﻿{"version":"1.0","provider_name":"Ceci n\u2019est pas un blog","provider_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal","title":"Le Ch\u00e2teau des Clandestins \u00e0 la Cartoucherie - Ceci n\u2019est pas un blog","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"whZu07SSAf\"><a href=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/03\/11\/2918\/le-chateau-des-clandestins-a-la-cartoucherie-2\/\">Le Ch\u00e2teau des Clandestins  \u00e0 la Cartoucherie<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/2012\/03\/11\/2918\/le-chateau-des-clandestins-a-la-cartoucherie-2\/embed\/#?secret=whZu07SSAf\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Le Ch\u00e2teau des Clandestins  \u00e0 la Cartoucherie\u00a0\u00bb &#8212; Ceci n\u2019est pas un blog\" data-secret=\"whZu07SSAf\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/laregledujeu.org\/arrabal\/files\/2012\/01\/oldfashion1-620x832.jpg","thumbnail_width":"620","thumbnail_height":"832","description":"Le Ch\u00e2teau des Clandestins pi\u00e8ce \u00e9crite par Fernando Arrabal en 2009 a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame au metteur en sc\u00e8ne et acteur Marcos Malavia pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation en France \u00e0 la Cartoucherie. Si ce dernier, directeur de th\u00e9\u00e2tre latino am\u00e9ricain s\u2019est tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal qui a voulu montrer \u00ab\u00a0l\u2019inutilit\u00e9 d\u2019\u00e9dicter l&rsquo;art et la production artistique \u00bb, c\u2019est qu\u2019il est pour lui \u00ab\u00a0un des auteurs majeurs de la dramaturgie contemporaine \u00bb et qu\u2019il a \u00ab\u00a0toujours eu envie de comprendre et de pouvoir interpr\u00e9ter un des ses textes \u00bb. ___ Il y a cinquante ans, Fernando Arrabal cr\u00e9ait avec Jodorowsky et Topor le groupe Panique. Pour le dramaturge, \u00ab\u00a0le Panique\u00a0est une \u2018\u2018mani\u00e8re d\u2019\u00eatre\u2019\u2019 r\u00e9gie par la confusion, l\u2019humour, la terreur, le hasard et l\u2019euphorie \u00bb (Fernando Arrabal, Panique, Manifeste pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire.). Tels sont les grands th\u00e8mes qui b\u00e2tissent le th\u00e9\u00e2tre de ce dramaturge, nourri de l\u2019h\u00e9ritage de Lewis Carroll et de son monde magique rempli d\u2019innocentes perversions, de Sade, Kafka, Beckett, Artaud, ou encore Alfred Jarry, qui a cass\u00e9 le moule du th\u00e9\u00e2tre conventionnel. Pour Arrabal,\u00a0le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art total par excellence, capable d\u2019englober toutes les facettes de la vie, y compris la mort, et dans lequel humour, po\u00e9sie, fascination et confusion ne font plus qu\u2019un. D\u00e8s lors, l\u2019art Panique se caract\u00e9rise par le d\u00e9sordre, une certaine brutalit\u00e9 amoureuse et surtout une part immense de d\u00e9mesure et de r\u00eave. De l\u2019intrigue Chez Arrabal, comme chez de nombreux autres dramaturges du th\u00e9\u00e2tre moderne et contemporain, la po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale, les jeux de langage et les effets produits sur le spectateur prennent le pas sur l\u2019intrigue. La trame narrative est donc des plus simples\u00a0: Lerry, une duchesse d\u2019un temps qui semble r\u00e9volu, garde \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d\u2019un ch\u00e2teau un groupe de clandestins qu&rsquo;elle refuse de livrer \u00e0 la police et au Ministre de l&rsquo;immigration, motiv\u00e9e par l&rsquo;amour charnel et sensuel qu&rsquo;elle \u00e9prouve pour leur chef. Pendant un peu plus d\u2019une heure, l\u2019acteur, seul humain sur sc\u00e8ne, se livre avec fougue, fr\u00e9n\u00e9sie et all\u00e9gresse \u00e0 une sorte de gigantesque monologue