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	<title>Commentaires pour Encyclopédie des auteurs</title>
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	<description>La Règle du Jeu</description>
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		<title>Commentaires sur Guy Scarpetta par Nacera Belaza</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/147/guy-scarpetta/comment-page-1/#comment-22</link>
		<dc:creator>Nacera Belaza</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2012 00:44:14 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour Mr Scarpetta, 

j&#039;aurais aimé vous revoir si cela est possible . Nacera Belaza

 ( une de vos étudiantes à la faculté de Reims )</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Mr Scarpetta, </p>
<p>j&#8217;aurais aimé vous revoir si cela est possible . Nacera Belaza</p>
<p> ( une de vos étudiantes à la faculté de Reims )</p>
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		<title>Commentaires sur Bernard Sichère par Besneux JM</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/145/bernard-sichere/comment-page-1/#comment-19</link>
		<dc:creator>Besneux JM</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2011 22:25:43 +0000</pubDate>
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		<description>Je viens de terminer Ce grand soleil qui ne meurt pas. C&#039;est l&#039;occasion pour moi de découvrir la personne de cet homme, que j&#039;ai eu furtivement comme professeur à Caen. Que de craintes j&#039;ai nourries en écoutant sa voix claire et puissante (pourvu qu&#039;il ne m&#039;interroge pas!) expliquant les concepts freudiens ou nietzschéens, que de remous il a causés dans mon jeune esprit tourmenté! 
Je l&#039;ai probablement connu au moment où les dissonances qu&#039;il a perçues très tôt dans les convictions arborées par l&#039;UCF, s&#039;estompaient déjà au profit de l&#039;harmonie poétique et métaphysique qui le retrouveront par la suite.
Je lui dois tout: je n&#039;ai pas continué mes études de philosophie de peur de ne pouvoir jamais atteindre le niveau de ses chevilles. Il était inaccessible de culture et d&#039;intelligence. Sa prestance m&#039;a définitivement écarté de la philosophie. Mais je crois que j&#039;ai toujours gardé une voix en tête, la sienne, la voix de l&#039;honnêteté intellectuelle pure, celle qui continue à me guider et que je retrouve encore dans ses livres, comme celui-ci.
Je lui dis merci pour avoir éclairci cette tranche de vie, ce qui le rend plus près des vivants.
JM Besneux</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens de terminer Ce grand soleil qui ne meurt pas. C&#8217;est l&#8217;occasion pour moi de découvrir la personne de cet homme, que j&#8217;ai eu furtivement comme professeur à Caen. Que de craintes j&#8217;ai nourries en écoutant sa voix claire et puissante (pourvu qu&#8217;il ne m&#8217;interroge pas!) expliquant les concepts freudiens ou nietzschéens, que de remous il a causés dans mon jeune esprit tourmenté!<br />
Je l&#8217;ai probablement connu au moment où les dissonances qu&#8217;il a perçues très tôt dans les convictions arborées par l&#8217;UCF, s&#8217;estompaient déjà au profit de l&#8217;harmonie poétique et métaphysique qui le retrouveront par la suite.<br />
Je lui dois tout: je n&#8217;ai pas continué mes études de philosophie de peur de ne pouvoir jamais atteindre le niveau de ses chevilles. Il était inaccessible de culture et d&#8217;intelligence. Sa prestance m&#8217;a définitivement écarté de la philosophie. Mais je crois que j&#8217;ai toujours gardé une voix en tête, la sienne, la voix de l&#8217;honnêteté intellectuelle pure, celle qui continue à me guider et que je retrouve encore dans ses livres, comme celui-ci.<br />
Je lui dis merci pour avoir éclairci cette tranche de vie, ce qui le rend plus près des vivants.<br />
JM Besneux</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Guy Scarpetta par SCARPETTA Patrice</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/147/guy-scarpetta/comment-page-1/#comment-18</link>
		<dc:creator>SCARPETTA Patrice</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 22:53:10 +0000</pubDate>
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		<description>BRAVO POUR TA REUSSITE

