue, le personnage se trouvant d\u00e9j\u00e0 dans un lieu clos. Ces tirs isol\u00e9s deviennent en effet de plus en plus pr\u00e9sents dans la seconde moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, et s\u2019ach\u00e8vent par une fusillade qui rappelle le d\u00e9nouement d\u2019une des pi\u00e8ces les plus jou\u00e9es d\u2019Arrabal, <em>Pique-Nique en campagne<\/em>. Ainsi, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, tout ce qui semblait d\u00e9risoire, burlesque, et absurde prend soudain une tournure plus tragique, tout en restant po\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Arrabal, il semble que la fonction du th\u00e9\u00e2tre ne soit pas tant de changer le monde, mais plut\u00f4t de l\u2019appr\u00e9hender autrement, par la jouissance m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>De la provocation\u00a0\u00e0 la lib\u00e9ration<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Arrabal se plait fr\u00e9quemment \u00e0 associer les th\u00e8mes du sacr\u00e9, du v\u00e9n\u00e9rable, de la sexualit\u00e9, et de la perversion\u00a0; ce n\u2019est pas uniquement dans une dynamique de provocation et de sacril\u00e8ge. Mais quoi de plus d\u00e9rangeant quand on veut d\u00e9stabiliser, que la vulgarit\u00e9\u00a0? Alors que le th\u00e8me de la sexualit\u00e9 est bien pr\u00e9sent dans la pi\u00e8ce, elle ne sombre pas dans le vulgaire. Cette derni\u00e8re est en permanence sugg\u00e9r\u00e9e, et la pi\u00e8ce n\u2019offre aucune repr\u00e9sentation sc\u00e9nique de ces \u00e9l\u00e9ments. Les sc\u00e8nes \u00e9rotiques restent dans le discours de Lerry qui les d\u00e9crit avec po\u00e9sie et passion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long de la pi\u00e8ce, Arrabal joue \u00e0 son jeu favori\u00a0: \u00e9branler les esprits et r\u00e9veiller les consciences, afin de perturber les spectateurs en provoquant en eux une confusion qui les fera sortir de leur l\u00e9thargie. Par le biais de son personnage, l\u2019auteur aspire donc \u00e0 faire \u00e9merger d\u2019autres possibles, voulant montrer de cette fa\u00e7on qu\u2019il peut y avoir d\u2019autres mani\u00e8res de vivre et de voir le monde. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette nouvelle vision des choses, ces possibilit\u00e9s th\u00e9\u00e2trales, qui rendent ce th\u00e9\u00e2tre panique si surprenant. Si aujourd\u2019hui Arrabal s\u2019exclame sans cesse que la provocation n\u2019est en aucun cas le but de son \u0153uvre, il est malgr\u00e9 tout connu pour \u00eatre provocateur tant son th\u00e9\u00e2tre n\u2019a pas de limite dans le sens o\u00f9 il prend tout ce qui constitue l\u2019homme, aussi bien le bon que le mauvais. En pr\u00e9sentant les choses diff\u00e9remment de la r\u00e9alit\u00e9, Arrabal parvient alors \u00e0 faire affronter \u00e0 l\u2019homme sa condition humaine telle qu\u2019elle est r\u00e9ellement et \u00e0 le lib\u00e9rer des illusions qui le conduisent \u00e0 \u00eatre constamment d\u00e9\u00e7u.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>De l\u2019esth\u00e9tique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cet art de la confusion, Lerry met en sc\u00e8ne son amour pour le chef des clandestins de mani\u00e8re constamment lyrique, souvent nostalgique, et quelquefois \u00e0 la limite du path\u00e9tique, lui attribuant autant de d\u00e9signations po\u00e9tiques qu\u2019elle pourrait lui en donner. Par amour pour cet homme et faute de ne pas avoir coop\u00e9r\u00e9 avec les minist\u00e8res, le Ch\u00e2teau des Clandestins est assailli \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce. Alors, dans un dernier \u00e9lan lyrique, Lerry s\u2019exclame alors qu\u2019\u00a0\u00ab\u00a0<em>on ne badine pas avec l\u2019amour<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La po\u00e9sie est alors omnipr\u00e9sente dans le corps m\u00eame du texte et l\u2019auteur se plait \u00e0 multiplier les jeux de mots\u00a0quitte \u00e0 tendre vers l\u2019absurde ou l\u2019\u00e9nigmatique. Le spectateur ne saura manquer ces jeux de langages ou autres traits d\u2019esprits construits autour d\u2019innombrables r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires, mythologiques ou encore philosophiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette po\u00e9tique du langage s\u2019ajoute alors une esth\u00e9tique provenant du rire, gr\u00e2ce \u00e0 cet humour noir et d\u00e9cal\u00e9 qui provoque chez le spectateur une sensation de plaisir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Le Beau est toujours bizarre<\/em> \u00bb \u00e9crivait Charles Baudelaire dans ses <em>Curiosit\u00e9s Esth\u00e9tiques<\/em> en 1868. L\u2019art de la po\u00e9tique d\u2019Arrabal, c\u2019est qu\u2019elle fait na\u00eetre en nous des \u00e9motions et peut transformer des situations tragiques en situations touchantes et \u00e9mouvantes. Derri\u00e8re son c\u00f4t\u00e9 provocateur et \u00ab\u00a0briseur\u00a0\u00bb de normes, Arrabal est en r\u00e9alit\u00e9 un grand po\u00e8te qui ne se soucie pas du beau \u00ab\u00a0conventionnel\u00a0\u00bb mais qui diss\u00e9mine dans sa \u00ab\u00a0confusion\u00a0\u00bb artistique une grande dose de po\u00e9sie et d\u2019humanit\u00e9. Selon Marcos Malavia, \u00ab\u00a0<em>cette pi\u00e8ce est aussi burlesque que d\u2019autres. La diff\u00e9rence est que celle-ci a une grande charge po\u00e9tique et m\u00e9taphysique<\/em>.