﻿{"id":10556,"date":"2019-07-04T09:56:34","date_gmt":"2019-07-04T07:56:34","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=10556"},"modified":"2019-07-04T09:56:38","modified_gmt":"2019-07-04T07:56:38","slug":"le-jardin-des-delices-de-fernando-arrabal-traduction-de-elizaveta-dombrovskaya-et-mise-en-scene-de-sergey-dombrovski-moscou-russie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2019\/07\/04\/10556\/le-jardin-des-delices-de-fernando-arrabal-traduction-de-elizaveta-dombrovskaya-et-mise-en-scene-de-sergey-dombrovski-moscou-russie\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le jardin des d\u00e9lices\u00a0\u00bb  de Fernando Arrabal traduction de Elizaveta Dombrovskaya et mise-en-sc\u00e8ne  de Sergey Dombrovski ( Moscou, Russie)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-10557\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2019\/07\/download-19.jpg\" alt=\"\" width=\"204\" height=\"247\" \/><\/a><\/p>\n<h4 id=\"firstHeading\" class=\"firstHeading\">Delphine Seyrig (La\u00efs) dans \u00ab\u00a0Le Jardin des d\u00e9lices\u00a0\u00bb de Fernando Arrabal\u00a0 \u00a0(Th\u00e9\u00e2tre Antoine, 1969)<\/h4>\n<p>\u00ab\u00a0Le jardin des d\u00e9lices\u00a0\u00bb de Fernando Arrabal<\/p>\n<p>traduction de Elizaveta Dombrovskaya<\/p>\n<p>mise-en-sc\u00e8ne de Sergey Dombrovski<\/p>\n<p>Moscou, Russie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-10558\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2019\/07\/images-11.jpg\" alt=\"\" width=\"297\" height=\"170\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pf-content\">\n<p class=\"first-letter\">Un jeu sur \u00ables rapports de la femme avec la femme, pr\u00e9cis\u00e9ment aujourd\u2019hui et maintenant\u00bb.\u00a0 Et, pourtant, la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite il y a un demi-si\u00e8cle, lors du s\u00e9jour de Fernando Arrabal \u00e0 la prison madril\u00e8ne de Carabanchel. \u00abLe jardin des d\u00e9lices\u00bb explore la pratique de l\u2019amour \u00e0 travers le voyage fantastique, \u00e0 la J\u00e9r\u00f4me Bosch, de ses deux protagonistes.<\/p>\n<p>Dans cette pi\u00e8ce on assiste aux jeux infernaux et paradisiaques des deux protagonistes. Avec la fantaisie du po\u00e9tiquement ph\u00e9nom\u00e9nal. L\u2019\u0153uvre trouve son inspiration dans le triptyque de J\u00e9r\u00f4me Bosch. Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 souvent repr\u00e9sent\u00e9e internationalement, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e en Espagne avant 2011.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te et cin\u00e9aste aux multiples talents Fernando Arrabal (Melilla, 1932), est un po\u00e8te et un artiste incombustible. Proche de sa quatre-vingt-huit ann\u00e9e Arrabal affirme : \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 vraiment merveilleux ces hommes et ces femmes, ces Titans, qui ont choisi l\u2019exil et qui ont particip\u00e9 au surr\u00e9alisme \u00a0ou au dada\u00efsme ou \u00e0 la pataphysique pour faire un monde diff\u00e9rent\u2026 et meilleur?\u00bb<\/p>\n<p>Et maintenant, comme toujours, il parcourt les rues et les avenues de la grande ville, \u00abfollement\u00bb, spontan\u00e9ment, soudainement.