﻿{"id":10016,"date":"2019-02-07T18:33:11","date_gmt":"2019-02-07T16:33:11","guid":{"rendered":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/?p=10016"},"modified":"2019-02-07T20:23:16","modified_gmt":"2019-02-07T18:23:16","slug":"frida-les-surrealistes-et-jacqueline-lamba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2019\/02\/07\/10016\/frida-les-surrealistes-et-jacqueline-lamba\/","title":{"rendered":"Frida les surr\u00e9alistes et Jacqueline Lamba."},"content":{"rendered":"<div class=\"ob-section ob-section-text\">\n<div class=\"ob-text\">\n<p>\u00ab\u00a0&#8230;des mauvaise langues\u00a0 ont insinu\u00e9 qu&rsquo;Andr\u00e9 Breton avait organis\u00e9 avec Pierre Colle et le gouvernement L\u00e1zaro C\u00e1rdenas du Mexique\u00a0 \u00e0 la galerie Renou l\u2019exposition \u00a0\u00bb Mexique\u00a0\u00bb &#8230;des petits\u00a0 tableaux de Frida auraient pu \u00eatre\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9s au milieu d\u2019objets et de photographies. Breton \u00e9crit dans le catalogue: \u00ab L\u2019art de Frida Kahlo est un ruban autour d\u2019une tombe. \u00bb On pr\u00e9tend que Picasso lui offre de grandes mains en ivoire en guise de boucles d\u2019oreilles. La couturi\u00e8re Schiaparelli cr\u00e9e une robe, \u00ab Madame Rivera \u00bb.<\/p>\n<p>Frida\u00a0 n&rsquo;aime pas Paris, qu&rsquo;elle trouve sale, et la nourriture ne lui convient pas ; elle attrape une colibacillose.<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition lui d\u00e9pla\u00eet : son avis est \u00ab qu&rsquo;elle est envahie par cette bande de fils de putes lunatiques que sont les surr\u00e9alistes \u00bb, elle trouve superflue \u00ab toute cette saloperie \u00bb expos\u00e9e autour du Mexique. Par-dessus le march\u00e9 Pierre Colle refuse d&rsquo;exposer ses \u0153uvres\u00a0 dans sa galerie, choqu\u00e9 par la \u00ab\u00a0crudit\u00e9 des tableaux\u00a0\u00bb.\u00a0 D&rsquo;apr\u00e8s Frida \u00ab\u00a0cette exposition est une vaste fumisterie\u00a0\u00bb . Elle ne supporte ni Breton, \u00ab\u00a0qui ne pense qu\u2019\u00e0 sa propre gloire\u00a0\u00bb, ni Pierre Colle, ce \u00ab vieux b\u00e2tard et fils de pute \u00bb, \u00e9crit-elle \u00e0 \u00ab\u00a0son amant\u00a0\u00bb (?)\u00a0 le photographe Nickolas Muray. Les surr\u00e9alistes ne sont que\u00a0 \u00ab des maudits intellectuels de mes deux. Je pr\u00e9f\u00e9rerais m\u2019asseoir par terre pour vendre des tortillas au march\u00e9 de Toluca plut\u00f4t que de devoir m\u2019associer \u00e0 ces putains d\u2019artistes parisiens. [\u2026] \u00c7a valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l\u2019Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens \u2013 ces bons \u00e0 rien \u2013 sont la cause de tous les Hitler et Mussolini !\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"ob-section ob-section-images ob-default\">\n<div class=\"ob-row-1-col\"><a class=\"ob-link-img\" href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/86\/53\/69\/20150917\/ob_98df98_jean-photos-131-677x10241.jpg\" rel=\"fancybox\"><img decoding=\"async\" class=\"ob-cell ob-img ob-media\" src=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/86\/53\/69\/20150917\/ob_98df98_jean-photos-131-677x10241.jpg\" alt=\"FRIDA KAHLO &amp;amp; ANDRE BRETON\" \/><\/a><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"ob-section ob-section-text\">\n<div class=\"ob-text\">\n<p>Trotski,\u00a0 