\u00a0\u00bb Son personnage consid\u00e8re tout \u00ab\u00a0<em>avec beaucoup d\u2019ironie et d\u2019humour. C\u2019est cela qui donne cette particularit\u00e9 et sa force po\u00e9tique au <\/em>Ch\u00e2teau des Clandestins.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EMILIE COMBES<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/10\/CHATEAURECTO12-213x300.jpg\" alt=\"CHATEAURECTO12\" width=\"213\" height=\"300\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CH\u00c2TEAU DES CLANDESTINS de Fernando Arrabal Derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e) dimanche\u00a0 2 decembre\u00a0 2012\u00a0\u00a0 15h 58\u2032 collage de Jordi Soler La Cartoucherie \u2026 Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ep\u00e9e de Bois\u2026 PARIS \u00ab Le Ch\u00e2teau des Clandestins \u00bb est un th\u00e9\u00e2tre fou, brutal, joyeusement provocateur\u2026 Il h\u00e9rite de la lucidit\u00e9 d\u2019un Kafka et de l\u2019humour d\u2019un Jarry, il s\u2019apparente \u00e0 Sade ou \u00e0 Artaud. Mais Arrabal est sans doute le seul \u00e0 avoir pouss\u00e9 la d\u00e9rision aussi loin\u2026 La carcasse de nos soci\u00e9t\u00e9s avanc\u00e9es se trouve carbonis\u00e9e sur la rampe festive de la r\u00e9volution permanent. Mise en sc\u00e8ne et jeu:\u00a0 Marcos Malavia Direction d\u2019acteur:\u00a0 Muriel Roland D\u00e9cor et lumi\u00e8res : Val\u00e9rie Foury et Erik Priano Production: Compagnie SourouS \u2026photo: Godard;\u00a0 collage : Jordi Soler\u2026 Le Ch\u00e2teau des Clandestins pi\u00e8ce \u00e9crite par Fernando Arrabal en 2009 a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame au metteur en sc\u00e8ne et acteur Marcos Malavia pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation en France \u00e0 la Cartoucherie. Si ce dernier, directeur de th\u00e9\u00e2tre latino am\u00e9ricain s\u2019est tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal qui a voulu montrer \u00ab\u00a0l\u2019inutilit\u00e9 d\u2019\u00e9dicter l\u2019art et la production artistique \u00bb, c\u2019est qu\u2019il est pour lui \u00ab\u00a0un des auteurs majeurs de la dramaturgie contemporaine \u00bb et qu\u2019il a \u00ab\u00a0toujours eu envie de comprendre et de pouvoir interpr\u00e9ter un des ses textes \u00bb. ___ Il y a cinquante ans, Fernando Arrabal cr\u00e9ait avec Jodorowsky et Topor le groupe Panique. Pour le dramaturge, \u00ab\u00a0le Panique\u00a0est une \u2018\u2018mani\u00e8re d\u2019\u00eatre\u2019\u2019 r\u00e9gie par la confusion, l\u2019humour, la terreur, le hasard et l\u2019euphorie \u00bb (Fernando Arrabal, Panique, Manifeste pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire.). Tels sont les grands th\u00e8mes qui b\u00e2tissent le th\u00e9\u00e2tre de ce dramaturge, nourri de l\u2019h\u00e9ritage de Lewis Carroll et de son monde magique rempli d\u2019innocentes perversions, de Sade, Kafka, Beckett, Artaud, ou encore Alfred Jarry, qui a cass\u00e9 le moule du th\u00e9\u00e2tre conventionnel. Pour Arrabal,\u00a0le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art total par excellence, capable d\u2019englober toutes les facettes de la vie, y compris la mort, et dans lequel humour, po\u00e9sie, fascination et confusion ne font plus qu\u2019un. D\u00e8s lors, l\u2019art Panique se caract\u00e9rise par le d\u00e9sordre, une certaine brutalit\u00e9 amoureuse et surtout une part immense de d\u00e9mesure et de r\u00eave. De l\u2019intrigue Chez Arrabal, comme chez de nombreux autres dramaturges du th\u00e9\u00e2tre moderne et contemporain, la po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale, les jeux de langage et les effets produits sur le spectateur prennent le pas sur l\u2019intrigue. La trame narrative est donc des plus simples\u00a0: Lerry, une duchesse d\u2019un temps qui semble r\u00e9volu, garde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ch\u00e2teau un groupe de clandestins qu\u2019elle refuse de livrer \u00e0 la police et au Ministre de l\u2019immigration, motiv\u00e9e par l\u2019amour charnel et sensuel qu\u2019elle \u00e9prouve pour leur chef. Pendant un peu plus d\u2019une heure, l\u2019acteur, seul humain sur sc\u00e8ne, se livre avec fougue, fr\u00e9n\u00e9sie et all\u00e9gresse \u00e0 une sorte de gigantesque monologue entrecoup\u00e9 de sc\u00e8nes dialogu\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la vie de Lerry comme \u00ab\u00a0un roman plein d\u2019hallucinations, d\u2019amours, et de myst\u00e8res \u00bb. Apr\u00e8s une entr\u00e9e p\u00e9tulante et tourbillonnante par le fond de la salle de th\u00e9\u00e2tre, le personnage, en connivence avec les spectateurs, \u00e9volue au sein de ce qui s\u2019apparente \u00e0 une ancienne chambre aux caract\u00e9ristiques aristocratiques, \u00ab\u00a0transform\u00e9e en capharna\u00fcm telle une poubelle renvers\u00e9e \u00bb. D\u00e8s lors, le th\u00e8me de l\u2019isolement du monde ext\u00e9rieur va rapidement apparaitre aux yeux du spectateur. Bien que Lerry, par sa na\u00efve joyeuset\u00e9 perp\u00e9tuelle, fasse oublier un temps \u00e0 ceux qui la contemplent qu\u2019elle est bel et bien enferm\u00e9e, elle d\u00e9crit elle-m\u00eame