<\/p>\n<p>La vaste et prolifique trajectoire professionnelle du po\u00e8te surr\u00e9aliste, pataphysicien et, plus tard, fondateur du Th\u00e9\u00e2tre panique, fait de lui une figure cl\u00e9 de l\u2019histoire culturelle du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Mais Arrabal refuse de se mesurer \u00e0 Duchamp, Dali, Breton, Tzara, Warhol, Beckett et tous ces grands\u00a0artistes dont il a partag\u00e9 l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice. \u00abIls ont pens\u00e9 que probablement la post\u00e9rit\u00e9 ne parlerait pas de leurs \u0153uvres. Dans mon modeste cas, ne parleront-ils que du Mill\u00e9narisme?\u00bb<\/p>\n<p>La trame du \u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb est captivante. Il y a en elle diff\u00e9rents degr\u00e9s, diverses galaxies ou paradis. Si l\u2019art de la po\u00e9sie est l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la hauteur des r\u00eaves ou des cauchemars \u2013 et, soit dit en passant, tel es le cas \u2013, alors cette \u0153uvre est-elle la plus po\u00e9tique qu\u2019on puisse imaginer?<\/p>\n<p>La langue flotte, bondit, \u00e9tincelle.\u00a0 Il y a une \u00e9blouissante folie de mots traversant les espaces \u00e9th\u00e9r\u00e9s: comme des \u00e9toiles de diamant.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce se d\u00e9roule comme une confrontation dans \u00a0un \u00e9den\/enfer. Les conflits et l\u2019amour sont les symboles de la condition humaine \u00e0 son niveau cr\u00e9ateur.\u00a0\u00abOu, peut-\u00eatre la fa\u00e7on dont nous tous sommes notre propre message. Nous nous disons qu\u2019en nous tous il y a une La\u00efs, quelqu\u2019un qui a besoin de construire et de contr\u00f4ler. Et une \u00a0femme qui a besoin de d\u00e9truire.\u00bb<\/p>\n<p>Aussi poly\u00e9drique qu\u2019\u00e9nigmatique, l\u2019univers arrabalien est un monde domin\u00e9 par la po\u00e9sie, le jeu, la repr\u00e9sentation. Arrabal \u00a0s\u2019esquive lorsqu\u2019il doit r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir ce qu\u2019il y a derri\u00e8re l\u2019\u00e9crivain. \u00abAujourd\u2019hui encore mes coll\u00e8gues viennent me voir comme si je n\u2019\u00e9tais que le fils de mon p\u00e8re. Beaucoup, lorsqu\u2019ils me rendent hommage en r\u00e9alit\u00e9 honorent le condamn\u00e9 \u00e0 mort.\u00bb<\/p>\n<p>Po\u00e8te et passionn\u00e9 d\u2019\u00e9checs il soutient\u00a0que la cr\u00e9ation mondiale est en bonne sant\u00e9 et \u00e9videmment l\u2019espagnole. Beaucoup disent comme\u00a0Quevedo :\u00a0\u00abJ\u2019ai contempl\u00e9 les murailles de \u00a0ma cit\u00e9\u00bb. Et ils ne voient qu\u2019excr\u00e9ments, destruction et d\u00e9senchantements. Mais peut-\u00eatre tous comme Quevedo refusent-ils de constater qu\u2019ils vivent coude \u00e0 coude avec Cervantes, Tirso, Lope ou Gongora.<\/p>\n<p>\u00abNul n\u2019est all\u00e9 aussi loin (selon mon exp\u00e9rience), ni aucun autre dramaturge n\u2019est parvenu auparavant \u00e0 pr\u00e9senter ce cataclysme tr\u00e9pidant et ordonn\u00e9 sur les planches. Ce m\u00e9t\u00e9orique instant. Avec la gr\u00e2ce du fantastique et l\u2019\u00e9corce de la r\u00e9alit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Sur ce qu\u2019il lui reste encore \u00e0 dire et \u00e0 faire comme artiste Fernando Arrabal affirme: \u00abJ\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il ne me reste plus le temps de r\u00e9aliser la quantit\u00e9 de choses qu\u2019il me reste \u00e0 faire. Car je ne suis que\u00a0\u00abcelui qui fait\u00bb. Ce que je d\u00e9sire c\u2019est que, ici et maintenant, le\u00a0\u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb\u00a0continue \u00e0 \u00eatre une f\u00eate saphique, surr\u00e9aliste, pataphysique, panique et dada\u00efste .