Rivera, Breton, Jacqueline Lamba et Frida Kahlo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>`Tandis qu&rsquo;une v\u00e9ritable et profonde amiti\u00e9 se noue entre Frida et Jacqueline:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"lettre-content\">\n<div class=\"vc_row wpb_row vc_row-fluid\">\n<div class=\"wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12\">\n<div class=\"vc_column-inner \">\n<div class=\"wpb_wrapper\">\n<div class=\"wpb_text_column wpb_content_element \">\n<div class=\"wpb_wrapper\">\n<p>LETTRE DE FRIDA \u00e0 JACQUELINE:\u00a0 \u00ab\u00a0Depuis que tu m\u2019as \u00e9crit, en cette journ\u00e9e si claire et si lointaine, j\u2019ai voulu t\u2019expliquer que je ne pouvais ni prendre de jour de cong\u00e9, ni revenir en arri\u00e8re. Je ne t\u2019ai pourtant pas oubli\u00e9e \u2014 sans toi les nuits sont longues et difficiles.<\/p>\n<p>L\u2019eau. Le bateau, le quai et ce\u00a0d\u00e9part\u00a0qui t\u2019ont fait redevenir enfant au travers de mes yeux, ceux-l\u00e0 m\u00eames par lesquels tu me regardais comme au travers de deux fen\u00eatres rondes, comme pour me garder \u00e0 jamais dans ton c\u0153ur.<\/p>\n<p>Tout cela est intact. Apr\u00e8s sont arriv\u00e9s des jours nouveaux pour toi. Aujourd\u2019hui je voudrais tant que mon soleil puisse te toucher. [\u2026]<\/p>\n<p>La chemise aux rubans de soie est tienne. Les vieilles places de ton Paris sont quant \u00e0 elles \u00e0 moi, et par-dessus toutes la merveilleuse \u2014 La Place des Vosges, si oubli\u00e9e et si ferme, les escargots et la poup\u00e9e sont aussi tiens \u2014 ou plut\u00f4t c\u2019est ce qui te repr\u00e9sente.<\/p>\n<p>[\u2026] Sa robe est toujours la m\u00eame que le jour du mariage, tu te souviens, celle qu\u2019elle n\u2019a voulu enlever avec personne. C\u2019est ce m\u00eame jour que nous l\u2019avions trouv\u00e9e presque endormie dans cet appartement si sale.<\/p>\n<p>Mes jupes en dentelle et la vieille blouse que je porte toujours dessinent le portrait absent d\u2019une seule et unique personne. Mais la couleur de ta peau, de tes yeux et de tes cheveux change avec le vent mexicain. Tu sais toi-m\u00eame que tout ce que je vois, tout ce que je touche, ne m\u2019am\u00e8ne que vers lui, Diego.<\/p>\n<p>La caresse des tissus, la couleur de la couleur, les clochettes, les nerfs, les crayons, les feuilles, la poussi\u00e8re, les cellules, la guerre et le soleil, tout ce qui se vit dans les minutes situ\u00e9es hors du temps et du vide invisible, c\u2019est lui. Tu l\u2019as senti, c\u2019est pour \u00e7a que tu as permis que le bateau du Havre, o\u00f9 tu ne m\u2019as jamais dit adieu, me ram\u00e8ne.<\/p>\n<p>Je continuerai toujours \u00e0 t\u2019\u00e9crire avec mes yeux.\u00a0\u00bb : Frida Kahlo<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-10020\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2019\/02\/download-14.jpg\" alt=\"\" width=\"282\" height=\"178\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Desde que me escribiste, en aquel d\u00eda tan claro y lejano, he querido explicarte que no puedo irme de los d\u00edas, ni regresar a tiempo al otro tiempo. No te he olvidado &#8211; las noches son largas y dif\u00edciles. El agua. El barco y el muelle y la ida, que te fue haciendo tan chica, desde mis ojos, encarcelados en aquella ventana redonda que t\u00fa mirabas para guardarme en tu coraz\u00f3n.