ce lieu comme un espace \u00ab\u00a0clos\u00a0\u00bb s\u00e9par\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur par de solides murs. A la fois lieu de mise en sc\u00e8ne des marginaux et sorte de chapelle ardente du d\u00e9sir isol\u00e9 du monde, l\u2019endroit est aussi qualifi\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale\u00a0: \u00ab\u00a0ch\u00e2teau sans fronti\u00e8re\u00a0\u00bb. Na\u00eet alors la confusion propre au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal, entre isolement, claustration, et ext\u00e9riorit\u00e9. Quel qu\u2019il soit, l\u2019endroit est bien celui o\u00f9 se rassemblent tous les exclus et les bannis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e qui se d\u00e9barrasse de ce qui ne lui semble pas \u00eatre la \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb. Du personnage Si le personnage de la pi\u00e8ce est une femme, c\u2019est bien Marcos Malavia qui l\u2019incarne. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019explique alors sur ce choix\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Fernando Arrabal lui-m\u00eame qui m\u2019a demand\u00e9 de le faire. Il avait d\u00e9j\u00e0 vu la pi\u00e8ce jou\u00e9e par des femmes en Italie et au Br\u00e9sil et il me l\u2019a confi\u00e9e en me demandant de l\u2019interpr\u00e9ter. Il m\u2019a dit qu\u2019il voulait voir le personnage de Lerry jou\u00e9 par un homme, non par un travesti mais plut\u00f4t par un homme-clown. Alors je me suis pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette fascinante exp\u00e9rience.\u00a0\u00bb Plus que l\u2019aspect clownesque, c\u2019est plut\u00f4t la dimension burlesque qu\u2019il faut retenir ici. Ce choix de mise en sc\u00e8ne apporte certes une part d\u00e9rision mais donne \u00e9trangement plus de force et de dynamisme \u00e0 une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois rythm\u00e9e, dr\u00f4le et touchante, qui va mettre les Hommes face \u00e0 leurs propres contradictions et \u00e0 leur absurdit\u00e9. Outre son aspect burlesque, le personnage de Lerry rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re enfantin par son hypersensibilit\u00e9 et la plupart de ses attitudes. Tant\u00f4t versatile, lunatique, nostalgique ou \u00a0encore romantique, sa seule constante reste la fr\u00e9n\u00e9sie avec laquelle elle consid\u00e8re le monde\u00a0; sa seule volont\u00e9 \u00e9tant de mourir aim\u00e9e. Mais derri\u00e8re cet optimisme d\u00e9lirant, ses extravagants raisonnements et ses id\u00e9es folles sans aucune pudeur, le personnage de Lerry, empli d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019amour, prom\u00e8ne sur le monde son regard na\u00eff qui devient une source d\u2019humour in\u00e9puisable. Faisant fi des pr\u00e9suppos\u00e9s et des carcans de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le personnage avoue en toute innocence des go\u00fbts particuliers qu\u2019il croit appartenir \u00e0 tous. Comme la plupart des h\u00e9ros du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal,\u00a0Lerry vit bien malgr\u00e9 elle dans la confusion et dans un univers quasi kafka\u00efen, au sein duquel elle joue \u00e0 vivre en marge des r\u00e8gles impos\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. De l\u2019engagement Derri\u00e8re cette trame simple et cette dimension onirique et burlesque, c\u2019est d\u2019une sorte de trag\u00e9die contemporaine dont il s\u2019agit. Pour Marcos Malavia, \u00ab\u00a0le probl\u00e8me qui s\u2019y pose est celui d\u2019une trag\u00e9die propre \u00e0 notre temps, empreinte d\u2019une grande d\u00e9rision. [La pi\u00e8ce] repr\u00e9sente le monde absurde dans lequel le capitalisme nous a accul\u00e9 \u00e0 vivre\u00a0; et Lerry est en quelque sorte la m\u00e9taphore de ces tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es auxquelles nous assistons \u00e0 travers la presse, des gens qui tentent de faire face \u00e0 la grande machine sociale et politique qui est destin\u00e9e \u00e0 an\u00e9antir tout esprit de solidarit\u00e9 qui pourrait s\u2019\u00e9veiller dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. En effet, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal\u00a0est frondeur, contestataire et anti-conformiste. Le dramaturge explore une po\u00e9tique et un humour audacieux qui participe \u00e0 une entreprise de destruction et de refondation, en d\u00e9peignant de mani\u00e8re caricaturale les exc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Ici, ce sont plus particuli\u00e8rement les institutions et le pouvoir qui passent au crible de sa critique. \u00ab\u00a0Politiciens r\u00e9trogrades \u00bb, \u00ab\u00a0ramassis de bons \u00e0 rien \u00bb, \u00ab\u00a0pays de rat\u00e9s et de mazettes sans feu ni loi \u00bb\u00a0: ministres, m\u00e9dias, justice, administration et ENA, tous y passent\u00a0! Arrabal s\u2019insurge avec exaltation contre une forme de capitalisme et de mat\u00e9rialisme sordide et froid en faisant de Lerry le symbole de la marginalit\u00e9 et de la lutte. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la repr\u00e9sentation, un coup de feu retentit, annon\u00e7ant en filigrane une fin tragique, violente, et sans issue, le personnage se trouvant d\u00e9j\u00e0 dans un lieu clos. Ces tirs isol\u00e9s deviennent en effet de plus en plus pr\u00e9sents dans la seconde moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, et s\u2019ach\u00e8vent par une fusillade qui rappelle le d\u00e9nouement d\u2019une des pi\u00e8ces les plus jou\u00e9es d\u2019Arrabal, Pique-Nique en campagne. Ainsi, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, tout ce qui semblait d\u00e9risoire, burlesque, et absurde prend soudain une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2832,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3438","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-miscellannees"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal\u2026-la-cartoucherie-\u2026-derniere-avant-tournee\u20262-decembre-16h-\u2026-marcos-malavia\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"LE CH\u00c2TEAU DES CLANDESTINS de Fernando Arrabal Derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e) dimanche\u00a0 2 decembre\u00a0 2012\u00a0\u00a0 15h 58\u2032 collage de Jordi Soler La Cartoucherie \u2026 Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ep\u00e9e de Bois\u2026 PARIS \u00ab Le Ch\u00e2teau des Clandestins \u00bb est un th\u00e9\u00e2tre fou, brutal, joyeusement provocateur\u2026 Il h\u00e9rite de la lucidit\u00e9 d\u2019un Kafka et de l\u2019humour d\u2019un Jarry, il s\u2019apparente \u00e0 Sade ou \u00e0 Artaud. Mais Arrabal est sans doute le seul \u00e0 avoir pouss\u00e9 la d\u00e9rision aussi loin\u2026 La carcasse de nos soci\u00e9t\u00e9s avanc\u00e9es se trouve carbonis\u00e9e sur la rampe festive de la r\u00e9volution permanent. Mise en sc\u00e8ne et jeu:\u00a0 Marcos Malavia Direction d\u2019acteur:\u00a0 Muriel Roland D\u00e9cor et lumi\u00e8res : Val\u00e9rie Foury et Erik Priano Production: Compagnie SourouS \u2026photo: Godard;\u00a0 collage : Jordi Soler\u2026 Le Ch\u00e2teau des Clandestins pi\u00e8ce \u00e9crite par Fernando Arrabal en 2009 a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame au metteur en sc\u00e8ne et acteur Marcos Malavia pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation en France \u00e0 la Cartoucherie. Si ce dernier, directeur de th\u00e9\u00e2tre latino am\u00e9ricain s\u2019est tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal qui a voulu montrer \u00ab\u00a0l\u2019inutilit\u00e9 d\u2019\u00e9dicter l\u2019art et la production artistique \u00bb, c\u2019est qu\u2019il est pour lui \u00ab\u00a0un des auteurs majeurs de la dramaturgie contemporaine \u00bb et qu\u2019il a \u00ab\u00a0toujours eu envie de comprendre et de pouvoir interpr\u00e9ter un des ses textes \u00bb. ___ Il y a cinquante ans, Fernando Arrabal cr\u00e9ait avec Jodorowsky et Topor le groupe Panique. Pour le dramaturge, \u00ab\u00a0le Panique\u00a0est une \u2018\u2018mani\u00e8re d\u2019\u00eatre\u2019\u2019 r\u00e9gie par la confusion, l\u2019humour, la terreur, le hasard et l\u2019euphorie \u00bb (Fernando Arrabal, Panique, Manifeste pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire.). Tels sont les grands th\u00e8mes qui b\u00e2tissent le th\u00e9\u00e2tre de ce dramaturge, nourri de l\u2019h\u00e9ritage de Lewis Carroll et de son monde magique rempli d\u2019innocentes perversions, de Sade, Kafka, Beckett, Artaud, ou encore Alfred Jarry, qui a cass\u00e9 le moule du th\u00e9\u00e2tre conventionnel. Pour Arrabal,\u00a0le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art total par excellence, capable d\u2019englober toutes les facettes de la vie, y compris la mort, et dans lequel humour, po\u00e9sie, fascination et confusion ne font plus qu\u2019un. D\u00e8s lors, l\u2019art Panique se caract\u00e9rise par le d\u00e9sordre, une certaine brutalit\u00e9 amoureuse et surtout une part immense de d\u00e9mesure et de r\u00eave. De l\u2019intrigue Chez Arrabal, comme chez de nombreux autres dramaturges du th\u00e9\u00e2tre moderne et contemporain, la po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale, les jeux de langage et les effets produits sur le spectateur prennent le pas sur l\u2019intrigue. La trame narrative est donc des plus simples\u00a0: Lerry, une duchesse d\u2019un temps qui semble r\u00e9volu, garde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ch\u00e2teau un groupe de clandestins qu\u2019elle refuse de livrer \u00e0 la police et au Ministre de l\u2019immigration, motiv\u00e9e par l\u2019amour charnel et sensuel qu\u2019elle \u00e9prouve pour leur chef. Pendant un peu plus d\u2019une heure, l\u2019acteur, seul humain sur sc\u00e8ne, se livre avec fougue, fr\u00e9n\u00e9sie et all\u00e9gresse \u00e0 une sorte de gigantesque monologue entrecoup\u00e9 de sc\u00e8nes dialogu\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la vie de Lerry comme \u00ab\u00a0un roman plein d\u2019hallucinations, d\u2019amours, et de myst\u00e8res \u00bb. Apr\u00e8s une entr\u00e9e p\u00e9tulante et tourbillonnante par le fond de la salle de th\u00e9\u00e2tre, le personnage, en connivence avec les spectateurs, \u00e9volue au sein de ce qui s\u2019apparente \u00e0 une ancienne chambre aux caract\u00e9ristiques aristocratiques, \u00ab\u00a0transform\u00e9e en capharna\u00fcm telle une poubelle renvers\u00e9e \u00bb. D\u00e8s lors, le th\u00e8me de l\u2019isolement du monde ext\u00e9rieur va rapidement