\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Des personnages qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s il y a un demi-si\u00e8cle au Th\u00e9\u00e2tre Antoine de Paris par Delphine Seyrig, Marpessa Dawn, Bernard Fresson et Jean-Claude Drouot.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clear\">\n<div class=\"taglist\"><span class=\"titre\">TH\u00c8MES<\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Delphine Seyrig (La\u00efs) dans \u00ab\u00a0Le Jardin des d\u00e9lices\u00a0\u00bb de Fernando Arrabal\u00a0 \u00a0(Th\u00e9\u00e2tre Antoine, 1969) \u00ab\u00a0Le jardin des d\u00e9lices\u00a0\u00bb de Fernando Arrabal traduction de Elizaveta Dombrovskaya mise-en-sc\u00e8ne de Sergey Dombrovski Moscou, Russie. &nbsp; &nbsp; &nbsp; Un jeu sur \u00ables rapports de la femme avec la femme, pr\u00e9cis\u00e9ment aujourd\u2019hui et maintenant\u00bb.\u00a0 Et, pourtant, la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite il y a un demi-si\u00e8cle, lors du s\u00e9jour de Fernando Arrabal \u00e0 la prison madril\u00e8ne de Carabanchel. \u00abLe jardin des d\u00e9lices\u00bb explore la pratique de l\u2019amour \u00e0 travers le voyage fantastique, \u00e0 la J\u00e9r\u00f4me Bosch, de ses deux protagonistes. Dans cette pi\u00e8ce on assiste aux jeux infernaux et paradisiaques des deux protagonistes. Avec la fantaisie du po\u00e9tiquement ph\u00e9nom\u00e9nal. L\u2019\u0153uvre trouve son inspiration dans le triptyque de J\u00e9r\u00f4me Bosch. Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 souvent repr\u00e9sent\u00e9e internationalement, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e en Espagne avant 2011. Le po\u00e8te et cin\u00e9aste aux multiples talents Fernando Arrabal (Melilla, 1932), est un po\u00e8te et un artiste incombustible. Proche de sa quatre-vingt-huit ann\u00e9e Arrabal affirme : \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 vraiment merveilleux ces hommes et ces femmes, ces Titans, qui ont choisi l\u2019exil et qui ont particip\u00e9 au surr\u00e9alisme \u00a0ou au dada\u00efsme ou \u00e0 la pataphysique pour faire un monde diff\u00e9rent\u2026 et meilleur?\u00bb Et maintenant, comme toujours, il parcourt les rues et les avenues de la grande ville, \u00abfollement\u00bb, spontan\u00e9ment, soudainement. La vaste et prolifique trajectoire professionnelle du po\u00e8te surr\u00e9aliste, pataphysicien et, plus tard, fondateur du Th\u00e9\u00e2tre panique, fait de lui une figure cl\u00e9 de l\u2019histoire culturelle du XXe\u00a0si\u00e8cle. Mais Arrabal refuse de se mesurer \u00e0 Duchamp, Dali, Breton, Tzara, Warhol, Beckett et tous ces grands\u00a0artistes dont il a partag\u00e9 l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice. \u00abIls ont pens\u00e9 que probablement la post\u00e9rit\u00e9 ne parlerait pas de leurs \u0153uvres. Dans mon modeste cas, ne parleront-ils que du Mill\u00e9narisme?\u00bb La trame du \u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb est captivante. Il y a en elle diff\u00e9rents degr\u00e9s, diverses galaxies ou paradis. Si l\u2019art de la po\u00e9sie est l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la hauteur des r\u00eaves ou des cauchemars \u2013 et, soit dit en passant, tel es le cas \u2013, alors cette \u0153uvre est-elle la plus po\u00e9tique qu\u2019on puisse imaginer? La langue flotte, bondit, \u00e9tincelle.