Après s’être illustré par des propos indécents lors du procès Merah et lors d’un entretien avec Nicolas Demorand, que fait l’avocat du frère du terroriste responsable de l’attentat de Toulouse, où des militaires et des enfants juifs ont été tués à bout touchant, pour continuer à faire parler de lui ?

Il a choisi la date du 13 novembre, jour des commémorations des attentats qui ont frappé la France au cœur, pour publier une lettre ordurière, fidèle à sa réputation d’avocat en mal de publicité.

Alors qu’il dit vouloir faire entendre la raison, le droit et la justice et non les passions lors du procès Merah, Éric Dupond-Moretti répond au Bloc-notes de Bernard-Henri Lévy paru le jeudi 9 novembre par des attaques ad hominem.

On aurait pu espérer, au regard de la gravité des événements en jeu, et de leur place dans notre histoire nationale, que les arguments utilisés lors de la riposte soient des arguments de fond. Mais non. Aux attaques intellectuelles de Bernard-Henri Lévy, M. Dupond-Moretti répond encore par la couleur des chemises. On lui parle d’humanité, de dignité, de décence et d’Histoire, il oppose Charvet.

Ainsi celui qui déclare être motivé par la contribution qu’il aurait à apporter au premier d’une série de procès historiques, choisit l’offense et la grossièreté plutôt que le débat d’idées. Est-ce cela sa contribution ? Est-ce ainsi qu’il estime arracher la France à la dérive populiste que le terrorisme, selon lui, autoriserait ?

Croyant que le débat sur le terrorisme s’incarne dans son seul ego, M. Dupond-Moretti oublie la cause qu’il était censé défendre pour, piqué dans son orgueil, s’abaisser à des attaques au-dessous de la ceinture.

Définitivement, Éric Dupond-Moretti vient encore de faire la démonstration qu’il n’est pas aisé d’avoir la dignité et l’élégance d’un Robert Badinter…

2 Commentaires

  1. Je suis d’accord avec Dupond Moretti, mais ni avec BHL ni avec vous : ni l’un ni l’autre ne brillez par votre objectivité ou votre impartialité. En démocratie, la Justice a ses impératifs ; la vindicte populaire que vous semblez, de fait, soutenir n’a pas voix au chapitre.

  2. L’avocat du salaud est l’un des rouages de la justice; la charité est un autre principe. Il ne bosse pas pour elle, aussi forte puisse être l’inspiration qu’il y puise. C’est d’ailleurs valable pour l’avocat des parties civiles dont il faut souligner qu’elles n’ont pas attendu le bourreau de leurs proches dans la rue transformée en meute d’une petite ville de l’Ouest lointain galvanisée par le bon pasteur Trump, juste avant sa téléportation au XXIe siècle, du temps où l’on pouvait le voir brandir le nœud coulant auquel il réduisait, déjà, la force du Bien.
    Nous aurions tort d’estampiller «antisémite» le défenseur des droits de l’assassin antisémite. Le ferions-nous que cela n’excuserait pas la propension de notre objet d’opprobre à innocenter un pourri de la pire espèce dans le seul but de se laver lui-même. La justice d’un État de droit étend les droits de l’homme au domaine inhumain, ou trop humain, de l’homicide. Il s’agit ici de jugement, non de pardon. Pas question de détourner le cadre judiciaire à l’intention de conférer un caractère institutionnel à une vaste et lâche opération de dédiabolisation du mal puant la complicité à plein nez. Que tout criminel ait droit à un procès équitable est une chose, qu’un commanditaire de minicrime contre l’humanité à répétition soit assuré que son petit business immonde se verra garantir une protection sans faille de la part d’une institution hypnotisable à souhait en est une autre. C’est à ce croisement-là qu’Éric D.-M. entame sa sortie de route, alors qu’il avait le pouvoir de remonter la hiérarchie pirate et, rendant au procès Merah la dimension qu’il méritait, plaider pour la gradation des peines en regard de la responsabilité des commanditaires d’un petit inquisiteur de province sans qui, est-il utile de le rappeler, rien n’aurait pu s’accomplir, instructeur en chef d’une section djihadique affectée à l’exécution de deux opérations simultanées concernant, d’une part, la Contrarreforma islamica et, d’autre part, la néo-Shoah par balles.
    Au fait, bien vu l’argument soufflé à l’oreille du plagiaire négationniste selon lequel un honnête musulman comme lui ne saurait être antisémite dès l’instant que les patriarches Ibrahim ou Ia’qub étaient juifs, à ceci près que ni Abrahâm ni Ia’acob ne sont issus de Iehouda qui est leur descendant direct. Il faudra donc s’y prendre légèrement moins grossièrement si l’on désire, au-delà d’une procédure judiciaire, apprendre au vengeur masqué des enfants-soldats du Hamas à ne pas haïr les Juifs, les Judéens ou les Israéliens. On pourra, par exemple, s’appuyer sur les démonstrations de sages ou de savants antérieurs, voire postérieurs aux scribes du Coran; quelques morceaux choisis d’un certain philosophe à la chemise blanche ne seraient pas superflus à la bibli pénitentiaire; à moins que l’avocat du diable ne leur préfère la sulfureuse anthologie des chemises noires de la littérature altermondialiste…
    Le procès de Maurice Papon fut aussi l’occasion de juger le régime de Vichy, mais jusqu’à quels sommets de lâcheté oserons-nous débrancher l’hydre à deux cultes chevauchée par tout l’organigramme du Califat islamonazi? Les minorités chî’ites seraient opprimées sous les régimes sunnites quand les coreligionnaires du premier islamisateur ploieraient sous le joug du premier schisme. Or le sous-groupe sunnite représente quatre-vingt-dix pour cent des musulmans de la planète. Faut-il en conclure que le berceau de l’islam est neuf fois moins opprimé par son rival qu’il ne l’opprime lui-même, et inversement, que le chî’isme ne représente qu’une moindre menace comparée à la sienne? Disons plutôt des docteurs du chî’isme que, s’ils ne s’illustrent pas par un coefficient de pénétration idéologique supérieur à celui dont les médusent leurs devanciers, ils n’ont jamais été leurs disciples en termes d’oppression. Et pour ne pas abandonner nos détracteurs dans la roue de l’incertitude, nous tenons à les rassurer quant au fait que nous ne ménagerons jamais nos efforts dans les terrains boueux où nous devrons nous dépêtrer de toute forme d’amalgame entre la politique de coranisation menée par les prétendants à la succession mahométane et les purges saoudiennes mises en œuvre par le dictateur démocrate de Riyad.