apparaitre aux yeux du spectateur. Bien que Lerry, par sa na\u00efve joyeuset\u00e9 perp\u00e9tuelle, fasse oublier un temps \u00e0 ceux qui la contemplent qu\u2019elle est bel et bien enferm\u00e9e, elle d\u00e9crit elle-m\u00eame ce lieu comme un espace \u00ab\u00a0clos\u00a0\u00bb s\u00e9par\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur par de solides murs. A la fois lieu de mise en sc\u00e8ne des marginaux et sorte de chapelle ardente du d\u00e9sir isol\u00e9 du monde, l\u2019endroit est aussi qualifi\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale\u00a0: \u00ab\u00a0ch\u00e2teau sans fronti\u00e8re\u00a0\u00bb. Na\u00eet alors la confusion propre au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal, entre isolement, claustration, et ext\u00e9riorit\u00e9. Quel qu\u2019il soit, l\u2019endroit est bien celui o\u00f9 se rassemblent tous les exclus et les bannis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e qui se d\u00e9barrasse de ce qui ne lui semble pas \u00eatre la \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb. Du personnage Si le personnage de la pi\u00e8ce est une femme, c\u2019est bien Marcos Malavia qui l\u2019incarne. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019explique alors sur ce choix\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Fernando Arrabal lui-m\u00eame qui m\u2019a demand\u00e9 de le faire. Il avait d\u00e9j\u00e0 vu la pi\u00e8ce jou\u00e9e par des femmes en Italie et au Br\u00e9sil et il me l\u2019a confi\u00e9e en me demandant de l\u2019interpr\u00e9ter. Il m\u2019a dit qu\u2019il voulait voir le personnage de Lerry jou\u00e9 par un homme, non par un travesti mais plut\u00f4t par un homme-clown. Alors je me suis pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette fascinante exp\u00e9rience.\u00a0\u00bb Plus que l\u2019aspect clownesque, c\u2019est plut\u00f4t la dimension burlesque qu\u2019il faut retenir ici. Ce choix de mise en sc\u00e8ne apporte certes une part d\u00e9rision mais donne \u00e9trangement plus de force et de dynamisme \u00e0 une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois rythm\u00e9e, dr\u00f4le et touchante, qui va mettre les Hommes face \u00e0 leurs propres contradictions et \u00e0 leur absurdit\u00e9. Outre son aspect burlesque, le personnage de Lerry rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re enfantin par son hypersensibilit\u00e9 et la plupart de ses attitudes. Tant\u00f4t versatile, lunatique, nostalgique ou \u00a0encore romantique, sa seule constante reste la fr\u00e9n\u00e9sie avec laquelle elle consid\u00e8re le monde\u00a0; sa seule volont\u00e9 \u00e9tant de mourir aim\u00e9e. Mais derri\u00e8re cet optimisme d\u00e9lirant, ses extravagants raisonnements et ses id\u00e9es folles sans aucune pudeur, le personnage de Lerry, empli d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019amour, prom\u00e8ne sur le monde son regard na\u00eff qui devient une source d\u2019humour in\u00e9puisable. Faisant fi des pr\u00e9suppos\u00e9s et des carcans de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le personnage avoue en toute innocence des go\u00fbts particuliers qu\u2019il croit appartenir \u00e0 tous. Comme la plupart des h\u00e9ros du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal,\u00a0Lerry vit bien malgr\u00e9 elle dans la confusion et dans un univers quasi kafka\u00efen, au sein duquel elle joue \u00e0 vivre en marge des r\u00e8gles impos\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. De l\u2019engagement Derri\u00e8re cette trame simple et cette dimension onirique et burlesque, c\u2019est d\u2019une sorte de trag\u00e9die contemporaine dont il s\u2019agit. Pour Marcos Malavia, \u00ab\u00a0le probl\u00e8me qui s\u2019y pose est celui d\u2019une trag\u00e9die propre \u00e0 notre temps, empreinte d\u2019une grande d\u00e9rision. [La pi\u00e8ce] repr\u00e9sente le monde absurde dans lequel le capitalisme nous a accul\u00e9 \u00e0 vivre\u00a0; et Lerry est en quelque sorte la m\u00e9taphore de ces tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es auxquelles nous assistons \u00e0 travers la presse, des gens qui tentent de faire face \u00e0 la grande machine sociale et politique qui est destin\u00e9e \u00e0 an\u00e9antir tout esprit de solidarit\u00e9 qui pourrait s\u2019\u00e9veiller dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. En effet, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal\u00a0est frondeur, contestataire et anti-conformiste. Le dramaturge explore une po\u00e9tique et un humour audacieux qui participe \u00e0 une entreprise de destruction et de refondation, en d\u00e9peignant de mani\u00e8re caricaturale les exc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Ici, ce sont plus particuli\u00e8rement les institutions et le pouvoir qui passent au crible de sa critique. \u00ab\u00a0Politiciens r\u00e9trogrades \u00bb, \u00ab\u00a0ramassis de bons \u00e0 rien \u00bb, \u00ab\u00a0pays de rat\u00e9s et de mazettes sans feu ni loi \u00bb\u00a0: ministres, m\u00e9dias, justice, administration et ENA, tous y passent\u00a0! Arrabal s\u2019insurge avec exaltation contre une forme de capitalisme et de mat\u00e9rialisme sordide et froid en faisant de Lerry le symbole de la marginalit\u00e9 et de la lutte. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la repr\u00e9sentation, un coup de feu retentit, annon\u00e7ant en filigrane une fin tragique, violente, et sans issue, le personnage se trouvant d\u00e9j\u00e0 dans un lieu clos. Ces tirs isol\u00e9s deviennent en effet de plus en plus pr\u00e9sents dans la seconde moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, et s\u2019ach\u00e8vent par une fusillade qui rappelle le d\u00e9nouement d\u2019une des pi\u00e8ces les plus jou\u00e9es d\u2019Arrabal, Pique-Nique en campagne. Ainsi, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, tout ce qui semblait d\u00e9risoire, burlesque, et absurde prend soudain une [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal\u2026-la-cartoucherie-\u2026-derniere-avant-tournee\u20262-decembre-16h-\u2026-marcos-malavia\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ceci n\u2019est pas un blog\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2012-11-27T12:44:15+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2015-08-19T13:06:19+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1-620x832.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"620\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"832\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"fernandoarrabal\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"fernandoarrabal\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture est.\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"11 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/\",\"url\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/\",\"name\":\"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg\",\"datePublished\":\"2012-11-27T12:44:15+00:00\",\"dateModified\":\"2015-08-19T13:06:19+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/03f79100f4c863d602fcd462cb418c8e\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg\",\"width\":\"1229\",\"height\":\"1651\",\"caption\":\"collage : Jordi Soler\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#website\",\"url\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/\",\"name\":\"Ceci n\u2019est pas un blog\",\"description\":\"Fernando Arrabal\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/03f79100f4c863d602fcd462cb418c8e\",\"name\":\"fernandoarrabal\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8e01ce8140fb7ab19645728d216ba3e9?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8e01ce8140fb7ab19645728d216ba3e9?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"fernandoarrabal\"},\"url\":\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/author\/fernandoarrabal\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal\u2026-la-cartoucherie-\u2026-derniere-avant-tournee\u20262-decembre-16h-\u2026-marcos-malavia\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog","og_description":"LE CH\u00c2TEAU DES CLANDESTINS de Fernando Arrabal Derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e) dimanche\u00a0 2 decembre\u00a0 2012\u00a0\u00a0 15h 58\u2032 collage de Jordi Soler La Cartoucherie \u2026 Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ep\u00e9e de Bois\u2026 PARIS \u00ab Le Ch\u00e2teau des Clandestins \u00bb est un th\u00e9\u00e2tre fou, brutal, joyeusement provocateur\u2026 Il h\u00e9rite de la lucidit\u00e9 d\u2019un Kafka et de l\u2019humour d\u2019un Jarry, il s\u2019apparente \u00e0 Sade ou \u00e0 Artaud. Mais Arrabal est sans doute le seul \u00e0 avoir pouss\u00e9 la d\u00e9rision aussi loin\u2026 La carcasse de nos soci\u00e9t\u00e9s avanc\u00e9es se trouve carbonis\u00e9e sur la rampe festive de la r\u00e9volution permanent. Mise en sc\u00e8ne et jeu:\u00a0 Marcos Malavia Direction d\u2019acteur:\u00a0 Muriel Roland D\u00e9cor et lumi\u00e8res : Val\u00e9rie Foury et Erik Priano Production: Compagnie SourouS \u2026photo: Godard;\u00a0 collage : Jordi Soler\u2026 Le Ch\u00e2teau des Clandestins pi\u00e8ce \u00e9crite par Fernando Arrabal en 2009 a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame au metteur en sc\u00e8ne et acteur Marcos Malavia pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation en France \u00e0 la Cartoucherie. Si ce dernier, directeur de th\u00e9\u00e2tre latino am\u00e9ricain s\u2019est tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal qui a voulu montrer \u00ab\u00a0l\u2019inutilit\u00e9 d\u2019\u00e9dicter l\u2019art et la production artistique \u00bb, c\u2019est qu\u2019il est pour lui \u00ab\u00a0un des auteurs majeurs de la dramaturgie contemporaine \u00bb et qu\u2019il a \u00ab\u00a0toujours eu envie de comprendre et de pouvoir interpr\u00e9ter un des ses textes \u00bb. ___ Il y a cinquante ans, Fernando Arrabal cr\u00e9ait avec Jodorowsky et Topor le groupe Panique. Pour le dramaturge, \u00ab\u00a0le Panique\u00a0est une \u2018\u2018mani\u00e8re d\u2019\u00eatre\u2019\u2019 r\u00e9gie par la confusion, l\u2019humour, la terreur, le hasard et l\u2019euphorie \u00bb (Fernando Arrabal, Panique, Manifeste pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire.). Tels sont les grands th\u00e8mes qui b\u00e2tissent le th\u00e9\u00e2tre de ce dramaturge, nourri de l\u2019h\u00e9ritage de Lewis Carroll et de son monde magique rempli d\u2019innocentes perversions, de Sade, Kafka, Beckett, Artaud, ou encore