\u00a0 Il y a une \u00e9blouissante folie de mots traversant les espaces \u00e9th\u00e9r\u00e9s: comme des \u00e9toiles de diamant. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule comme une confrontation dans \u00a0un \u00e9den\/enfer. Les conflits et l\u2019amour sont les symboles de la condition humaine \u00e0 son niveau cr\u00e9ateur.\u00a0\u00abOu, peut-\u00eatre la fa\u00e7on dont nous tous sommes notre propre message. Nous nous disons qu\u2019en nous tous il y a une La\u00efs, quelqu\u2019un qui a besoin de construire et de contr\u00f4ler. Et une \u00a0femme qui a besoin de d\u00e9truire.\u00bb Aussi poly\u00e9drique qu\u2019\u00e9nigmatique, l\u2019univers arrabalien est un monde domin\u00e9 par la po\u00e9sie, le jeu, la repr\u00e9sentation. Arrabal \u00a0s\u2019esquive lorsqu\u2019il doit r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir ce qu\u2019il y a derri\u00e8re l\u2019\u00e9crivain. \u00abAujourd\u2019hui encore mes coll\u00e8gues viennent me voir comme si je n\u2019\u00e9tais que le fils de mon p\u00e8re. Beaucoup, lorsqu\u2019ils me rendent hommage en r\u00e9alit\u00e9 honorent le condamn\u00e9 \u00e0 mort.\u00bb Po\u00e8te et passionn\u00e9 d\u2019\u00e9checs il soutient\u00a0que la cr\u00e9ation mondiale est en bonne sant\u00e9 et \u00e9videmment l\u2019espagnole. Beaucoup disent comme\u00a0Quevedo :\u00a0\u00abJ\u2019ai contempl\u00e9 les murailles de \u00a0ma cit\u00e9\u00bb. Et ils ne voient qu\u2019excr\u00e9ments, destruction et d\u00e9senchantements. Mais peut-\u00eatre tous comme Quevedo refusent-ils de constater qu\u2019ils vivent coude \u00e0 coude avec Cervantes, Tirso, Lope ou Gongora. \u00abNul n\u2019est all\u00e9 aussi loin (selon mon exp\u00e9rience), ni aucun autre dramaturge n\u2019est parvenu auparavant \u00e0 pr\u00e9senter ce cataclysme tr\u00e9pidant et ordonn\u00e9 sur les planches. Ce m\u00e9t\u00e9orique instant. 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Dans cette pi\u00e8ce on assiste aux jeux infernaux et paradisiaques des deux protagonistes. Avec la fantaisie du po\u00e9tiquement ph\u00e9nom\u00e9nal. L\u2019\u0153uvre trouve son inspiration dans le triptyque de J\u00e9r\u00f4me Bosch. Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 souvent repr\u00e9sent\u00e9e internationalement, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e en Espagne avant 2011. Le po\u00e8te et cin\u00e9aste aux multiples talents Fernando Arrabal (Melilla, 1932), est un po\u00e8te et un artiste incombustible. Proche de sa quatre-vingt-huit ann\u00e9e Arrabal affirme : \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 vraiment merveilleux ces hommes et ces femmes, ces Titans, qui ont choisi l\u2019exil et qui ont particip\u00e9 au surr\u00e9alisme \u00a0ou au dada\u00efsme ou \u00e0 la pataphysique pour faire un monde diff\u00e9rent\u2026 et meilleur?\u00bb Et maintenant, comme toujours, il parcourt les rues et les avenues de la grande ville, \u00abfollement\u00bb, spontan\u00e9ment, soudainement. La vaste et prolifique trajectoire professionnelle du po\u00e8te surr\u00e9aliste, pataphysicien et, plus tard, fondateur du Th\u00e9\u00e2tre panique, fait de lui une figure cl\u00e9 de l\u2019histoire culturelle du XXe\u00a0si\u00e8cle. Mais Arrabal refuse de se mesurer \u00e0 Duchamp, Dali, Breton, Tzara, Warhol, Beckett et tous ces grands\u00a0artistes dont il a partag\u00e9 l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice. \u00abIls ont pens\u00e9 que probablement la post\u00e9rit\u00e9 ne parlerait pas de leurs \u0153uvres. Dans mon modeste cas, ne parleront-ils que du Mill\u00e9narisme?