              Patrice SCARPETTA</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>BRAVO POUR TA REUSSITE</p>
<p>              Patrice SCARPETTA</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Guy Scarpetta par SCARPETTA Patrice</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/147/guy-scarpetta/comment-page-1/#comment-17</link>
		<dc:creator>SCARPETTA Patrice</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 22:51:45 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour Guy, 
Je me souviens bien de toi quand tu passais dire un petit bonjour  chez mes parents à Mont-sur-Meurthe . A chaque fois ,papa, maintenant décédé, était en admiration devant ta culture et te donnais en exemple  pour nos études, jeunes adolescents que nous étions à l&#039;époque. Mes parents étaient émerveillés devant un texte que tu nous créais en français trés érudit auquel nous ne comprenions pas trois mots et que tu nous &quot;traduisais&quot; en langage courant pour le rendre parfaitement clair à nos yeux.
Je me souviens aussi t&#039;avoir vu à la télévision interviewer Arielle Dombasle et t&#039;avoir mis des petits bonjours au crayon de papier sur les enveloppes des lettres qui t&#039;étaient adressées quand tu enseignais à Nancy. Je travaillais aux PTT de Nancy. J&#039;ai maintenant 58ans, j&#039;habite TOUL et suis content de t&#039;avoir retrouvé sur le net.
Excellents souvenirs.                                                 Patrice,  fils de Emile dit : &quot;le Millo&quot;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Guy,<br />
Je me souviens bien de toi quand tu passais dire un petit bonjour  chez mes parents à Mont-sur-Meurthe . A chaque fois ,papa, maintenant décédé, était en admiration devant ta culture et te donnais en exemple  pour nos études, jeunes adolescents que nous étions à l&#8217;époque. Mes parents étaient émerveillés devant un texte que tu nous créais en français trés érudit auquel nous ne comprenions pas trois mots et que tu nous &#8220;traduisais&#8221; en langage courant pour le rendre parfaitement clair à nos yeux.<br />
Je me souviens aussi t&#8217;avoir vu à la télévision interviewer Arielle Dombasle et t&#8217;avoir mis des petits bonjours au crayon de papier sur les enveloppes des lettres qui t&#8217;étaient adressées quand tu enseignais à Nancy. Je travaillais aux PTT de Nancy. J&#8217;ai maintenant 58ans, j&#8217;habite TOUL et suis content de t&#8217;avoir retrouvé sur le net.<br />
Excellents souvenirs.                                                 Patrice,  fils de Emile dit : &#8220;le Millo&#8221;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Bernard Sichère par hochart</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/145/bernard-sichere/comment-page-1/#comment-13</link>
		<dc:creator>hochart</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 17:35:25 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://laregledujeu.org/encyclopedie/?p=145#comment-13</guid>
		<description>Mon cher Bernard
J&#039;attends ton téléphone pour avoir des nouvelles de ton emménagement.
Bien à toi
Patrick</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Mon cher Bernard<br />
J&#8217;attends ton téléphone pour avoir des nouvelles de ton emménagement.<br />
Bien à toi<br />
Patrick</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Bernard Sichère par sara vassallo</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/145/bernard-sichere/comment-page-1/#comment-9</link>
		<dc:creator>sara vassallo</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 16:16:17 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://laregledujeu.org/encyclopedie/?p=145#comment-9</guid>
		<description>Je viens de lire &quot;Le Dieu des écrivains&quot;, c&#039;est fantastique. On y voit entre les lignes un Dieu absent,peut-être une espèce de grand Autre, que Lacan ne veut pas reconnaître comme étant le Dieu de bnotre tradition. Mëme Sartre a son Dieu, mqlgré son athéisme affiché.
Je vais maintenant m&#039;atteler à &quot;L&#039;être et le divin&quot;.
Excusez-moi la banalité de ce commentaire.
Sara Vassallo</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens de lire &#8220;Le Dieu des écrivains&#8221;, c&#8217;est fantastique. On y voit entre les lignes un Dieu absent,peut-être une espèce de grand Autre, que Lacan ne veut pas reconnaître comme étant le Dieu de bnotre tradition. Mëme Sartre a son Dieu, mqlgré son athéisme affiché.<br />
Je vais maintenant m&#8217;atteler à &#8220;L&#8217;être et le divin&#8221;.<br />
Excusez-moi la banalité de ce commentaire.<br />
Sara Vassallo</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Edouard Glissant par yan Guillou</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/05/11/141/edouard-glissant/comment-page-1/#comment-8</link>
		<dc:creator>yan Guillou</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 08:43:12 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://laregledujeu.org/encyclopedie/?p=141#comment-8</guid>
		<description>Point de critique littéraire dans mon commentaire, juste en passant faire partager un souvenir inoubliable d&#039;un repas choucroute au Maître Kanter de Caen en compagnie de Monsieur Glissant et de Mme et Monsieur Thor Vilhjamsson (plus grand écrivain islandais vivant), je me retrouvais là étudiant en lettre et histoire de l&#039;art, travaillant au festival des Boréales de Normandie, accompagnant les artistes invités qui cette fois-ci m&#039;avaient invité eux à cette petite soirée grosse bouffe, pure moment de bonheur...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Point de critique littéraire dans mon commentaire, juste en passant faire partager un souvenir inoubliable d&#8217;un repas choucroute au Maître Kanter de Caen en compagnie de Monsieur Glissant et de Mme et Monsieur Thor Vilhjamsson (plus grand écrivain islandais vivant), je me retrouvais là étudiant en lettre et histoire de l&#8217;art, travaillant au festival des Boréales de Normandie, accompagnant les artistes invités qui cette fois-ci m&#8217;avaient invité eux à cette petite soirée grosse bouffe, pure moment de bonheur&#8230;</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Commentaires sur Claude Lévi-Strauss par Ghalloun</title>
		<link>http://laregledujeu.org/encyclopedie/2010/04/23/51/claude-levi-strauss/comment-page-1/#comment-3</link>
		<dc:creator>Ghalloun</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2010 21:05:56 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://laregledujeu.org/encyclopedie/?p=51#comment-3</guid>
		<description>Claude Levi Strauss sur l&#039;islam :