<\/p>\n<p>Todo eso est\u00e1 intacto. Despu\u00e9s vinieron los d\u00edas, nuevos de ti. Hoy, quisiera que mi sol te tocara. Te digo que tu ni\u00f1a es mi ni\u00f1a, los personajes t\u00edteres arreglados en su gran cuarto de vidrio, son de las dos.<\/p>\n<p>Es tuyo el huipil con listones solferinos. M\u00edas las plazas viejas de Par\u00eds, \u00a0sobre todas ellas, la maravillosa &#8211; Des Vosges tan olvidada y tan firme. Los caracoles y la mu\u00f1eca-novia, es tuya tambi\u00e9n- es decir, eres t\u00fa -.<\/p>\n<p>[\u2026]\u00a0 Su vestido el mismo que no quiso quitarse el d\u00eda de la boda con nadie, cuando la encontramos casi dormida en el piso sucio de una calle. Mis faldas con volantes de encaje, y la blusa antigua que siempre llevaba hacen el retrato ausente, de una sola persona.<\/p>\n<p>Pero el color de tu piel, de tus ojos y tu pelo cambia con el viento de M\u00e9xico.\u00a0T\u00fa tambi\u00e9n sabes que todo lo que mis ojos ven y que toco conmigo misma, desde todas las direcciones, es Diego.\u00a0La caricia de las telas, el color del color, los alambres, los nervios, los l\u00e1pices, las hojas, el polvo, las c\u00e9lulas, la guerra y el sol, todo lo que se vive en los minutos de los no-relojes y los no-calendarios y las no-miradas vac\u00edas, es \u00e9l.<\/p>\n<p>T\u00fa lo sentiste, por eso dejaste que te trajera el barco desde el Havre donde t\u00fa nunca me dijiste adi\u00f3s.<\/p>\n<p>Te seguir\u00e9 escribiendo con mis ojos, siempre.\u00a0\u00bb Frida Kahlo<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0&#8230;des mauvaise langues\u00a0 ont insinu\u00e9 qu&rsquo;Andr\u00e9 Breton avait organis\u00e9 avec Pierre Colle et le gouvernement L\u00e1zaro C\u00e1rdenas du Mexique\u00a0 \u00e0 la galerie Renou l\u2019exposition \u00a0\u00bb Mexique\u00a0\u00bb &#8230;des petits\u00a0 tableaux de Frida auraient pu \u00eatre\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9s au milieu d\u2019objets et de photographies. Breton \u00e9crit dans le catalogue: \u00ab L\u2019art de Frida Kahlo est un ruban autour d\u2019une tombe. \u00bb On pr\u00e9tend que Picasso lui offre de grandes mains en ivoire en guise de boucles d\u2019oreilles. La couturi\u00e8re Schiaparelli cr\u00e9e une robe, \u00ab Madame Rivera \u00bb. Frida\u00a0 n&rsquo;aime pas Paris, qu&rsquo;elle trouve sale, et la nourriture ne lui convient pas ; elle attrape une colibacillose. L&rsquo;exposition lui d\u00e9pla\u00eet : son avis est \u00ab qu&rsquo;elle est envahie par cette bande de fils de putes lunatiques que sont les surr\u00e9alistes \u00bb, elle trouve superflue \u00ab toute cette saloperie \u00bb expos\u00e9e autour du Mexique. Par-dessus le march\u00e9 Pierre Colle refuse d&rsquo;exposer ses \u0153uvres\u00a0 dans sa galerie, choqu\u00e9 par la \u00ab\u00a0crudit\u00e9 des tableaux\u00a0\u00bb.\u00a0 D&rsquo;apr\u00e8s Frida \u00ab\u00a0cette exposition est une vaste fumisterie\u00a0\u00bb . 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[\u2026] \u00c7a valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l\u2019Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens \u2013 ces bons \u00e0 rien \u2013 sont la cause de tous les Hitler et Mussolini !