\u00bb La trame du \u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb est captivante. Il y a en elle diff\u00e9rents degr\u00e9s, diverses galaxies ou paradis. Si l\u2019art de la po\u00e9sie est l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la hauteur des r\u00eaves ou des cauchemars \u2013 et, soit dit en passant, tel es le cas \u2013, alors cette \u0153uvre est-elle la plus po\u00e9tique qu\u2019on puisse imaginer? La langue flotte, bondit, \u00e9tincelle.\u00a0 Il y a une \u00e9blouissante folie de mots traversant les espaces \u00e9th\u00e9r\u00e9s: comme des \u00e9toiles de diamant. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule comme une confrontation dans \u00a0un \u00e9den\/enfer. Les conflits et l\u2019amour sont les symboles de la condition humaine \u00e0 son niveau cr\u00e9ateur.\u00a0\u00abOu, peut-\u00eatre la fa\u00e7on dont nous tous sommes notre propre message. Nous nous disons qu\u2019en nous tous il y a une La\u00efs, quelqu\u2019un qui a besoin de construire et de contr\u00f4ler. Et une \u00a0femme qui a besoin de d\u00e9truire.\u00bb Aussi poly\u00e9drique qu\u2019\u00e9nigmatique, l\u2019univers arrabalien est un monde domin\u00e9 par la po\u00e9sie, le jeu, la repr\u00e9sentation. Arrabal \u00a0s\u2019esquive lorsqu\u2019il doit r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir ce qu\u2019il y a derri\u00e8re l\u2019\u00e9crivain. \u00abAujourd\u2019hui encore mes coll\u00e8gues viennent me voir comme si je n\u2019\u00e9tais que le fils de mon p\u00e8re. Beaucoup, lorsqu\u2019ils me rendent hommage en r\u00e9alit\u00e9 honorent le condamn\u00e9 \u00e0 mort.\u00bb Po\u00e8te et passionn\u00e9 d\u2019\u00e9checs il soutient\u00a0que la cr\u00e9ation mondiale est en bonne sant\u00e9 et \u00e9videmment l\u2019espagnole. Beaucoup disent comme\u00a0Quevedo :\u00a0\u00abJ\u2019ai contempl\u00e9 les murailles de \u00a0ma cit\u00e9\u00bb. Et ils ne voient qu\u2019excr\u00e9ments, destruction et d\u00e9senchantements. Mais peut-\u00eatre tous comme Quevedo refusent-ils de constater qu\u2019ils vivent coude \u00e0 coude avec Cervantes, Tirso, Lope ou Gongora. \u00abNul n\u2019est all\u00e9 aussi loin (selon mon exp\u00e9rience), ni aucun autre dramaturge n\u2019est parvenu auparavant \u00e0 pr\u00e9senter ce cataclysme tr\u00e9pidant et ordonn\u00e9 sur les planches. Ce m\u00e9t\u00e9orique instant. Avec la gr\u00e2ce du fantastique et l\u2019\u00e9corce de la r\u00e9alit\u00e9.\u00bb Sur ce qu\u2019il lui reste encore \u00e0 dire et \u00e0 faire comme artiste Fernando Arrabal affirme: \u00abJ\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il ne me reste plus le temps de r\u00e9aliser la quantit\u00e9 de choses qu\u2019il me reste \u00e0 faire. Car je ne suis que\u00a0\u00abcelui qui fait\u00bb. Ce que je d\u00e9sire c\u2019est que, ici et maintenant, le\u00a0\u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb\u00a0continue \u00e0 \u00eatre une f\u00eate saphique, surr\u00e9aliste, pataphysique, panique et dada\u00efste .