Non, ce n’est pas seulement le Président de la République qui, par tradition républicaine, termine ses discours ainsi. Non, ce n’est pas réactionnaire que d’aimer la République. Ce n’est pas non plus un problème de porter haut l’amour que l’on a de son pays, la France.

Redisons-le pour que tout le monde comprenne bien : il n’y a aucun problème à aimer la République française.

La France n’est pas un pays comme les autres : l’héritage de son histoire est celui d’un amour profond pour toutes ces hautes valeurs universelles qu’elle a contribué à forger. La Constitution de la Vème République, dès son préambule, affirme son attachement aux Droits de l’Homme. Elle rappelle aussi en son article 1er que, « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Pour ceux qui en douteraient, l’article 2 précise lui la devise de la République française, celle que l’on peut notamment lire sur toutes les mairies de France  : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Être français, c’est avant tout un attachement aux valeurs Républicaines. C’est croire en la Démocratie comme mode d’exercice du pouvoir. Couper la tête de celui qui en abuse. Croire en l’équilibre juste et nécessaire entre les différents pouvoirs de l’État. Préserver un État de Droit où la Justice a un réel pouvoir indépendant.  Rendre les citoyens égaux, au moins devant la Loi. Défendre la laïcité pour rassembler les hommes. Faire preuve d’humanisme avec toute la tolérance que cela nécessite pour accueillir celui qui diffère et éradiquer les extrémismes en tous genres. Faire de toutes ces diversités une richesse, un tout qui rassemble plus qu’il n’écarte. Défendre avant tout et pour tous l’intérêt général à travers la cohésion. Promouvoir la paix. Bien sûr, être français, c’est aussi bien d’autres choses.

Imaginez alors que, malgré le poids de l’héritage de plusieurs siècles de défense  et de promotion de valeurs aussi universelles que les Droits de l’Homme, le jeu politique de la Démocratie moderne commence à aller contre la Démocratie ; que le jeu électoral le caractérisant  prenne une tournure machiavélique, invitant ses différents acteurs à se livrer une guerre électorale des plus féroces laissant de côté les idéaux pour lesquels tous se battaient pourtant jusqu’alors. Que l’homme politique, au lieu de représenter, imaginer et protéger les intérêts de certains groupes de citoyens, finisse par ne plus représenter que ses propres intérêts politiques ; qu’il produise une offre politique non plus en réponse à une certaine idée qu’il se fait de son pays, mais plutôt par rapport à une l’idée qu’il a de ses ambitions personnelles.

Imaginez donc une République où le principe d’Égalité est si bien défendu que le pouvoir en place  décide, par simple effet d’annonce surement, de différencier ses citoyens selon leurs origines ; qu’il applique une définition sélective du concept de nationalité, certains l’ayant pleinement, d’autres pouvant la perdre pour mauvaise conduite.

Imaginez ensuite une République qui cherche à assurer la sûreté de tous en tenant un discours sécuritaire principalement basé sur la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui diffère ; une recherche de la cohésion sociale comme composante de la sûreté de tous et du bien commun en favorisant le communautarisme et en stigmatisant toute une partie de sa population.

Imaginez aussi une République qui protège son attachement fondamental à la laïcité en laissant ses plus hauts dignitaires faire des déclarations la remettant pourtant complètement en cause, suggérant une foi salvatrice là où le pacte social échouerait, exhortant à une croyance religieuse là où il faudrait une conviction politique.

Imaginez alors une République qui assure la survie de sa Démocratie en laissant un super-pouvoir présidentiel en place, remettant en cause l’équilibre nécessaire à toute Démocratie entre la responsabilité politique et l’étendue des pouvoirs d’un homme ; une démocratie qui transforme un arbitre, un garant de l’intégrité de la Constitution et des valeurs qu’elle renferme, en véritable leader politique alors Président, non pas de tous ses compatriotes, mais bien seulement de ceux qui pensent, disent et votent comme lui.

Imaginez une République, actrice historique de l’expansion du Droit international comme de l’Union Européenne, renier à ce point la liberté de circulation propre et fondamentale à l’Union Européenne qu’elle se retrouve sous le joug d’une procédure d’infraction législative instiguée par la Commission européenne.

Imaginez finalement une République si irréprochable dans sa défense des Droits de l’Homme que la première organisation protectrice de ces Droits, l’Organisation des Nations Unies, juge nécessaire de la rappeler à l’ordre aux yeux de tous ; une piqûre de rappel des valeurs universelles d’abord pensées par cette République qui doit sans cesse y réaffirmer son attachement.

La République est morte ! Vive la République !

Ne vous imaginez rien. Tout cela n’est qu’un mauvais moment à passer. Un peu comme un rêve désagréable que d’autres rêves viendront briser. Il s’agirait simplement que ceux qui le doivent finissent eux aussi par rêver d’autre chose. En attendant, que personne ne l’oublie ou n’en doute simplement :

« Vive la France ! Vive la République ! »