entrecoup\u00e9 de sc\u00e8nes dialogu\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la vie de Lerry comme \u00ab\u00a0un roman plein d\u2019hallucinations, d\u2019amours, et de myst\u00e8res \u00bb. Apr\u00e8s une entr\u00e9e p\u00e9tulante et tourbillonnante par le fond de la salle de th\u00e9\u00e2tre, le personnage, en connivence avec les spectateurs, \u00e9volue au sein de ce qui s\u2019apparente \u00e0 une ancienne chambre aux caract\u00e9ristiques aristocratiques, \u00ab\u00a0transform\u00e9e en capharna\u00fcm telle une poubelle renvers\u00e9e \u00bb. D\u00e8s lors, le th\u00e8me de l\u2019isolement du monde ext\u00e9rieur va rapidement apparaitre aux yeux du spectateur. Bien que Lerry, par sa na\u00efve joyeuset\u00e9 perp\u00e9tuelle, fasse oublier un temps \u00e0 ceux qui la contemplent qu\u2019elle est bel et bien enferm\u00e9e, elle d\u00e9crit elle-m\u00eame ce lieu comme un espace \u00ab\u00a0clos\u00a0\u00bb s\u00e9par\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur par de solides murs. A la fois lieu de mise en sc\u00e8ne des marginaux et sorte de chapelle ardente du d\u00e9sir isol\u00e9 du monde, l\u2019endroit est aussi qualifi\u00e9 de mani\u00e8re paradoxale\u00a0: \u00ab\u00a0ch\u00e2teau sans fronti\u00e8re\u00a0\u00bb. Na\u00eet alors la confusion propre au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal, entre isolement, claustration, et ext\u00e9riorit\u00e9. Quel qu\u2019il soit, l\u2019endroit est bien celui o\u00f9 se rassemblent tous les exclus et les bannis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 scl\u00e9ros\u00e9e qui se d\u00e9barrasse de ce qui ne lui semble pas \u00eatre la \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb. Du personnage Si le personnage de la pi\u00e8ce est une femme, c\u2019est bien Marcos Malavia qui l\u2019incarne. Le metteur en sc\u00e8ne s\u2019explique alors sur ce choix\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Fernando Arrabal lui-m\u00eame qui m\u2019a demand\u00e9 de le faire. Il avait d\u00e9j\u00e0 vu la pi\u00e8ce jou\u00e9e par des femmes en Italie et au Br\u00e9sil et il me l&rsquo;a confi\u00e9e en me demandant de l&rsquo;interpr\u00e9ter. Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il voulait voir le personnage de Lerry jou\u00e9 par un homme, non par un travesti mais plut\u00f4t par un homme-clown. Alors je me suis pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette fascinante exp\u00e9rience.\u00a0\u00bb Plus que l\u2019aspect clownesque, c\u2019est plut\u00f4t la dimension burlesque qu\u2019il faut retenir ici. Ce choix de mise en sc\u00e8ne apporte certes une part d\u00e9rision mais donne \u00e9trangement plus de force et de dynamisme \u00e0 une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois rythm\u00e9e, dr\u00f4le et touchante, qui va mettre les Hommes face \u00e0 leurs propres contradictions et \u00e0 leur absurdit\u00e9. Outre son aspect burlesque, le personnage de Lerry rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re enfantin par son hypersensibilit\u00e9 et la plupart de ses attitudes. Tant\u00f4t versatile, lunatique, nostalgique ou \u00a0encore romantique, sa seule constante reste la fr\u00e9n\u00e9sie avec laquelle elle consid\u00e8re le monde\u00a0; sa seule volont\u00e9 \u00e9tant de mourir aim\u00e9e. Mais derri\u00e8re cet optimisme d\u00e9lirant, ses extravagants raisonnements et ses id\u00e9es folles sans aucune pudeur, le personnage de Lerry, empli d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019amour, prom\u00e8ne sur le monde son regard na\u00eff qui devient une source d\u2019humour in\u00e9puisable. Faisant fi des pr\u00e9suppos\u00e9s et des carcans de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, le personnage avoue en toute innocence