\u00a0\u00bb Trotski,\u00a0 Rivera, Breton, Jacqueline Lamba et Frida Kahlo. &nbsp; `Tandis qu&rsquo;une v\u00e9ritable et profonde amiti\u00e9 se noue entre Frida et Jacqueline: &nbsp; LETTRE DE FRIDA \u00e0 JACQUELINE:\u00a0 \u00ab\u00a0Depuis que tu m\u2019as \u00e9crit, en cette journ\u00e9e si claire et si lointaine, j\u2019ai voulu t\u2019expliquer que je ne pouvais ni prendre de jour de cong\u00e9, ni revenir en arri\u00e8re. Je ne t\u2019ai pourtant pas oubli\u00e9e \u2014 sans toi les nuits sont longues et difficiles. L\u2019eau. 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Mes jupes en dentelle et la vieille blouse que je porte toujours dessinent le portrait absent d\u2019une seule et unique personne. Mais la couleur de ta peau, de tes yeux et de tes cheveux change avec le vent mexicain. Tu sais toi-m\u00eame que tout ce que je vois, tout ce que je touche, ne m\u2019am\u00e8ne que vers lui, Diego. La caresse des tissus, la couleur de la couleur, les clochettes, les nerfs, les crayons, les feuilles, la poussi\u00e8re, les cellules, la guerre et le soleil, tout ce qui se vit dans les minutes situ\u00e9es hors du temps et du vide invisible, c\u2019est lui. Tu l\u2019as senti, c\u2019est pour \u00e7a que tu as permis que le bateau du Havre, o\u00f9 tu ne m\u2019as jamais dit adieu, me ram\u00e8ne. Je continuerai toujours \u00e0 t\u2019\u00e9crire avec mes yeux.\u00a0\u00bb : Frida Kahlo \u00ab\u00a0Desde que me escribiste, en aquel d\u00eda tan claro y lejano, he querido explicarte que no puedo irme de los d\u00edas, ni regresar a tiempo al otro tiempo. No te he olvidado &#8211; las noches son largas y dif\u00edciles. El agua. El barco y el muelle y la ida, que te fue haciendo tan chica, desde mis ojos, encarcelados en aquella ventana redonda que t\u00fa mirabas para guardarme en tu coraz\u00f3n. Todo eso est\u00e1 intacto. Despu\u00e9s vinieron los d\u00edas, nuevos de ti. Hoy, quisiera que mi sol te tocara. Te digo que tu ni\u00f1a es mi ni\u00f1a, los personajes t\u00edteres arreglados en su gran cuarto de vidrio, son de las dos. Es tuyo el huipil con listones solferinos. M\u00edas las plazas viejas de Par\u00eds, \u00a0sobre todas ellas, la maravillosa &#8211; Des Vosges tan olvidada y tan firme. Los caracoles y la mu\u00f1eca-novia, es tuya tambi\u00e9n- es decir, eres t\u00fa -. [\u2026]\u00a0 Su vestido el mismo que no quiso quitarse el d\u00eda de la boda con nadie, cuando la encontramos casi dormida en el piso sucio de una calle. Mis faldas con volantes de encaje, y la blusa antigua que siempre llevaba hacen el retrato ausente, de una sola persona. Pero el color de tu piel, de tus ojos y tu pelo cambia con el viento de M\u00e9xico.\u00a0T\u00fa tambi\u00e9n sabes que todo lo que mis ojos ven y que toco conmigo misma, desde todas las direcciones, es Diego.\u00a0La caricia de las telas, el color del color, los alambres, los nervios, los l\u00e1pices, las hojas, el polvo, las c\u00e9lulas, la guerra y el sol, todo lo que se vive en los minutos de los no-relojes y los no-calendarios y las no-miradas vac\u00edas, es \u00e9l. T\u00fa lo sentiste, por eso dejaste que te trajera el barco desde el Havre donde t\u00fa nunca me dijiste adi\u00f3s. 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[\u2026] \u00c7a valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l\u2019Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens \u2013 ces bons \u00e0 rien \u2013 sont la cause de tous les Hitler et Mussolini !