Alfred Jarry, qui a cass\u00e9 le moule du th\u00e9\u00e2tre conventionnel. Pour Arrabal,\u00a0le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art total par excellence, capable d\u2019englober toutes les facettes de la vie, y compris la mort, et dans lequel humour, po\u00e9sie, fascination et confusion ne font plus qu\u2019un. D\u00e8s lors, l\u2019art Panique se caract\u00e9rise par le d\u00e9sordre, une certaine brutalit\u00e9 amoureuse et surtout une part immense de d\u00e9mesure et de r\u00eave. De l\u2019intrigue Chez Arrabal, comme chez de nombreux autres dramaturges du th\u00e9\u00e2tre moderne et contemporain, la po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale, les jeux de langage et les effets produits sur le spectateur prennent le pas sur l\u2019intrigue. La trame narrative est donc des plus simples\u00a0: Lerry, une duchesse d\u2019un temps qui semble r\u00e9volu, garde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ch\u00e2teau un groupe de clandestins qu\u2019elle refuse de livrer \u00e0 la police et au Ministre de l\u2019immigration, motiv\u00e9e par l\u2019amour charnel et sensuel qu\u2019elle \u00e9prouve pour leur chef. Pendant un peu plus d\u2019une heure, l\u2019acteur, seul humain sur sc\u00e8ne, se livre avec fougue, fr\u00e9n\u00e9sie et all\u00e9gresse \u00e0 une sorte de gigantesque monologue entrecoup\u00e9 de sc\u00e8nes dialogu\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la vie de Lerry comme \u00ab\u00a0un roman plein d\u2019hallucinations, d\u2019amours, et de myst\u00e8res \u00bb. Apr\u00e8s une entr\u00e9e p\u00e9tulante et tourbillonnante par le fond de la salle de th\u00e9\u00e2tre, le personnage, en connivence avec les spectateurs, \u00e9volue au sein de ce qui s\u2019apparente \u00e0 une ancienne chambre aux caract\u00e9ristiques aristocratiques, \u00ab\u00a0transform\u00e9e en capharna\u00fcm telle une poubelle renvers\u00e9e \u00bb. D\u00e8s lors, le th\u00e8me de l\u2019isolement du monde ext\u00e9rieur va rapidement apparaitre aux yeux du spectateur. Bien que Lerry, par sa na\u00efve joyeuset\u00e9 perp\u00e9tuelle, fasse oublier un temps \u00e0 ceux qui la contemplent qu\u2019elle est bel et bien enferm\u00e9e, elle d\u00e9crit elle-m\u00eame ce lieu comme un espace \u00ab\u00a0clos\u00a0\u00bb s\u00e9par\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur par de solides murs. A la fois lieu de mise en sc\u00e8ne des marginaux et sorte de chapelle ardente du d\u00e9sir isol\u00e9 du monde, l\u2019endroit est aussi qualifi\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale\u00a0: \u00ab\u00a0ch\u00e2teau sans fronti\u00e8re\u00a0\u00bb. Na\u00eet alors la confusion propre au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal, entre isolement, claustration, et ext\u00e9riorit\u00e9. Quel qu\u2019il soit, l\u2019endroit est bien celui o\u00f9 se rassemblent tous les exclus et les bannis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e qui se d\u00e9barrasse de ce qui ne lui semble pas \u00eatre la \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb. Du personnage Si le personnage de la pi\u00e8ce est une femme, c\u2019est bien Marcos Malavia qui l\u2019incarne. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019explique alors sur ce choix\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Fernando Arrabal lui-m\u00eame qui m\u2019a demand\u00e9 de le faire. Il avait d\u00e9j\u00e0 vu la pi\u00e8ce jou\u00e9e par des femmes en Italie et au Br\u00e9sil et il me l\u2019a confi\u00e9e en me demandant de l\u2019interpr\u00e9ter. Il m\u2019a dit qu\u2019il voulait voir le personnage de Lerry jou\u00e9 par un homme, non par un travesti mais plut\u00f4t par un homme-clown. Alors je me suis pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette fascinante exp\u00e9rience.\u00a0\u00bb Plus que l\u2019aspect clownesque, c\u2019est plut\u00f4t la dimension burlesque qu\u2019il faut retenir ici. Ce choix de mise en sc\u00e8ne apporte certes une part d\u00e9rision mais donne \u00e9trangement plus de force et de dynamisme \u00e0 une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois rythm\u00e9e, dr\u00f4le et touchante, qui va mettre les Hommes face \u00e0 leurs propres contradictions et \u00e0 leur absurdit\u00e9. Outre son aspect burlesque, le personnage de Lerry rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re enfantin par son hypersensibilit\u00e9 et la plupart de ses attitudes. Tant\u00f4t versatile, lunatique, nostalgique ou \u00a0encore romantique, sa seule constante reste la fr\u00e9n\u00e9sie avec laquelle elle consid\u00e8re le monde\u00a0; sa seule volont\u00e9 \u00e9tant de mourir aim\u00e9e. Mais derri\u00e8re cet optimisme d\u00e9lirant, ses extravagants raisonnements et ses id\u00e9es folles sans aucune pudeur, le personnage de Lerry, empli d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019amour, prom\u00e8ne sur le monde son regard na\u00eff qui devient une source d\u2019humour in\u00e9puisable. Faisant fi des pr\u00e9suppos\u00e9s et des carcans de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le personnage avoue en toute innocence des go\u00fbts particuliers qu\u2019il croit appartenir \u00e0 tous. Comme la plupart des h\u00e9ros