des go\u00fbts particuliers qu\u2019il croit appartenir \u00e0 tous. Comme la plupart des h\u00e9ros du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal,\u00a0Lerry vit bien malgr\u00e9 elle dans la confusion et dans un univers quasi kafka\u00efen, au sein duquel elle joue \u00e0 vivre en marge des r\u00e8gles impos\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. De l\u2019engagement Derri\u00e8re cette trame simple et cette dimension onirique et burlesque, c\u2019est d\u2019une sorte de trag\u00e9die contemporaine dont il s\u2019agit. Pour Marcos Malavia, \u00ab\u00a0le probl\u00e8me qui s\u2019y pose est celui d&rsquo;une trag\u00e9die propre \u00e0 notre temps, empreinte d\u2019une grande d\u00e9rision. [La pi\u00e8ce] repr\u00e9sente le monde absurde dans lequel le capitalisme nous a accul\u00e9 \u00e0 vivre\u00a0; et Lerry est en quelque sorte la m\u00e9taphore de ces tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es auxquelles nous assistons \u00e0 travers la presse, des gens qui tentent de faire face \u00e0 la grande machine sociale et politique qui est destin\u00e9e \u00e0 an\u00e9antir tout esprit de solidarit\u00e9 qui pourrait s\u2019\u00e9veiller dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. En effet, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arrabal\u00a0est frondeur, contestataire et anti-conformiste. Le dramaturge explore une po\u00e9tique et un humour audacieux qui participe \u00e0 une entreprise de destruction et de refondation, en d\u00e9peignant de mani\u00e8re caricaturale les exc\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Ici, ce sont plus particuli\u00e8rement les institutions et le pouvoir qui passent au crible de sa critique. \u00ab\u00a0Politiciens r\u00e9trogrades \u00bb, \u00ab\u00a0ramassis de bons \u00e0 rien \u00bb, \u00ab\u00a0pays de rat\u00e9s et de mazettes sans feu ni loi \u00bb\u00a0: ministres, m\u00e9dias, justice, administration et ENA, tous y passent\u00a0! Arrabal s\u2019insurge avec exaltation contre une forme de capitalisme et de mat\u00e9rialisme sordide et froid en faisant de Lerry le symbole de la marginalit\u00e9 et de la lutte. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la repr\u00e9sentation, un coup de feu retentit, annon\u00e7ant en filigrane une fin tragique, violente, et sans issue, le personnage se trouvant d\u00e9j\u00e0 dans un lieu clos. Ces tirs isol\u00e9s deviennent en effet de plus en plus pr\u00e9sents dans la seconde moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, et s\u2019ach\u00e8vent par une fusillade qui rappelle le d\u00e9nouement d\u2019une des pi\u00e8ces les plus jou\u00e9es d\u2019Arrabal, Pique-Nique en campagne. Ainsi, \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation, tout ce qui semblait d\u00e9risoire, burlesque, et absurde prend soudain une tournure plus tragique, tout en restant po\u00e9tique. Pour Arrabal, il semble que la fonction du th\u00e9\u00e2tre ne soit pas tant de changer le monde, mais plut\u00f4t de l\u2019appr\u00e9hender autrement, par la jouissance m\u00eame. De la provocation\u00a0\u00e0 la lib\u00e9ration Si Arrabal se plait fr\u00e9quemment \u00e0 associer les th\u00e8mes du sacr\u00e9, du v\u00e9n\u00e9rable, de la sexualit\u00e9, et de la perversion\u00a0; ce n\u2019est pas uniquement dans une dynamique de provocation et de sacril\u00e8ge. Mais quoi de plus d\u00e9rangeant quand on veut d\u00e9stabiliser, que la vulgarit\u00e9\u00a0? Alors que le th\u00e8me de la sexualit\u00e9 est bien pr\u00e9sent dans la pi\u00e8ce, elle ne sombre pas dans le vulgaire. Cette derni\u00e8re est en permanence sugg\u00e9r\u00e9e, et la pi\u00e8ce n\u2019offre aucune repr\u00e9sentation sc\u00e9nique de ces \u00e9l\u00e9ments. Les sc\u00e8nes \u00e9rotiques [&hellip;]"}