&quot;Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant à abolir la sensualité, s’est contenté de la réduire à ses formes mineures : parfums, dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d’une tolérance affichée en dépit d’un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule contiguïté. Plutôt que parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation et l’admission de la pluralité des fois religieuses. Il y a là une situation “paradoxale” au sens pavlovien, génératrice d’anxiété d’une part et de complaisance en soi-même de l’autre, puisqu’on se croit capable, grâce à l’Islam de surmonter un pareil conflit. En vain, d’ailleurs : comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les Musulmans tirent vanité de ce qu’ils professent la valeur universelle de grands principes: liberté, égalité, tolérance; et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu’ils sont les seuls à les pratiquer.

(…) Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique, avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. Mais, de ce fait, la barrière du souci s’est seulement déplacée, puisque maintenant il suffira qu’on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. (Pages 463-5)

(…) si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale : stricte observance du règlement (prières cinq fois par jour , chacun exigeant 50 génuflexions), revues de détails et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions organiques; et pas de femmes. (…) Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. (Pages 466-7)

Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons : je retrouve en lui l’univers d’où je viens ; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le mêmes esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons. Comme l’Islam est resté figé dans sa contemplation d’une société qui fut réelle il y a sept siècles, et pour trancher les problèmes de laquelle il conçut alors des solutions efficaces, nous n’arrivons plus à penser hors des cadres d’une époque révolue depuis un siècle et demi, qui fut celle où nous sûmes nous accorder à l’histoire ; et encore trop brièvement, car Napoléon, ce Mahomet de l’Occident, a échoué là où a réussi l’autre. Parallèlement au monde islamique, la France de la Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de devenir les conservateurs nostalgiques de l’état des choses par rapport auquel ils se situèrent une fois dans le sens du mouvement. (Page 468)

Espérons que la censure moderne n&#039;opère pas sur ce grand philosophe.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Claude Levi Strauss sur l&#8217;islam :</p>
<p>&#8220;Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant à abolir la sensualité, s’est contenté de la réduire à ses formes mineures : parfums, dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d’une tolérance affichée en dépit d’un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule contiguïté. Plutôt que parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation et l’admission de la pluralité des fois religieuses. Il y a là une situation “paradoxale” au sens pavlovien, génératrice d’anxiété d’une part et de complaisance en soi-même de l’autre, puisqu’on se croit capable, grâce à l’Islam de surmonter un pareil conflit. En vain, d’ailleurs : comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les Musulmans tirent vanité de ce qu’ils professent la valeur universelle de grands principes: liberté, égalité, tolérance; et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu’ils sont les seuls à les pratiquer.</p>
<p>(…) Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique, avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. Mais, de ce fait, la barrière du souci s’est seulement déplacée, puisque maintenant il suffira qu’on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. (Pages 463-5)</p>
<p>(…) si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale : stricte observance du règlement (prières cinq fois par jour , chacun exigeant 50 génuflexions), revues de détails et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions organiques; et pas de femmes. (…) Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. (Pages 466-7)</p>
<p>Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons : je retrouve en lui l’univers d’où je viens ; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le mêmes esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons. Comme l’Islam est resté figé dans sa contemplation d’une société qui fut réelle il y a sept siècles, et pour trancher les problèmes de laquelle il conçut alors des solutions efficaces, nous n’arrivons plus à penser hors des cadres d’une époque révolue depuis un siècle et demi, qui fut celle où nous sûmes nous accorder à l’histoire ; et encore trop brièvement, car Napoléon, ce Mahomet de l’Occident, a échoué là où a réussi l’autre. Parallèlement au monde islamique, la France de la Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de devenir les conservateurs nostalgiques de l’état des choses par rapport auquel ils se situèrent une fois dans le sens du mouvement. (Page 468)</p>
<p>Espérons que la censure moderne n&#8217;opère pas sur ce grand philosophe.</p>
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