du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal,\u00a0Lerry vit bien malgr\u00e9 elle dans la confusion et dans un univers quasi kafka\u00efen, au sein duquel elle joue \u00e0 vivre en marge des r\u00e8gles impos\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. De l\u2019engagement Derri\u00e8re cette trame simple et cette dimension onirique et burlesque, c\u2019est d\u2019une sorte de trag\u00e9die contemporaine dont il s\u2019agit. Pour Marcos Malavia, \u00ab\u00a0le probl\u00e8me qui s\u2019y pose est celui d\u2019une trag\u00e9die propre \u00e0 notre temps, empreinte d\u2019une grande d\u00e9rision. [La pi\u00e8ce] repr\u00e9sente le monde absurde dans lequel le capitalisme nous a accul\u00e9 \u00e0 vivre\u00a0; et Lerry est en quelque sorte la m\u00e9taphore de ces tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es auxquelles nous assistons \u00e0 travers la presse, des gens qui tentent de faire face \u00e0 la grande machine sociale et politique qui est destin\u00e9e \u00e0 an\u00e9antir tout esprit de solidarit\u00e9 qui pourrait s\u2019\u00e9veiller dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. En effet, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal\u00a0est frondeur, contestataire et anti-conformiste. Le dramaturge explore une po\u00e9tique et un humour audacieux qui participe \u00e0 une entreprise de destruction et de refondation, en d\u00e9peignant de mani\u00e8re caricaturale les exc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Ici, ce sont plus particuli\u00e8rement les institutions et le pouvoir qui passent au crible de sa critique. \u00ab\u00a0Politiciens r\u00e9trogrades \u00bb, \u00ab\u00a0ramassis de bons \u00e0 rien \u00bb, \u00ab\u00a0pays de rat\u00e9s et de mazettes sans feu ni loi \u00bb\u00a0: ministres, m\u00e9dias, justice, administration et ENA, tous y passent\u00a0! Arrabal s\u2019insurge avec exaltation contre une forme de capitalisme et de mat\u00e9rialisme sordide et froid en faisant de Lerry le symbole de la marginalit\u00e9 et de la lutte. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la repr\u00e9sentation, un coup de feu retentit, annon\u00e7ant en filigrane une fin tragique, violente, et sans issue, le personnage se trouvant d\u00e9j\u00e0 dans un lieu clos. Ces tirs isol\u00e9s deviennent en effet de plus en plus pr\u00e9sents dans la seconde moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, et s\u2019ach\u00e8vent par une fusillade qui rappelle le d\u00e9nouement d\u2019une des pi\u00e8ces les plus jou\u00e9es d\u2019Arrabal, Pique-Nique en campagne. Ainsi, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, tout ce qui semblait d\u00e9risoire, burlesque, et absurde prend soudain une [&hellip;]","og_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal\u2026-la-cartoucherie-\u2026-derniere-avant-tournee\u20262-decembre-16h-\u2026-marcos-malavia\/","og_site_name":"Ceci n\u2019est pas un blog","article_published_time":"2012-11-27T12:44:15+00:00","article_modified_time":"2015-08-19T13:06:19+00:00","og_image":[{"width":620,"height":832,"url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1-620x832.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"fernandoarrabal","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"fernandoarrabal","Dur\u00e9e de lecture est.":"11 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/","url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/","name":"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia - Ceci n\u2019est pas un blog","isPartOf":{"@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg","datePublished":"2012-11-27T12:44:15+00:00","dateModified":"2015-08-19T13:06:19+00:00","author":{"@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/03f79100f4c863d602fcd462cb418c8e"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#primaryimage","url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg","contentUrl":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1.jpg","width":"1229","height":"1651","caption":"collage : Jordi Soler"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/11\/27\/3438\/arrabal%e2%80%a6-la-cartoucherie-%e2%80%a6-derniere-avant-tournee%e2%80%a62-decembre-16h-%e2%80%a6-marcos-malavia\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Arrabal\u2026 La Cartoucherie \u2026 derni\u00e8re (avant tourn\u00e9e)\u20262 d\u00e9cembre 16h \u2026 Marcos Malavia"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#website","url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/","name":"Ceci n\u2019est pas un blog","description":"Fernando Arrabal","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/03f79100f4c863d602fcd462cb418c8e","name":"fernandoarrabal","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8e01ce8140fb7ab19645728d216ba3e9?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8e01ce8140fb7ab19645728d216ba3e9?s=96&d=mm&r=g","caption":"fernandoarrabal"},"url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/author\/fernandoarrabal\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3438"}],"collection":[{"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3438"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3438\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2832"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}