7 Commentaires

  1. Cher Monsieur Jerry Miller 42 ( je ne connais pas ce calibre )

    Il faut vous dire que j’ai décidé de pratiquer l’écriture automatique clownesque – c’est un nouveau genre que je me propose de développer et l’espace de  » La règle du Jeu  » me semble pas mal du tout pour l’instant. Rassurez vous, j’ai bien lu l’article, le titre et la photo. Et ce petit bout d’écriture en forme de pièce de théâtre est une blague et non un commentaire. J’ai commencé ce travail le 3 octobre avec un texte qui s’appelle  » Parce que l’humour permet de passer au dessus des frontières et de l’absurdité du monde  » dans la colonne du texte de François Henri Pinault. J’ai continué dans la colonne du texte de Bernard Henri Levy  » Sakineh : Ahmadinedjad recule  » avec un texte qui s’appelle  » Décidément, l’orthographe n’est pas mon frère « . Et un autre qui s’appelle  » A quand la journée mondiale contre la prétention française  » dans la colonne du texte de Patrick Glukman.
    Ce qui est drôle, c’est que cette petite joke – sans trop d’intêret – a toute suite été validée alors que les autres textes sont encore en court de validation.
    Et comme je suis un artiste qui travaille dans plusieurs secteurs de la création contemporaine – les mots, les images, le son, la voix… et que j’expérimente dans le domaine de l’interactivité – je trouve assez amusant l’idée qu’on se balade dans les colonnes de  » La règle du jeu  » et qu’on puisse tomber sur ce genre de texte qui ne sont justement pas des commentaires. Et qui peuvent créer de l’espace et du recule.
    Un brin de distraction.
    Par exemple, il y a une blague terrible qui m’est venu tout à l’heure et il faut que je vous la sorte maintenant si non je ne vais pas dormir :
    Quand on pense qu’il y a fallu faire bouger je ne sais pas combien de million personnes dans les rues de la France pour voir la Mére Royale et la Mére Aubry en train de se serrer la pogne derrière une banderole ! On peut vraiment se dire que ça coute cher à tout le monde les crèpages de chignon au Partie Socialiste ! Vous imaginez le bazard ! Tout ça parce que Madame Royale et Madame Aubry se sert la main dans la rue le 19 novembre 2010 à Paris. J’ai pas noté l’heure.
    Si le vieux André Decault était là, il dirait  » Et c’est là que l’histoire bascule  » !
    C’est encore un coup des compagnies d’assurances :
    Madame Royale et Madame Aubry se sert la main et ça fou le feu partout.
    Vous trouvez pas ça dingue ?
    Comme quoi, Bernard Henri Levy disait que le Partie Socialiste devrait disparaitre pour laisser apparaitre autre chose, et bien là, on en a la preuve.
    Ca devient urgent.
    C’est grave.
    On serait tenté de porter plainte contre Nicolas pour vandalisme – mais si ça se trouve c’est Ségolène ?
    Ou peut être les deux ? Ou les trois ?
    Bon allez, Ségolène, Martine et Nicolas au bureau des surveillants !
    On veut des explications.
    C’est quoi l’histoire ?
    Qui baise qui ?
    Vous pourriez pas nous faire quelque chose de plus créatif ?
    Faire manifester les lycéens sur la question des retraites alors qu’il n’y a pas de boulot.
    On bas des records !
    Et va s’y qu’on brule des pneux , et que les flics astiques leur matraques.
    Le folklore français : première destination touristique !!! : )
    L’exception culturelle… on croit rêver !
    De la bêtise en paquet de dix.
    Allez dispersion, le jury a délibéré :
    Martine à Lille : trois cent pintes. ( pour complicité de provocation )
    Ségolène à l’ile d’Yeu – trois milles chapelets et un allez retour à Saint-Jacques de Compostelle à genoux. ( pour provocation )
    et
    Nicolas – GO au Club de Liliane –  » Le god d’or  » – aux Seychelles.( pour négligence )
    Et avant de partir, vous nous copirez 10 000 000 fois :
     » je ne dois pas plus aller voir le pape « 

  2. Nulle part ailleurs
    «Mes sept années parisiennes furent les plus décisives de ma vie. C’est là que je suis devenu écrivain, que j’ai découvert l’amour passion dont parlaient tant les surréalistes, là où j’ai été plus heureux, ou moins malheureux, que nulle part ailleurs (…). Je n’exagère pas si je dis que j’ai passé toute mon adolescence à rêver de la France».

    Vargas Llosa,
    Prix Nobel pour un écrivain démocrate engagé

  3. C’était pas mal.
    On la refait.
    – Marianne, vous avez encore perdu votre petite culotte !
    Bon.
    Tout le monde est prêt ?
    – Gonzague, on ne fume pas dans les rangs.
    Attention,
    on ne bouge plus.
    Un, deux,
     » Maréchal nous voilà !
    Devant toi, le sauveur de la France…

    • Un peu curieusement, le texte de Léo Maidenberg & Pierre Mazer apparaît réfléchi, provocateur et courageux (diable, il faut être courageux pour dire que l’on aime) à côté du vôtre, conformiste et puéril..
      Mon dieu, l’équation « aimer sa nation = être fasciste »……
      Ca ne nous rajeunit pas…..

  4. Vive la FARCE! Comment peut-on encore parler de republique alors que nous sommes en pleine 1ere RIPOUFLIC? Il serait plus convenable de dire: Vive la Farce! Vive la RaiePublique! Je ne me reconnais en rien dans la france d’aujourd’hui! Les choses ne vont pas en s’ameliorant!

    • C’est dur de se regarder dans un miroir quand on s’appelle Maxid ?? Qu’es-ce qui gêne, l’acné?? Tiens, rien que pour rire, dites nous qu’elle merveilleuse contrée serait, de par ce vaste monde (selon vous) une démocratie remarquable relégant la notre au rang des bananiéres. Au lieu de répendre vos postillons et vos glaviaux sur le net et sur notre drapeau, allez donc montrer l’exemple de votre sens aigü de ce que sont pour vous les doux noms de « Liberté, Égalité, Fraternité ». Retroussez vous les manches, montrez vos mains propres et douces. La République n’existe et ne reste debout que si vous la tenez fermement par la main avec tous les autres. Et puis, entre nous, lui taper dessus sur cette pauvre vieille n’es-ce pas du réchauffé, du « papy Mougeot », du dernier ringard. Allons enfant, au boulot et avec le sourire sinon un an de vacances dans le pays (démocratique) de votre choix (mais sans alloc ni chomage)!