\u00bb &nbsp; Des personnages qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s il y a un demi-si\u00e8cle au Th\u00e9\u00e2tre Antoine de Paris par Delphine Seyrig, Marpessa Dawn, Bernard Fresson et Jean-Claude Drouot. 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Dans cette pi\u00e8ce on assiste aux jeux infernaux et paradisiaques des deux protagonistes. Avec la fantaisie du po\u00e9tiquement ph\u00e9nom\u00e9nal. L\u2019\u0153uvre trouve son inspiration dans le triptyque de J\u00e9r\u00f4me Bosch. Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 souvent repr\u00e9sent\u00e9e internationalement, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e en Espagne avant 2011. Le po\u00e8te et cin\u00e9aste aux multiples talents Fernando Arrabal (Melilla, 1932), est un po\u00e8te et un artiste incombustible. Proche de sa quatre-vingt-huit ann\u00e9e Arrabal affirme : \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 vraiment merveilleux ces hommes et ces femmes, ces Titans, qui ont choisi l\u2019exil et qui ont particip\u00e9 au surr\u00e9alisme \u00a0ou au dada\u00efsme ou \u00e0 la pataphysique pour faire un monde diff\u00e9rent\u2026 et meilleur?\u00bb Et maintenant, comme toujours, il parcourt les rues et les avenues de la grande ville, \u00abfollement\u00bb, spontan\u00e9ment, soudainement. La vaste et prolifique trajectoire professionnelle du po\u00e8te surr\u00e9aliste, pataphysicien et, plus tard, fondateur du Th\u00e9\u00e2tre panique, fait de lui une figure cl\u00e9 de l\u2019histoire culturelle du XXe\u00a0si\u00e8cle. Mais Arrabal refuse de se mesurer \u00e0 Duchamp, Dali, Breton, Tzara, Warhol, Beckett et tous ces grands\u00a0artistes dont il a partag\u00e9 l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice. \u00abIls ont pens\u00e9 que probablement la post\u00e9rit\u00e9 ne parlerait pas de leurs \u0153uvres. Dans mon modeste cas, ne parleront-ils que du Mill\u00e9narisme?\u00bb La trame du \u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb est captivante. Il y a en elle diff\u00e9rents degr\u00e9s, diverses galaxies ou paradis. Si l\u2019art de la po\u00e9sie est l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la hauteur des r\u00eaves ou des cauchemars \u2013 et, soit dit en passant, tel es le cas \u2013, alors cette \u0153uvre est-elle la plus po\u00e9tique qu\u2019on puisse imaginer? La langue flotte, bondit, \u00e9tincelle.\u00a0 Il y a une \u00e9blouissante folie de mots traversant les espaces \u00e9th\u00e9r\u00e9s: comme des \u00e9toiles de diamant. 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Avec la gr\u00e2ce du fantastique et l\u2019\u00e9corce de la r\u00e9alit\u00e9.\u00bb Sur ce qu\u2019il lui reste encore \u00e0 dire et \u00e0 faire comme artiste Fernando Arrabal affirme: \u00abJ\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il ne me reste plus le temps de r\u00e9aliser la quantit\u00e9 de choses qu\u2019il me reste \u00e0 faire. Car je ne suis que\u00a0\u00abcelui qui fait\u00bb. Ce que je d\u00e9sire c\u2019est que, ici et maintenant, le\u00a0\u00abJardin des d\u00e9lices\u00bb\u00a0continue \u00e0 \u00eatre une f\u00eate saphique, surr\u00e9aliste, pataphysique, panique et dada\u00efste .\u00bb &nbsp; Des personnages qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s il y a un demi-si\u00e8cle au Th\u00e9\u00e2tre Antoine de Paris par Delphine Seyrig, Marpessa Dawn, Bernard Fresson et Jean-Claude Drouot. 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