\u00a0\u00bb Trotski,\u00a0 Rivera, Breton, Jacqueline Lamba et Frida Kahlo. &nbsp; `Tandis qu&rsquo;une v\u00e9ritable et profonde amiti\u00e9 se noue entre Frida et Jacqueline: &nbsp; LETTRE DE FRIDA \u00e0 JACQUELINE:\u00a0 \u00ab\u00a0Depuis que tu m\u2019as \u00e9crit, en cette journ\u00e9e si claire et si lointaine, j\u2019ai voulu t\u2019expliquer que je ne pouvais ni prendre de jour de cong\u00e9, ni revenir en arri\u00e8re. Je ne t\u2019ai pourtant pas oubli\u00e9e \u2014 sans toi les nuits sont longues et difficiles. L\u2019eau. Le bateau, le quai et ce\u00a0d\u00e9part\u00a0qui t\u2019ont fait redevenir enfant au travers de mes yeux, ceux-l\u00e0 m\u00eames par lesquels tu me regardais comme au travers de deux fen\u00eatres rondes, comme pour me garder \u00e0 jamais dans ton c\u0153ur. Tout cela est intact. Apr\u00e8s sont arriv\u00e9s des jours nouveaux pour toi. Aujourd\u2019hui je voudrais tant que mon soleil puisse te toucher. [\u2026] La chemise aux rubans de soie est tienne. Les vieilles places de ton Paris sont quant \u00e0 elles \u00e0 moi, et par-dessus toutes la merveilleuse \u2014 La Place des Vosges, si oubli\u00e9e et si ferme, les escargots et la poup\u00e9e sont aussi tiens \u2014 ou plut\u00f4t c\u2019est ce qui te repr\u00e9sente. [\u2026] Sa robe est toujours la m\u00eame que le jour du mariage, tu te souviens, celle qu\u2019elle n\u2019a voulu enlever avec personne. C\u2019est ce m\u00eame jour que nous l\u2019avions trouv\u00e9e presque endormie dans cet appartement si sale. Mes jupes en dentelle et la vieille blouse que je porte toujours dessinent le portrait absent d\u2019une seule et unique personne. Mais la couleur de ta peau, de tes yeux et de tes cheveux change avec le vent mexicain. Tu sais toi-m\u00eame que tout ce que je vois, tout ce que je touche, ne m\u2019am\u00e8ne que vers lui, Diego. La caresse des tissus, la couleur de la couleur, les clochettes, les nerfs, les crayons, les feuilles, la poussi\u00e8re, les cellules, la guerre et le soleil, tout ce qui se vit dans les minutes situ\u00e9es hors du temps et du vide invisible, c\u2019est lui. Tu l\u2019as senti, c\u2019est pour \u00e7a que tu as permis que le bateau du Havre, o\u00f9 tu ne m\u2019as jamais dit adieu, me ram\u00e8ne. Je continuerai toujours \u00e0 t\u2019\u00e9crire avec mes yeux.\u00a0\u00bb : Frida Kahlo \u00ab\u00a0Desde que me escribiste, en aquel d\u00eda tan claro y lejano, he querido explicarte que no puedo irme de los d\u00edas, ni regresar a tiempo al otro tiempo. No te he olvidado &#8211; las noches son largas y dif\u00edciles. El agua. El barco y el muelle y la ida, que te fue haciendo tan chica, desde mis ojos, encarcelados en aquella ventana redonda que t\u00fa mirabas para guardarme en tu coraz\u00f3n. Todo eso est\u00e1 intacto. Despu\u00e9s vinieron los d\u00edas, nuevos de ti. Hoy, quisiera que mi sol te tocara. Te digo que tu ni\u00f1a es mi ni\u00f1a, los personajes t\u00edteres arreglados en su gran cuarto de vidrio, son de las dos. Es tuyo el huipil con listones solferinos. M\u00edas las plazas viejas de Par\u00eds, \u00a0sobre todas ellas, la maravillosa &#8211; Des Vosges tan olvidada y tan firme. Los caracoles y la mu\u00f1eca-novia, es tuya tambi\u00e9n- es decir, eres t\u00fa -. [\u2026]\u00a0 Su vestido el mismo que no quiso quitarse el d\u00eda de la boda con nadie, cuando la encontramos casi dormida en el piso sucio de una calle. Mis faldas con volantes de encaje, y la blusa antigua que siempre llevaba hacen el retrato ausente, de una sola persona. Pero el color de tu piel, de tus ojos y tu pelo cambia con el viento de M\u00e9xico.