Salman Rushdie
Écrivain anglais d’origine indienne
Biographie
Né à Bombay le 19 juin 1947, de famille bourgeoise musulmane, il s’installe en Angleterre à l’âge de 14 ans, où il est élève de la Rugby school, prestigieuse public school, puis du King’s College. Il y dévore les grands auteurs du XXe siècle, qu’on peut de près ou de loin associer au « réalisme magique », oxymore qui peine à recouvrir l’originalité de ce qu’il faut appeler un courant mondial largement impensé de la littérature de l’après-guerre, tout en se passionnant pour d’autres formes culturelles : cinéma, mais aussi musique pop… Son premier livre, Grimus (1975), un conte fantastique parodique, est un échec ; mais ses Enfants de minuit (1981) lui valent le Booker Prize.
La publication, en 1988, des Versets sataniques, mêle brutalement sa vie d’écrivain à un tournant de l’Histoire universelle : déchaînant un scandale, l’Ayatollah Khomeiny énonce une fatwa à son encontre, qui le contraint à vivre caché et protégé par la police, en Angleterre et aux États-Unis. Un nombre considérable d’intellectuels le soutient, malgré le début de mise à exécution des menaces islamiques (l’éditeur japonais du livre est assassiné.)
Aujourd’hui, Salman Rushdie est une figure presque symbolique du martyre de l’extrémisme ; sa célébrité constitue paradoxalement une entrave à la diffusion et à la réception de son oeuvre, oblitérée par la signification strictement politique qu’on a lui a trop souvent donnée.
Les enfants de minuit
Dans Les Enfants de minuit, Rushdie, met en scène, sur une base de conte (le « réseau télépathique » qui unit tous les enfants nés à la minute de l’indépendance de l’Inde), l’histoire moderne de son pays d’origine dans une énorme fable-fresque qui emprunte aussi bien à la littérature européenne (Rabelais, Sterne) qu’à la tradition poétique et épique de l’Inde (le Mahabharata). L’insolence de l’auteur (qui s’en prend aux figures intouchables, au sens occidental du terme, de Gandhi et de sa nièce Indira, et stigmatise la dérive autoritaire du régime), son humour, et le tourbillon verbal et structural dans lequel il emboîte les niveaux de récits, pulvérisent la dimension didactique du livre, et produisent une cacophonie à la fois débordante et réjouissante.
Œuvres
En anglais :
Grimus, Victor Gollancz Ltd, 1975.
Midnight’s children, Jonathan Cape, 1981.
Shame Alfred A. Knopf, 1983.
The jaguar smile, a Nicaraguan Journey, Viking Press/Penguin Books, 1987.
The satanic versesViking Press, 1988.
Haroun and the sea of stories, Viking Books, 1990.
Imaginary homelands, Granta, 1992.
East, west, Pantheon Press, 1994.
The moor’s last sigh, Pantheon Press, 1996.
The ground beneath her feet, Henry Holt & Company, 1999.
Fury, Random House, 2001.
Step across this line, Random House, 2002.
Shalimar the clown, Random House, 2005.
The enchantress of Florence, Random House, 2008.
Traduites en français :
Grimus, Lattès, 1977.
Les Enfants de minuit, Stock, 1983; LGF – le Livre de Poche, 1989.
Les Versets sataniques, Christian Bourgois, 1989 ; Plon, 1999 ; Pocket, 2000.
La Honte, Plon, 1997.
Le Sourire du Jaguar, Plon, 1997.
Est – Ouest, Plon, 1997.
La Terre sous ses pieds, Plon, 1999; rééd. Procket 2001.
Franchissez la ligne, Plon, 2003.
Haroun et la mer des histoires, Plon, 2004.
Shalimar le clown, Plon, 2005.
L’Enchanteresse de Florence, Plon, 2008.



