﻿{"version":"1.0","provider_name":"Ceci n\u2019est pas un blog","provider_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal","title":"Arrabal \u00e0 Aix... follement! - Ceci n\u2019est pas un blog","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"5n9FWLJdmL\"><a href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2013\/01\/10\/3518\/arrabal-a-aix-follement\/\">Arrabal \u00e0 Aix&#8230; follement!<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2013\/01\/10\/3518\/arrabal-a-aix-follement\/embed\/#?secret=5n9FWLJdmL\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Arrabal \u00e0 Aix&#8230; follement!\u00a0\u00bb &#8212; Ceci n\u2019est pas un blog\" data-secret=\"5n9FWLJdmL\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2013\/01\/oscarw.jpg","thumbnail_width":"650","thumbnail_height":"383","description":"13 JANVIER (et 14 )\u00a0\u00a0 INOUBLIAAAAAAAAAAAABLE Th\u00e9\u00e2tre Antoine Vitez (AIX) 19 h LA PIERRE DE LA FOLIE de\u00a0 Fernando Arrabal mise en sc\u00e8ne de Jacqueline Gudin Annie Savignat Nicole Saignes http:\/\/www.arrabal.org\/fpier.html &nbsp; &#8230;arrabalesques:\u00a0 http:\/\/www.arrabal.org\/fpier.html LA PIERRE DE LA FOLIE DEF. ARRABAL J&rsquo;ai une bulle d&rsquo;air\u00a0. Je la sens tr\u00e8s bien. Quand je suis triste, elle se fait plus lourde et parfois, quand je pleure, on dirait une goutte de mercure. La bulle d&rsquo;air se prom\u00e8ne de mon cerveau \u00e0 mon c\u00faur et de mon c\u00faur \u00e0 mon cerveau.***\u00a0\u00bb\u00a0Mon enfant, mon enfant.\u00a0\u00a0\u00bb Enfin, elle alluma une lampe minuscule et je pus voir son visage mais non son corps plong\u00e9 dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Je lui dis\u00a0: \u00a0\u00bb\u00a0Maman.\u00a0\u00a0\u00bb Elle me demanda de la prendre dans mes bras. Je la pris dans mes bras et je sentis ses ongles s&rsquo;enfoncer dans mes \u00e9paules\u00a0: bient\u00f4t le sang jaillit, humide. Elle me dit\u00a0: \u00a0\u00bb\u00a0Mon enfant, mon enfant, embrasse-moi.\u00a0\u00a0\u00bb Je m&rsquo;approchai et l&#8217;embrassai et je sentis ses dents s&rsquo;enfoncer dans mon cou et le sang couler. Je m&rsquo;aper\u00e7us qu&rsquo;elle portait, pendue \u00e0 sa ceinture, une petite cage avec un moineau \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Il \u00e9tait bless\u00e9 mais il chantait\u00a0: son sang \u00e9tait mon sang. *** Nous nous sommes enlac\u00e9s nus dans la campagne, et bient\u00f4t nous nous sommes \u00e9cart\u00e9s de la terre, et nous avons vol\u00e9 doucement. Sur la t\u00eate, nous portions des couronnes de fer. La brise nous a emport\u00e9s de-ci de-l\u00e0, et parfois nous tournions sur nous-m\u00eames, toujours unis, vertigineusement. Mais nos couronnes ne tombaient pas. Ainsi nous avons parcouru en quelques instants toutes sortes de r\u00e9gions, mes cuisses entre les siennes, ma joue contre la sienne et nos deux couronnes des touchant. Apr\u00e8s les ultimes convulsions, nous sommes revenus sur terre. Nous avons remarqu\u00e9 que nos couronnes nous avaient bless\u00e9s au front et que notre sang glissait. *** Elle me disait que je suis le soleil et elle la lune, que je suis le cube et elle la sph\u00e8re, que je suis l&rsquo;or et elle l&rsquo;argent. Alors de tout mon corps sortaient des flammes et de tous les pores de son corps, de la pluie. Nous nous \u00e9treignions et mes flammes se m\u00ealaient \u00e0 sa pluie et d&rsquo;infinis arcs-en-ciel se formaient autour de nous. Ce fut alors qu&rsquo;elle m&rsquo;apprit que je suis le feu, et elle, l&rsquo;eau. *** Le cur\u00e9 est venu voir ma m\u00e8re et il lui a dit que j&rsquo;\u00e9tais fou. Alors ma m\u00e8re m&rsquo;a attach\u00e9 \u00e0 ma chaise. Le cur\u00e9 m&rsquo;a fait un trou dans la nuque avec un bistouri et il m&rsquo;a extrait la pierre de la folie. Puis ils m&rsquo;ont port\u00e9, pieds et poings li\u00e9s, jusqu&rsquo;\u00e0 la nef des fous. *** Un jour en me regardant la glace, je remarquai que trois morceaux de ma t\u00eate tombaient comme si c&rsquo;\u00e9taient trois petits pav\u00e9s. Je parvins \u00e0 les replacer avec soin. Le lendemain sept morceaux sont tomb\u00e9s. En effet, on aurait dit des petits pav\u00e9s. Je les remis en prenant bien soin de ne pas les changer de place. Depuis lors tous les matins des morceaux de ma t\u00eate tombent et m\u00eame des morceaux de visage. Quelquefois la moiti\u00e9 de ma t\u00eate s&rsquo;\u00e9boule. Je dois passer des heures enti\u00e8res dans la salle de bain \u00e0 remettre les morceaux. Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai surpris la famille qui disait derri\u00e8re mon dos\u00a0: \u00a0\u00bb\u00a0Il devient de plu sen plus bizarre\u00a0; maintenant il lui a pris la manie de ne plus remuer du tout la t\u00eate et de s&rsquo;enfermer des heures et des heures dans la salle de bains.\u00a0\u00ab\u00a0 *** Quand je pense \u00e0 ma m\u00e9moire la dame appara\u00eet ainsi que le fou noir dans le coin de ma chambre. Quand je pense \u00e0 mon imagination je vos passer devant moi le lion de Copenhague. Quand je pense \u00e0 mes r\u00eaves le sol se couvre de chapeaux melons. Et quand dans la p\u00e9nombre de ma table de travail j&rsquo;\u00e9cris R I E N, sur mon pouce je peux lire en lettres phosphorescentes le mot T O U T. *** Dans l&rsquo;obscurit\u00e9 je ne vois que les yeux du Sphinx de Tanis. Ils sont fixes et ils me regardent. Je les regarde aussi sans bouger. Tout \u00e0 coup, dans l&rsquo;un de ses yeux, j&rsquo;ai vu \u00e9crit P E U R, et dans l&rsquo;autre E S P O I R. Mais bien vite le Sphinx ferme les yeux et je ne vois plus que l&rsquo;obscurit\u00e9. *** Derri\u00e8re il y a une nonne et une grande po\u00eale sur le feu. Je crois qu&rsquo;elle fait une omelette car je vois pr\u00e8s d&rsquo;elle deux gigantesques \u00faufs. Je m&rsquo;approche, elle me regarde fixement et j&rsquo;aper\u00e7ois sous sa robe deux cuisses de grenouille \u00e0 la place des jambes. Dans la po\u00eale il y un homme qui a l&rsquo;air indiff\u00e9rent. De temps en temps il sort un pied &#8211; peut-\u00eatre a-t-il chaud &#8211; mais la nonne l&rsquo;en emp\u00eache. Maintenant l&rsquo;homme ne bouge plus et une sorte de bouillon qui sent le consomm\u00e9 le recouvre compl\u00e8tement. La soupe devient tr\u00e8s \u00e9paisse, je ne le vois plus. La nonne me dit de venir dans un coin. Je l&rsquo;accompagne. Elle se met \u00e0 me parler et \u00e0 me d\u00e9biter des obsc\u00e9nit\u00e9s. Pour mieux la comprendre je m&rsquo;approche d&rsquo;elle. Quelqu&rsquo;un rit derri\u00e8re nous. Je regarde les mains de la nonne et je d\u00e9couvre deux pattes de grenouille. Je suis nu\u00a0: j&rsquo;ai peur qu&rsquo;on me voie dans cet \u00e9tat. Elle me dit de prendre place dans la grande po\u00eale pour que personne ne me surprenne. Je m&rsquo;y place. Le bouillon devient de plus en plus br\u00fblant\u00a0: j&rsquo;essaie de sortir un pied de la po\u00eale mais la nonne m&rsquo;en emp\u00eache. Soudain le consomm\u00e9 me recouvre compl\u00e8tement et je sens que la chaleur augmente sans cesse. Maintenant je br\u00fble. *** Lorsque je me mets \u00e0 \u00e9crire l&rsquo;encrier s&#8217;emplit de vers, ma plume de r\u00eaves et le papier blanc d&rsquo;id\u00e9es. Alors je ferme les yeux, et tandis que j&rsquo;entends le ronron du po\u00eale, je vois tourner autour de mon cerveau, minuscules, la-belle-Lis poursuivie par la m\u00e8re-abusive. Quand j&rsquo;ouvre les yeux, les vers, les r\u00eaves et les id\u00e9es ont disparu, et sur la feuille blanche je peux commencer \u00e0 \u00e9crire\u00a0: *** Elle s&rsquo;avance dans la rue devant moi. Tout \u00e0 coup je me rends compte que, malgr\u00e9 la circulation tr\u00e8s dense, elle est debout sur un taureau qui la porte doucement. Aussit\u00f4t, un oiseau plus grand qu&rsquo;une colombe et dont j&rsquo;ignore le nom se juche sur sa t\u00eate. Elle tient \u00e0 la main l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 d&rsquo;une cha\u00eene qui tra\u00eene \u00e0 terre. Je la regarde et j&rsquo;observe que ses pieds nus touchent l&rsquo;\u00e9chine du taureau. Et je les suis tous deux dans les rues. Je m&rsquo;arr\u00eate un moment et je remarque alors que la cha\u00eene est attach\u00e9e \u00e0 mon pied droit par un anneau sur lequel je lis\u00a0: P A N. *** A mon r\u00e9veil je vis que le chat, sur la commode, me regardait fixement, immobile. Il avait peut-\u00eatre pass\u00e9 la nuit dans cette attitude. (Alors je me souvins de mon r\u00eave\u00a0: tandis que je dormais un chat m&rsquo;observait, immobile, sur la commode, et en m&rsquo;\u00e9veillant je le voyais se jeter sur moi et me griffer le visage.) Je n&rsquo;eus pas le temps de me prot\u00e9ger, le chat sauta sur moi et me balafra la joue droite. Je me regardai dans la glace et je vis que mon sang avait trac\u00e9 sur mon visage le mot \u00a0\u00bb\u00a0Science\u00a0\u00ab\u00a0. *** Les deux poissons avaient le corps constell\u00e9 d&rsquo;\u00e9toiles et une corde pass\u00e9e autour de leur queue leur servait de lien. Ils volaient dans les airs, voil\u00e0 pourquoi P [&hellip;]"}