\u00a0T\u00fa tambi\u00e9n sabes que todo lo que mis ojos ven y que toco conmigo misma, desde todas las direcciones, es Diego.\u00a0La caricia de las telas, el color del color, los alambres, los nervios, los l\u00e1pices, las hojas, el polvo, las c\u00e9lulas, la guerra y el sol, todo lo que se vive en los minutos de los no-relojes y los no-calendarios y las no-miradas vac\u00edas, es \u00e9l. T\u00fa lo sentiste, por eso dejaste que te trajera el barco desde el Havre donde t\u00fa nunca me dijiste adi\u00f3s. 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Breton \u00e9crit dans le catalogue: \u00ab L\u2019art de Frida Kahlo est un ruban autour d\u2019une tombe. \u00bb On pr\u00e9tend que Picasso lui offre de grandes mains en ivoire en guise de boucles d\u2019oreilles. La couturi\u00e8re Schiaparelli cr\u00e9e une robe, \u00ab Madame Rivera \u00bb. Frida\u00a0 n&rsquo;aime pas Paris, qu&rsquo;elle trouve sale, et la nourriture ne lui convient pas ; elle attrape une colibacillose. L&rsquo;exposition lui d\u00e9pla\u00eet : son avis est \u00ab qu&rsquo;elle est envahie par cette bande de fils de putes lunatiques que sont les surr\u00e9alistes \u00bb, elle trouve superflue \u00ab toute cette saloperie \u00bb expos\u00e9e autour du Mexique. Par-dessus le march\u00e9 Pierre Colle refuse d&rsquo;exposer ses \u0153uvres\u00a0 dans sa galerie, choqu\u00e9 par la \u00ab\u00a0crudit\u00e9 des tableaux\u00a0\u00bb.\u00a0 D&rsquo;apr\u00e8s Frida \u00ab\u00a0cette exposition est une vaste fumisterie\u00a0\u00bb . 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[\u2026] \u00c7a valait le coup de venir, rien que pour voir pourquoi l\u2019Europe est en train de pourrir sur pied et pourquoi ces gens \u2013 ces bons \u00e0 rien \u2013 sont la cause de tous les Hitler et Mussolini !\u00a0\u00bb Trotski,\u00a0 Rivera, Breton, Jacqueline Lamba et Frida Kahlo. &nbsp; `Tandis qu&rsquo;une v\u00e9ritable et profonde amiti\u00e9 se noue entre Frida et Jacqueline: &nbsp; LETTRE DE FRIDA \u00e0 JACQUELINE:\u00a0 \u00ab\u00a0Depuis que tu m\u2019as \u00e9crit, en cette journ\u00e9e si claire et si lointaine, j\u2019ai voulu t\u2019expliquer que je ne pouvais ni prendre de jour de cong\u00e9, ni revenir en arri\u00e8re. Je ne t\u2019ai pourtant pas oubli\u00e9e \u2014 sans toi les nuits sont longues et difficiles. L\u2019eau. 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No te he olvidado &#8211; las noches son largas y dif\u00edciles. El agua. El barco y el muelle y la ida, que te fue haciendo tan chica, desde mis ojos, encarcelados en aquella ventana redonda que t\u00fa mirabas para guardarme en tu coraz\u00f3n. Todo eso est\u00e1 intacto. Despu\u00e9s vinieron los d\u00edas, nuevos de ti. Hoy, quisiera que mi sol te tocara. Te digo que tu ni\u00f1a es mi ni\u00f1a, los personajes t\u00edteres arreglados en su gran cuarto de vidrio, son de las dos. Es tuyo el huipil con listones solferinos. M\u00edas las plazas viejas de Par\u00eds, \u00a0sobre todas ellas, la maravillosa &#8211; Des Vosges tan olvidada y tan firme. Los caracoles y la mu\u00f1eca-novia, es tuya tambi\u00e9n- es decir, eres t\u00fa -. [\u2026]\u00a0 Su vestido el mismo que no quiso quitarse el d\u00eda de la boda con nadie, cuando la encontramos casi dormida en el piso sucio de una calle. 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